10/06/2022

Vers entre sol et lune, MarceLaure

 

« Mon esprit glorieux

ne verra point l’aurore/

Mais un dieu t’envoya ;

tueuse, je t’adore !/

Je t’ai tressé ce diadème : qu’il te laure,/
Laure ! »

Marcel Proust, Vers à Laure Hayman, 10 mai 1889

 

« qu’une femme simplement désirable, simple objet de convoitise,
ne puisse que diviser ses adorateurs, les exaspérer les uns contre
les autres, c’est bien naturel. Mais quand une femme comme une
œuvre d’art nous révèle ce qu’il y a de plus raffiné dans le charme,
de plus subtil dans la grâce, de plus divin dans la beauté, de plus
voluptueux dans l’intelligence, une commune admiration pour
elle réunit, fraternise. On est coreligionnaire en Laure Hayman. »

Marcel Proust, Déclaration amoureuse à Laure Hayman, 1888

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Je m'élance vers toi

mais je te fuis déjà.

Je sens ta présence partout en moi

mais ton absence est omniprésente.

Je suis dans ta Recherche

mais je n'y suis pas.

Tu ne pouvais donc faire catleya

avec ta Laure, ton orchidée sublime.

Tu ne pouvais que l'aimer

passionnément d'art et d'esprit

sans jamais la prendre dans la chair

et l'arroser de ta semence de vie

pour extasier son coeur.

J'étais comme dans un tableau

de Margrit Wirth.

Une orchidée amoureuse amputée

dont la fleur s'échappait par le pied.

 

Je m'élance vers toi

mais je te fuis déjà.

Je suis ta reine diadaimée.

Tu es mon roi bien aimé.

Je sens ta présence toute en moi

mais ton absence est ma souffrance.

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"L'amputée, autoportrait"

sans titre de l'artiste valaisanne, Margrit Wirth, inconnue

du monde des arts et du public, probablement décédée aujourd'hui.

(billets blog à venir)

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"Hommage à Marcel Proust"

Bronze sur marbre, sans titre, Laure Hayman, année de création inconnue,

non répertoriée à ma connaissance.

 

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