02/07/2022

Alexeï Navalny, le symbole de la femme soumise à Poutine

Quelle description saisissante!

Alexeï Navalny nous parle de son quotidien. C'est sans doute parce qu'il est un opposant à Vladimir Poutine mondialement connu qu'il réussit encore à nous informer de sa situation par l'intermédiaire de son épouse, de son avocat, et de son comité de soutien. Sans ce statut, il est certain que Navalny serait oublié du monde entier et ne pourrait en aucun cas transmettre sa situation réelle,

Donc voilà. Alexeï Navalny est condamné d'une part à travailler sur une machine à coudre durant son temps d'occupation forcée et à s'asseoir devant le portrait de sa majesté le Tsar Vladimir Poutine, petit père de la nation russe orthodoxe, Grand Commandeur de la grandeur russe retrouvée, le reste du temps y compris le dimanche, jour de repos.

Tout le monde sait que dans les schémas traditionnels du patriarcat ancestral, la couture est une activité féminine, une des plus fondamentales puisque la couturière rapièce et raccommode les habits du mari et des enfants.  

«On reste pendant sept heures devant une machine à coudre, assis sur un tabouret plus bas que le niveau des genoux», indique Alexeï Navalny. Lorsqu’il ne coud pas, l’opposant doit se plier à des «activités éducatives» consistant à «s’asseoir pendant des heures sur un banc, sous un portrait de Poutine».

«J’ignore qui ce genre d’activités peut «éduquer», à part éventuellement un infirme avec le dos en compote»

https://www.lematin.ch/story/je-dois-masseoir-des-heures-...

Que toutes celles et tous ceux qui, d'une façon ou d'une autre, soutiennent encore Vladimir Poutine, se rendent bien compte sous quel forme de régime ils et elles vivraient avec un maître pareil dans leur propre pays. La chance de pouvoir critiquer librement nos autorités, de mener une campagne politique pour prendre le pouvoir par les urnes et donner une orientation nouvelle à la démocratie n'existe que sous des régimes démocratiques. Toute autre forme de pouvoir condamne les dissident-e-s à des conditions d'arbitraire, des exécutions sommaires, des déportations, des emprisonnements, des humiliations, des violences et de la torture psychique comme physique. Les gens qui tentent de sauver le régime de Poutine par des excuses bidons, des faits largement déformés en faveur du maître, des discours absolument révisionnistes d'une certaine vérité prétendue occidentale, sont des personnes traîtres à la démocratie.

On peut toujours donner la parole au gouvernement russe, offrir des interviews par esprit d'équilibre pour éviter de rejeter la faute exclusive sur un camp. Mais si l'agresseur ne reconnaît jamais ses propres crimes, ne se rend jamais compte de ses horreurs tout en rejetant le fait de ces horreurs sur la responsabilité de la victime qui en serait en réalité à la fois l'auteure et la responsable, alors il est impossible de donner la parole à ce régime ou cette personne au sommet de ce régime car la parole est alors absolument scandaleuse, mensongère, manipulatrice. Et cette parole ne peut alors être produite que devant un tribunal national ou international qui détient les preuves et les témoins à charge contre un tel discours et de tels actes de barbarie qui tentent de falsifier totalement la réalité des actes abjectes.

Vladimir Poutine peut toujours accuser Navalny d'être le seul coupable devant la loi du tsar Poutine et qu'il est responsable de sa situation actuelle. Il n'en reste pas moins qu'aux yeux d'un vrai démocrate, Alexeï Navalny est la victime d'un régime totalitaire et Vladimir Poutine le bourreau qui veut montrer l'impuissance de son opposant en le réduisant à s'asseoir devant sa personne durant des heures et l'obligeant à travailler avec une machine à coudre, symbole archaïque de la gentille femme soumise au père de famille qui se tait et approuve toutes les décisions, même les plus injustes voir criminelles, de son mari.

Vladimir Poutine est très fort. Mais Boris Johnson a raison. Il aurait mieux valu qu'une femme dirige la maison russe. On aurait pu s'éviter bien des ennuis et donner une chance aux démocraties d'abattre un jour la dictature de l'homme, ce mâle alpha dominant qui produit tant de dégâts sur la planète Terre et qui est hélas encore bien trop soutenu par des femmes archaïques qui admirent ce pouvoir et cette domination monstrueuse.

Un rap crépusculaire, très peu visionné parce que dur, pour terminer en musique. Les paroles sont trash mais non dénuées d'une certaine réalité sombre dans les rapports hommes-femmes où la domination et la soumission des femmes sont le propre et la règle de l'Homme apprécié par ses soumises... Poutine pourrait bien s'y reconnaître en maître et saigneur qu'il est.