03/04/2013

Nizar Kabbani, le poète et le despote

Souviens-toi de ton père, Ô funeste Bachar! Il ne fut pas que dictature noyant dans le sang le peuple. Il sut s'arrêter dans l'inflation et la course au cauchemar d'un pays outragé par la main de fer d'une dynastie.

Ton père, Ò funeste Bachar, rapatria par avion le corps inerte parti de Londres d'un des plus grands poètes de Syrie, Nizar Kabbani, le poète qui tressa un lit de jasmins en l'honneur des femmes. Nizar qui repose en paix à Damas, sous le bruit des bombes et des cris d'enfants qui meurent chaque jour par la violence des hommes de ton régime et de ceux de l'autre camp. Nizar qui ne supportait pas l'oppression faite aux femmes par les Arabes. Nizar qui ne supportait pas les égarements du monde arabe; ce qui lui fit écrire un jour: "le dernier remède, c'est la cautérisation par le feu". On y est, là en direct sur tes propres terres mises à feu et à sang. Le sac de Damas est annoncé. Et que fais-tu, Ô funeste Bachar, de tes ennemis? Des terroristes? Des voyous? Des incultes? Et qui a commencé la guerre? Eux? Non. Toi. Toi le premier des terroristes de ton peuple qui aurait dû montrer l'exemple noble de la paix et de la liberté pour tous.

Et que fais-tu de la poésie, Ô funeste Bachar? Que fais-tu des poètes que la guerre assassine par les armées de ton règne? Tu avais les rennes du pouvoir pour changer ton pays en douceur. Ton pays change dans l'atrocité d'un décompte macabre quotidien et des tortures endurées par ton peuple et par ta faute première: celle de refuser l'écoute de ce peuple qui appelait à la démocratie. Un peuple qui de la révolte pacifique est passé à la révolution violente à cause de ton cynisme et de ta froide détermination à garder tout le pouvoir, rien que le pouvoir, seulement le pouvoir.

Tu as fait de la corruption et du mensonge ton règne. Tu as guidé, comme un aveugle fou et parano, ton peuple à la destruction mutuelle. Tu as appelé à la haine plutôt que résister farouchement et par l'Amour à l'appel de ta propre violence. Tu fais subir chaque jour qu'Allah fait sur cette Terre le pire des châtiments à ta population accablée de tristesse et de souffrance. Cette désobéissance civile et citoyenne t'insupportait. Tu a voulu la mater et la soumettre à ta loi après tant d'années de règne inique et despotique. Et aujourd'hui, où en es-tu, Ô funeste Bachar? Un roi déchu de sa gloire. Un roi sanguinaire qui appelle ses ennemis inlassablement, encore et toujours, des terroristes.

En 1789, le Roi de France appelait aussi ses ennemis des terroristes qui semèrent par ailleurs la terreur parmi les foules de Paris. Mais au bout du combat, le roi est mort et la démocratie a triomphé, La guerre, c'est l'absence de liberté et la répression absolue. La paix, c'est toutes les libertés, la responsabilité, et la nation qui respire l'odeur du jasmin de Damas. Ô funeste Bachar, pourquoi n'as-tu pas retenu les leçons de l'Histoire des peuples libres et démocratiques?

Poésie de tristesse

-Ton amour m'a appris d'être triste
-Il y a longtemps que j'ai besoin
-D'une femme qui m'attriste
-D'une femme dans les bras de laquelle je puisse pleurer
-Comme un passereau
-D'une femme qui rassemble mes parties
-Comme des pièces d'un cristal brisé

-Ton amour m'a fait entrer
-Dans des pays de tristesse
-Et moi, avant toi,
-Je ne suis jamais entré
-Dans des pays de tristesse
-Je ne savais jamais que la larme c'est l'homme incarné
-Que l'homme sans tristesse,
-Il n'est qu'un souvenir.

Nizar Kabbani

 

02/04/2013

Griller sa vie en Syrie et ses cartes en Espagne

Tout le monde s'alarme et s'affole de la situation de guerre syrienne. Tout le monde. Jusqu'aux grands leaders religieux du monde. Mais rien ne bouge, tout s'embourbe et s'empire davantage. La mort rôde sur la Civilisation des Terriens. La vie ne vaut plus rien. On tue par vengeance, ou pour un rien, voir pour rien. Cynisme et nihilisme s'imposent. Après la mort de Dieu, la mort des Hommes. Pendant ce temps, le temps coule et s'écoule dans les hôtels de luxe, personne ne veut griller ses cartes, encore moins sa vie, pour une cause que d'aucun considère comme perdue. La diplomatie, vous comprenez. Pendant ce temps, le sang coule et s'écoule dans les bouches d'égouts de Damas et d'Alep, de Homs et de Derra.

Pourquoi risquer et mettre en jeu sa peau en terre de Syrie si les enchères de sa peau mettent, à terme, en place une autre dictature, celle de la théocratie ? Pourquoi griller ses cartes si personne ne sait qui va gagner cette guerre ? La dictature ou la liberté ? La théocratie ou la démocratie ? Les personnalités ne se mettent jamais en jeu quand le résultat reste trop incertain. Les intérêts personnels, économiques, laïcs, religieux, politiques empêchent. La lâcheté est partout et de tous les bords.

Et les souvenirs de la guerre d'Espagne, de ces internationalistes européens qui partaient combattre le dictateur Franco qui pour le communisme, qui pour la liberté, qui pour sauver le fascisme des communistes... pour trouver une raison et un but à leur destin. Chaos total et global qui déboucha sur la seconde guerre mondiale... Les Suisses qui en sont revenus ou qui en sont morts n'ont jamais étés réhabilités dans leur propre pays. Aujourd'hui encore, les survivants à cette guerre restent des pestiférés de la nation neutre et pleutre d'alors, la Suisse. On ne part pas combattre pour les autres. On doit combattre uniquement pour sa propre patrie. Réduit national oblige...

Et puis aujourd'hui, il y a les altermondialistes pauvres de Porto Alegre et les milliardaires mondialistes de Davos. Deux mondes qui s'ignorent. La Terre est devenue un village global où tout le monde se haït et se reproche mutuellement d'être traître à l'Humanité et à Dieu. Dans la réalité du monde global, les intérêts restent très régionaux et très individualistes. Alors pourquoi diable tout le monde se fait du mouron pour la Syrie en se faisant les cheveux défrisés sans shampoing ? Hypocrisie générale ? Sentiment d'impuissance ? On aimerait le peace & love sur Terre mais c'est le « war & hate » qui s'imposent et explosent à la gueule de toute l'Humanité . On aimerait le triomphe de la douceur et de l'amour féminin. C'est le triomphe de la brute et de la bête masculine qui s'impose.

Et certains attendent le Messie féminin, le garçon-fille divin, pour sauver de la débandade définitive, de la honte collective, de l'immoralité et de l'amoralité générale notre monde qui s'enfonce dans la défonce meurtrière et le viol d'une nation, de la femme et sa représentation de la Naissance et de la Résurrection.

Moi je n'attends pas le Messie. J'attends qu'on applique la chanson de Zazie à la Syrie. Et que tout le monde saute sur la rue avec des mégaphones partout accrochés aux murs hurlant la chanson de Zazie. Parce que le Messie, les garçons-filles ou les filles-garçons, c'est nous tous ensemble qui voulons la paix et l'amour pour notre Terre et notre Humanité.

Alors j'écris à tous les médias du monde ; j'écris à tous les artistes du monde ; j'écris aussi à la lune et au soleil, parce qu'eux au moins, dans leur solitude sidérale et leur bienfait global, ils m'écoutent. Trouver une heure précise où tout le monde stoppera son travail ; où tout le monde sortira de son lit ou de la discothèque ; où tout le monde ira dans la rue à Pékin, Tokyo, Rio. Buenos-Aires, Washington, Paris, Berlin, Moscou, Tombouctou, Genève, Rome, Johannesburg, Bangkok, Tripoli, New-Delhi, Beyrouth, Tunis, Le Caire, Jérusalem, Damas, Alep, Homs, Derra, toutes les villes et les villages du monde, tous ensemble hurlant la chanson de l'amour de Zazie Rue de la Paix.

Des hauts-parleurs dans toutes les rues ; des DJ maîtres de cérémonie prêts au combat ; des soldats-citoyens de la paix qui sortent sans gilet pare-balles prêts à griller leurs cartes et leur vie en chanson mais surtout prêts à vivre sans penser d'abord au pognon, aux intérêts individuels, religieux, politiques, et étatiques.

Alors le miracle s'accomplirait et la Terre entière aurait réussi à faire taire les armes en Syrie et partout ailleurs grâce à une chanson, une bête de chanson qui dit non aux armes et à la violence.

J'écris à la lune, au soleil, et à Dieu.

 

Jamais se taire

sur cette Terre meurtrie

meurtrière de l'humanité

faire taire les armes

qui projettent le sang

sur la mape monde en larmes

 

Et proclamer

cet Hôtel « Rue de la Paix »

pour toutes et pour tous

 

Hervé di Rosa, la révolution Picasso

 

http://www.humanite.fr/la-revolution-picasso

http://www.slate.fr/tribune/69889/syrie

 

Forcer au respect de la religion n'est pas un acte constitutionnel laïc

Respect pour tous. Certes. Un beau projet de la démocratie et de la laïcité. Respecter les gens, c'est beau, c'est noble. Se moquer de tel ou tel groupe de personnes, dire du mal sur telle ou telle communauté, écrire des insanités comme Charlie Hebdo le fait et autres revues burlesques le font, ça fait grincer les dents de certaines personnes et beaucoup rire les autres, celles et ceux qui ne se reconnaissent pas et ne se sentent pas visés par le gag ou le dessin irrespectueux.

Il y a un problème de distance et de fond entre ce qu'on écrit, dessine, filme, théâtralise, et la réalité quotidienne de nos relations humaines. L'écriture ou le dessin de presse reste un travail exploratoire, une zone fictionnelle où l'on essaye d'avertir des dangers ou de l'absurdité d'une situation réelle et potentiellement dangereuse qui risque d'arriver si l'on ne prend pas soin de cultiver une relation à l'autre moins rigide et moins dogmatique. Décaler son angle de vue, éviter la haine mais transmettre un message provoquant face à la montée du fascisme, de l'extrémisme religieux ou/et politique qui peut aussi arriver dans nos contrées démocratiques.

La censure est facile a mettre en place. Il suffit de la menace d'une plainte pénale. L'auto-censure encore plus facile. Puisque celle-ci vient directement de la personne et n'est donc jamais examinée de l'extérieur par d'autres personnes. Dans les pays arabes, où l'on appelle non seulement au respect de la religion mais à la religion tout court, la censure islamique et l'auto-censure individuelle gagnent chaque jour du terrain. Le printemps arabe gèle et se transforme en banquise désertique de la liberté individuelle. Les humoristes, rappeurs, et autres blogueurs ou dessinateurs s'en prennent plein la figure. Intimidations, arrestations, menaces de mort. Attaquer la religion et ses représentants par l'humour, le grotesque, le burlesque, le défrisement (straightening act) n'est pas accepté et considéré comme une insulte, un acte criminel contre le Prophète et Allah.

A ce rythme-là, il n'y aura jamais de laïcité réelle et de démocratie plurielle dans les pays arabes. La religion n'est pas l'Etat. L'Etat n'est pas la religion. La liberté de penser, de lire, d'écrire, de créer de l'art et de la culture n'est pas l'Etat. Pourquoi l'Etat devrait-il être la religion de tous?

Straightening Act

Part 1

 

 

ALLAH ! ALLAH ! LES CHIENS D'INFIDELES ENVAHISSENT LES RUES !

http://www.uniteddogs.com/fr/forum/901/78595/hip-hip-hip-...

 

Straightening Act

Part 2

Cheikh Dracullah: le mauve en pire!

 

dracullah1

 

ALLAH! ALLAH! DRACULA VEUT NOTRE SANG!

http://www.debatunisie.com/archives/2011/04/19/20934218.h...

 

Straightening Act

Part 3



ALLAH! ALLAH! LES FLICS DE DRACULA SONT DES CHIENS!?

ALLAÏC! ALLAÏC! ALLAH!

Avertissement!
L'auteur de l'illustration ci-dessus encourt jusqu'à deux ans de prison ferme
La reproduction de l'oeuvre est passible d'un an de prison ferme
Le partage sur FB (Facebook) est passible de 6 mois de prison avec sursis
Un "j'aime" est passible d'une amende de 500 Dinars.

 

http://www.debatunisie.com/archives/2013/03/24/26729629.h...


Le temps des cerises

le temps des crises

le temps des surprises

le temps des insoumises

le temps des marquises

le temps des exquises

le temps de vivre m'enlise

et je fais mes valises

pour le paradise

 

Hair Straightening Tips

 

 

 

http://adf.ly/358785/int/http://doctorhaa.blogspot.ch/201...

 

 

Et ce prochain voyage vers la Tunisie pour l'étranger qui a créé ce billet depuis un pays démocratique, lui vaudra-t-il une interdiction d'entrée et une expulsion du territoire tunisien?