11/04/2016

Nuit Debout: nos voix sont interpénétrables et solidaires

Les landsgemeinde de Nuit Debout renouent avec la Suisse primitive. Eh oui! Mais aux bons vieux mollets mâles suisses bourrus et exclusifs se substituent des jeunes gens et des jeunes filles de toutes conditions sociales et de toutes origines. Ce ne sont plus les assemblées du pays au sens strict du terme avec droit du sang d'origine contrôlée et monopole du droit à la parole (exclusion des femmes des landsgemeinde et des étrangers sans droits mais corvéables à merci). Ce sont des assemblées constitutives d'une nouvelle vision de la société, d'une réinterprétation des frontières humaines et sociales avec une authentique ouverture vers l'ailleurs, ce qui ne nous constitue pas originellement dans nos communautés indigènes mais qui participe à une construction plus large et plus enrichissante de notre identité qui passe d'une identité de racine à une identité multiple par capillarité (des racines de l'arbre aux branches qui s'élèvent vers le ciel).

A Nuit Debout, il n'y a pas de leader qui prêche et les autres qui écoutent. Ils n'y a que des leaders d'eux-mêmes et d'elles-mêmes qui cherchent à comprendre le monde dans lequel nous vivons, à la développer le plus harmonieusement et respectueusement possible en tenant compte de toutes les différences et toutes les orientations qu'elles soient de l'ordre de l'engagement personnel, spirituel, ou sexuel.

Il ne faut pas chercher à vouloir expliquer ce qui se passe en France, Place de la République, en fonction du monde de hier, ni même d'aujourd'hui. Il faut franchir un mur du son et se retrouver de l'autre côté pour saisir toute la portée futuriste du mouvement collectif qui se met en marche. Nous ne ferons plus jamais de la démocratie comme nous en faisons encore aujourd'hui. Ce sera tout autre. Nos voix sont interpénétrables mais elles n'entrent plus dans vos urnes bidonnées et amidonnées par les lobbies, les médias, et les millions que vous coûtent vos pubs. Chez nous, le coût se limite à la prise de parole, aux deux ou trois minutes que nous nous accordons et où nous parlons directement où faisons lire ce que nous avons à dire. Nous n'avons besoin ni d'appareil d'Etat, ni d'appareil politique, ni de lobbies qui nous portent et nous élisent. La poésie et le hasard font l'affaire pour dire qui nous sommes et pourquoi nous luttons. Même un gode peut devenir notre totem l'espace d'une nuit et d'une aube nouvelle. Un gode servi sur un plateau par un CRS au service de l'Etat à une photographe peut faire l'humour et la force de frappe de notre mouvement en attente d'amour et affamé d'humanité. C'est dire notre potentiel d'invention politique.

Personne ne doit imaginer, le Réseau Voltaire et son leader omniscient, omnipotent, et omniprésent, Thierry Meyssan le premier, que notre mouvement est une tentative de déstabilisation organisée par la CIA à l'image de l'interprétation faite par certains médias alternatifs pour les printemps arabes. Nous sommes des citoyennes et citoyens qui forgeons notre propre opinion en toute indépendance d'esprit et de coeur. Personne n'est capable de manipulation du mouvement tout simplement parce que nous ne donnons pas la possibilité de manipulation à quiconque, même aux plus charismatiques et écouté(e)s d'entre nous. Ce n'est donc pas la CIA ni aucun autre service secret qui nous pilote. Nous sommes notre propre pilote avec des milliers de co-pilotes qui forment le pilote d'un avion qui a pris son vol et qui atterrira une fois que sa vision du monde sera mise pleinement au service des populations du globe et d'une écologie réelle mise au service des énergies propres et renouvelables et des moyens de production acceptables, si ce n'est parfaits.

Nuit Debout sait où elle veut aller mais elle n'en connaît pas toutes les routes et les impasses. Elle voyage au feeling et à l'intelligence collective qui empêche ainsi les dérives les pires de l'intelligence individuelle qui axe bien trop souvent sa vision sur l'ego personnel et la conquête du pouvoir à des fins très personnelles.

Par contre, à Nuit Debout, la personnalité de chacun et chacune n'est ni bafouée ni restreinte par le mouvement collectif. Elle est même promue et encouragée de tous. Et c'est au vote démocratique qu'une idée est reprise ou rejetée provisoirement ou définitivement par le collectif. Nuit Debout n'a pas vocation à rester entre soi et à nuire à autrui. Notre capacité de nuisance se limite à changer de système parce que nous considérons notre système à bout de souffle et nuisible aux peuples eux-mêmes. Nous refusons donc le suicide collectif.

Nuit Debout est ouverte, à l'exclusion de celles et ceux qui voudraient imposer leur fascisme et leur idéologie nauséabonde. C'est ainsi que nous tuerons symboliquement dans les esprits les plus fragilisés la force actuelle de l'extrême-droite qui a pris trop d'importance et qui met en danger non seulement les institutions démocratiques mais aussi toute notre Civilisation globale.

Nuit Debout participe à des actes révolutionnaires au quotidien afin que l'évolution de l'Humanité puisse déboucher sur autre chose qu'une fin du monde programmée et annoncée des prophètes de malheur qui donnent aujourd'hui leur voix aux mouvements d'extrême-droites par régression reptilienne de leur propre pensée intellectuelle. Il n'y a pas besoin de citer de nom. Celles et ceux qui lisent un peu, beaucoup, passionnément, savent de qui je parle ici.

Ne soyons pas dupes de nous-mêmes. Nuit Debout est une proposition de nouvelle société. Nous n'imposerons jamais rien à personne par des actes révolutionnaires violents. Notre force de frappe est la persuasion par nos idées neuves, nos délires poétiques, notre feeling qui ne sont pas appris sur les bancs de la Fac mais bien dans le quotidien au contact de nos vies malmenées par des politiques locales, nationales, et internationales piteuses, lamentables, scandaleuses, injustes, sans noblesse, et cyniques à l'extrême. Nuit Debout continuera sa route comme les écrivains de la Beat Generation ont construit leur propre vision du monde en semant les graines de Mai 68. Aujourd'hui, cette Beat Generation se trouvent ici-mêmes des descendants plus marqués politiquement, plus méfiants, plus regardants sur les comportements civiques de chacun et chacune. N'empêche que cette jeunesse a beaucoup d'affinité avec cette fureur de vivre des années 50 et 60, insouciante parce que non conscientes du consumérisme à venir et de la récupération philosophique de leurs idéaux par des organisation financières de haut vol (le vol n'étant pas ici celui de l'oiseau mais du filou des fonds vautour). Cette fureur de vivre, nous nous la réapproprions et l'investissons pleinement dans nos rassemblements solidaires. Nous sommes plus sérieux dans nos fêtes et nos têtes parce que plus conscients des enjeux actuels. Nous risquons carrément la disparition de l'espèce humaine et ce génocide là, cette ignominie finale, nous en prenons la pleine mesure. Ce génocide pratiqué de façon souterraine par des forces obscures qui accumulent les richesses et les pouvoirs pour eux-mêmes en menant de sales politiques et de sales guerres sur la planète au détriment de centaines de millions de personnes qui se transforment en autant de cadavres, d'exilés, de déplacés, de mutilés, de déracinés, d'abandonnés de tout le monde. Nous savons tout cela. Nous le voyons tous les jours sur nos écrans de télévisions et dans nos journaux. Ce génocide camouflé, pire interprété à l'aulne de la real politik, nous le refusons définitivement et voulons inventer un autre monde fait pour tout le monde. L'utopie est gigantesque mais pas davantage que leur titanesque désastre. 

Nous voulons un autre monde. Et nous l'aurons. Parce qu'à Nuit Debout, cela fait mille ans que les activistes dorment debout et rêvent en grand de petits rêves personnels qui trottent dans leurs coeurs.

"Je commence peu à peu à me décomposer,

Dans la lumière déchirante de cette mer,

Poète et citoyen oublié..."

Pier Paolo Pasolini, Poésie en forme de rose

Nuit Debout: un CRS a trouvé un sextoy dans une poubelle!

Evacuation générale, ce matin, Place de la Répipi à Paris. Les deboutistes ont été chassés comme chaque matin et la Place bouclée pour raisons sécuritaires. De dangereux terroristes du mouvement anarchiste auraient placé des sextoys dans des endroits stratégiques en vue de faire sauter Paris et son gouvernement.

Un CRS, démineur de la première heure, a jeté un godemichet à une journaliste. Elodie Hervé:

"Un CRS vient de me jeter un sextoy! Il m'a touché au bras. Pourquoi? Je prenais des photos. #NuitDebout"

Les voies du blogueur sont impénétrables mais qui sait si le hasard est complice du poète?

La chatte est ma carbonara.

 

 

Jeux de boue, Nuit Debout

T'avais raté Woodstock

parce qu'alors t'étais môme

et que ta téloche en noir et blanc

passait du rock

et que ta maman hurlait au démant

en écoutant cette jeunesse

prise par les démons du vice.

 

T'avais raté la révolution

parce que t'étais un mioche

de neuf ans

mais tes yeux de môme

avaient retenu l'essentiel

de ces moments qui allaient

changer l'Histoire de notre modernité.

 

Et voilà que c'est reparti

mais en plus grand et en plus fou.

Et voilà que cette fois tu es de la partie

et que tu ne vas pas t'arrêter.

 

Jamais vu pareille folie amoureuse naître

dans le coeur des gens

qui n'y croyaient plus du tout

à cette Grande Nuit Debout.

Jamais vu pareille source d'inspiration

naître sur les décombres de leur système.

Jamais penser que je retrouverais

des soeurs et des frères dans la lutte.

C'était à Pont Saint-Ludovic l'été dernier

que j'ai su que quelque chose de grandiose

se mettait en marche avec ces jeunes virtuoses

d'une nouvelle humanité

qui nous montraient la lune et les étoiles

en même temps que les migrants du Soudan

réjouissaient nos coeurs et nos esprits

en sortant de la mer.

 

Nous sommes là Debout

et nos jeux de boue

mettent Valls à genoux.

Nous tous là Debout

et nous irons jusqu'au bout

de ce jeu de boue

pour que naissent

ce nouvel Adam et cette nouvelle Eve. 

 

Parce que l'Humanité le vaut bien.

 

10/04/2016

Nuit Debout plus fort, plus mature, plus génial que Mai 68?

Il y a encore beaucoup de pain sur la planche pour faire de Nuit Debout une vague géante qui surfe sur un Océan de Bonheur collectif, nationale et internationale. 

Il y a encore de l'eau à apporter au rêve général ou le Rêve Général, c'est-à-dire le chef cinq étoiles des armées de libération du peuple par la poésie et la créativité collective, pour faire de Nuit Debout non pas un détail de l'Histoire mais une grande affaire d'amour collectif historique. 

Chaque nuit qui passe et l'aventurier du rêve amène son lot de nouveauté, de nouveaux dynamismes, de nouveaux visages qui se reconnaissent et qui ont envie de transformer la France et le monde en quelque chose de mieux, de plus porteur d'espoir pour les générations futures, nos enfants, qui ont envie d'un futur qui fait fureur de vivre et non d'un No Futur qui déprime jour après jour les âmes les plus sensibles à notre environnement dégradé, à nos relations humaines de plus en plus cynique et violentes.

Le mois de mars va durer une belle éternité, et quand Nuit Debout proclamera sa fin symbolique, nous serons sans doute en mai ou en juin pour un débarquement de romantisme sur toutes les cités de France et d'Europe qui chassera le populisme d'extrême-droite et le fascisme de nos terres.

 

Nuit Debout: l'ethnocratie au pouvoir, fin de l'énarchie

Les ethnarques de la Nuit Debout sont des papillons qui renaissent toutes les nuits des cendres de la veille enlevées par les pelleteuses du gouvernement, place de la République. Ils n'ont pas l'intention de mettre une bureaucratie au pouvoir qui saignera le peuple et donnera encore davantage aux milliardaires. Ils n'ont pas l'intention d'imposer des normes toujours plus contraignantes, des interdictions morales d'existence, des limites aux croyances individuelles contraintes de penser comme un bloc monolithique qui devrait s'imposer à tout jamais dans les moeurs personnelles de chacun et chacune en violant leur âme et leur conscience et leur propre évolution personnelle.

Les ethnarques sont souvent jeunes, insensibles à la manipulation, très sensibles à la condition humaine et environnementale. Ils ne veulent pas le pouvoir pour eux-mêmes. Ils veulent le pouvoir pour nous tous. Les ethnarques ne pensent pas plan de carrière. Ils creusent dans la carrière pour trouver quelques bijoux constitutionnels qui permettront à la société de s'oxygéner et se renouveler plutôt que d'étouffer dans une ambiance morose, apocalyptique, et violente. Les ethnarques font de la poésie leur leadership et de la bureaucratie des chips à se mettre sous la dent avec l'apéro du soir au moment où les énarques finissent leur travail de sape et rentrent satisfaits d'eux-mêmes dans leur foyer bourgeois.

Un ethnarque est un papillon qui prend sa fragilité pour quelque chose d'essentiel à sa survie alors que l'énarque est un lion de pacotille bourrés de certitudes qui croit que les diplômes font de lui un moine dogmatique à son église gouvernementale et l'autorise à dominer le monde entier, et à mépriser les ethnarques, ces impies, en disant qu'ils sont complètement à l'Ouest. Hors les tournesols de l'ethnocratie se tournent toujours du côté du soleil avec leur pendule qui fonctionne à l'énergie solaire alors que l'énarchie pollue les consciences avec son pétrole et son énergie nucléaire.

Un énarque chie caca. Une ethnarque chie dada.

L'énarchie à la rue, l'anarchie au pouvoir.

Et puis non. Un ethnarque n'est pas un slogan publicitaire. Il est un agent de la poésie, un politicien qui fait de la politique sans parti, un sans domicile fixe qui ne croit pas aux dogmes radicaux et aux idéologies figées dans le temps. Il croit à la fraternité, à l'amour, à l'amitié, aux possibles nés de l'impossible et improbable rencontre entre le déshérité et le riche héritier. Il croit aux échanges exaltants les plus incroyables entre un clochard et une people. Car nous sommes tous égaux devant la loi démocratique. Riches comme pauvres. Diplômés ou non diplômés. Un ethnarque ne regarde pas à la couleur de peau ni à l'origine. S'il y a danger pour un migrant ou une migrante à Stalingrad, il fonce prendre sa défense devant les CRS qui tentent de l'intimider. Un ethnarque ne regarde pas au porte-monnaie. Si un riche est soudain dans la détresse, il viendra aussi à son secours dans la mesure de ses moyens humains.

Un ethnarque agit local mais pense vraiment global alors qu'un énarque pense global en ignorant les peuples et en satisfaisant pleinement les banques et la finance mondiale au détriment du local et des gens exclus du système par les licenciements et les refus en tous genres d'un gouvernement qui ne sait plus regarder les yeux dans les yeux les déshérités de ce système en fin de vie.

Si tu aimes le papillon qui butine les fleurs et craint le lion affamé qui te prend tes derniers centimes, rejoint l'ethnocratie à République et partout dans Paris ainsi que dans les villes et villages de France, d'Europe, et du monde. Nous serons alors tous citoyens et citoyennes de première zone dans ce monde que nous voulons créer pour la planète Terre.