03/02/2013

Soumission ou liberté, le choix global

La soumission, cela s'impose d'une façon ou d'une autre. La liberté, cela s'apprend et se développe au cours de toute une vie.

Ce préambule pour dire combien est différente la manière et la méthode d'éduquer nos enfants dès leur naissance et combien cela orientera leur style de vie, leur manière de s'habiller, de penser, de philosopher dans la vie.

Les parents ont leur rôle, les écoles aussi, et même la religion pour autant qu'on veuille bien accepter encore que l'on parle de métaphysique et de Dieu plutôt que de le camoufler sous la première moquette venue. Car Dieu est mort, c'est bien entendu... Il suffit de prendre connaissance des nouvelles du jour pour s'en assurer et se rassurer sur cette vérité extraordinaire... Aux pays des libertés, les enfants rois sont devenus des autruches...

La liberté fait peur. Pas seulement aux islamistes et aux gardiens du Coran, de la Bible, ou de la Torah. Elles fait peur aussi à tous les enfants délaissés à eux-mêmes qui doivent se responsabiliser et prendre leur destinée en mains. La liberté ne leur fait et ne leur fera aucun cadeau. C'est le prix à payer pour être vraiment libre. Adieu la soumission à l'autorité parentale, étatique ou religieuse. Donc adieu la protection obligée et obligatoire. Alors bonjour la liberté sans responsabilité ?...et les catastrophes en chaîne qui en découlent. La liberté s'apprend. Mais qui apprend la liberté à nos enfants ? En dictature, bien évidemment personne. Ce serait contre les intérêts de la dictature en place. En théocratie non plus. L'Homme est soumis à Dieu...mais surtout il est soumis à l'autorité terrestres des dirigeants et des guides spirituels qui maintiennent l'ordre d'une main de fer. La démocratie et l'état laïc n'ont, semble-t-il, pas libéré Dieu ou pas suffisamment...Elle l'aurait plutôt tué, Dieu. « Dieu est mort ». Slogan universel d'une multitude de citoyennes et citoyens qui prennent leur liberté et oublient parfois leurs responsabilités en toute situation de leur vie. Si je prends une liberté, j'assume cette prise de liberté jusqu'au bout. Hors beaucoup pense ainsi : je suis libre, donc j'agis comme je veux, quand je veux, où je veux. Et je n'assume aucune des conséquences possibles à la suite de mes prises de liberté. C'est l'éducation libre et tronquée des enfants ayant grandi dans les années 70, 80, 90 et 2000. 40 ans de liberté totale sans prise de conscience, sans prise de connaissance des répercussions sur la planète et sur les sociétés qui peuplent la planète. Adieu la soumission à l'ordre, aux parents, aux religions. Bonjour l'anarchie...

Et au résultat ? Pas toujours conforme aux souhaits des « sans dieu ni maître ». La jeunesse angoisse de sa trop large liberté. Non encadrée, non dirigée, non assumée, les libertés s'envolent les unes après les autres et la dépression guette. Les mecs couchent avec les filles. Les filles couchent avec les mecs. Et les relations ne durent rarement plus que le temps de consommation accordée et de sa date de péremption. Soit entre une nuit et pas même un jour et peut-être quelques semaines, quelques mois, voir peut-être quelques 2 à 3 ans (parce que la durée de vie du temps passionnel est de maximum 3 ans selon les chimistes de l'amour, au-delà il faut avoir appris à faire grandir une relation libre et amoureuse).

Et ce qui se passe comme phénomène dans le domaine amoureux se passe aussi dans tous les domaines qui nous relient les uns aux autres. Ne plus être soumis oblige à des liens librement consentis. Et qui dit liberté des liens dit autant force que fragilité des liens. La liberté nous oblige donc à la responsabilité personnelle et à l'engagement bien au-delà des menaces de toute soumission. Nous pouvons quitter sans risquer la prison ou la mort. Mais avant cela, nous devons pourtant nous acquitter de nos dettes personnelles envers les personnes, parents, conjoint, conjointe, amis, relations professionnelles que nous délaissons subitement pour x ou y raisons. La liberté, la réelle liberté l'exige.

Quand est-ce que nos enfants auront des cours sur la liberté dans les classes d'école ? Quand est-ce que la liberté de Dieu sera mise en avant dans les églises, les mosquées et les synagogues ? Car entre la soumission à l'ordre divin qui règne encore dans les hiérarchies religieuses et la liberté absolutiste et irresponsable donnée et accordée à nos enfants, il y a un sacré fossé qui risque de rayer notre humanité de la planète Terre à travers le terrorisme d'une jeunesse ne sachant plus à quel saint se vouer dans son existence rendue schizophrène, prise en tenaille par l'impossible saveur de la vraie liberté et la colère d'un Dieu dictature qui menace les libertés de s'étendre sur la planète Terre.

Il est temps de parler de la Liberté et d'en faire un sujet pour nos enfants et nos adolescents.

 

02/02/2013

Pourrais-tu un jour mentir à l'amour?

 Il lui avait balancé une feuille de papier au milieu de son visage en lui assignant l'ordre de la remplir de profondeur et de sens spirituel.. En deux heures, elle devait rendre la dissertation à son professeur de philo, où plutôt à son maître spirituel, son formateur.

Elles étaient une vingtaine d'élèves âgées de 15 et 16 ans à devoir rendre la copie. Mais elle, Anaïs, était sans doute la plus calée des élèves en matière de dissertation au sein du Collège des Dunes, un lycée situé en plein désert, collège planté là comme un mirage voulu par quelques écrivains un peu dingues qui n'en pouvaient plus de la bêtise ordinaire et du vide spirituel régnant à l'intérieur des sociétés du Continent. Au Collège des Dunes, il n'y avait que quelques poissons tropicaux nageant au fond d'aquariums géants, des plantes sauvages, et quelques chats-tigres. Cette vie marine amenée au cœur du désert avait été sciemment organisée par le collège des écrivains afin de donner aux séances de relaxation et de méditation une fluidité maximale et un espace transcendantal de haute qualité aux protégées des artistes littéraires.

Elle étaient donc une vingtaine, ces adolescentes triées sur le volet par des écrivains en rupture de ban. Avaient-elle été enlevées à leur famille ? Elles semblaient être arrivé là de leur plein consentement. Aucun garde ne les surveillait et elles semblaient, à priori, heureuses de leur sort. Sur l'honneur, ils avaient tous jurés, et cela devant les jeunes demoiselles, chasteté et respect afin d'éviter toute convoitise personnelle sur leur personne, elles qui vivaient là une année entière cloîtrées avec eux, ces hommes d'âge mûr, pétris de culture qui distillaient leur savoir à ces vierges tombées au milieu de nulle part. Une sorte d'épreuve charnelle et de résistance à la séduction de l'amour était devenue leur charte d'alliance et de comportements réciproques.

Au bout des deux heures, Anaïs me laissa lire son texte avant de le remettre à son professeur. Si j'avais ce privilège-là, c'est que j'avais été nommé, par les écrivains, à l'authentification des dissertations afin que les filles ne se repassent pas leurs copies de l'une à l'autre. Je connaissais bien le style de chacune d'entre elles, ainsi que leurs respirations mélodieuses à travers leur écriture. Voici donc le texte authentique qu'Anaïs délivra ce jour-là à son maître spirituel :

« Introduction :

Etre interrogée sur ce tabou de l'amour, est-ce une permission exceptionnelle que nous avons obtenu de vous ou un viol de nos consciences que vous vous autorisez à nous faire subir ? Qu'est-ce que l'amour sinon une perturbation et une agitation de l'esprit doublée d'intensité émotionnelle qui peut amener une personne à se laisser entraîner vers des abîmes obsessionnelles et de dépossession de son libre-arbitre. L'amour est une maladie du cœur atteignant son degré maximale d'abandon de soi au moment ou le Christ Sauveur se laisse crucifier sur une croix par une bande d'excités qui n'ont jamais connu l'amour qu'à travers des relations charnelles dénuées de toute intensité spirituelle et de toute sincérité amoureuse. L'amour est à l'opposé de la bestialité. C'est pourquoi il est une maladie régénérative de l'Homme moderne développée pendant des millénaires, maladie évolutive et reproductive enracinée au cœur de la souffrance humaine, incluant la notion de perte de la vie, et la nostalgie ressentie lors des nombreuses séparations entre individus avant leur mort obligée. Car à l'origine, l'Homme et sa bestialité ne font qu'un pour échapper à la disparition. L'Homme est né barbare, un barbare débouchant naturellement de son instinct primitif de survie animal.

Développement:

Si je pourrais un jour mentir à l'amour ? Non. Impossible. Soit je suis amoureuse, soit je ne le suis pas ou plus. Par contre, l'amour est le plus extraordinaire des mensonges. Il est la vérité qui nous envahit un jour et qui disparaît un autre jour sans aucune explication rationnelle. L'amour circule par flux et reflux. Il est progressif et dégressif. Il est transgressif et possessif. L'amour exclut, l'amour divise, l'amour provoque la haine et la jalousie, l'amour est une maladie dangereuse, pernicieuse, et contagieuse. Il est aussi celui qui rassemble autour d'une cause commune, celui qui participe à l'idéal romantique d'une société et aux liens familiaux de tous. Je ne peux pas mentir à l'amour. Mais si je tombe amoureuse, je sais d'instinct que les emmerdes et les complications commencent. Donc je refuse de tomber amoureuse et je resterai une barbare tant que personne ne m'aura donné la preuve que l'amour m'offre davantage de bénéfices que ma propre barbarie. Jésus a été crucifié par les barbares parce qu'il amenait plus d'ennuis que de solutions aux problèmes humains. Et son Dieu d'Amour nous a mis dans le pétrin à force de vouloir coloniser et envahir le monde. Les barbares, c'est nous, c'est vous qui refusez l'amour. C'est vous qui nous interdisez de vous aimer. C'est nous qui n'osons pas vous aimer. Le mensonge du Collège des Dunes est que nous nous sommes retirés du monde afin de ne jamais aimer personne dans le but de fortifier notre culture supérieure. Nous sommes devenus des machines fonctionnelles à philosopher et à méditer. Mais nous se sommes plus des êtres évolués capable de la maladie d'amour, de son risque de contagion et de sa dissémination parmi la nature humaine.

Conclusion:

En conclusion, même si je ne peux pas mentir à l'amour, je refuse de lui obéir. Je reste une barbare assise sur mon banc d'école apprenant les grands thèmes de la culture supérieure et j'attends mon accident solaire. Que mon maître spirituel ose la maladie d'amour avec moi. Et que j'ose répondre à son amour. Et tant pis si demain le Collège des Dunes est en guerre à cause de notre amour. Ce sera une preuve de plus que l'amour ne peut pas mentir jusque dans la mort. Jésus en a été un jour la preuve ultime...avant de transmettre le témoin à nous tous qui devons prouver nos liens solides à l'amour plutôt que de rester des barbares stériles dans le désert de nos vies cultivées qui ne servent qu'à la grandeur de nos connaissances provisoires. L'amour ne peut pas mentir et je ne peux pas lui mentir. L'amour peut tout. Et peut-être même, un jour, atteindre Dieu».


Anaïs.

 

01/02/2013

Rasmussen, les camés du sport, le souvenir du Letten

Au début des années 90, la ville de Zürich vivait un cauchemar dans le quartier du Letten. Des ombres de la vie, de jeunes drogués déambulaient sans but, sans projet, sans plus beaucoup d'espérance de vie, dans le quartier du Letten. La Suisse montrait une image désolante de sa jeunesse paumée.

Aujourd'hui, la Suisse a ouvert des centres médicaux pour les accrocs à la dope. Les jeunes toxicomanes ne se regroupent plus en bande dans les parcs de la ville. Ils existent pourtant toujours, dilués dans la foule anonyme.

On ne les a jamais applaudi pour leur adhésion à leur propre auto-destruction. On les a encouragé à sortir de l'enfer, on les a soutenu et parfois aimé afin qu'ils ne s'écroulent pas seuls dans la nuit de leur déchéance. Certains sont revenus de leur dérive. D'autres ont coulé.

La population helvète était choquée par les scènes du Letten. Elle a mis en œuvre une vraie politique de soutien aux toxicomanes et de prévention. Elle n'en a pas fait des héros, des gens à qui on donne gloire, argent, succès, pipolisation.

Alors dites-moi pourquoi les gens, les journalistes, les médias, continuent à s'agglutiner sur les routes du Tour de France ou du Giro ? Notre meilleure façon de dire non à cette énorme dérive du cyclisme est de retirer les contrats de sponsoring, de ne plus aller voir ces gens sur les routes, de renoncer à nous intoxiquer nous-mêmes aux lumières des performances qui tuent les cyclistes et leur rendent une vie infernale présente et future.

Quand un club de football fait faillite, il est relégué en ligues inférieures. Il doit faire ses preuves pour regagner les sommets et la confiance.

Alors, à mon avis, il est temps pour les sponsors, les médias, et les spectateurs de quitter les dérives du cyclisme. C'est notre meilleure façon d'aider les passionnés du vélo à rester propres, honnêtes, véridiques dans leur quête du Graal. Alors nous pourrons revenir s'enthousiasmer sur les routes du Tour pour la lutte entre nos champions.