30/11/2021

Faire mentir l'Histoire

 

Une guerre civile, la dislocation d'une nation mal dans sa peau, mal dans ses diversités, ça commence tout doucement par des détestations, des rancoeurs, des exagérations réciproques, un manque de générosité et de recul, des amertumes mal ravalées et digérées qui débordent en vomissures baveuses puis en haine déversée sur les ondes par des médias complaisants si ce n'est complices d'idées nauséabondes. Et puis les idées prennent racines au sein d'une population déboussolée,délaissée, abandonnée à son sort par des politiciens plus soucieux de leur image, de leurs avantages, de leurs revenus et de leur notoriété que du bien communautaire. Alors, des communautarismes se forment, des idéologies délirantes et mensongères progressent et prennent le pouvoir en créant les barricades. Soudain, Paris, Marseille, Lyon se retrouvent à feu et à sang dans des émeutes. Des décisions arbitraires et brutales sont prises en haut du pouvoir. Et le chaos finit par fracasser la Nation.

 

On n'a rien compris aux évènements catastrophiques. On a jeté la faute sur les extrémismes et les communautarismes. Mais une chose était sûre: on a laissé la haine se répandre. On a donné la parole à des pyromanes dangereux, à des polémistes spécialistes de petites phrases assassines, à des forts en gueule qui se voyaient déjà Président de la République et qui prétendaient sauver la France, la vraie France, la France blanche et sans tâche, celle du colonialisme et de la nation supérieure, celle d'une France raciste refusant le nouveau monde.

Dire "Noyer la France" eut été plus juste mais personne ne voulait voir. On a laissé faire et on a accusé les milieux antifascistes de tous les maux à cause des quelques actions violentes de quelques radicaux acquis aux dégradations des espaces publics et privés.

 

L'homme s'est présenté devant le peuple en copiant le grand Général inventeur de la Vème République française et il a finalement vaincu. Il a obtenu la signature requise d'au moins 500 maires de communes malgré les cris d'alarme et les condamnations de justice du sieur Président pour propagation de haine. Cette époque marquait la fin de la Vème République et le début de la Guerre civile dans les années 2020. Mais le peuple avait le pouvoir de faire autrement en refusant de voter pour cet homme et en mettant fin à la Vème République pour la remplacer par une VIème République pleine d'espoir et d'humanité, de visions nationales et planétaires et de communautés réconciliées entre elles. C'était en 2022. On aurait pu faire autrement.

 

On aurait pu inventer ce monde nouveau. Encore aurait-il fallu des médias vraiment responsables, des personnes hors du commun, des désirs communs qui mettent en mouvement cette symphonie des valeurs humaines de la démocratie. Des Victor Hugo plein l'Assemblée Nationale, plein le Sénat, et un vrai grand Président.

 

Egalité, fraternité, liberté,

tant de valeurs galvaudées

au temps de l'ultralibéralisme

et de l'argent tout-puissant

que personne ne voulait plus rien voir.

 

 

29/11/2021

Le langage politique supplante les réalités sanitaires

Les dirigeants des pays de l'Afrique australe s'engagent dans des discours politiques qui font référence au passé sans trop réfléchir aux réalités actuelles.

Cela fait bientôt deux ans que des frontières se ferment puis s'ouvrent et se referment à travers le monde entier. Il faut donc choisir un langage commun qui ne stigmatise personne et laisse la liberté des Etats à fermer leurs frontières en fonction des risques épidémiques encourus, ou supposés, et non en termes de discrimination raciale qui crée davantage d'incompréhension voir de discours haineux.

Cela fait un bout de temps que les Européens et Européennes ont l'interdiction de voyager dans certains pays du monde en fonction de leurs pays atteints par un fort développement épidémique. Jamais on n'a parlé ici de discrimination raciale voulue par les pays d'Afrique, d'Asie ou d'Amérique latine envers les habitant-e-s du Continent européen. Au contraire, c'est avec beaucoup de compréhension que beaucoup de personnes ici acceptent ces fermetures malgré les frustrations pour certain-es qui comptaient se rendre dans tel ou tel pays.

Il est dommageable de rajouter à la crise mondiale une dimension de discrimination et d'apartheid dans les prises de décision des pays. Nous l'avons vu ici chez nous avec le pass covid. Il faut se convaincre, malgré nos impressions négatives, que les décisions prises ne se font pas à la légère et surtout pas contre des peuples ou une partie de la population interne à un pays. Sinon, nous nous enfonçons davantage dans la crise politique, économique, et même sanitaire.

Les fermetures de frontières devraient surtout concerner les impossibilités de voyager provisoirement entre continents afin d'empêcher des nouveaux variants dangereux de voyager dans le monde entier tant que la planète, dans son ensemble, n'a pas réussi à maîtriser ce virus diabolique.

Il est donc normal, mais hélas trop tard pour Omicron, de vouloir limiter drastiquement l'accès au voyage entre les Continents et favoriser définitivement l'accès aux vaccins contre la covid des pays les plus pauvres. Les entreprises qui fabriquent les vaccins ont leur grande part de responsabilité dans la distribution égalitaire de ces vaccins. Par contre, la discrimination raciale n'a rien à faire là-dedans. Il ne faut pas rajouter au chaos actuel du chaos. Sinon, nous nous en sortirons jamais de cette pandémie à chaque jour plus imprévisible.

 

 

28/11/2021

Crises

Crises sanitaires, crises climatiques, crises migratoires, crises économiques, crises politiques, crises sociétales (Me Too, Black lives matter)

C'est un Cri mondial qui s'amplifie et crée des situations d'angoisses, de stupéfaction et d'effroi au sein des populations. Pourtant, rien ne bouge vraiment. Le monde reste assis sur ses acquis ou sur ses détresses. Le déséquilibre Nord-Sud n'a jamais été combattu réellement ce qui provoque aujourd'hui les vagues migratoires et les vagues de variants du virus à travers le brassage des populations et les voyages touristiques ou d'affaires qui ont repris leurs bonnes vieilles habitudes malgré un virus qui circule toujours et les alertes pourtant bien visibles de l'été dernier avec ses pointes de contamination des populations autochtones par les touristes vacciné-e-s...

On dira aujourd'hui que si Omicron est parti d'Afrique du Sud faire la nique au reste du monde et qu'il est en train de bouleverser la donne en ce nouvel hiver calamiteux, c'est un peu comme si le Sud nous rendait la monnaie de sa pièce après notre inconscience estivale voyageuse suite à l'optimisme presque béat des gouvernements prêts à déifier les vertus des vaccins anti-covid et la Science à leur source... Retour sur Terre. Le vaccin n'est pas le Sauveur escompté. Il nous aide à supporter la maladie sans grand mal, sur un délai trop court tout de même, mais il ne réussit pas à empêcher la transmission du virus et à compliquer la donne pour les hôpitaux en provoquant encore de trop nombreuses hospitalisations et décès ainsi que de grands risques de mutations rapides du virus vu l'inégalité de traitement vaccinal entre pays riches et pays pauvres et vu que nous avons voulu retourner à la normale aussitôt sans plus user des confinements qui freinaient fortement la progression de SARS-COV2. 

La période des fêtes approche et nous avons la fâcheuse impression que cela va assez mal se dérouler pour l'économie touristique et gastronomique. D'autant que peu de monde fait attention dans ses comportements. Une fois le vaccin pris, c'est comme si le passeport pour la liberté était acquis. Même le port du masque dans les transports publics n'est plus vraiment respecté par nombre de personnes, souvent plutôt jeunes, qui s'estiment protégées et n'ont plus d'égards pour les autres personnes qui tentent de continuer à respecter les consignes nationales.

Il faudra des signaux d'urgence qui arrivent de Berne pour nous imposer de nouvelles mesures. C'est triste. Vraiment triste. Les milieux culturels, touristiques et gastronomiques vont trinquer une fois de plus et payer pour toute l'inconscience des gens, vaccinés en majorité, qui ont pris les placards publicitaires de la Confédération à la lettre, eux qui vantaient trop la liberté retrouvée grâce aux vaccins...

Quant aux antivax complotistes, ils vont continuer à déverser des tonnes d'insanités sur les nouvelles nécessités de se faire vacciner malgré tout leurs désirs de s'immuniser naturellement en cas de maladie.

Nous sommes le 28 novembre. Le peuple suisse vote sur l'infâme pass sanitaire qui est de toute façon un vote caduque n'ayant plus vraiment d'importance dans la nouvelle situation d'urgence actuelle. Nous risquons d'être bientôt toutes et tous condamné-e-s aux mesures d'un nouveau confinement général. Il aurait plutôt fallu voter sur la vaccination obligatoire et, en cas de oui du peuple, montrer vraiment ce que risquaient les antivax à refuser la vaccination non seulement en termes d'inconscience face au danger du virus mais aussi en termes de libertés perdues et d'exclusion du milieu du travail. Ainsi, on aurait vraiment fait une avance vers plus de cohésion sociétale et seule une poignée de personnes fanatiques et puristes auraient continué à semer leur venin antivax qui met en danger l'équilibre démocratique. Une crise de plus à gérer pour les démocraties du monde en général et la Suisse en particulier.

Le retour au beaux jours insouciants n'est pas vraiment pour demain.

 

27/11/2021

Omicron et la progression du zombisme

La pandémie prend une nouvelle tournure. Plus inquiétante et angoissante encore.

Il y a celles et ceux qui, depuis longtemps, savent que SARS-COV2 est dangereux pour l'Humanité entière, non seulement d'un point de vue sanitaire mais plus encore pour la cohésion de la société déjà bien mise a mal avant sa venue.

Et puis il y a celles et ceux qui disent que tout est mensonge et manipulation, qu'il ne faut plus prendre en considération les décisions gouvernementales et vivre sa vie comme si tout cela n'existait pas.

Il y a les hermétiques au discours officiel, les gourous au désir de se faire connaître et reconnaître, les sectes et tribus qui se créent et qui ne sont jamais d'accord entre elles pour s'opposer à la ligne ultra-libéral. Les extrêmes ne se rejoignent jamais. Elles s'éloignent l'une de l'autre chaque jour un peu plus. C'est pas bonnet blanc et blanc bonnet. Les idéaux sont diamétralement irréconciliables car ils n'ont pas la même racine d'humanité, la même sensibilité aux malheurs du monde.

Entre les extrêmes qui créent le fracas du monde, le centre mou est en train de s'effondrer sur lui-même. De moins en moins de colonne vertébrale. De plus en plus de zombisme, d'egos persuadés de connaître la Vérité alors que ce n'est guère plus que leur vérité personnelle et individuelle dont ils se persuadent de la pureté. Des groupuscules fanatiques se créent avec des convictions une et indivisibles sinon le traître ou la traîtresse est jeté-e du clan.  Il n'y a plus rien à faire pour les personnes qui pensent avec leurs cerveaux en tenant compte de tous les paramètres, de toutes les opinions, et d'un chemin, d'un destin communautaire et démocratique.

Omicron débarque et il entraîne déjà une belle panique. Il est minuscule mais on dirait une planète intersidéral, un film d'anticipation et de voyage dans l'espace aux confins de l'Univers avec la question métaphysique unique: What else?

What else que l'apocalypse? What else que la fin de notre Civilisation? Un Sauveur tombera-t-il du ciel pour sauver le monde? Que nenni. Le sauveur, la sauveuse, c'est toi et moi qui nous levons chaque jour et qui cherchons encore et encore des solutions à nos problèmes quotidiens, qui voulons encore de la réunion, de l'amour, de la fraternité, de l'amitié, de la démocratie, de la paix, de l'espoir qui sont seuls sources de solutions humaines et adéquates à une attaque de virus du genre Omicron et Delta. Pour cela, il faut aussi écouter les avis officiels même s'ils nous dérangent et qu'on les estime invalides sur la base de notre propre sensibilité et au vu des manipulations des pouvoirs de l'argent. Il faut surtout accepter que la majorité du peuple peut se tromper mais qu'en attendant elle a choisi un chemin collectif pour lequel nous devons tenir compte malgré nos révoltes intimes qui nous font penser que la majorité se trompe de route.

Qui ne se trompe jamais dans une vie entière? A part un ordinateur infaillible, donc une machine, aucun humain n'est infaillible et ne commet pas d'erreur. Donc il faut accepter l'erreur programmé au sein même de l'Humanité et accepter les fautes, les défauts, les approximations, les erreurs de jugement. Faire preuve de compassion ce n'est pas être faible. Au contraire, c'est montrer sa force d'humanité et sa confiance intime aux valeurs positives. Même si nous doutons, notre rôle est de continuer à y croire et à imaginer un avenir serein pour nos démocraties. Le zombisme ne doit pas devenir notre mode de pensée. Car c'est bien lui qui aura notre peau et détruira l'Humanité.

Alors si Omicron tombe sur la Terre comme une météorite aux temps des dinosaures, il faut lui faire la guerre en restant proches entre nous, les êtres humains et même les animaux menacés par un virus qui cherche à nous conquérir et à nous détruire en tant que société démocratique. Le combat est rude, violent pour nos coeurs et nos âmes. Mais il nous faut tirer à la même corde même avec nos désaccords. C'est notre seule chance de vaincre cette saleté de virus qui nous veut du mal.

 

26/11/2021

Black Friday 1920-2020

Art Contemporain et Art Déco se confrontent. C'est l'heure du bilan civilisationnel  de notre temps.

Une oeuvre des années 20-30  (anonyme) en face d'une oeuvre contemporaine (Manoyan).  Ouvrir ou fermer sa porte à ce jour de surconsommation planétaire? A vous le choix.

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Jeune femme tendant un brin de blé, art déco, 1920-1930

"Solitude", Manoyan, 2018

 

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