13/02/2013

Tunisie: ils ouvrent le Coran et se retrouvent face au néant

 Un tel désespoir trouvé sur Rue89 http://www.rue89.com/2013/02/10/la-tunisie-apres-le-meurt...

Une Tunisie comme anéantie après le largage virtuelle d'une bombe atomique. Ils sont survivants d'une Révolution de Jasmin qui n'a donné que davantage de misère et de peur face à l'avenir. Ils ne croient plus au changement promis, à la sortie de leur vie par l'aspiration verticale en direction des grands airs libérateurs de l'existence: culture, cinéma, art, entreprises, commerce florissant, tombant comme autant de miracle jamais arrivé chez eux. Mirage que tout ça, ou plutôt "Jasmin, mon cul".

Ils ne trouvent que des Coran et des Mosquées, certains prédicateurs qui tentent de les enrôler pour haïr cet Occident qui ne leur vend que des images de luxe et de volupté à travers les écrans de télévision, cette perversion malsaine des Européens... Ce paradis qui appartient aux privilégiés d'Europe et aux "corrompus" de la capitale, Tunis, qui s'approprie toute la richesse sur son petit coin de territoire.

Alors, peut-être, vont-il écouter le prédicateur et ses litanies sataniques prônant l'engagement violent dans le djihad. Peut-être vont-ils toucher à l'argent qui arrive du Golfe et qui leur permettra de nourrir leur mère, leur père, leurs frères, leurs soeurs, et de se trouver une petite amie cachée sous son voile. Enfin une vie décente de quelques mois, de quelques années, avant de mourir peut-être dans l'indécence d'une attaque kamikaze à l'explosif...

Sans fin le même cycle de l'horreur et de la haine. Le Jasmin fleurissait et sentait si bon. Le Jasmin promettait ce mariage parfait, idyllique, et sans fin pour ce pays si beau qu'est la Tunisie. Et tout ce rêve s'est cassé la gueule. Les islamistes ont dit qu'ils avaient reçu le pouvoir d'Allah à travers les urnes et les dunes mystiques, et qu'ils pouvaient gouverner en imposant peu à peu la charia. Les ex de Ben Ali ont comploté, puisqu'on les chassaient de tous les postes de pouvoir et de fric, pour tenter de retrouver soutien et futur dans un pays no futur. Les vrais démocrates se sont trouvés marginalisés, solitaires, trop indépendants et farouches pour rassembler les foules sous leur bannière...Ils ne savaient pas assez que la réussite d'une révolution est d'abord violence spirituelle qu'on s'impose à soi-même afin de changer l'inertie de la société. Franchir les tabous, ouvrir le Coran et crier aux gens « Mais lisez avec des yeux de notre temps, pas avec des yeux d'idolâtres obtus qui consomment le saint Livre comme des drogués alcooliques obsédés par la prise de leurs produits hallucinogènes ». Paroles sidérantes, inouïes à entendre. Qui sont donc ces révolutionnaires fous qui osent parler ainsi de culture spirituelle et du Livre Saint parmi les Saints, le Coran, écritures d'Allah?

Et puis l'assassinat du laïc Chokri Belaïd est arrivé provocant une onde de choc qui a traversé tout le pays. Chokri Belaïd, le laïc que les islamistes traitaient d'athée, car toutes celles et tous ceux qui se déroutaient des ordres et des dogmes trouvés dans le Coran sont forcément des athées, des infidèles, des exclus du Royaume d'Allah.

On retourne au désert. Kasserine. Ville de la révolution de jasmin. Certaines et certains jeunes ont quitté la ville pour la Côte. Parmi eux, beaucoup ont ensuite tenté leur chance du côté du Continent Nord, le sésame de la modernité et de la belle vie. Parmi eux, des embarqués sur des rafiots pourris. Certains ont atteint le Continent. D'autres ont coulé corps et âmes. Qu'Allah les accueille en Son Amour. Celles et ceux qui sont parvenus chez nous, ont du se battre pour trouver un boulot au black, très mal payés. Certains, restés sur le carreau de la rue comme clochards expatriés, sont rentrés chez eux le cœur gros. Ils avaient tout perdu. Ils ne voulaient pas en plus perdre leur âme déracinée au milieu des capitales européennes.

Enfin, il y avait celles et ceux qui ont trouvé des alliances et qui ont trahi. Utiliser l'arme des sentiments pour tromper un ou une esseulée sur le Continent tant recherché dans leurs rêves. Des mariages bidons arrangés, des mirages supplémentaires sur la terre abandonnée et désertiques des faux sentiments amoureux. Triché avec son cœur, triché avec sa vie. Par désespoir de découvrir d'autres méthodes moins moches et tragiques.

Certaines et certains ont réussi de beaux mariages blancs ou réels. La plupart ont divorcé après les années légales requises pour obtenir le droit au sésame définitif. Les sentiments avortés et morts mais au bout de ce voyage menteur l'obtention d'un permis de séjour à long terme. Tous perdants. Eux comme les grugés de l'amour. Car quand l'amour a menti effrontément, il ne reste que désert des sentiments et froid dans la nuit.

« Jasmin, mon cul ». Quand je lis cette déclaration d'amertume, je ne puis m'empêcher d'écrire que la seule solution devant le désastre communautaire annoncée, c'est de croire encore à l'Amour et à la construction de la communauté par l'art du beau, la culture, le cinéma, la danse, le théâtre, la musique, et de ne pas céder un pouce au cynisme et au crime. Car dans certaines mosquées, il y a toujours des prédicateurs prêts à dévorer des proies faciles s'offrant au djihad et à la mort, des proies abandonnées, des amoureux abandonnés, des paumés à qui l'on fait croire que d'une seule bombe jetée dans la foule anonyme, ils rejoindront le paradis des femmes vierges, et Allah.

Pense à Jazzmine, mon frère, ma sœur, de Tunisie. Pense au bébé tout rose qui vient au monde et ne demande qu'à être aimé et choyé. Ainsi tu construiras ton pays d'une façon ou d'une autre. Ainsi tu participeras à la force de tout un peuple qui a fait sa révolution pour vivre mieux, libre, en paix, et en démocratie.

 

12/02/2013

Et que si m'aime ce coup de foudre...

« Et que si m'aime ce coup de foudre, Dieu aurait-il signé de sa plume à mon dernier renoncement... »

Quelle coïncidence parfaite. Il fallait synchroniser l'annonce d'une démission papale, un coup de foudre sur le sommet du Vatican, et un photographe qui passe par là et appuie au bon moment sur le bouton...

Le metteur en scène était-il Dieu Lui-même... Sacré réalisateur d'un coup parfait. Bref, c'est presque la Saint-Valentin. Encore heureux que le pape ait déclaré sa démission mortelle quatre jours avant pour ne pas faire coïncider avec le jour de l'Amour et des Amoureux. Ah mais mince alors! Quatre jours avant, cela correspond au Jeudi Saint, jour de la Sainte Cène, dernier repas de Jésus avec ses disciples avant son arrestation. Benoît XVI comme un signal au retour du Messie? Et dire que Pâque annoncera la proclamation d'un nouveau pape. Vraiment, Dieu a de ses idées surnaturelles, parfois...

 

En savoir plus sur http://www.atlantico.fr/atlantico-light/foudre-vatican-signe-apres-renonciation-benoit-xvi-636934.html#V9KmZcrAcBBbftLT.99

11/02/2013

Sans toi ni moi (Saint-Valentin Day)

un monde sans notre grand soir

c'est un monde qui se vide

dans le bide de notre histoire


sans toi ni moi

peux-tu dessiner la loi d'Amour

dans les étoiles du ciel?

sans toi ni moi

peux-tu écrire la foi en Dieu

dans la toile de l'essentiel?

 

ce monde sans notre amour

c'est une blessure de sang

qui remplira de rouge l'océan

 

quand, quand est-ce que tu reviendras

soulever la terre des murmures

de nos vies emmurées?

Où, où feras-tu tes premiers miracles

qui changeront notre mal en bien?

 

Je crois en toi, mon amour

mais toi qui ne crois plus en moi

pourras-tu retrouver l'échelle de notre bonheur?

 

sans toi ni moi

peux-tu dessiner la loi d'Amour

dans les étoiles du ciel?

sans toi ni moi

peux-tu écrire la foi en Dieu

dans la toile de notre essentiel?

 

tu as déclaré ta révolution rouge

et ta rose a découvert un troubadour.

Décapiter ton roi

au nom de l'amour

t'a rendu libre et reine de tes choix.

 

es-tu seulement bien heureuse

quand tu chantes une berceuse

à ta fille que j'ai manquée?

 

sans toi ni moi

peux-tu dessiner la loi d'Amour

dans les étoiles du ciel?

sans toi ni moi

peux-tu écrire la foi en Dieu

dans la toile de notre essentiel?

 

Dis-moi, toi.


Souverain Pensif, il s'en va méditer en Indochine

Le pape s'en va. C'est le premier pape qui s'en va du pontificat, depuis des siècles, avant l'appel du Seigneur vers ailleurs. Planète en forte effervescence, dogmes et liturgie remis en question, divisions intellectuelles et spirituelles au sein de la population et entre civilisations, être pape aujourd'hui est devenu un sacerdoce impossible. Etre le premier représentant de Dieu sur Terre sorti d'un Conclave catholique très sélectif pèse peu face aux crises mondiales successives que subissent les peuples. D'autant que l'Eglise est chargée d'affaires pas du tout catholiques (pédophilie, scandale bancaire, intrigues internes, traîtrises) qui fragilisent sa crédibilité d'ordre divin auprès des populations.

Le pape s'en va. Mais a-t-on encore besoin d'un pape, d'un chef spirituel élu par un très petit nombre dans un monde qui demande liberté démocratique de croyance, de conscience, de parole, et d'expression ? C'est une question ouverte dont il serait intéressant d'en discuter au sein des communautés chrétiennes.

Mauvaise vie, mauvaise foi ; bonne vie, bonne foi, crois-moi.

Toutes et tous en Indochine, pour le départ de Benoît XVI.

Terre de colons, terre de frelons ?

Le débat tunisien s'envenime autour de l'intervention orale du Ministre français de l'Intérieur (affaires intérieures françaises, soulignons-le au passage), Manuel Valls.

Ehnada, le parti islamique provisoirement ou durablement au pouvoir, en veut aux propos tenus par le Ministre qualifiant de fascisme une certaine manière d'imposer par l'intimidation et la violence un islam rigoriste valable pour tous et se référant exclusivement à la charia et non à des lois issues de débats démocratiques tenus entre toutes les forces politiques légitimement portées au pouvoir par le peuple.

Si Ehnada rappelle aux Français leur soutien à Ben Ali durant de très nombreuses années, le parti oubli de mentionner que leur leader charismatique a trouvé refuge et protection en France du temps de sa persécution en Tunisie sous la dictature du même Ben Ali. Ehnada oublie également de mentionner la population maghrébine très importante qui vit désormais en France (les colons du Maghreb? Faut-il s'attendre à une pancarte lepéniste du style « Tunisie, Dégage ! ») se mêlant à une population européenne démocratique née des Révolutions et des Lumières. Ehnada oublie enfin qu'il est du devoir d'un Ministre de l'Intérieur élu par un peuple démocratique et libre de soutenir la cause démocratique parmi toute la population française, devoir qui s'adresse également à tous les citoyens venus de l'extérieur, dont les citoyens aux origines arabes. S'il ne le faisait pas, cela aurait des conséquences politiques énormes dans le futur. La démocratie ne peut soutenir la théocratie après avoir soutenu lâchement la dictature de Ben Ali. Ce serait signer son arrêt de mort et faire entrer la théocratie chez elle.

La démocratie est incompatible avec tous les régimes qui s'octroient, par la force et la violence, les pleins pouvoirs pour une durée indéterminée. La démocratie est incompatible avec la Loi divine issue d'un Livre sacrée. Car la démocratie ne peut choisir une interprétation de Dieu au détriment d'une autre interprétation de Dieu. La spiritualité est par essence liberté de l'Homme. Et qui se soumet à une religion le fait par Amour pour Dieu et l'Humanité et non par Haine des Autres qui ne partagent pas la même religion et les mêmes convictions divines. « Nul contrainte en religion », une des parole les plus véridiques, ouvertes, et sincères du Coran qui ne peut pas être remise en cause à notre époque de temps démocratique.

Vouloir faire taire la France dans le débat sur les révolutions arabes, reviendrait, dans un contexte œil pour œil, dent pour dent, à vouloir faire taire les populations maghrébines vivant en France. C'est indigne d'un gouvernement qui se veut responsable et à l'écoute des critiques indigènes comme étrangères. La Tunisie ne peut se passer de l'Europe et vice versa. L'Europe ne peut se passer de la bonne entente et de la fraternité avec ses voisins du sud de la Méditerranée. Les échanges sont essentiels entre nos peuples. Eux seuls amènent à la liberté de s'ouvrir aux autres. Il est inconcevable de vouloir faire de nos peuples un jeu perdant-perdant. Il est inconcevable de se séparer dramatiquement et de ne plus jamais voir revenir les Européens sur les bords sud de la Méditerranée. Il est inconcevable que la religion puisse détruire tous nos liens d'amour, d'amitié, et de prospérité.

A Ehnada d'arrêter d'allumer des feux de haine. Sinon tout finira très mal pour tout le monde. Et ce très mal pour tout le monde signerait la victoire du terrorisme sur la démocratie. Si la mort est plus précieuse que la vie aux yeux de certains extrémistes religieux, alors qu'ils se suicident en paix dans leur coin sans déranger le monde des vivants qui ne croient pas à leur folie nihiliste qui n'a rien à voir avec l'Amour d'Allah.

http://www.lepoint.fr/monde/tunisie-france-degage-crient-...


Moncef Marzouki au Parlement européen de... par EurodeputesEE


le moine et la reine des frelons (1) par soleillevant32bis