18/03/2010

Comme ci, comme ça, Mr Moussa Koussa

Un gag pas du tout drôle doit circuler dans les travée fédérales. Le voici. Tout politicien ou politicienne qui s'enquérit encore de la santé de notre Ministre des Affaires étrangères doit s'en doute s'entendre répondre à la question bateau traditionnelle. « Et comment qu'elle va Micheline Calmy-Rey? « Elle va couci Koussa » répondent sans doute nos spécialistes de la langue de bois avec un sourire mi figue-mi datte sur les lèvres. Il y en a même qui doivent oser en rajouter: « Kadhafi l'envoie balader aux fraises et Moussa récolte la plantation en revenant frais comme une rose devant les médias tout en tenant un discours anti-helvétique aux relents démagogiques fantastiques ».

Nous sommes donc devenus les mauvaises ou bonnes poires de Kadhafi. Trop d'humiliations, trop de décisions tardives, trop de racisme (?). Franchement, aurions-nous agi de la même façon avec un fils de Vladimir Poutine pétant les plombs du côté de Genève, lui non plus Président d'un pays exempt de soupçons répétés de crimes contre l'humanité y compris contre des journalistes?

Qui est le méchant dictateur? Qui est le gentil démocrate? A oui, une bonne parole en direction du peuple suisse de la part de Mr Moussa Koussa, tout de même. Il paraît que nous sommes un peuple très aimable et amical. Espérons qu'au moins ça il le pense vraiment. Parce que pour le reste de son interview, et surtout pour Mr Max Göldi, l'espoir est ténu de revoir notre otage avant sa condamnation de 4 mois fermes.

A force de jouer les fiers à bras, les solitaires justiciers braves défenseurs des domestiques arabes, nous finissons par recevoir les retours de bâtons économiques dans les jambes. Les droits humains ne sont pas prêts de détrôner les intérêts économiques. Essayé pas pu, Micheline. C'est triste mais c'est ainsi. Il faut désormais vous faire comprendre autrement et écouter autrement. Avec l'oreille d'une ministre qui parlerait à...Vladimir Poutine, par exemple.

 

14:45 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) |

Ce matin, les « missiles » pleuvent sur l'UDC

 

Notre pays est en train de prendre une raclée de realpolitik internationale. Ce n'est pas forcément drôle ni forcément positif pour nous. La Libye est en train de devenir l'héroïne du monde arabe et nous les zéros de l'Europe à défaut d'être membre de l'Euroland.

Avons-nous perdu notre...hum...ça commence par « p » ça finit par « s ». Bref, vous savez quoi, Messieurs les machos de l'UDC.

J'avais une petite chanson à vous montrer mais j'ai censuré à cause des enfants (qui se marrent sûrement en cachette sur Y Tube). Cette chanson de « King Missile » tout le monde la trouvera sur You Tube (ton tube ou j't'entube). Mais comme les missiles libyen pleuvent sur la Suisse, vous savez les fameux missiles de l'affiche extraordinaire de l'UDC, eh bien j'en ai retenu trois sur la flopée de titres créés par ces allumés, éméchés et enflammés de « King Missile ».

Je demande, avec Amnesty International, grâce, grâce immédiate aux Libyens et au Colonel. Monsieur Max Göldi n'a rien à faire dans les prisons libyennes.

C'est l'heure Monsieur Kadhafi, vraiment l'heure. Il ne faut plus tarder. Car si les missiles pleuvent sur la Suisse aujourd'hui, ils pourraient aussi bien revenir chez vous s'il arrive malheur à notre otage. C'est comme ça avec les armes. On sait qui les fabrique mais on ne sait jamais qui au final les prendra sur la figure.

 

 

 

 

 

P.S. aller. je vous donne le titre de la chanson censurée. C'est "Detachable Penis".  Bien sûr, c'est la plus connue du groupe King Missile. celles et ceux qui trouvent qu'on la vraiment petite en Suisse ce matin, pourront se consoler et rire en visionant cet "horrific song" sur j't'entube.

06:24 Publié dans Humour | Lien permanent | Commentaires (8) |

17/03/2010

Deux photos d'Hannibal en cause

La Tribune de Genève a-t-elle bien fait d'user de son droit à la liberté d'expression dans le cas précis des photos d'Hannibal Kadhafi?

Cette seule question fait débat, et non pas, comme certains le prétendent, la remise en question de la liberté de la presse. Une Rédaction d'un journal libre est libre de publier ce qu'elle veut. Personne ne remet en cause chez nous ce droit fondamental là. Par contre, le Rédacteur en Chef de la Tribune peut à nouveau, et au vue des événements qui ont suivi cette parution, se poser la question de la justesse de son acte.

Dans d'autres circonstances, avec d'autres acteurs, il n'y aurait peut-être pas de question grave à se poser sur un cas de figure parallèle à celui-ci. Mais hélas, avec le clan Kadhadi et son statut royal comme révolutionnaire, nous devons faire preuve d'une intelligence autre, d'une façon de reconnaître ses propres torts différente de la coutume ordinaire. Nous savons que la question d'honneur est au centre de l'affaire. Chacun et chacune à son honneur. Chacun et chacune est touché différemment par le sens de son honneur personnel. Le clan Kadhafi a une très haute estime de son image. Ce n'est pas à nous de juger si les Kadhafi méritent bien cette haute image d'eux-mêmes. Le fait est qu'ils la revendiquent haut et fort.

De la part de la Tribune de Genève, on pourrait s'attendre à revenir un pas en arrière en déclarant qu'elle a commis une erreur d'appréciation mais pas une erreur de déontologie. Pour ma part, je pense que cela débloquerait la situation du côté libyen et que les Kadhafi pourraient se contenter de cette explication. Reconnaître sa faute est essentiel aux yeux du clan Kadhafi. Peu importe finalement pour eux que la faute soit d'ordre déontologique ou d'appréciation.

Pour les indemnités, si indemnités il y a, le Canton de Genève et la Tribune, peuvent toujours proposer aux Kadhafi de verser la somme d'argent à une oeuvre caritative qui vient en aide aux enfants libyens. Ce serait à l'honneur de tout le monde.

 

15:43 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) |

Justice: circonstances atténuantes d'ordre spirituel

Dans le débat qui agite actuellement notre Droit démocratique et laïque avec certaines coutumes de l'islam non conciliables avec nos lois, la demande de justice islamique parallèle orchestrée par certains jusqu'au-boutistes envenime encore le débat avec le monde musulman.

Nous pouvons pourtant trouver un pare-feu adéquat à cette exigence. Tout d'abord, nous devons affirmer que le Droit démocratique est non négociable devant toutes les religions. La justice des Etats laïques ne doit en aucun cas céder aux sirènes du Droit religieux. Elle se doit de juger tout délit sur la base de ses propres lois et ne jamais céder à l'impuissance devant des cas difficiles en déclarant qu'elle pourrait être incompétente dans certains litiges communautaires d'ordre religieux venus de codes de conduite différents du nôtre. Il n'existe pas de sujets d'incompétence au niveau du droit démocratique.

Par contre, la justice doit banaliser le droit aux circonstances atténuantes ou aggravantes en cas de délits ou de crimes ayant pour source des racines religieuses. On pourrait chercher un modèle antérieur à cette façon de faire dans la criminalisation de l'objection de conscience, qui existait encore dans les années 1980 dans l'armée suisse, en cherchant à savoir si le délit ou le crime d'ordre religieux a été commis pour des raisons avant tout idéologiques ou plutôt sur des raisons de coeur et de conscience intimement liées et engendrées par une pratique quotidienne et sincère d'une religion.

En espérant avoir apporté quelque chose de neuf à ce débat explosif, j'attends vos commentaires éventuels.

 

14:28 Publié dans Monde | Lien permanent | Commentaires (0) |

Jésus et nous

Excellent article ce matin sur la vie de « Jésus » écrit sur le blog « Vu de la place Victor Hugo »de Monsieur Pierre Hemerhach.

Je reprends ici juste un passage clef:

« Ensuite intervint, selon Baeck, un sérieux changement de perspective dans la littérature évangélique : de la religion de Jésus on est imperceptiblement poussé vers la religion autour de Jésus, de la foi de Jésus vers la foi en Jésus. Ce qui fait alors des récits évangéliques non point un document historique mais une histoire sainte :

Ce n'est plus l'enseignement de Jésus mais un enseignement sur lui, ce n'est pas la foi qu'il a porté en lui et irradié sur ses disciples, mais la foi en lui, qui occupent tout l'espace. On n'a plus affaire au commandement et à la consolation que Jésus adressait aux opprimés, aux égarés et aux souffrants mais au sacrement qui est dévotement reçu en son nom, il ne s'agit plus ici de sa vie, de son action ni de ce qu'il a enduré, mais de son incarnation, de sa mort et de sa résurrection, on ne lit pus rien sur sa prière adressée à l'homme, sa proclamation du royaume de Dieu, mais de son salut accordé à celui qui croit en lui, il n'est plus question ici de devoir et de confiance mais d'une grâce accomplie, d'une doctrine de la rédemption qui occupe une positon centrale et détermine absolument tout.  (L’Evangile, une source juive) »

Ce passage est extrêmement important pour comprendre comment l'on passe de la spiritualité individuelle d'un être humain à une spiritualité collective construite sur la base d'une philosophie à l'origine individuelle et unique. Ce passage nous éclaire et nous apprend combien il est important de conserver son sens critique envers les Eglises du monde et toutes les religions. Nous avons sans doute le même basculement de l'enseignement spirituel d'un homme en ce qui concerne Mahomet.

Ce passage nous dit enfin la vérité sur la façon dont on apprend à construire une religion dans un contexte politique, économique, sociale, et culturel. Cela ne remet pas en question l'importance de Jésus ou de Mahomet. Cela remet par contre en question nos attitudes fanatiques, dogmatiques, et totalitaires du monde.

Lire l'article de Mr Pierre Hemerhach pour toutes celles et tous ceux à qui la spiritualité est importante dans leur vie.