03/06/2017

"Make our market great again" ou les dessous d'un coup politique

Rendre coup pour coup jusqu'à la victoire.

On a connu le style Trump:

"Make America great again"

On a maintenant le style Macron qui renvoie dans les cordes le style Trump:

"Make our planet great again".

On a enfin le style du sourd-muet pince-sans-rire qui les renvoie tous les deux dans l'air vicié du grand capital rendant de plus en plus irrespirables les rapports humains entre nous tous et cassant les articles du Code du Travail construits dans la sueur et le sang des masses laborieuses se rebellant contre les patrons rapaces qui volaient leurs existences en exigeant des ouvrières et ouvriers des horaires démentiels, des cadences infernales, et des salaires de misère, sans compter sur le droit de cuissage que s'octroyait ces messieurs horribles sur les ouvrières obligées à garder le silence pour garder leur travail.

Cette formule magique d'un autre âge qui réunit désormais Macron, Trump, Poutine et tous les autres dans le même leitmotiv marketing:

"Make our market great again".

Ce système bouffeur d'êtres humains, de terres, de végétation; ce système assassin qui détruit la vie animale et végétale en totale irresponsabilité; ce système qui tente de rendre encore plus sauvage la dérégulation des rapports de travail en même temps que la dérégulation climatique; ce système assassin de notre planète; tous ces assassins qui veulent nous gouverner pour mieux nous dominer; ces assassins très jolis et fiers dans leurs costumes avec leur Rolex au poignet pour exprimer la volupté du luxe et le calme de leur crime, très gentils en apparence très méchants dans le combat; ces assassins qui sont en réalité des loups pour l'homme et des prédateurs prêts à toutes les guerres pour sauver leur train de vie; prêts aux barbaries les plus ignobles pour défendre et asseoir leur autorité sur les peuples; ces assassins qui prennent partout les pouvoirs dans le monde soit directement par les Etats soit indirectement par des clans mafieux rebelles au pouvoir central, petits chefs communautaristes qui font désormais la loi chez eux qui n'est déjà plus la République laïque et démocratique mais loi du plus fort, loi de la jungle ou le riche gangsta fait la loi pour lui et force le pauvre à accepter la pitance qu'il consent à céder afin de clore les bouches comme celles des maisons closes ou les bouches féminines ne s'ouvrent jamais que comme signe de la dépravation des forts et de leur domination sur la belle et non comme signe d'amour envers elle. Omerta de la puissance criminelle où le rebelle se voit aussitôt brûlé à l'acide ou sur un bûcher médiatique voir même où sa famille se fait prendre en otage ou assassinée pour qu'il se taise à jamais ce stupide défenseur de la veuve et de l'orphelin. Méthodes d'assassins, méthodes où seul le pistolet posé sur la tempe fera sauter la cervelle du rebelle ou aura raison de lui, ce révolutionnaire, et l'affaiblira à jamais en acceptant le deal proposé par le puissant en perdant, au moment même de sa reddition, sa raison et sa conscience de la lutte qu'il menait jusque là pour les beaux yeux de sa belle et de ceux du peuple qu'il aime et chérit. Mourir ou tomber en soumission de leur loi barbare... Quel choix!

Ce sera dans la rue, à Paris, derrière les barricades, que nous saurons si la France insoumise tient sa promesse de s'opposer à leur monde totalitaire. Ou alors, mieux que le poète désespéré qui écrit ces quelques lignes poussant le drame à son stade ultime, ce sera à l'Assemblée nationale que la France insoumise et ses alliés (il faudra accepter les armées parallèles de la Révolution pour réussir la Révolution) mèneront le combat jusqu'au bout pour empêcher que les rois l'emportent à nouveau sur les révolutionnaires de 1789 ou sur les gens de la Commune et se vengent ainsi, encore une fois, des idéalistes de la laïcité.

Nous voilà bienvenu dans le nouveau monde macronien, trumpien, Poutinien. Nous voilà surtout certains que si nous ne faisons rien, tout continuera pour le pire pour nos enfants (je parle des enfants des 99% de la population mondiale mais aussi des 1% qui soit mourront sous les coups d'une révolution sanguinaire comme au tant des rois et des tsars, soit mourront comme les autres (tous égaux devant la mort) d'asphyxie, de tsunami, de guerres fratricides entre gens, entre migrants poussés loin de chez eux par les inondations de leurs terres et autochtones, entre gens des quartiers pauvres et gens des quartiers cossus, entre gens d'une religion et gens d'une autre religion, etc. Le marché est désormais assassin de nos vies et il nous offre toujours à la tentation de ses attraits avec des airs de Joker. Le marché nous fait miroiter les 150 millions que nous pourrions gagner à l'euromillion en ne nous disant jamais que chacun, chacune d'entre nous finance l'heureux gagnant qui empochera les 150 millions solidairement amassé pour un seul individu pareil à ce mendiant tendant la main dans la rue à qui les gens auraient offert tout leur argent sans broncher et de bon coeur... Hors vous de donner pas l'argent à un SDF. Vous donnez votre argent à la main invisible du marché où se cachent des noms bien connus, des gens réels et déjà millionnaires ou milliardaires qui s'enrichiront encore davantage sans que vous ne vous en rendiez compte. Vous jouez avec eux comme vous jouez à l'euromillion; vous les admirez comme si vous étiez l'un d'entre eux. Mais eux ne vous admire pas. Ils vous ignorent et vous méprisent; vous jettent comme des chiens ou des kleenex dans la rue quand ils vous licencient après avoir abusé de votre force de travail; vous volent vos droits et vous pillent vos luttes après vous avoir dépouillé du Code du travail et des obligations qui vous sont dues en tant que salariés d'une entreprise et qui vous protègent à minima des abus patronaux sûrs de leur puissance et de leur domination sur vous. A toi de choisir

 

"MAKE OUR MARKET GREAT AGAIN"

ou

"FAIS DE TA VIE UN ENJEU CAPITAL ET UN IDÉAL"

 

02/06/2017

Finirons-nous dans la rue à faire des sauts de cabri?

Cher Jean-Luc Mélenchon,

Si une table, une chaise, une chèvre pouvait être à la tête de la France à la place de Marine Le Pen et qu'Emmanuel Macron ne devait sa victoire qu'au fait qu'il était impossible que la France, dans son ensemble, vote en majorité pour Madame Le Pen, je crains que nous tous, insoumis et insoumises à ce système en voie de disparition (par volonté et conscience citoyenne au mieux, destruction par guerres civiles et internationales au pire), finissions par faire des sauts de cabri gracieux dans la rue pour éviter les gaz lacrymo, les grenades de désencerclement, voir, plus grave encore, des grenades offensives nous obligeant à danser sur la mort pour éviter la blessure révolutionnaire et la place des martyrs qui nous serait alors accordée par les survivants.

Ne dramatisons pas jusque là, cher Jean-Luc. 

La rue, pardon, les mouvements sociaux (il faut se battre pour les mots même quand ils se mettent à siffler assassins comme des serpents) la rue ne fera, pardon j'ai encore quelques restes bobo, les mouvements sociaux ne feront point de concession à la volonté macronienne de casser encore plus l'état précaire des citoyennes et citoyens de première classe, et non de seconde ou dernière classe (toujours l'importance des mots, les premiers révolutionnaires sont celles et ceux qui ont la plus grande conscience de l'injustice du monde, donc ils sont de la première classe en conscience).

Nous ne pouvons plus accepter la destruction du monde par des puissances humaines qui n'ont que l'argent comme obsessionnel objectif et comme vision unique de leur existence. Nous ne pouvons plus être complices de leurs jeux à multiples tiroirs qui nous attirent dans autant de pièges à gogo. Nous ne voulons plus passer pour les dindons de leur farce grotesque qui prétend régler les problèmes du monde alors que leur conte de vampires pour milliardaires ne fait qu'amplifier et multiplier les ravages et les horreurs. Cette farce tragique dure depuis bientôt 40 ans et ils nous l'améliorent au gré de leur propagande médiatique et du sang versé dans le monde entier.

Cher Jean-Luc, je veux bien finir en cabri sacrifié si telle est l'ultime combat d'un homme. Mais avant ça, j'aimerais que la France insoumise fasse tout pour ne pas effrayer les citoyennes et citoyens. Qu'elle continue le magnifique combat du premier tour de l'élection présidentielle en s'adressant d'abord au peuple plutôt qu'en invectivant bêtement celles et ceux qui ont déjà perdu l'estime du peuple. Nous n'avons pas besoin de "Cazeneuve, ce type qui s'est occupé de l'assassinat de Rémi Fraisse" ou d'autres phrases irritantes à l'emportent pièce qui font descendre en flèche les intentions de vote de celles et ceux qui s'apprêtent, ou s'apprêtaient, à voter pour un candidat ou une candidate de la France insoumise.

Des erreurs, nous en commettons tous. Mais le peuple a désormais placé ses espoirs dans un mouvement qui s'appelle la France insoumise et le peuple vous regarde et aimerait participer à un mouvement d'ampleur collective. Ne décevez pas le peuple, Jean-Luc. Car après la France insoumise, il y aura quoi en cas d'échec?

Nous avons besoin d'un Jean-Luc Mélenchon qui montre le chemin de la victoire citoyenne par les urnes et non d'un destin tragique et funeste et de futurs martyrs sacrifiés dans les rues à cause de l'échec de l'unité citoyenne révolutionnaire pour changer la France, l'Europe, et le monde pour peu que la révolution française puisse être un exemple à suivre pour les peuples du monde de plus en plus sous influence de néo-stars, de néo-rois ou de néo-dictateurs ou autres empereurs milliardaires.

La France insoumise mérite la France. Mais pour cela, il faut s'épargner de vaines polémiques qui lui font du mal à son image de première force démocratique de la paix et de la protection du peuple.