08/11/2011

Charles et la Toile, EMS inhumain

 

Il s'appelle Charles Bourgeois, et il crie aujourd'hui son désespoir dans un article en ligne sur 24 HEURES. Il vit en EMS où il a englouti toutes ses économies. Il est gravement handicapé. Il ne lui reste pratiquement que la Toile pour faire vivre son intelligence et partager avec la communauté humaine quelques instants de magie fraternelle.

Après avoir tant gavé de ses jolies économies l'Espace Mortuaire et Sanitaire, l'Etat doit prendre le relais aujourd'hui. Et l'Etat ne paie que les prestations obligatoires. Pas le superflu. Ce qui est superflu pour l'Etat, et plus encore pour l'Espace Mortuaire et Sanitaire, c'est la vie de l'esprit, ce besoin irrépressible que toute femme et tout homme ressentent dans leur existence pour rester vivant parmi les vivants. Et bien croyez-moi et soutenons tous Charles dans son combat. Car demain ce sera notre tour. Car demain, nous serons confrontés à l'inhumain.

J'ai une question si simple à poser aux directeurs d'EMS. Pourquoi nous les bien-portants, encore jeunes et libres de notre corps et de nos fonctions vitales, avons si facilement accès aux bornes wifi partout dans la ville alors que des gens enfermés 24 heures sur 24 n'ont accès à l'Internet qu'en payant le prix fort? C'est inadmissible, dégueulasse, et honteux. Charles a payé fr163.-- par jour son droit de survie à cette EMS, soit plus de fr.4'800.-- par mois. Pour ce prix là, il ne peut même pas jouir de l'Internet!? Combien de travailleuses et travailleurs helvètes gagnent ce salaire net par mois?

Etre vieux aujourd'hui, c'est devenir une pompe à fric sur les économies d'une vie. Ne nous laissons pas abuser davantage. L'accès au web, ce n'est pas du luxe. C'est juste faire preuve d'humanité envers nos aînés, nos parents, nos êtres chers abandonnés à leur triste sort dans ces établissements que je renomme « Espace Mortuaire et Sanitaire »

Vas-y l'ami Jacques Brel, réveille le coeur de ces soignants gestionnaires endormis et qui sont incapables de fournir un plaisir à leurs pensionnaires.

 

08:03 Publié dans Lettres | Lien permanent | Commentaires (3) |

07/11/2011

On s'aime pas

 

Tu vois, on danse.
Le corps, on le balance.
On se touche.
On s'embrasse la bouche.
Tiens, même, voilà qu'on se dit qu'on s'aime
Mais c'est que de la crème,
De la pommade rose
Pour cacher les choses,
Du petit plaisir
Pour pas tout seul dormir.

Tu vois pas qu'on s'aime pas?
Tu vois pas qu'on s'aime pas?
On s'aime pas.

Alors là, t'es seul.
Ça te pique dans ton oeil.
T'as envie
De parler, de faire guili-guili,
Mais, pomme,
T'es là pour personne
Et c'est tout le monde pareil.
Retourne dans ta piaule:
Même si tu miaules,
Le monde s'en fout.
Le monde s'en fout.

Tu vois pas qu'on s'aime pas?
Tu vois pas qu'on s'aime pas?
On s'aime pas.

Fil, fil mur,
T'as pas vu le fil dur?
Marqué privé,
Ici c'est chez nous.
Pas pour vous,
Rien que pour nous.
Si c'est à tout le monde, chez nous,
C'est du sale mélange
Et ça nous dérange.
Attention aux autres.
Attention aux autres.

Tu vois pas qu'on s'aime pas?
Tu vois pas qu'on s'aime pas?
On s'aime pas.

Pan! Pan! Pan!
Y'a la guerre tout le temps.
On fait le civil
Puis on s'envoie les missiles.
On se le fait le coup du calumet de la paix
Mais c'est du cirage,
De la gomina
Pour cacher le cra-cra
Et zoom zoom télé,
Toutes ces belles photos saignées.

Tu vois pas qu'on s'aime pas?
Tu vois pas qu'on s'aime pas?
Tu vois pas qu'on s'aime pas?
Tu vois pas qu'on s'aime pas?
On s'aime pas...
On s'aime pas...
On s'aime pas...
On s'aime pas...
On s'aime pas...
On s'aime pas...
On s'aime pas...
On s'aime pas...
On s'aime pas...
On s'aime pas...
On s'aime pas...

Alain Souchon

 

finish your wish of love.

She was alone

to love you alone

in her dream's bedroom

and now it's boum boum boum

because her reality with you

was not the same pink love

but something like shit.


ALAIN SOUCHON " ON NE S 'AIME PAS " par cannelle72

23:10 Publié dans Lettres | Lien permanent | Commentaires (2) |

On avance tous en cadence

 

Par incidence

saurais-tu séduire

jusqu'à l'incandescence

celle qui voulait réduire

la voilure de ton rêve

 

à néant.

 

Parti pour la Jamaïque

de petits mots magiques

s'envolent de ta carlingue

sur son reggae folle dingue

 

mon présent

 

Ô baby no cry!

Ô baby no cry!

 

But go on

where the wind blow up.

 

20:21 Publié dans Lettres | Lien permanent | Commentaires (0) |

Dindon pour une dinde (Me Bonnant à une infidèle)

 

Ce n'est pas encore Noël, et voilà que la dinde est farcie d'explosifs. Me Bonnant, ce grand helléniste, homme d'une culture féconde, se met lui aussi à apprécier le bloc identitaire, ce bloc qui nous somme d'affirmer que « je » viens d'une culture, de racines profondes et bien implantées sur un territoire donné, et que « je » ne saurais remettre en cause cette identité. « Je » suis blond aux yeux bleus. « Je » dois regarder la vie avec ma tête blonde aux yeux bleus. Purisme de l'élite qui a amené le pire et un certain peuple à commettre l'irréparable.

On se trompe toujours sur l'autre car « je est un autre » écrivait Arthur Rimbaud dans sa « lettre du voyants ». On se trompe sur celle qu'on aime et qu'on désire depuis si longtemps. On se trompe de lit, de culture, de plaisirs, de soumission. « Tout homme ou toute terre qui a été romanisé, christianisé et qui a été soumis à l'exigence de l'esprit grec et européen. Lui et elle seuls. Nos mères patries sont Athènes, Rome, Jérusalem; non Médine ou la Mecque ». Me Bonnant dans son hommage à « Charlie Heddo ».

Trois religions, un seul Livre, pourtant... Et cette soumission tant honnie de Me Bonnant tout soudain animée, vantée, aimée et choyée dans le même texte faisant l'éloge à l'ode de la liberté, à la mort de Dieu et à toutes les soumissions inutiles. Me Bonnant a épousé une dinde infidèle et il vient de réveiller le dindon de sa mauvaise farce. Aveugle et même borgne celui qui soumet l'amour à sa passion. Me Bonnant, passionnément amoureux de la culture grecque et occidentale. Un dîner de cons et de gala, on pourrait s'offrir tous les deux à la suite d'une douche tropicale au sortie du hammam après avoir fait des bulles au jacuzzi. Deux dindons cocus qui s'en vont « le coeur supplicié, leur triste coeur bave à la poupe". Arthur Rimbaud.

« Vous revoilà professeur. On se doit à la Société, m'avez-vous dit ; vous faites partie des corps enseignants : vous roulez dans la bonne ornière. − Moi aussi, je suis le principe : je me fais cyniquement entretenir ; je déterre d'anciens imbéciles de collège : tout ce que je puis inventé de bête, de sale, de mauvais, en action et en parole, je le leur livre : on me paie en bocks et en filles. − Stat mater dolorosa, dum pendet filius. − Je me dois à la Société, c'est juste, − et j'ai raison ». Arthur Rimbaud, extrait, « Lettre du voyant ».

Me Bonnant, vous vous êtes égaré dans votre savoir. Vous ne vous encrapulez pas avec les artistes.

« Maintenant, je m'encrapule le plus possible. Pourquoi ? Je veux être poète, et je travaille à me rendre voyant : vous ne comprendrez pas du tout, et je ne saurais presque vous expliquer. Il s'agit d'arriver à l'inconnu par le dérèglement de tous les sens. Les souffrances sont énormes, mais il faut être fort, être né poète, et je me suis reconnu poète. Ce n'est pas du tout ma faute. C'est faux de dire : Je pense : on devrait dire : On me pense. - pardon du jeu de mots. Je est un autre ».

Contre votre « Je haïs un autre ». Me Bonnant, l'artiste cherche à « Arriver à l'inconnu » plutôt que « se complaire dans son connu ». Me Bonnant, "je" est arrivé à l'inconnu, mon nouveau monde s'effondre et me laisse dans la douleur. "Je" reste poète. Les souffrances sont énormes. Vous êtes resté à votre connu confortable. Mais votre ancien monde à vous s'effrite et se dirige vers le gouffre nauséabond du fascisme.

Poète, je vais mourir. Je suis devenu voyant de ma propre existence. Et quand je ferme les yeux pour aimer une beauté des Mille et Une Nuit, je prends toute l'Histoire musulmane qui s'endort avec moi et qui pénètre en mon coeur. Quand je retrouve enfin la vue, je souffre, mais ma douleur aura été de croire que l'amour reste cette parcelle d'étoile ayant brillé dans les yeux d'une princesse mahométane. Pour un temps, pour un souffle, pour un acte d'amour à jamais g(r)avé dans les coeurs. Poète, Dindon au flirt romanesque. Et vous, Professeur et Avocat, Dindon au flirt cauchemardesque.

Vous et moi, ensemble, dindons de la Grande Histoire de l'humanité.

 

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06/11/2011

Réponse à Louis Jouvet

 

Le coup de foudre est tombé à côté. Et puis le tonnerre a grondé. Et puis l'averse nous est tombée dessus. Et puis...nous nous sommes noyés dans l'amour. Et puis...le soleil est revenu. Et puis...elle a d'abord voulu mourir. Et puis...elle est partie. Et puis...elle a voulu revivre sans son...père...son mari. Et puis... son père a ensuite voulu mourir... pour sa fille...son épouse. Et puis...il a voulu écrire et mourir après.

Elle vit d'amour pour elle-même. J'écris d'amour pour elle-même. Elle m'aime. Elle se parfume. Elle fume. Mes mots s'enflamment à nos cendres.. Notre dispersion et notre disparition représentent un drame liturgique. Renaître à notre amour quand l'amour portait déjà le mauve. Fauve fut notre union. Une fille, un père. Sa génération, celle de son père. Et l'amour...pas incestueux. Seulement le rêve d'une petite fille qui rencontre Zorro dans sa nuit et qui d'un Z lui signifie que Zeus a choisi pour elle. Zorro porte un masque. Zorro n'a rien. Zorro vit comme n'importe qui. Le charme perd tout son attrait. Il a l'âge de son père qu'elle n'a pas connu. Il est inconnu au bataillon des people. Il est pauvre et sans amis. Le rêve se transforme peu à peu en cauchemar ordinaire.

Elle est libre sur un nuage. Je suis mariée à elle dans un mirage. Je porte son alliance. Il y a des grandes histoires de dingues. « Vol au-dessus d'un nid d'amour ». Sans doute le titre d'un futur oeuvre cinématographique.

En attendant, les chef-d'oeuvres du passé pour vous tous, chères lectrices et lecteurs.

Alors, cher Docteur Knock, ça me chatouille ou ça me gratouille? Un indice: Pourquoi dans les chansons et les romans d'amour, les actrices et les acteurs sont toujours jeunes et beaux? Question qu'elle m'a posé un jour qu'elle m'aimait encore. Factice l'amour...ou physique  plutôt que métaphysique?

 

10:48 Publié dans Lettres | Lien permanent | Commentaires (18) |