25/09/2015

150 ans, le Cervin fêtera Halloween dignement

Voici le scoop qu'aucun autre média au monde ne peut avancer: le Cervin fêtera sa nuit d'Halloween et présentera un spectacle à couper le souffle de la citrouille. Voici donc le Cervin dans toute sa splendeur chamanique. Cela vaut bien une ascension au sommet.

 

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24/09/2015

Tellement autre

J'ai dans le viseur

un animal qui ressemble à un homme.

Ils ont affirmé que cette chose

n'avait aucune sorte d'importance

parce que l'économie

ne lui donnait pas d'importance.

 

J'ai dans le viseur

un animal qui ressemble à une femme.

ils ont affirmé que cette chose

n'avait pas la moindre place

parce que l'économie

ne lui donnait pas de place.

 

Ils m'ont prié de m'éloigner de mon viseur

car ces animaux n'avaient aucune sorte d'importance.

Ils ont prétendu que cette cible était mauvaise,

pas porteuse de miracle publicitaire,

et sans intérêt pour leur économie,

pire encore

qu'elle représentait une menace de troubles,

de terreur, de désintégration de la société.

 

J'ai visé la cible chaque jour.

J'ai écrit avec mon sang.

J'ai bien failli y perdre ma famille,

et le danger a plané sur ma vie.

La fin du combat n'est pas écrit.

Mais je ne lâcherai pas ma cible.

 

Les animaux sont lâchés dans ma ville...

 

 

complément de culture pour celles et ceux

qui ont connu Starmania et sa chanson *Les Zonards*

Les migrants ressemblent à nos zonards d'aujourd'hui.

Ce qu'ils cherchent c'est d'être heureux avant d'être vieux.

N'avons-nous aucune créativité pour nous mobiliser

en faveur de ces jeunes gens et jeunes filles en lieu et place de

nous préparer à nous mobiliser pour la guerre que certains et

certaines essayent déjà de leur faire?

 photo M.J. Rose, Facebook

Photo de M.J. Rose.

17:23 Publié dans MISSIV ATTACK | Lien permanent | Commentaires (3) |

Quand je danse sur tes mots

QUAND JE DANSE SUR TES MOTS

 

Quand je danse sur tes mots,

quand je lis sur ton doux visage

tous ces drames, tous ces maux

qui font se révolter ton peuple en rage,

je serai encore ce nageur en nage

qui viendra te rencontrer sur ce nuage,

je resterai sur la vague de ce naufragé clandestin

qui comme toi, de vague en vague, a égaré son destin

parmi les cris de haine et de peur,

dans les discours xénophobes et d'exclusion

de mon peuple réducteur de têtes

qui fuit ton regard et tes fêtes

sans jamais vivre ta magie sur le départ.

 

Jusqu'à ce que ta liberté soit la mienne,

dans mon pays qui refuse ta présence païenne,

je deviendrai chaque jour

ce migrant qui a tout perdu

qui a tout vu et tout entendu

tout refusé sauf ton rire et ton chant

sauf tes yeux rieurs d'adolescent

qui miroitent sur les scintillements de la mer,

 

Jusqu'à ce que ta liberté soit la mienne,

dans cette Europe qui renonce à ses lumières persiennes,

à ses lettres persanes et ses odeurs de Flores parisiennes,

je serai ce grand voyageur solitaire

qui te rejoindra sur la mer

pour faire souffler le vent de la liberté

et faire voler en éclats les horreurs de leurs mots barbelés,

leurs prisons tristes, leurs cachots désenchantés,

leurs coeurs desséchés

comme des fruits morts exposés au soleil

avachis sur leurs transats en sang

dans ces hôtels de luxe hors de ton temps

fuyant la torture intime qu'ils te font

à travers la luxure qu'ils pratiquent

en invitant des femmes de ton peuple

mais en niant les droits de ton peuple

au ralliement de ce simple argument:

vivre dignement.

 

Quand je danse sur tes mots,

quand je lis sur ton visage

tous ces drames, tous ces maux

qui font se révolter ton peuple en rage,

je serai encore ce nageur en nage

qui viendra te rencontrer sur un nuage,

je resterai sur la vague de ce naufragé clandestin

qui comme toi, de vague en vague, a égaré son destin

parmi les cris de haine et de peur,

dans les discours xénophobes et d'exclusion

de mon peuple qui fuit ton regard

sans jamais comprendre tes mots de cauchemar

qui saignent devant leurs remparts

et qui attendent intensément leur vrai départ

pour une vie nouvelle quelque part

après avoir déposé tout leur bazar

et ton corps d'ébène dans cette gare

près de chez moi, près de ma maison,

dans ma ville ou mon village,

dans ta ville, ou ton village.

Ici, c'est devenu chez toi.

Là-bas, c'est devenu chez moi.

 

J'attends avec toi sur la vague.

Nous sommes devenus les naufragés en vogue,

les vedettes d'une histoire planétaire,

et nous attendons l'épilogue,

notre happy end ou la fin divine au fond de la mer

après le passage du Deus ex Machina,

Dieu issu de la Machine, notre Matrice.

à Syracuse en Italie, à Ventimille,

qui renverra tous les Tartuffe à leurs études de pacotille,

à leurs frileux calculs électoraux,

à leurs mensonges ineptes et leurs lois inertes.

 

 « Nous vivons sous un prince ennemi de la fraude, / Un prince dont les yeux se font jour dans les cœurs, / Et que ne peut tromper tout l’art des imposteurs. »

Molière

 

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 JE SUIS LE GARDIEN DE NOTRE BUT.

NOTRE TEAM EST CETTE DREAM TEAM

QUI BAT DU TAM-TAM ET GAGNERA CETTE STUPIDE GUERRE

NÉE DES FRONTIÈRES QUI NOUS DIVISENT.

CAPTAIN NEMO

 

Et maintenant tous ensemble sur la chanson de Lil Muja "Free Boyz"

Oh lé lé

Oh la la

Oh lé lé

Oh la la la la

Oh lé lé

Oh la la

Oh lé lé lé lé

On va gagner

Oh lé lé

Oh la la

Oh lé lé

Oh la la la la

Oh lé lé

Oh la la

Oh lé lé lé lé

coupez les barbelés

 

 

12:42 Publié dans MISSIV ATTACK | Lien permanent | Commentaires (0) |

Quand sert la frontière?

En cas de guerre,

m'a dit ma mère,

il faut être fier

de partir à la frontière

défendre nos valeurs, notre liberté, et nos terres.

 

En cas de guerre,

m'a dit mon père,

il faut être tous frères,

et garder la frontière

pour rester indépendants, libres, et sans fers.

 

Et puis j'ai rencontré le cancer

et vos frontières qui tuent mes frères.

Et puis j'ai dit arrive déjà le bonhomme hiver

et des femmes vont tomber par terre

avec les enfants dans la neige et le froid à nos frontières.

En avez-vous été les mortels commanditaires,

mes soeurs et mes frères à l'intérieur de la frontière?

 

Quand sert la frontière?

a demandé le peuple angoissé aux parlementaires.

Ils ont répondu qu'ils avaient besoin de plus de militaires,

de murs, de barbelés, et de discours incendiaires

pour inventer des chimères.

 

Et alors j'ai dit lumière.

Il y a des femmes et des hommes aux frontières

qui brisent les barrières avec des pierres.

Et alors j'ai dit lumière.

Il y a quelque part dans l'univers

des femmes et des hommes qui refusent la guerre,

les frontières, et la misère.

 

Ils avaient attrapé le cancer

en avalant la fumée des incendiaires.

ils avaient besoin de concerts,

des chants, des repères,

pour guérir et ne pas se retrouver tous au cimetière.

 

Un chaman fit don de sa prière

et alors la Terre accoucha d'un monde sans frontière.

 

 

01:53 Publié dans MISSIV ATTACK | Lien permanent | Commentaires (1) |

23/09/2015

La réponse des migrants de Vintimille à la politique européenne

Ci-dessous, je vous informe d'un communiqué écrit par des migrants qui vivent dans le camp No Border de Vintimille.

Vous trouverez le texte en 4 langues, Italien, Français, Anglais, Arabe, sur le site du Presidio Permanente No Borders Ventimiglia.

http://noborders20miglia.noblogs.org/post/2015/09/22/we-are-not-going-back-il-comunicato-dei-migranti-migrants-statement-ita-fr-eng-ar/

 


En juin le gouvernement français a décidé de fermer la frontière avec l’Italie. Pour protester contre ce blocage entre Menton et Ventimille, nous sommes restés sur les rochers a quelques uns(es), démontrant notre volonté de poursuivre et revendiquant la liberté de circulation et l ouverture des frontières. Cette protestation a rallié des personnes venant de toute l’Europe.
C’est comme cela qu'est né le Presidio No Border. C’est un espace de résistance autogéré dans lequel migrants et activistes vivent et luttent ensemble contre la violence des frontières. Depuis juin, cette lutte se continue et chaque semaine le Presidio no Border manifeste devant la frontière, face à la police contre les expulsions. Contrôles de police, arrestations, détentions exténuantes sont notre quotidien à la frontière franco-italienne. Chaque jour, à la gare de Menton Garavan des personnes sont sorties du train au regard de la couleur de leur peau et déportées au poste de la Police aux frontières. Une fois là-bas, ils elles sont enfermé-e-s dans des conteneurs sans eau ni nourriture ni informations sur leur situation. La Police décide alors arbitrairement de les relâcher en France ou de les renvoyer en Italie, créant un étrange “ping pong humain”.
Nous avons fui la répression de notre propre pays, recherchant une liberté qui nous est refusée une fois encore. Ce qui ce passe ici à la frontière franco-italienne est un autre obstacle mis sur notre chemin commencé sur les côtes méditerranéennes. C’est là où le mythe de l’Europe, terre des droits de l’Homme est apparu dans toute son hypocrisie.
Où est la liberté dont l’Europe est si fière quand elle érige des barrières d’acier et d’indifférence? Qu’est-il advenu des droits de l’homme si la seule réponse aux demandeurs d’asile est leur expulsion?
On s’est échappé des camps de réfugiés dans nos pays où nous n’avons aucune liberté de mouvement. Nous nous retrouvons maintenant en Europe où nous sommes traités de la même manière.
Nous avons fui, pour beaucoup, le Soudan où la Guerre Civile fait toujours rage, où des dictateurs corrompus fomentent des conflits ethniques, divisent le peuple et nous abusent encore et toujours.
Au Soudan il n’y a qu’un parti politique qui régit le pays depuis 26 ans. L’accès à l’éducation et à la santé ne sont réservés qu’à un très faible pourcentage de la population. Chaque mouvement d’opposition est réprimé violemment et nous vivons notre quotidien dans la terreur. L’éducation n’est ouverte qu’aux proches du gouvernement et la corruption est tellement monnaie courante que pour accéder aux soins on doit payer des bakshich.
En Erythrée le peuple vit dans la peur constante de la violence des forces armés du Gouvernement. Le service militaire y est obligatoire pour garçons et filles à l’âge de 14 ans.
Notre expérience est partagée par de nombreuses personnes, africaines et non africaines, qui toutes voient en l’Europe un refuge et la garantie d’une vie décente.
Face à cela, l’Europe garde le silence supportant de fait les gouvernements corrompus et contribuant donc aux situations locales. Elle ferme, dans le même temps, ses portes a ceux-celles qui tentent de fuir ces régimes.
Depuis le camp No Border à Ventimiglia, nous demandons a cette Europe:


– l’ouverture de la frontière franco-italienne et la liberté de mouvement en Europe pour tous et toutes européen(ne)s ou non. Comment cela se fait-il que les européens-ennes puissent entrer facilement dans nos pays quand nous ne pouvons même pas passer une frontière interne de l'Europe?


– Aux pays européens qui ont colonisé l’Afrique, qui en ont fait un champ de bataille rempli de conflits internes, nourris par des chefs corrompus, à l’opinion publique de ceux-la: faites pression sur les gouvernements afin de briser le silence et d’arrêter le soutien a nos gouvernements par l’approvisionnement en armes.


– Nous demandons la révision du traité de Dublin III. Nous réclamons l’arrêt du lien systématique entre le 1er pays d’arrivée et le processus de demande d’asile. On nous demande très souvent nos empreintes digitales a l’arrivée [afin de commencer la procédure]. Mais beaucoup d’entre nous avons des parents ou amis qui vivent dans un autre pays, pays que nous ne pouvons donc pas atteindre au regard de ce traite.


– Le respect du traité de Genève et la garantie des droits de l Homme dont l Europe est tellement fière.


– Nous demandons aux gouvernements européens qui rappellent toujours le droit et la légalité: est ce que les comportements violents et répressifs de la police sont legaux? Les identifications forcées, les mauvais traitements, les menaces, les coups et autres violences physiques sont-ils légaux? Est- ce-que le processus de criminalisation que nous subissons depuis notre arrivée est légal?


– Nous demandons aux journalistes de rapporter nos histoires sans stéréotypes et nos conditions de voyage inhumaines auxquelles nous sommes réduit-e-s en Europe.


L’accueil que nous espérions de la part de l’Europe ne se retrouve que dans quelques individu-e-s, mais certainement pas de la part des gouvernements. Ensemble avec les soeurs et les frères du camp no Border, nous réclamons la liberté de circulation et l’ouverture de toutes les frontières.


“WE ARE NOT GOING BACK”


Les migrant-e-s du campement No Border de Ventimiglia.