20/11/2011

Jwebi lel madhi, un indigné dans la nuit

Ici on ne cause pas Arabe. Ici, certains ont tendance à dire:"Dégage! T'es pas de chez moi". Mais le mouvement des Indignés est mondial. Ils passent par Tunis, le Caire, Istanbul, Tripoli, Marseille, Paris, New-York, Madric, Barcelone, Lisbonne, Rome, Berlin, Londres, Belfast, Jérusalem, Gaza, Genève, Zurich, Vienne, Pékin, New-Delhi, et partout où les enfants, les femmes, les hommes sont déconsidérés, maltraités, exploités, abandonnés à leur sort. Je vous offre la belle chanson de Wistar "Jwebi lel madhi" pour la nuit. Un voyage qui touchera toutes celles et tous ceux qui vivent la précarité de près ou de loin. S'unir entre nous pour faire face à la fatalité des licenciements, des exclusions sociales. Faire face pour empêcher la lâcheté de nous envahir en nous poussant à nous soulever contre les Autres, le voisin, le suivant sur la liste des victimes.

Le monde est entré dans une spirale négative dont on ne sait si nous sortirons indemnes. Trop de difficultés, trop de mensonges, trop d'intérêts particuliers qui empêchent de retrouver la sérénité et le devoir de faire confiance aux dirigeants du monde. Ne restons point passifs. Ecrivons, participons, et disons tout haut ce que des gens voudraient nous interdire de dire. La démocratie est en danger. Luttons pour elle afin que nos enfants continuent de croire en ce monde.

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Les mésaventures de Chariane Hebdo

 

Qui ne la connaît pas ne s'en lasse pas. Et pourtant oui. Chariane Hebdo existe sous son voile.

 

 

Ou bien...

Elle ne fait pas de bisou sur la bouche au pape, à l'imam, à Angela, Nicolas ou Barack. Elle donne à voir mais elle reste inaccessible aux humains que nous sommes. Chariane, elle vit son existence dans le monde virtuel ou personne ne viendra lui dire comment elle doit s'habiller, qui elle doit fréquenter, et comment elle doit vivre sa vie. Elle est une revue, du papier glacé qui se vend sous le manteau qu'elle porte léger. C'est une jolie fille pleine de tendresse et de jouerie, de joie de vivre et de pertinence. D'impertinence aussi. Elle s'est condamnée à l'abstinence du réelle car son rêve est trop élevé. Elle voudrait être une femme mélangeant toutes les cultures, franchissant toutes les barrières de la Foi, et se faire aimer telle qu'elle est, telle qu'elle se donne au monde.

Chariane Hebdo, c'est ma petite fée intime, ma princesse des Mille et Une nuit, ma quête et ma destinée.

Et tant pis si les religions ne sont pas d'accord avec sa vie passée hors du temps et des limites. Elle, elle passe les frontières grâce au vent qui l'emporte pour ensemencer le désert des hommes sur cette Terre à bout de souffle qui a perdu sa source. Chariane Hebdo donne la vie au sable car du ciel ses larmes tombent en douces averses sur les terres incultes qui se verdissent au contact de ses nuages cotonneux. Plume d'abondance pour une Humanité en pleine décadence.

 

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La tente comme instrument de lutte

 

Les indignés sont partout. Ils commencent à occuper les banques et les places névralgiques.

Nous avions Kadhafi et sa tente bédouine qui sévissait partout dans le monde. Les peuples, pas bêtes du tout et moins cons que prétendus par les dirigeants du monde, ont repris la tente à Kadhafi et ses petits copains globaux. Il est mort, son fils est arrêté par les rebelles. Les Kadhafi sont tombés du haut de leur arrogance.

Tout est parti de Tunisie. Nous le savons. Le berceau d'une révolution mondiale où les peuples réapprennent à prendre en main leur destinée plutôt que de se laisser rouler dans la farine par des dictateurs ou pseudo-démocrates qui nous mènent en barquette. La tente, cette maison du voyage, fait partie de la panoplie du globe-trotter. La tente rassemble les insoumis et les réunis dans une sorte du lutte de la fragilité contre la toute-puissance économique. Les indignés sont les indiens d'aujourd'hui qui luttent pour une culture de solidarité, d'amitié des peuples, d'une économie basée sur l'échange et le droit du travail pour tous. Les indignés ont leur Sitting Bull masculin, leur Crasy Horse féminine, et la foi de renverser ce monde déshumanisé qu'est devenu ce marché qui nous bouffe la vie, nous ronge les ongles à longueurs d'émissions et de téléjournals à la con où l'on tente de nous répéter et de nous expliquer jour après jour que nous devons faire encore et encore des sacrifices pour plaire à l'autel du Dieu Market.

Je n'étais plus allé chez le médecin depuis 20 ans. J'ai dû y passer parce que ma femme m'a rendu zinzin. Horreur. J'ai reçu la facture du premier. Frs. 385.65.-- pour deux séances d'une demi-heure où je me déclarais inapte à poursuivre mon travail. Sans aucun examen de mon corps, ni analyse, ni rien d'autres. Plus que le prix, c'est cette facture « technique » très élevée qui me choque par rapport à nos salaires., et nos primes infernales que nous payons pour rien parce que nous prenons tous des franchises élevées.

A l'époque de l'antiquité, quand j'étais gosse, ma mère n'avait pas beaucoup d'argent et son médecin de famille le savait. Il adaptait sa facture à ses clients. Médecin de campagne. Aujourd'hui, on se rend au super-marché médical quand on va chez le médecin. On ne sait pas combien cela va nous coûter. On ne sait pas pourquoi une heure passée chez le médecin c'est deux journées de travail pour nous. On ne sait rien. On regarde le ticket de caisse. On n'y comprend toujours rien. Et on soupire de rage quand on découvre le montant total de la facture.

Et ce qui choque le plus pour un métier dit de l'humanitaire, c'est ce 0 franc 65 centimes. Nos médecins sont devenus des marchands et des robots qui doivent suivre à la lettre une procédure économique. Ils comptent jusqu'au centime près leurs prestations et n'hésitent plus à facturer leur petit heure de discussion passée avec un suicidaire le prix d'une heure d'un cadre supérieur chez UBS ou Novartis.

Ce sont nos nouveaux médecins de campagne. Sous la tente, je veux bien jouer au medicin-man pour nos amis les indignés. Tous dans la rue cet hiver!

P.S. C'est pourquoi j'ai besoin de m'habiller pour éviter les médecins, cher Red Baron:)

 

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Helena, Forum Algérie

 

"je n ai pas attendue praline pour exprimer ma foi en la justice

je suis née avec et je mourrai avec."
Helena



Bruxelles, 15 octobre 2011. [Thierry Charlier - AFP]

 

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19/11/2011

Blogs et droits commerciaux, le débat doit s'ouvrir

 

24 Heures va fêter les 250 ans de son existence en 2012.

C'est l'occasion pour moi de participer à cette fête en ouvrant une porte royale à sa rédaction (où est-ce l'inverse?).

Nous sommes plusieurs sur les plate-formes 24 Heures et Tribune de Genève à avoir participer à la discussion concernant le mérite des blogueurs et blogueuses à travailler pour beurre (beurs et beurettes compris:)) dans une sorte de concours à la gratuité collective et à la prime du plus méritant donateur internautique des 250 années à venir:).

Nous tous, blogueuses et blogueurs, sommes de généreux parrains de plume à cette société de bienfaisance que nous représentons par nos idées, nos actes, nos paroles, nos murmures, nos rages, et nos bonheurs. D'accord, nous participons parfois à la distribution de la soupe à la grimace et jetons quelques sortilèges et bobos chagrin à des personnalités ou des faits de société qui nous dérangent. Nous arrosons aussi d'acide névrotique ce magma en fusion que représente les entrailles de la communauté et de nos vies intimes et nous leur faisons part de notre dépit amoureux.

Venons-en au fait. Les blogueuses et blogueurs sont une espèce en voie de disparition. Notre société défend les valeurs de réussite personnelle. Nous avons tous un temps limité devant nous pour réussir dans nos passions. Nous pouvons peindre à l'infini comme Vincent van Gogh et mourir dans la dèche. Personne n'attachera d'importance à notre travail si celui-ci n'est pas valorisé comme il se doit. La direction de 24 Heures n'accorde pas de valeur particulière à sa section « Blog ». Il y a quelques mois, elle a créé Une sous-section réduite « PolitBlog » qu'elle met en avant autant sur sa page d'accueil que sur sa page dédiée aux blogs. Elle n'a par ailleurs aucun journaliste qui s'occupe de repérer et de de mettre en évidence tel ou tel billet. La plate-forme s'auto-alimente grâce à des blogueuses et blogueurs enthousiastes, dévoués, et désireux d'informer, de communiquer avec les lectrices et lecteurs tout en pratiquant l'art médiatique de façon très personnelle.

La plate-forme blog des quotidiens TdG et 24Heures seraient juste à l'équilibre financier selon le rédacteur en chef adjoint de la Julie, Tristan Cerf. Serait-ce par manque de fréquentation ou de qualité offerte dans les contribution? Voici d'ailleurs ce qu'il écrivait dans son billet du 19 août 2011: « Haine. La fin de l'impunité sur les réseaux sociaux et les blogs »

« En Suisse, les blogs sont également sujets depuis quelques années à de dangereuses dérives haineuses. Passée l’ère heureuse du brave citoyen profitant de sa liberté nouvelle pour partager gracieusement des talents littéraires trop longtemps frustrés ! Voici venu le temps des règlements de compte, des blogs antisémites et des billets racistes. Les haineux, les agressifs, les quérulents à demi fous: tous bloguent. Et c’est bien dommage pour le blogueur honnête!

« La Tribune de Genève » abrite un forum de blogs ouvert à tous depuis 2007. Chaque jour notre équipe se bat contre le retour en force de la haine, qu’elle soit anti-juive, sous couvert de « solidarité avec la Palestine », ou contre l’Islam, au nom d’une identité européenne fantasmée. Pour nous aider dans cette tache, nous pouvons compter sur la vigilance d’observateurs aguerris comme la Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme, la LICRA, ainsi que la CICAD, la Coordination inter-communautaire contre l’antisémitisme et la diffamation, mais aussi sur l’attention de nos internautes.

Cette semaine, la «Tribune de Genève» a dû fermer trois blogs jugés antisémites. L’un des auteurs se déclarait « prêt à être antisémite » si c’était pour soutenir la cause palestinienne. L’autre délirait sur l’ascendance juive d’Hitler, déclarant que les juifs avaient été tués par un juif, tandis que le troisième se contentait de faire la publicité pour une fête de « réhabilitation de la croix gammée »… après avoir publié tout un billet sur le « lobby juif ». D’autres, plus évanescents dans les attaques qu’ils formulent, sont sous étroite surveillance.

Il est loin l’age d’or où les titres de presse pouvaient s’enorgueillir d’offrir une liberté débridée à leurs internautes. Il est temps maintenant de donner à nos plateformes de discussion online le sérieux, l’éthique et la transparence qu’on exige des pages opinions de nos journaux imprimés. La santé du débat en dépend. »

« Le sérieux, l'éthique et la transparence », cela s'appelle aussi du professionnalisme et donc de la formation, de l'intelligence, de l'attention, de l'information, de la créativité, de l'intérêt, de la passion. Bref, je pourrais encore en rajouter. On peut réduire tout cela au 24 heures d'une journée, donc au « temps » passé pour réussir à produire cette qualité tant exigée de nos rédactions.

Il y a des blogueuses et blogueurs qui y parviennent et qui obtiennent un lectorat réjouissant sans aucune pub tapageuse. Sont-ils récompensés et félicités pour leur travail? Je vous laisse le soin de la réponse.

Prenons un exemple dans un autre domaine. Un restaurant à la capacité de recevoir 100 personnes par service. Il fait le plein midi et soir, 7 jours sur 7. Les clients fidèles y reviennent très régulièrement, d'autres plus épisodiquement. Dans ce restaurant, chaque jour, jusqu'à 1000 voir 2000 et plus encore de petits plats y sont consommés par la clientèle car il y a des boulimiques qui consomment chaque jour plus de 10 repas confectionnés par la brigade. A la fin de la journée, tout les jours de la sainte semaine, et même le dimanche, le boss dit à son personnel  « Merci les enfants, et à demain matin ». Chacun et chacune rentre chez soi sans le sou, sans rien sauf la satisfaction de recevoir la gratitude du boss qui lui même n'a pas été payé par ses clients. Combien de temps cette entreprise va-t-elle survivre à sa passion folle? « Les resto du coeur ». O.K. Coluche, mais toi aussi tu touchais de la thune à l'occase ce qui t'a permis, sur ta notoriété et ta générosité de créer les dits « resto du coeur ».

C'est la question que je pose aux rédactions de la Julie et de 24 Heures. La fille est nue. Elle a froid, Elle ne mendie pas. Elle veut juste pouvoir s'habiller en hiver quand tout devient glacial autour d'elle.

Il y a des guides pour la restauration qui attribuent des étoiles aux meilleurs restaurants. Il pourrait y avoir une section « pro » pour les blogueurs et blogueuses créatifs qui obtiennent des étoiles « blog-in » pour leurs prestations. Pour une rédaction, il est possible de créer un jury qui décide en toute indépendance d'esprit en faisant un choix sélectif sur la base de critères qu'ils se choisissent. Distribuer de beaux prix ne coûtera jamais une masse salariale impossible à gérer en égard à la quantité de blogueurs et blogueuses qui offrent des dizaines de millions de pages vues par année sur les différents blogs. En plus, cela offrirait une crédibilité supplémentaire aux deux plate-forme « blog ». Alors à quand cette sélection et ces prix ainsi ce gala annuel autour de la blogosphère?

La discussion est ouverte. J'attends vos commentaires courtois et engagés.

En attendant, je vous fais visionner un clip copié-collé bien drôle du chef, car entre chefs on se prête amicalement nos petits-plats. Solidarité entre nous les créatifs et les inventeurs d'un autre monde possible. Je l'ai appelé « Julie, la petite fille toute nue qui cherche à s'habiller chez 24 heures ».

 

m

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18/11/2011

La source des femmes: sublime!

 

Un film âpre au coeur du désert. La source d'eau comme centre nerveux d'un islam éclairé à la lumière de femmes courageuses luttant contre les stéréotypes reproduits à travers des générations et des générations d'hommes. Les hommes ne font plus la guerre. Les hommes n'ont plus de travail. La sécheresse a réduit leurs champs cultivables en lopins désertiques. L'eau vive jaillit au coeur des femmes. La passivité et le coeur aride des hommes déconsidèrent la vie dure de leurs épouses. Ensemble, ils survivent encore grâce aux touristes qui passent par là et laissent parfois assez d'argent pour subvenir aux besoins minimaux des familles pendant que les hommes passent leur temps au café du lieu à jouer et plaisanter.

Une femme perd l'enfant qu'elle porte suite à une chute lors de la corvée d'eau. Cela va déclencher la grève de l'amour.

Un film dépouillé de tout artifice et d'effets spéciaux, d'une grande pudeur, d'une grande intégrité, doté d'une aura et d'une dimension métaphysique, qui rend à chacune et chacun des villageois sa part de dignité et de vérité. Au-delà du cliché de la lutte entre ancienne génération et nouvelle génération, vient se mêler la dimension intemporelle de la culture arabe. Celles et ceux qui parlent en mal de l'islam trouveront dans ce film tout l'Amour et la Grandeur de l'islam, non son interprétation dévoyée, mais son Essence, sa Sagesse, sa Vérité.

Si vous ne devriez voir qu'un seul film en cette fin d'année 2011, rendez-vous à la « Source des femmes ». L'émotion vive sera au rendez-vous, les larmes et la beauté aussi. Un film immense associé à l'immensité du désert. Une palme verte qui vient du haut des plateaux du Maghreb. La déception de ses habitants, si fiers d'avoir tourné dans ce film et qui ne reçoivent pas la récompense et le prix tant attendu, est à la hauteur de ce qu'ils nous apportent comme bonheur d'aller à la rencontre d'une oeuvre sublime.

P.S. Voir aussi en deuxième rideau le reportage de l'émission « Envoyé spécial » Carnet de route: « Retour à la source ». Et comprendre que si le cinéma profite financièrement à bien du monde, les oubliés du système sont celles et ceux qui ont inspiré le scénario du film, et dans ce cas, jouer les seconds rôles ou figurants sur les lieux du tournage. Tout un village reculé dans les montagnes est aujourd'hui le grand abandonné de ce film. Pensez-y quand vous rencontrerez ces habitants sur l'écran géant.

"C'est le film le plus pourri que j'ai vu.. Déjà, le concept du film est ridicul et les acteurs qui ont participé au tournage de ce film font honte aux arabes et aux musulmans.. Nous sommes reconnu pour notre pudeur, mais dans ce film les arabes ont fait plus hram que les kofar.. leila bekhti à un moment tien un Coran entre ses mains, puis quelques minutes plus tard elle fait une scène de cul, il faut savoir..et dans l'Islam, les hommes et les femmes sont certes égaux,mais n'ont pas le meme role". Premier commentaire suivi d'une centaine d'autres sur You Tube. Le monde arabe est en plein bouleversement et ce film est un film planté au coeur de cette révolution de jasmin, de ce printemps arabe tant honni de certains et de certaines et tant aimer par d'autres... A vous de savoir de quel côté votre coeur chavire pour ce film.

 

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