05/08/2022

L'être démocratique et le néant tyrannique

La transformation des coeurs et des esprits par l'exercice de la liberté de penser n'est pas attribuable à un endoctrinement monstrueux des régimes démocratiques.

C'est l'élémentaire socle sur lequel repose toutes nos libertés d'être humain, l'humus vital pour exercer le droit démocratique ainsi que les droits humains de toutes et de tous par la non-violence et l'écoute. Sans cette liberté de penser et d'agir par soi-même dans l'esprit de partager ses visions avec la société toute entière, les peuples s'enferment, volontairement ou non, dans un goulag idéologique, un lavage de cerveau permanent provenant des hautes sphères du pouvoir en place qui réorganisent en permanence la rééducation des esprits rebelles et libres à travers la violence psychologique, l'intimidation, l'emprisonnement, la torture, et enfin la mort en attribuant, cerise cynique sur le gâteau d'arsenic, la responsabilité de leur malheur aux personnes elles-mêmes coupables d'avoir perverti volontairement leur esprit en suivant des influences culturelles malsaines d'agents étrangers et d'être devenues ainsi des personnes déviantes et dangereuses pour la société monolithique exercée par un tyran et son gouvernement, soit l'ordre d'un gourou tout-puissant prêt à tout pour conserver son pouvoir et son autorité sur le peuple.

Toute dictature pratiquée sur une communauté contient des "vérités" issues d'un droit divin qu'elle s'octroie automatiquement en niant tout choix personnel sortant de la chapelle idéologique officielle. Aussi toute anarchie, ferment du changement et de l'évolution, est l'ennemie mortelle de la tyrannie. Aussi tout ordre démocratique, puissance à priori bienfaisante pour l'exercice de la liberté et de l'égalité entre citoyens et citoyennes, est l'ennemie de la tyrannie et est donc à combattre par tous les moyens pour un dictateur avisé du danger qu'il court pour sa survie politique mais aussi physique.

Il est ainsi indispensable pour toute démocratie qui se respecte d'exercer son pouvoir avec l'esprit tourné vers le plus de justice et d'égalité, le plus de bienveillance et de volonté d'agir pour le bien de la collectivité plutôt que pour ses petits avantages personnelles. Cet esprit, crucial au bon fonctionnement de toute démocratie, a été rudement malmené par la réussite individuelle prônée à tout-va  et l'égoïsme forcené de l'idéologie ultra-libérale. L'esprit de compétition menée à outrance dans l'espoir de nuire aux autres et de dominer le monde par une échelle de redistribution des gains scandaleuse est un des aspects les plus détestables et mérpisable qui a été introduit dans les années 80 par les théories du laisser-faire économique préférant, entre-autre bassesses, largement compter sur des régimes de types dictatoriaux pour faire fructifier les gros profits de quelques-uns à des régimes démocratiques de type socialiste mettant des bâtons fiscaux et entrepreneuriaux dans les roues des profits juteux tombant dans l'escarcelle de quelques personnes appelées à dominer le monde entier...

Nos démocraties ont le devoir de se ressaisir et d'abandonner une bonne fois pour toute les sales théories qui ont voulu sciemment penser que le monde irait mieux si toutes les libertés étaient accordées à l'individu y compris celles qui consistent à détruire les autres et à anéantir leurs capacités économiques, culturelles, et sociétale. Maximaliser les profits et socialiser les pertes ne fait pas partie des canons de la démocratie. La crise covid l'a démontré dans toute sa splendeur. Certains se sont enrichis à outrance mais le surplus d'argent occasionné n'a pas été rapatrié pour le bien de la collectivité. De même pour tout l'argent donné et prêté aux entreprises. Les actionnaires, comme bien sûr certains patrons, ont continué de profiter au maximum des aides de l'Etat comme s'ils étaient des miséreux à l'assistance sociale... En retour de générosité, ils continuent à faire de l'optimisation fiscale leur cheval de bataille sur le dos des plus faibles et des biens communautaires... Ce qui revient à légitimer une tyrannie déguisée en démocratie triomphante sur la scène mondiale. Dans ce contexte, on comprend aisément pourquoi la démocratie est si mal menée et plus en odeur de sainteté parmi toute une partie de nos populations.

L'Homme ne naît pas bon de nature. C'est son éducation, et non sa rééducation forcée par un pouvoir despotique, son instruction, son adhésion a une société qui fait sens collectivement et qui font de lui un être démocrate s'accomplissant chaque jour avec l'âge et les responsabilités qui lui incombent et non ce piteux et misérable rapace dominateur, voir charognard, prêt à se jeter sur toutes les proies possibles et imaginables en imposant, grâce à toutes les libertés octroyées par la loi, même les plus sournoises, un ordre barbare, les injustices flagrantes et persistantes faisant de lui un être fondamentalement amoral peu soucieux et peux scrupuleux des lois de redistributions des richesses et des biens culturels comme communautaires.

L'Amérique et l'Europe, si elles veulent reprendre leur leadership démocratique sur la planète, doivent radicalement changer de cap idéologique sinon les dictatures prendront le pouvoir partout et nous seront à nouveau soumis à des princes, des rois, des empereurs, des tsars, exerçant leur tyrannie malfaisante sous les auspices du droit divin.