22/05/2013

Un suicide à Notre-Dame

"Réveiller les consciences". Telle aura été la dernière volonté de l'écrivain d'extrême.droite Dominique Venner. Cet homme, qui combattait l'islamisation de la France et le mariage gay, a voulu faire un geste spectaculaire et macabre pour appuyer la résistance aux nouvelles lois sur le mariage homosexuel.

Dominique Venner a choisi un lieu sacré, un monument historique et symbolique de l'Histoire religieuse de France, la cathédrale de Notre-Dame, pour commettre son geste irréparable. La grande angoisse de cet écrivain était de voir remplacer la population d'origine française par l'immigration maghrébine massive. L'autre grande angoisse de Venner était d'assister, selon lui, à la destruction des bases chrétiennes de la famille traditionnelle et la morale de cette religion millénaire remise en question par l'évolution des mœurs et la démocratisation des comportements intimes.

Dominique Venner s'en est donc remis à Dieu tout en commettant et bravant un péché mortel envers sa religion chrétienne: le suicide.

L'écrivain arrivera-t-il à réveiller les consciences ? Celles de son camp, certainement. Celles qui s'éloignent de sa façon de voir le monde moderne, c'est nettement moins sûr. Les convictions affichées des uns et des autres sont diamétralement opposées. Se tuer en croyant que les autres vont nous écouter, c'est au mieux croire à la révolution d'une société toute entière se révoltant contre un pouvoir tyrannique, comme en Tunisie avec la mort par immolation de Mohammed Bouazizi ; c'est au pire commettre un geste inutile et cruel envers sa propre famille. Venner a choisi le sacrifice comme un djihadiste kamikaze se sacrifiant au nom d'Allah : par la violence. Si Venner n'a pas atteint mortellement des victimes et s'en est pris qu'à lui-même, il marque tout de même un tournant dans le mouvement et la construction fasciste d'une croyance culturelle : Venner est passé de la résistance non-violente à des idées qui perturbent et dérangent ses propres convictions à la résistance par la violence radicale et le sacrifice de soi. Un djihad chrétien violent d'extrême-droite est-il né avec le geste de Dominique Venner ?

http://www.lemonde.fr/societe/article/2013/05/21/un-homme-se-suicide-dans-la-cathedrale-notre-dame_3414854_3224.html

 

 

 

21/05/2013

La démocratie n'est pas un fake

N'est-elle pas magnifique cette belle et gracieuse femme? Ou alors cache-t-elle une grande laideur d'âme sous une apparence trompeuse ? Qui est-elle cette déesse née de l'imaginaire des peuples libres? Une catin, une garce, une salope ou alors une sainte, une vierge, une pure? Quels fantasmes véhicule-t-elle auprès des êtres humains? Des fantasmes de violence, de haine, de destruction, de nihilisme ou alors, au contraire, des fantasmes de paix, d'amour, de construction, de liberté, de croyance en Dieu, en la Beauté éternelle?

Dame démocratie passe parfois pour une damnée de l'Enfer, la fille de Satan, la grande prostituée qui mettra fin à l'Humanité. Ou alors, par un de ces tour de passe-passe mystérieux que seul Dieu connaît, elle est l'avènement du nouveau monde voulu par Dieu, la nouvelle Jérusalem de l' Humanité venant installer son Royaume sur Terre et chassant les tyrans du pouvoir afin de laisser les femmes et les hommes libres et égaux, responsables et conscients de leur rôle individuel dans le déroulement et le destin du monde.

A Damas, on se pose la question du sort de l'Humanité. Le monde arabe n'a jamais connu la démocratie. Mais a-t-il pour vocation de ne jamais connaître la démocratie comme le pense les extrémistes terroristes de l'islam mais comme ne le pense pas les artistes de Tunis, d'Alger, du Caire, de Tripoli, de Beyrouth, ou de Damas? Il y a un embryon de démocratie en marche dans toutes les capitales citées ici. Au Liban, la fragilité démocratique existe depuis de nombreuses années. Personne n'a écrit que le Liban devait rester l'exception démocratique arabe. De même que personne n'a écrit que la démocratie et la liberté s'obtiennent sans combattre l'ennemi commun à tous, le fascisme culturel, ce fascisme qui enseigne qu'un seul livre ou qu'un seul groupe d'êtres humains est le bon, qu'un seul livre doit être lu, qu'un seul guide tyran doit diriger le monde et que toutes celles et tous ceux qui pensent autrement que le tyran en place doivent être éliminés et considérés comme des terroristes ennemis de la nation.

Dame Démocratie, attaquée de partout et même sur ses propres terres, demeure admirable par son courage et sa volonté de poursuivre le combat pour la liberté des femmes et des hommes. Elle ne se décourage jamais. La preuve, elle chante aussi sa liberté de manière sublime depuis son trône royal... Elle est la rectitude. Deux mots: verticale - horizontale. Kung-Fu. Un combat avec ses héros, ses vivants, ses morts, ses lâches, ses traîtres, ses arrivistes, ses silencieux, ses guerriers du coeur et de l'esprit.

A lire sur ce lien ci-dessous l'incertitude poignante sur le sort de la Syrie et du monde et à voir le clip de Mylène Farmer, une des femmes sublimes s'exprimant sur la démocratie à travers sa poésie nuptiale.

http://www.atlantico.fr/pepites/adonis-poete-syrien-liber...

 

Eric Zemmour rêve en realpolitik

Eric Zemmour n'y va pas par quatre chemins ce matin au sujet de la Syrie mais aussi au sujet des printemps arabes. L' Occident serait archie-coupable d'interventionnisme et de néo-colonialisme dans les pays arabes et n'aurait pas pour but d'aider à la démocratie à travers le monde mais à établir un Califat mondial sur la Terre ! Bien vu, Monsieur Zemmour. Vous connaissez le monde arabe dans son entier, tous les jeunes qui aspirent à vivre en démocratie et avec des lois de justice et d'égalité issues d'une constitution moderne et non basée sur des temps reculés. Vous connaissez aussi les gens qui ont fait la révolution en France en 1789 et dans les 50 années suivantes, des gens qui, avec vous, auraient perdu leur combat pour toujours laissant la place à la tyrannie éternelle régnant sur toute la Terre...

D'ailleurs, on ne savait pas que les ex-tyrans et actuels tyrans en place dans les pays arabes avaient reçu leur pouvoir de droit divin et que toute cette bande de tortionnaires peu soucieux des droits élémentaires en matière de liberté d'expression et de liberté tout court étaient descendus du ciel pour asservir leur nation respective durant toute la deuxième partie du 20ème siècle, soit depuis la fin de la dernière guerre mondiale ! L'Occident n'a jamais mis en place ces régimes et travailler avec eux. Ils tombent tous de la lune... Bref...

Par ses déclarations tapageuses, Eric Zemmour renonce aux droits des peuples musulmans à devenir des démocraties pleines et entières dans le monde global. Eric Zemmour soutient la dictature au nom de la crainte de l'islam ! Il se fourre le doigt dans l'oeil. Les fous d'Allah ne deviendront pas moins fous sous la dictature laïque d'un tyran. Ils deviendront encore plus dangereux et ne cesseront leurs attaques. Soutenir la dictature au nom de la laïcité, c'est perdre le combat des Lumières qui ne se sont pas battus contre Dieu mais contre la dictature religieuses du pouvoir semée parmi les peuples. Il y a beaucoup d'écrits qui parlent de Dieu chez Voltaire, Rousseau, Diderot et les autres qui leur ont succédé, qu'ils s'appellent Hugo, Baudelaire, et même Rimbaud, ce gamin révolté plus visionnaire et moderne que tous les adultes de notre monde actuel.

Et qu'écrit donc ce gamin de 17 printemps, ce Rimbaud sublime pendant qu' Eric Zemmour donne sa leçon à la France et l'Occident? Il s'élève contre un dieu (Satan?) qui sème la tyrannie et l'horreur, jette les hommes et les femmes les uns et les unes contre les autres. Il prêche pour un dieu zen, universel, ouvert, démocrate. L'Artiste de l'Univers. D'abord il se révolte contre les faux dieux, Satan... puis il donne sa version à lui du dieu Amour


Le Mal

Tandis que les crachats rouges de la mitraille
Sifflent tout le jour par l'infini du ciel bleu ;
Qu'écarlates ou verts, près du Roi qui les raille,
Croulent les bataillons en masse dans le feu ;

Tandis qu'une folie épouvantable broie
Et fait de cent milliers d'hommes un tas fumant ;
- Pauvres morts ! dans l'été, dans l'herbe, dans ta joie,
Nature ! ô toi qui fis ces hommes saintement !… –

Il est un Dieu qui rit aux nappes damassées
Des autels, à l'encens, aux grands calices d'or ;
Qui dans le bercement des hosannah s'endort,

Et se réveille, quand des mères, ramassées
Dans l'angoisse, et pleurant sous leur vieux bonnet noir,
Lui donnent un gros sou lié dans leur mouchoir !

Rimbaud, Poésies, 1870

Les Rois, donc les Tyrans, ont toujours été complice de la religion, leur allié dans l'oppression. Les démocraties ont pour ultime mission divine de libérer Dieu de la main des dictatures au pouvoir. Pendant ce temps, Monsieur Zemmour cause à la télévision et tel une tornade détruit l'Occident, ses valeurs nées des Lumières, sa liberté de croyance, sa démocratie. Merci Monsieur Zemmour. Le monde ira mieux avec vous et la religion des dictateurs pourra s'épanouir de mieux en mieux en conduisant le monde à la Terreur ultime de Satan.

A vous la place, poète Arthur Rimbaud éclairé de la lumière de Dieu et à la splendeur de vos vers décrivant votre dieu Amour. A lui ce roi, ce billet d'aujourd'hui et à Eric Zemmour le reproche de rester aveugle sur l'état de notre monde et à sa fin promise par les prophètes de malheur. Cliquez sur le lien pour: "Voir Zemmour et mourir"

 

http://www.agoravox.tv/actualites/international/article/e...

 "La Pensée,
La cavale longtemps, si longtemps oppressée
S'élance de son front ! Elle saura Pourquoi !...
Qu'elle bondisse libre, et l'Homme aura la Foi !"

Soleil et chair

Le Soleil, le foyer de tendresse et de vie,
Verse l'amour brûlant à la terre ravie,
Et, quand on est couché sur la vallée, on sent
Que la terre est nubile et déborde de sang ;
Que son immense sein, soulevé par une âme,
Est d'amour comme Dieu, de chair comme la femme,
Et qu'il renferme, gros de sève et de rayons,
Le grand fourmillement de tous les embryons !

Et tout croît, et tout monte !

- Ô Vénus, ô Déesse !
Je regrette les temps de l'antique jeunesse,
Des satyres lascifs, des faunes animaux,
Dieux qui mordaient d'amour l'écorce des rameaux
Et dans les nénufars baisaient la Nymphe blonde !
Je regrette les temps où la sève du monde,
L'eau du fleuve, le sang rose des arbres verts
Dans les veines de Pan mettaient un univers !
Où le sol palpitait, vert, sous ses pieds de chèvre ;
Où, baisant mollement le clair syrinx, sa lèvre
Modulait sous le ciel le grand hymne d'amour ;
Où, debout sur la plaine, il entendait autour
Répondre à son appel la Nature vivante ;
Où les arbres muets, berçant l'oiseau qui chante,
La terre berçant l'homme, et tout l'Océan bleu
Et tous les animaux aimaient, aimaient en Dieu !
Je regrette les temps de la grande Cybèle
Qu'on disait parcourir, gigantesquement belle,
Sur un grand char d'airain, les splendides cités ;
Son double sein versait dans les immensités
Le pur ruissellement de la vie infinie.
L'Homme suçait, heureux, sa mamelle bénie,
Comme un petit enfant, jouant sur ses genoux.
- Parce qu'il était fort, l'Homme était chaste et doux.

Misère ! Maintenant il dit : Je sais les choses,
Et va, les yeux fermés et les oreilles closes.
Et pourtant, plus de dieux ! plus de dieux ! l'Homme est Roi,
L'Homme est Dieu ! Mais l'Amour, voilà la grande Foi !
Oh ! si l'homme puisait encore à ta mamelle,
Grande mère des dieux et des hommes, Cybèle ;
S'il n'avait pas laissé l'immortelle Astarté
Qui jadis, émergeant dans l'immense clarté
Des flots bleus, fleur de chair que la vague parfume,
Montra son nombril rose où vint neiger l'écume,
Et fit chanter, Déesse aux grands yeux noirs vainqueurs,
Le rossignol aux bois et l'amour dans les coeurs !

II

Je crois en toi ! je crois en toi ! Divine mère,
Aphrodite marine ! - Oh ! la route est amère
Depuis que l'autre Dieu nous attelle à sa croix ;
Chair, Marbre, Fleur, Vénus, c'est en toi que je crois !
- Oui, l'Homme est triste et laid, triste sous le ciel vaste.
Il a des vêtements, parce qu'il n'est plus chaste,
Parce qu'il a sali son fier buste de dieu,
Et qu'il a rabougri, comme une idole au feu,
Son cors Olympien aux servitudes sales !
Oui, même après la mort, dans les squelettes pâles
Il veut vivre, insultant la première beauté !
- Et l'Idole où tu mis tant de virginité,
Où tu divinisas notre argile, la Femme,
Afin que l'Homme pût éclairer sa pauvre âme
Et monter lentement, dans un immense amour,
De la prison terrestre à la beauté du jour,
La Femme ne sait plus même être courtisane !
- C'est une bonne farce ! et le monde ricane
Au nom doux et sacré de la grande Vénus !

III

Si les temps revenaient, les temps qui sont venus !
- Car l'Homme a fini ! l'Homme a joué tous les rôles !
Au grand jour, fatigué de briser des idoles,
Il ressuscitera, libre de tous ses Dieux,
Et, comme il est du ciel, il scrutera les cieux !
L'Idéal, la pensée invincible, éternelle,
Tout ; le dieu qui vit, sous son argile charnelle,
Montera, montera, brûlera sous son front !
Et quand tu le verras sonder tout l'horizon,
Contempteur des vieux jougs, libre de toute crainte,
Tu viendras lui donner la Rédemption sainte !
- Splendide, radieuse, au sein des grandes mers
Tu surgiras, jetant sur le vaste Univers
L'Amour infini dans un infini sourire !
Le Monde vibrera comme une immense lyre
Dans le frémissement d'un immense baiser !

- Le Monde a soif d'amour : tu viendras l'apaiser.

Ô ! L'Homme a relevé sa tête libre et fière !
Et le rayon soudain de la beauté première
Fait palpiter le dieu dans l'autel de la chair !
Heureux du bien présent, pâle du mal souffert,
L'Homme veut tout sonder, - et savoir ! La Pensée,
La cavale longtemps, si longtemps oppressée
S'élance de son front ! Elle saura Pourquoi !...
Qu'elle bondisse libre, et l'Homme aura la Foi !
- Pourquoi l'azur muet et l'espace insondable ?
Pourquoi les astres d'or fourmillant comme un sable ?
Si l'on montait toujours, que verrait-on là-haut ?
Un Pasteur mène-t-il cet immense troupeau
De mondes cheminant dans l'horreur de l'espace ?
Et tous ces mondes-là, que l'éther vaste embrasse,
Vibrent-ils aux accents d'une éternelle voix ?
- Et l'Homme, peut-il voir ? peut-il dire : Je crois ?
La voix de la pensée est-elle plus qu'un rêve ?
Si l'homme naît si tôt, si la vie est si brève,
D'où vient-il ? Sombre-t-il dans l'Océan profond
Des Germes, des Foetus, des Embryons, au fond
De l'immense Creuset d'où la Mère-Nature
Le ressuscitera, vivante créature,
Pour aimer dans la rose, et croître dans les blés ?...

Nous ne pouvons savoir ! - Nous sommes accablés
D'un manteau d'ignorance et d'étroites chimères !
Singes d'hommes tombés de la vulve des mères,
Notre pâle raison nous cache l'infini !
Nous voulons regarder : - le Doute nous punit !
Le doute, morne oiseau, nous frappe de son aile...
- Et l'horizon s'enfuit d'une fuite éternelle !...

Le grand ciel est ouvert ! les mystères sont morts
Devant l'Homme, debout, qui croise ses bras forts
Dans l'immense splendeur de la riche nature !
Il chante... et le bois chante, et le fleuve murmure
Un chant plein de bonheur qui monte vers le jour !...
- C'est la Rédemption ! c'est l'amour ! c'est l'amour !...

IV

Ô splendeur de la chair ! ô splendeur idéale !
Ô renouveau d'amour, aurore triomphale
Où, courbant à leurs pieds les Dieux et les Héros,
Kallipyge la blanche et le petit Éros
Effleureront, couverts de la neige des roses,
Les femmes et les fleurs sous leurs beaux pieds écloses !
- Ô grande Ariadné, qui jettes tes sanglots
Sur la rive, en voyant fuir là-bas sur les flots,
Blanche sous le soleil, la voile de Thésée,
Ô douce vierge enfant qu'une nuit a brisée,
Tais-toi ! Sur son char d'or brodé de noirs raisins,
Lysios, promené dans les champs Phrygiens
Par les tigres lascifs et les panthères rousses,
Le long des fleuves bleus rougit les sombres mousses.
- Zeus, Taureau, sur son cou berce comme une enfant
Le corps nu d'Europé, qui jette son bras blanc
Au cou nerveux du Dieu frissonnant dans la vague.
Il tourne lentement vers elle son oeil vague ;
Elle, laisse traîner sa pâle joue en fleur,
Au front de Zeus ; ses yeux sont fermés ; elle meurt
Dans un divin baiser, et le flot qui murmure
De son écume d'or fleurit sa chevelure.
- Entre le laurier-rose et le lotus jaseur
Glisse amoureusement le grand Cygne rêveur
Embrassant la Léda des blancheurs de son aile ;
- Et tandis que Cypris passe, étrangement belle,
Et, cambrant les rondeurs splendides de ses reins,
Étale fièrement l'or de ses larges seins
Et son ventre neigeux brodé de mousse noire,
- Héraclès, le Dompteur, qui, comme d'une gloire,
Fort, ceint son vaste corps de la peau du lion,
S'avance, front terrible et doux, à l'horizon !

Par la lune d'été vaguement éclairée,
Debout, nue, et rêvant dans sa pâleur dorée
Que tache le flot lourd de ses longs cheveux bleus,
Dans la clairière sombre où la mousse s'étoile,
La Dryade regarde au ciel silencieux...
- La blanche Séléné laisse flotter son voile,
Craintive, sur les pieds du bel Endymion,
Et lui jette un baiser dans un pâle rayon...
- La Source pleure au loin dans une longue extase...
C'est la Nymphe qui rêve, un coude sur son vase,
Au beau jeune homme blanc que son onde a pressé.
- Une brise d'amour dans la nuit a passé,
Et, dans les bois sacrés, dans l'horreur des grands arbres,
Majestueusement debout, les sombres Marbres,
Les Dieux, au front desquels le Bouvreuil fait son nid,
- Les Dieux écoutent l'Homme et le Monde infini !

Arthur Rimbaud 29 avril 1879

20/05/2013

Antioche-Antakya, départ de la Route de Soi

Ils viennent de partout. Que font-ils ? Où vont-ils ? Pour qui travaillent-ils ? On dit qu'ils sont des réfugiés venus de Syrie, ou alors espions, terroristes de retour ou en partance, criminels barbus ou diplomates corrompus, marchands d'armes et d'extermination ou marchands d'âmes et d'illusions, prédicateurs sévères et dogmatiques et prédateurs de Dieu. Tous réunis dans cette ville turque qui tient encore debout malgré les craintes d'effondrement futur à la suite de la montée de la haine et de son expression fatale par les attentats terroristes ou militaires. Tous humains faisant partie du destin futur de la Syrie et de toute la région turque, voir même du futur de toute la région moyenne-orientale et même de toute la planète Terre. Ce sont les aventuriers de l'apocalypse, fils et filles de princes ou roturiers de la route. Ils n'ont pas peur de la mort. Ils ont peur d'eux-mêmes. Ils la regardent en face, cette mort, mais ils ne se regardent plus dans le miroir, et ils prient avec avidité, soit Dieu, soit leur Puissance personnelle ; parfois même les deux dans le même état d'âme.

On pourrait croire que la vie est plus dangereuse et malsaine quand on fréquente ce genre de monde à la limite de commettre la folie et ces personnes que l'on ne connaît pas et avec qui l'on se risque à faire un bout de chemin sans savoir où finira le voyage ? Ces gens vont-ils vous faire du mal ou, au contraire, se comporteront-ils humainement avec vous avec des élans de générosité partagée ? Ces gens inconnus vont-ils vous aider dans la quête de votre Graal où seront-ils indifférents à votre présence, votre solitude, votre petitesse au milieu de cette jungle de combattants et de masques prêts à tout dévorer, à vous dévorer, à tout exterminer s'il le faut, même leurs sœurs, même leurs frères ? Quel grain de folie vous pousse à accomplir ce voyage au bout de l'incertitude et de la mort ? Quel désir plus fou, plus impétueux s'impose à votre âme ; quel idéal sacré défendez-vous à vos risques et périls en lieu et place de vous tenir peinard dans votre confort moyen, votre job moyen, votre quotidien moyen, vos amours moyens ? C'est cette moyenne qui vous devient justement médiocre et à la fin insupportable à force de la vivre dans une routine lassante ne menant à plus rien d'autre qu'à vous morfondre dans une vie sans éclat et sans joie, une vie morne et sans bouleversement.

L'amour déçu, plus encore, l'amour bafoué, a passé par là... Et maintenant, il faut autre chose à l'amour : un élan spirituel plus grand, plus puissant que la mort. Partir et se confronter à celles et ceux qui souffrent et meurent dans une guerre. Partir et aller à la rencontre de l'Humanité en grand danger de se mettre elle-même en voie de dislocation et d'extinction dans la folie d'un génocide planétaire. La diplomatie ne patine plus. Elle échoue totalement et son autorité, l'ONU ne vaut plus rien. Le terrorisme n'a plus aucune cause à défendre. Le nihilisme et la volonté de détruire l'Humanité en est la cause. Assad accuse les terroristes sortis des rangs sunnites et utilise dans le même temps les terroristes chiites du Hezbollah et de l'Iran. Moscou joue les Chiites. Washington joue les Sunnites. L' Europe joue les Attentistes. Les Sunnites d'Arabie Saoudite et du Qatar arment les terroristes qui bafouent la démocratie occidentale et qui sapent les jeunes démocraties du printemps arabe. Washington soutient les Sunnites...La France se fait acheter par le Qatar qui fait gagner son pain au Paris Saint-Germain avec l'argent du pétrole servant aussi au terrorisme international... Les Russes arment les Chiites et les Alaouites d'Assad qui veulent la destruction d'Israël mais sont aussi les ennemis arabes jurés de leurs frères de La Mecque... Enfin... Même une tigresse adorable en dévorerait ses petits. Il faut aller à la découverte du Graal de l'Humanité au milieu de tout ce trafic frelaté par la corruption humaine et le désir de puissance, de fric, de palais, de territoires, de femmes...même si pour cela, il faudra d'abord mourir pour trouver ce mirage au paradis. L' Histoire de l'Humanité en court-métrage. Et la petite histoire d'un humain qui veut savoir, qui veut aller à la recherche de cet humain perdu.

Alors avant de partir à la conquête et à la traque de la bête qui sommeille en nous, il est encore temps de vouloir chercher l'humanité de tous, cette humanité qui nous tient debout et nous lie dans le pacte sacré à la vie. Avant le génocide final... où alors, peut-être, avant un autre monde et un futur possible. Car tout est toujours possible dans l'Histoire des femmes et des hommes. Et nos enfants fondent nos espoirs de futur.

Il faut des femmes et des hommes de courage qui osent leurs convictions et bravent les interdits tout en riant de tout et d'abord d'eux-mêmes.

Deux petits extraits vidéo d'une quête cinématographique qui a commencé à Hatay, Turquie.

Aladdin contre Assad, la bataille du Génie

"Aladdin, il y aura encore du boudin pour dîner. Viendras-tu en manger?"

Telle était les paroles que la princesse Badroulboudour répétait depuis 800 jours à son amoureux qui devenait de plus en plus maigre.

Aladdin c'était mis à jeûner pour la période du ramadan qu'il déclara, cette année, de durée indéterminée jusqu'à ce que le repas servi à la table du Royaume du Cham fût tout sauf du boudin. Il répondit à la princesse de Badroulbourdour d'une voix tranquille:

"Non, ma princesse. Je jeûne encore. Dis au Président que je reviendrai à sa table quand il aura décidé de l'armistice avec ses ennemis dispersés. Il a déclaré la guerre à son peuple. Puisqu'il se croit si puissant, si intelligent, si spirituel, il doit aussi se débrouiller pour trouver maintenant la paix à son peuple qui se meurt".

La princesse ramenait depuis quelques semaines les mêmes propos d'Aladdin au Président qui se moquait de lui à chaque fois dans un soupir lassé en répétant tristement la même chose.

"Ah cet Aladdin, toujours aussi têtu et rêveur. S'il croit que les humains signent la paix d'un coup de baguette magique, il va bien lui aussi finir un jour dans le plat à boudin que j'ai fabriqué et dont je n'arrive plus à stopper la production galopante. Dis-moi, Princesse Badroulbourdour, que compte faire Aladdin avec le mauvais génie qui s'est emparé de mon Royaume?"

La princesse répondit avec le plus beau des sourires:

"Il cherche sincèrement à l'emprisonner dans la lampe, Président. Mais il a besoin de toi, de ton esprit de paix et d'ouverture. Jadis, il a pensé que ta mort était utile à tous parce qu'il te trouvait être le mauvais génie en personne. Aujourd'hui, il pense que ta vie doit servir à sauver le Royaume. Il y a une condition à cela. Que tu abandonnes le Royaume du Cham une fois le mauvais génie qui t'habite remis dans sa lampe par toi-même. Es-tu prêt à partir à la rencontre d'Aladdin et quitter le Royaume?

Le Président ne voulut pas répondre à l'entier de la question. Il dit seulement.

"Ammène-moi cet Aladdin dans mes jardins. Et nous discuterons pour savoir qui de lui ou de moi doit prendre la poudre de somnifère afin de faire fuir le mauvais génie de mon Royaume".