02/12/2021

Vaccination obligatoire, terrain miné

Un quart de la population éligible à la vaccination risque d'entraîner de nouvelles fermetures de commerces et de lieux culturels.

Ce seront les mêmes milieux qui trinqueront le plus avec des salaires réduits à raison de 20% de pertes et ces salaires sont déjà bien souvent parmi les plus bas de Suisse. La culture, sauf à de rares exceptions, paie peu. La gastronomie et l'hôtellerie, idem. Cette dernière branche a déjà perdu beaucoup de salarié-e-s qualifié-e-s et les apprenti-e-s ne se pressent plus du tout au portillon pour la relève. A noter, une fois de plus, que les syndicats n'ont guère bougé leurs gros sabots pour trouver une meilleures solutions à cette perte sèche de 20% de salaire tandis que la patronat n'a quasi jamais trouvé la générosité de verser ces 20% manquant à leurs employé-e-s même si l'entreprise rapportait très gros au patron de tel ou tel restaurant avant la pandémie.

Vacciner par obligation n'est un plaisir pour personne. Il y a les risques encourus et surtout la crainte d'être atteint dans sa santé sur le long terme à cause des produits. Les nouveaux vaccins font peur à beaucoup de monde. Il faut comprendre les phobies et les réticences avérées des personnes. Nous ne sommes pas des animaux qui ne pouvons pas donner notre avis et nous ne sommes pas non plus des pestiféré-e-s parce que nous ne nous vaccinons pas.

L'obligation vaccinale doit être vu comme l'ultime chance de sauver l'intégrité et la cohésion sociale et économique de notre pays. A l'époque, les obligations de servir dans l'armée suisse imposaient aux hommes adultes de suivre un parcours militaire. Même prendre du grade dans l'armée suisse était obligatoire et on ne pouvait pas s'imposer et se soustraire au choix du capitaine instructeur qui voyait en vous un bon élément capable de diriger des hommes. J'en ai fait l'expérience. Et cela m'a coûté quelques mois de prison pour désertion de l'armée à la fin de mon école de recrue et, surtout, objection de conscience quelques mois plus tard.

Personne ne va forcer les personnes adultes à se faire vacciner. Par contre, les sanctions risquent d'être sévères avec l'impossibilité durable de ne point pouvoir participer à la vie sociale tant que la pandémie durera. Des patrons pourraient obtenir la légalité de licencier le personnel non vacciné et les caisses de chômage refuser de payer, dans ce cas précis, les indemnités dues à la perte d'un emploi. Les assurances maladies pourraient entrer dans le bal infernal du non-vacciné et de la non-vaccinée et refuser de payer un traitement hospitalier suite à un covid grave.

Bref, les mesures coercitives seraient tellement fortes que très peu de personnes refuseraient finalement la vaccination obligatoire comme très peu de personnes refusaient jadis l'armée du temps de son obligation contraignante. Il fallait des convictions fortes ou alors s'arranger pour être psychiquement inapte à l'armée ou avoir un handicap physique pour échapper aux obligations militaires.

Il reste la possibilité de trouver des médecins conciliants et compatissants qui feraient (feront) un certificat de contre-indications à la vaccination pour leurs patients totalement hermétiques et phobiques à l'inoculation d'un vaccin dans le corps.

Une chose est certaine à mes yeux. L'obligation vaccinale doit être votée par le peuple et non imposée d'en haut. Ni un président ni un parlement ne peut prendre cette décision grave sans l'accord majoritaire du peuple.

https://www.lematin.ch/story/covid-la-vaccination-obligat...