05/04/2016

Temps et gouvernement pourris Place de la République

Nuit debout pluvieuse et interventions parfois houleuse entre les portes-drapeaux du syndicalisme qui s'emportent un peu de ne pouvoir s'afficher avec leurs drapeaux syndicaux, des journalistes qui ne savent pas à qui se référer, et cette incertitude quant à l'avenir du mouvement qui refuse obstinément, et à raison, toute verticalité avec représentants et supposés leaders de Nuit debout qui n'existent pas dans la réalité de l'action.

Les médias sont mal à l'aise, les politiciens aussi, et même les syndicats n'y retrouvent pas leurs petits. Nous sommes vraiment dans un processus de démocratisation en pleine expansion. Mais le mouvement peut tout aussi bien exploser par manque de structure que prospérer encore et encore ces prochains jours...

J'ai passé une bonne partie de la nuit à discuter avec un jeune homme aux idées novatrices et porteuses d'espoir. Il reste au mouvement à grandir pour éviter que tout se termine en pétard mouillé. Mais comme me disait le jeune homme. Même si Nuit Debout accouche d'un pétard mouillé, cette jeunesse-là est bien décidée à ne plus continuer la politique de la même façon. A voir si l'utopie de la démocratie horizontale, déjà très active sur le Web, peut se concrétiser à moyen terme et s'appliquer aux décisions politiques d'un Etat très vertical et centralisé...

A suivre sur les réseaux sociaux.

Pour ma part, il est temps de rentrer au pays et dormir un peu avant d'attaquer une autre journée derrière mes fourneaux...

04/04/2016

Paris Express

Mon amour,

je t'écris depuis la gare

en attendant mon TGV.

Un petit noir pour tenir la route

et passer une Nuit debout

avec toutes ses lumineuses adolescences

en pleine effervescence révolutionnaire.

 

Mon amour,

j'ai jamais le tempo

pour les trucs styles jeux et lotto,

ambiance d'I-phone branchée

sur vidéo-gag ou tweets un peu con.

Mais quand je vois ça,

alors je mets tout le turbo

pour 24 heures chrono

avant de reprendre ma routine,

mes petits plats, et ma cuisine.

 

Mon amour,

je vais faire l'amour à Paris

juste une longue nuit

mais pas avec une fille.

 

Mon amour,

je vais respirer l'air de Paris

jusqu'au petit matin

et rester là avec garçons et filles

qui ne veulent plus subir

la loi de la jungle

celle qui te dit que tu dois

subir d'abord,

subir ensuite,

subir enfin,

des stages sous-sous payé,

puis des emplois mal rétribués

et de courte durée

puis encore des emplois précaires

et des conditions de salaire

cheloues comme des clous

que les grands patrons enfoncent

dans la skin de leur jeunesse.

 

A cette jeunesse qui se rebelle

et se rebelle aussi pour tous les autres,

celles et ceux qui n'oseront jamais

s'afficher avec l'anarchie

de peur d'être déconsidérés,

de peur de passer pour des tarés

et des extrémistes terroristes,

de peur d'être déclassés

du peu de classe qu'on leur accorde

encore du haut de l'échelle

qui les espionne sur l'Internet

pour voir s'ils étaient à une manif,

ou ici à ces Nuits debout,

ces nuits chaudes sans sommeil

mais pleines de merveilles,

je veux honorer leur présence

et leur donner encore force et courage

de tenir le siège avec leur solfège.

 

Tenir debout.

Lutter quoi qu'il t'en coûte.

Ne jamais céder au misérabilisme

ou se noyer dans le nombrilisme.

Rester fier de soi,

de ses rêves,

de ses projets,

de ses liens d'amitié et d'amour.

 

Mon amour,

de ta Roumanie

je pars vers Paris

et je reviendrai vers toi

au pays d'Ein Amour.

Riss et la version Titanic du voile islamique

Riss, le Rédacteur en Chef de Charlie, craint les icebergs. En bon capitaine du journal satirique, il représente la religion, et ici l'islam en particulier, comme un iceberg qui forme une totalité fermée, de la femme voilée, au boulanger, en passant par l'imam, jusqu'au terroriste en bout de chaîne qui ne serait donc pas le chaînon manquant d'une religion en voie d'expansion mais bien l'agent intimidateur qui va taire les critiques envers l'islam et autoriser la banalité de la femme voilée, de la boulangerie sans jambon de porc, et la boutique d'habits sans mini-jupe (mais avec lingerie fine, pour séduire le mari, et burqa pour faire fuir l'effet sexy...porté sur les autres mâles dans la rue, au bureau, au restaurant, etc.).

Riss, comme de bien entendu, s'est fait harponner le portrait sur Twitter et Facebook par tout ce qui compte des défenseurs de la musulmanie profonde, le pays où le Prophète peut tout imposer par la loi divine. Riss sait mettre les pieds dans le plat religion et ça fait Platch! Mais Riss a-t-il raison de comparer l'islam à un iceberg monolithique où chaque musulman serait de fait complice de l'attentat terroriste orchestré en bout de chaîne de la religion contre les infidèles (infidèles pouvant tout aussi bien être un bon musulman qui n'appartient pas à la même mouvance sectaire de l'assassin, cela se complique drôlement...).

En fait, Riss ne fait pas preuve de finesse sur ce coup-là. Car un ou une musulman(e) n'est pas limité(e) par l'expression de sa foi. Un musulman est aussi, chez nous, un citoyen comme un autre qui va voter démocratiquement sur un sujet ou un autre, manifester dans la rue pour une cause ou une autre, boire à l'occasion de l'alcool, voir manger du porc, ce qui sera bien entendu mal vu par les religieux zélés qui le connaissent. Mais il en existe des dizaines de milliers en France des musulmans qui mangent et boivent comme ils veulent et qui néanmoins entretiennent encore des liens avec des musulmans plus proches des mosquées et de la ligne traditionnelle.

 

Mais Riss a cependant raison de frapper les esprits. Car, de fait, il défend justement le musulman qui veut être libre de pratiquer sa propre foi de façon entièrement libre sans devoir se justifier auprès de la communauté musulmane. Riss sonne l'alarme pour empêcher l'islam de se réfugier dans l'obscurantisme et le sectarisme le pire qui soit. Riss aimerait libérer l'islam mais en tant que non croyant il n'est pas celui qui peut apporter un discours de croyant à l'islam. Car même un croyant ne peut pas le faire pour les autres puisque seule la parole coranique fait foi. Le problème avec l'islam c'est que cette religion se mord la queue à la façon des wahhabites. Comme on ne peut pas remettre en cause le Saint Coran, même des intellectuels comme Tariq Ramadan doivent se contorsionner en mille pour expliquer que oui ils sont pour la liberté et la démocratie mais que non l'islam n'est pas porteur de terrorisme pour imposer la charia...aux impurs et infidèles qui ont d'autres critères spirituels pour défendre leur propre foi ou leur athéisme.

Finalement, Riss craint la collision de notre Civilisation avec l'iceberg d'un Prophète qui a affirmé un jour que toutes les paroles rapportées dans le Coran sont celles d'Allah... Mais la seule chose que les musulmans oublient de façon constante et navrante, c'est que durant les années d'élaboration du Coran, qui sont au final pas si nombreuses que cela, Allah a changé d'opinion sur le nombre de prières à faire par jour pour lui plaire, qu'il s'en est remis à l'interdiction de l'alcool après en avoir vanté modérément les mérites et les bienfaits, de l'avoir toléré, puis mis à l'Inquisition de son savoir divin. Comme quoi Allah lui-même était confronté à des dilemmes et des contradictions bien humaines durant son règne parmi les visions de Muhammed... Le plus inquiétant dans cette affaire, c'est qu'Allah a parlé durant la vie du Prophète et qu'il se serait tu pour l'éternité ensuite. Un peu comme si Allah n'avait accordé sa confiance qu'à un seul homme, pas même une seule femme, et que tout le reste de l'Humanité n'était qu'un rébus de son Royaume qui devait pénitence, prières, piété, absolue obéissance et aucun droit à la libre pensée, à la libre croyance, à la libre interprétation du Coran, à la libre évolution des esprits et des découvertes scientifiques...

Bref. Le Coran est devenu l'Iceberg mais le monde musulman, lui, n'a pas dis son dernier mot quant à l'avenir de la Musulmanie à travers le monde. Il y a de tout dans ce monde là, y compris du cochon et de l'alcool... Et tant pis pour les purs qui s'obstinent naïvement à faire le lit du terrorisme. Comme dirait Riss a des heures plus marrantes, on ne choisit pas sa mère mais on choisit la femme qui couche dans notre lit.

https://charliehebdo.fr/en/edito/how-did-we-end-up-here/

Grande colère et pied de guerre, Place de la République

 

Durant la Nuit des Débats, un choc frontal a eu lieu dans l'église de Saint-Eustache entre la Maire de Paris Anne Hildalgo et une activiste qui se bat pour la dignité des migrants et de leur accueil en France, une activiste qui revendique sa présence dans le mouvement "Nuit Debout" se mobilisant actuellement et au moins jusqu'au 9 avril, Place de la République.

Une fois de plus, c'est dans l'écoute et le respect de la dignité de tous qu'il faudrait pouvoir débattre sereinement. Mais les colères et les frustrations sont immenses, les discours tenus ne sont pas toujours suivis d'actions concrètes qui permettent un vrai changement de société, un nouvel envol vers plus de démocratie, de justice, d'égalité. Les frontières se ferment en même temps que les coeurs et les esprits. Les idéologies extrêmes refont surface. Les crispations se lisent sur tous les visages, d'Edwy Plenel à celui de la rayonnante maire de Paris qui n'a pas voulu répondre en direct aux accusations de l'activiste quant à sa façon de traiter les questions de réfugiés dans la ville de Paris.

Le fil des discussions est complexe. Résoudre localement un accueil important de population qui est d'abord du à un désordre mondial, dont les disparités flagrantes entre populations du globe, les guerres pratiquées par les oligarchies mondiales entraînant massivement la fuite des populations vers notre Continent et obligeant du coup les populations européennes à se solidariser avec cette part d'humanité que l'on n'attendait pas chez nous alors qu'ici même des pans entiers de population vivent déjà dans la précarité, sont au chômage et ne voient plus de perspective d'avenir, tout cela est d'une violence humaine inouïe faite à tous et toutes, migrants comme citoyens de longue date.

"Nuit Debout" a compris une chose: il ne faut plus rien attendre de gouvernements qui se compromettent jusqu'à délivrer la Légion d'Honneur à des dictateurs et souteneurs du terrorisme mondial au nom d'intérêts économiques, de trafics d'armements militaires, et de contrats juteux. "Nuit Debout" résiste donc contre toutes les guerres organisées par les grandes puissances oligarchiques financières et contre leur total cynisme couvert sous des discours mielleux, cette mélasse intellectuelle sirupeuse qui tente de nous engluer dans ses marécages les plus morbides et ses comportements les plus scandaleux et odieux à l'échelle du monde mais aussi à l'échelle très locale.

Personnellement, je comprends la colère immense de cette jeunesse révoltée et je la soutiens du fond du coeur. Je crois qu'il est temps que nos politiciens et politiciennes professionnels comprennent qu'on ne fait plus de politique en laissant tomber les gens dans le réel, en ne leur proposant pas de vraies possibilités pour se sortir du pétrin économique dans lequel ils sont parfois entraînés faute d'une vraie écoute au niveau médiatique et politique. Si le discours des jeunes en révolte tombe dans des oreilles creuses et condescendantes, il n'y aura point de réconciliation entre le pouvoir de la Vème République et la rue. Il y aura la révolution. Et il est certain que cette jeunesse se réclame déjà de cette révolution à faire en ce printemps 2016. L'état d'urgence est d'ordre spirituel et poétique. Qu'attendons-nous de nos sociétés, de nous-mêmes? Qu'elles et que nous nous enfoncions dans la crise et les guerres de plus en plus tétanisantes, les vagues de réfugiés qui vont nous submerger faute d'avoir réussi à interrompre la guerre chez eux? Que font les pouvoirs, tous les pouvoirs pour que cesse la destruction du Moyen-Orient? France, Amérique, Russie en tête pour vraiment réussir la paix en Syrie, stabiliser la Libye, créer de vrais conditions de démocratie pour tous les peuples qui souffrent sous les dictatures, les monarchies pétrolifères, les tyrannies d'un autre âge, appuyées qu'elles sont par des livres religieux écrits en d'autres temps pour des populations d'un autre temps? Que font concrètement nos pouvoirs si ce n'est de s'arranger avec la corruption, et s'inviter entre puissants et corrompus en appuyant encore des courant religieux obscurantistes et même terroristes?

"Nuit Debout" ne lâchera rien. Mais par son extrême engagement, le mouvement aura sans doute de la peine à rallier de vastes pans de populations de France qui ont peur de cette révolution proposée, des populations qui se barricadent derrière ses murs confortables pour garder ses petits privilèges qu'elles obtiennent encore de par leur situation sociale pas trop dégradée et de leur envie profonde de rester en paix et de ne pas s'engager sur des chemins risqués qui pourraient leur faire perdre emplois et réputation dans leur entourage immédiat.

Oui. De tous temps, les révolutionnaires ont d'abord été très mal vus, voir lynchés, avant d'obtenir la reconnaissance des générations futures.

Y aura-t-il un vrai printemps révolutionnaire global en France? Rien n'est moins sûr. Mais l'espoir est là qui grandit et le gouvernement ferait bien de se préparer à une vraie grande vague d'indignés et de révoltés qui ne veulent plus de "ça", leur macabre danse programmée vers la désintégration et la mort de nos démocraties.

 

03/04/2016

Au-delà de toutes nos indifférences

Tu dis que ce n'est pas ton problème,

que toi, tu en as assez comme ça

de ces soucis qui accaparent ton être,

que lutter ensemble ne sert à rien

si ce n'est à se faire mousser

le temps d'une nuit,

le temps d'une danse,

le temps d'un texte.

 

Tu dis qu'il y a trop de différences

entre les gens

et trop d'indifférences

dans les coeurs

pour faire la révolution.

Que demain il faudra voter

pour Hollande ou Sarkozy

ou Jupé ou Mélenchon,

ou même Le Pen

et que c'est ainsi

que la France

aura une nouvelle présidence,

un nouveau dérapage,

un nouveau naufrage,

une nouvelle impasse.

 

La France aura une nouvelle présidence,

c'est une certitude.

Mais avant, n'as-tu pas envie

de faire jouer tes crayons de couleur,

de sortir des actions rebelles comme jamais

tu n'aurais pu imaginer venant de toi,

d'écrire un peu l'histoire de ta France

qui saigne et qui pleure,

qui souffre trop en silence,

qui s'étouffe à petit feu?

 

La politique n'est rien

sans la poétique de tes sentiments.

La politique, ce n'est pas une loi.

C'est un lien reconstruit entre nous tous,

un pont brisé qu'il faut reconstruire

grâce à nos regards, nos rires,

nos larmes, nos chants,

nos musiques, nos mots,

nos délires, nos réunions,

nos nuits blanches,

notre envie de bouleverser le monde.

 

Alors avant de voter pour

un ou une présidente,

il y a un printemps magnifique

qui t'attend à Paris et ailleurs,

qui rentre dans la fenêtre

de tes yeux.

Il y a une rue et une Place

prêtes à t'accueillir,

à t'écouter,

à tenir compte de ta personne.

 

Ne reste pas en rade.

Que tu sois, Blanc ou Noir de peau,

métisse, Jaune ou Arabe,

et prêt à une citoyenneté ouverte,

globale, mondiale,

laisse tomber l'indifférence

et vient fêter la différence

et le droit d'appartenir à un seul peuple,

une seule peuplade nomade

qui voyage désormais sur la Terre

vers son rêve d'Unité,

vers son utopie démocratique pour tous,

vers la chute des murs et des frontières.

 

Demain, la France sera encore gouvernée

par un(e) Président(e) et un(e) Premier(ère) Ministre

mais avant il y a une exigence et une urgence:

celle de se dire que l'on refuse

de continuer comme cela

et qu'un autre chemin est possible,

une autre utopie à réaliser

pour contrer tous les terrorismes,

tous les cynismes, toutes les tyrannies.

 

A toi de jouer.