17/02/2010

A Cynik Day for Mister Kouchner

Le french Docteur Cancan a encore frappé. Prêt à partir en mission impossible dans la jungle colombienne pour Ingrid la double nationale francocolombienne, il n'a pas eu le moindre scrupule à dire à la Suisse, et surtout aux otages suisses, que la crise libyenne n'est pas son problème. Pire, les otages, pour lui, ce sont les hommes d'affaires européens et libyens qui se voient tenus par la barbichette de notre Gouvernement qui, cette fois, a si bien manoeuvré dans la gadoue du cynisme des politiques internationales.

Bravo à Mme Micheline Calmy-Rey et son Département qui a su utiliser la manière forte pour imposer une solution à la hauteur du bras de fer. Popeye Guillaume Tell est Suisse. Qu'on se le dise à Tripoli et ailleurs aussi.

Ci-dessous, deux vidéos de classe pour saluer la victoire du contre-cynisme avec un sens aiguisé de l'humanitaire tel que la Suisse le pratique et non comme la France du Docteur Kouchner aimerait le pratiquer.

J'ai en plus une grande nouvelle à vous annoncer à tous. Mon amour vient de me smser à l'instant. Elle souffre mais elle se porte pas trop mal au réveil de son opération.

 

 

 

 

19:42 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) |

Larmes on The Djerba Streeet

Deux jours d'absence, et ce silence qui angoisse. Comme un tremblement de terre, comme une communication rendue impossible. Je ne sais rien. Je ne connais personne là-bas à part toi et même pas le lieu de ton opération. Tu m'as plusieurs fois dit au téléphone que tu ne veux pas gêner, que tu ne veux pas ennuyer avec ton problème. Tu n'aimes pas mettre les gens en difficulté pour toi. Alors tu ne m'as rien laissé. Au cas ou tu ne reviendrais pas, au cas ou le vent t'emporterait et le désert te recouvrerait. Ton dernier message sms datant de trois jours est si laconique:

« Désolé si je t'ai pas répondu. J'étais avec mon docteur. Demain mon opération ». Message sms 15 février 2010, 20:07:14

Pas de Bébé, pas de Chouchou, pas de Chéri ni de bisous. Juste le silence. Ce silence qui est parfois pire que la mort. Je suis accroché à mon portable en attendant un signe de ta part.

Appelle-moi, Bébé! Ton téléphone reçoit mes sms. Alors je sais que tu vas t'en sortir. Pour toi, ces belles chansons qui touchent mon coeur. Comme des lettres musicales déposées sur le ciel tout gris et qui traverseront la Méditerranée pour venir se déposer au soleil sur ton lit d'hôpital.

 

 

 

 

 

 

 

15:18 Publié dans Lettres | Lien permanent | Commentaires (4) |

Alors je m'en irai

Descendre au centre de ton corps

et voir si j'aurai un jour des remords

sur les larmes versées de notre amour.

Descendre dans tes nuits d'ivresse

à la façon d'une descente de police

pour voir si tes danses restent ces vices

d'artiste rêvés par une princesse.

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Descendre sur mon sexe lubrique

et sentir ta fente râler, s'écharper

dans une échappée lyrique

offerte à notre belle Mélopée.

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C'est le frotti frotta extraverti

tutti frutti de deux amoureux finis.

Je t'ai tuée, mon ange.

Tu m'as tuée, mon ange.

Sur notre trapèze,

est-ce le pèze, la baise,

ou le goût de l'amour des fraises

qui a tué notre amour?

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02:41 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0) |

16/02/2010

Leïla, ou la femme de l'aube (extrait)

Moi qui ai renoncé aux frissons du dehors, je m’empare de la vie de Nada avec frénésie.

Désormais Iteb, je te raconterai les confidences de ma copine, son histoire de conquête d’une ville agenouillée à ses pieds. Elle dit: «Il vient vers moi, seigneur de la terre des caravaniers, psalmodiant mon prénom, il se prosterne à mes pieds et les pierres glorieuses de sa cité s’inclinent à mon passage. »

Iteb, moi qui n’ai ni histoire d’aïeux, ni passé glorieux. Moi qui n’ai pour mémoire que les cris des femmes battues et les détritus du quartier crasseux qui a célébré ma naissance, je m’approprie le destin fabuleux de Nada, la favorite d’un jeune homme en délire, qui se croit chevalier de la mystique Kairouan. Cette ville des oraisons, où retentissent encore les sabots des colons qui profanèrent sa mosquée; cité engloutie dans la plaine, habitée par les écrits des soufis, hantée par son déclin tel un châtiment pour un crime oublié. Moi, qui ne connais ni les sabres en or, ni les parchemins en soie, ni les cliquetis des métiers à tisser, ni les berdâa, selles brodées au fil de cuivre et d’argent, je te conterai, Iteb, la fièvre de l’amour interdit dans la ville aux mille coupoles où résonnent encore les cris déchaînés de la horde disparue.

Mais, j’aimerais d’abord répondre à la délicate question formulée dans ta toute dernière lettre. A quoi je ressemble maintenant ? Je vais te répondre avec la même emphase que Nada affectionne depuis qu’elle croit s’être réconciliée avec les mille et une nuits : j’ai coupé ma longue chevelure pour que plus jamais un Oriental ne puisse en décrire les volutes. Cette mutilation, j’en souffre encore mais je l’assume. J’ai erré, aboyé et poignardé mes phantasmes pour qu’il n’y ait plus en moi la moindre nostalgie des arcades perfides de l’Orient déchu. Te voilà rassuré de me savoir plus laide que jadis et moins courtisée !… En réalité, j’ai eu envie de changer de look, je me suis payée une coupe à 100 euros chez un coiffeur huppé de Paris, et depuis, je tente vainement de retrouver le même port de tête. Les coiffeurs tunisiens sont nuls et je me rattrape en changeant de couleurs. Tu vois, je suis plus coquette qu’avant, mais les filles du pays sont tellement belles qu’il est difficile de ne pas avoir de complexes.

Maintenant, laisse-moi te rapporter la dernière visite de Nada, la belle enfant au regard couleur de l’abîme. Nous nous sommes rencontrées à la terrasse de l’International, récemment rénovée. Il y avait la fine fleur de Tunis, les journalistes éméchés dès quatorze heures, ivres des dépêches quotidiennes de la TAP, les artistes entretenus grâce aux aides ministérielles et les femmes libérées, maniaco-dépressives et en rupture de ban. Nada est arrivée, déguisée en indienne, aux couleurs foudroyantes de sari. Elle a ramassé les plis généreux de son immense jupe, les a négligemment posés entre ses genoux, dans un geste d’une grâce insolente. Sous l’arcade de son sourcil, ses yeux pétillaient de malice. Le silence de Nada est devenu un supplice pour ma curiosité et sa parole une révélation. Elle déplia sa lettre et se mit à lire, la dernière missive de son amant kairouanais :

« Adossé aux colonnes de marbre de la grande mosquée, il essuie ses larmes et prie. Si le seigneur le veut, il sera blanchi de ses fautes, mais il se sait damné. Il a trahi sa bien-aimée pour deux grains d’orge et il vient de la perdre… Nada, la pure.

Donne-moi une terre.

Mais ma désirée, peut-on donner une terre à un palmier ? Tu es l’oracle du poète et par ta grâce, je ressuscite… »

 

Nada souleva son sourcil, tira une bouffée d’air. Instinctivement mes yeux se posèrent sur son décolleté généreux. C’est vrai, les Orientales ont un buste majestueux et le mythe a encore de beaux jours devant lui. Lorsque j’ai relevé la tête, l’expression de Nada avait changé. Exaltée, les joue empourprées, elle me lût le passage suivant. Tu sais, il est profondément triste, me dit-elle en guise d’introduction. Elle soupire et reprend la lecture :

 

Ma terre…

C’est mon enfance…

Un olivier planté dans un sol désolé

Les sanglots de ma mère sur la dépouille de son frère toiletté pour l’éternel

Ma terre est sebkha

Croûte de sel gercé qui brille comme du mercure

Ma terre est poussière…

A quoi te sert, Nada, cette étendue froissée, ravinée, ouverte à toutes les conquérantes, reines d’un plaisir furtif ?»

 

Leïla ou la femme de l'aube, Sonia Chamkhi, Tunisie 2008

 

Renaître à la vie,

morte une fois sous les lampes du billard

et ressortir neuve d'un trop long brouillard.

Il est resté là, il me sourit.

Revenir d' outre-tombe

dans la peau régénérée d'une blanche colombe

en nous donnant la résurrection d'un bonheur infini.

 

Danse la vie sur le macabre du monde.

Danse, Princesse Imen Omri, pour la nouvelle aube du monde.

Et entraînons ensemble les gens dans notre ronde.

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16:58 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0) |

15/02/2010

Une opération sous haute tension

Rien que pour nous deux...


Les jours de grisaille

et les roses que le froid cisaille.

Tu as la chevelure en bataille

prête à livrer ce combat de taille.

De tous tes supplices,

je prendrai le calice,

et je le boirai s'il le faut jusqu'à la lie

pour que les anges épargnent ta vie.

Je ressens tes frissons dans le corps

et je devine nos corps à corps

quand enfin nous serons arrimés au même port

attachés l'un à l'autre par nos transports.

Garde foi et courage en notre amour

Bébé, Chouchou, Chérie, Amour.

Demain tu te réveilleras guérie

entourée de roses des sables de Tunisie.

Car le bonheur appartient à celles et ceux

qui protègent leurs désirs amoureux

des méchants et des corruptibles

ne connaissant que l'insensible

bêtise des cyniques et des cupides.

N'aie aucune crainte, Bébé.

Mes mains jointes, un brin de blé,

les fleurs illuminant nos champs d'été,

nous irons à Djerba danser et chanter

pour que notre amour gagne sur l'adversité.

 

* I * L O V E * Y O U *

 

 

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