13/08/2022

Salman, Camille, Isabelle

 

"L'esprit est plus fort que l'épée"

Le Mal envahit ma terre

mais rien ne m'empêchera d'écrire encore,

encore et encore jusqu'à ma mort.

Les dictateurs n'en finissent plus d'assassiner.

La terreur enferme la liberté,

bafoue le droit de penser,

tord la vérité pour asseoir son illégitimité

sur les peuples soumis et zombifiés,

massacre les enfants, les mères et les pères,

aveugle les esprits faibles,

élimine les esprits forts.

Elle sème les miasmes de la haine dans les champs,

dans les villes, dans les salons,

crée les divisions et les guerres,

jette les peuples les uns contre les autres,

donne le pouvoir aux méchants,

aux cruels, aux assassins,

aux illuminés du dogme religieux.

 

Les dictateurs n'ont jamais fini leur sale besogne.

Il leur faut purifier l'atmosphère

comme ils disent avec les mots faux et fourbes

dans leurs bouches pleines de serpents.

 

Faire disparaître les dégénéré-e-s,

les hérétiques, les artistes maudits,

les folles de liberté, les fadas d'amour.

 

Mon ennemie ce n'est pas la libre penseuse,

la rêveuse, la faiseuse de beauté.

Mon ami ce n'est pas le colporteur de haine,

le menteur, le tyran qui veut voir

le peuple soumis à ses pieds

pour se faire idolâtrer au nom de Dieu,

au nom de la Race pure,

au nom de sa défense de la Pureté

qui est la pire des saletés, la pire des obscénités

que les hommes ont inventé pour dominer leurs prochains.

 

J'aime les impur-e-s, les infidèles à la tyrannie,

les rebelles du système inégalitaire,

les révolté-e-s de la liberté

qu'on enferme dans des camisoles de force

comme Camille Claudel,

comme Camille Rebelle,

comme Camille la Belle,

les femmes et les hommes qui défendent

nos libertés, l'égalité, et puis la créativité,

toutes les créativités qui résistent aux violences,

aux mensonges, aux ordres de marche.

 

Sans elles, sans eux,

la démocratie s'en va et se meurt,

agonise dans l'indifférence

sous les coups de boutoir des complotismes

et des dominateurs

laissant la place à l'obscurantisme,

la terreur, la barbarie, les zones de non droit

où des caïds font leur loi,

décident du bien pour leur petit confort piteux

et du mal honteux pour les autres.

 

Si tu veux servir Dieu sert l'Amour.

Si tu veux servir Satan sert la Haine.

C'est ma définition du Mal et du Bien.

La haine entraîne la violence,

la fin de tes humanités,

de toute humanité,

la fin de toutes les libertés de conscience,

la fin de l'art libre, de la création libre,

la fin de l'Amour et le début de l'Apocalypse,

de ces tyrannies qui ont semé et banalisé les massacres

en anoblissant le crime de médailles et d'honneurs.

 

Les Versets sataniques s'achèvent

par la victoire sur scène de l'artiste

contre la lame du poignard de l'assassin.

La fin du roman se tient debout

face à l'oppression et les délires des tyrans.

 

Je suis sweet amanite phalloïde queen,

je suis le bâton de dynamite

qui explose dans ton corps

sa liberté d'expression.

Je suis ton bâton de dynamite

transmis sur la piste

afin que tu cours plus vite

sur le tartan de la vie

pour détruire la tyrannie.