30/07/2017

La Fille d'Or

 

L'amour est un tango

et avec toi j'ai fait banco.

Ne me laisse pas devenir

dingo de toi.

Ne me laisse pas sans avenir

cargo de toi.

L'amour est un fiasco

et à ce jeu là j'ai déjà fait bingo.

 

En toi,

j'ai trouvé l'amour de ma vie

et il m'a fallu toute une vie

pour tomber sur la fille d'or,

fouiller tous les filons,

m'étendre dans la boue,

descendre au turbin,

prendre des coups de grisou,

ressortir à moitié mort

de mes anciens bisous,

creuser la mine des popotins,

laisser ma trace dans le cou

des filles de joie,

partir au charbon

avec des filles d'une nuit

pour tomber sur la fille d'or.

 

As-tu pensé un jour

que si je ne reviendrais pas

de mon long voyage

tu verrais mon visage

à chaque fois que tu fais l'amour

avec un autre homme?

 

Ai-je pensé un jour

que si tu ne reviendrais pas

de cette mine de famine

je sauterais sur une mine

et tu me retrouverais mort

après un coup de grisou

avec une autre femme?

 

Tu es mon nombre d'or

mon phi, la fille,

l'amour de toute une vie.

Tu es mon sublime trésor

mon phi, ma philosophie,

le bonheur de toute une vie.

 

Pour toi,

je serai ce guerrier

qui meurt au combat

pour les yeux

de notre amour romantique.

Pour toi,

je serai cet homme

qui n'abandonnera tes pas

que si toi

tu me dis que notre portique,

notre balançoire érotique,

n'est plus le plus envoûtant du monde.

 

Ne me largue pas

aux chantiers navals de Saint-Nazaire

avec ma malle et mon mal de toi.

Je ne veux plus vivre le calvaire

de perdre tous tes X

pour un étranger

qui ne sera pas moi.

Je est un autre

et dans ce rôle-là

je suis ton poète matrimonial.

Nos chantiers navals

sont faits pour conquérir le monde.

Nos chantiers navals

construiront l'oeuvre

de notre amour fantastique.

 

Quand je remonte ton canal,

je ne fais jamais de l'échangisme

sans toi dans mes rêves

et notre romantisme

a bâti son jardin de plaisirs libertins.

Quand je remonte ton canal,

c'est ma tristitude qui fout le camp

et le départ pour les tropiques

sur nos îles paradisiaques.

 

L'amour est un tango

et avec toi j'ai fait banco.

Ne me laisse pas devenir

dingo de toi.

Ne me laisse pas sans avenir

cargo de toi.

L'amour est un fiasco

et à ce jeu là j'ai déjà fait bingo.

 

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29/07/2017

La Rivière de diamants

 

 

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Au fond de la jungle,

j'ai découvert un paradis perdu

qui portait ton nom, Kristina.

Et pourtant c'était en enfer

qu'ils injuriaient ta façon de vivre

et de gagner ton indépendance

au firmament de notre nirvana.

 

Au fond de la mer,

j'ai découvert une rivière de diamants

qui portait ton nom, Sara.

Et pourtant c'était en enfer

qu'ils te lançaient pierres et jugements,

accusations et mensonges

sans fondement et gargouillant de cancrelats.

 

Si un jour tu me quittes, Kristina,

dis-le moi avec tes lèvres

sur ma bouche en fièvre

et regarde-moi

les yeux dans les yeux

pour que jamais je n'oublie le songe

de notre amour damné, Sara,

cet amour que nous nous sommes donnés

jour après jour

au temps des beaux jours,

au temps de notre splendeur

et de nos rendez-vous secrets.

 

Si un jour je m'en vais, Kristina,

parce qu'il sera trop tard

de te faire un enfant

et que je serai comme un enfant

pleurant sa détresse

entre tes bras de consolation;

que je serai devenu 

plus que l'ombre de ma jeunesse

et cet amant de désolation

couvert de vieillesse détestable

et perclus de maladies incurables

dis-moi qu'encore, Sara,

nous nous aimerons alors

dans un autre désert, un autre Sahara,

où vieillir n'existera plus sur la map monde;

où notre jeunesse triomphera

à jamais de la disparition

de nos âmes enroulées

et blotties sur l'oasis de la mer; 

où mes poèmes s'envoleront

comme des kiss me surgissant

de nulle part dans les airs survoltés

pareils à des bulles de savon

éclatées avec le rire des enfants

heureux de créer leurs arc-en-ciels;

avec ces coeurs adolescents

qui nous porteront sur leurs ailes fragiles 

de papillons sortant de leur chrysalide

au moment de rejoindre

la vie des amours consentants

écoutant en boucle

Stay with my heart

 

Chaque jour qui passe

me rapproche de toi, Kristina.

Chaque jour qui passe

devient la victoire de notre amour

sur la destitution des sentiments

et la défaite des lits amoureux, Sara.

 

A nous deux, le Triomphe de l'Amour,

Kristina.

 

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Lettre à Sara

 

Chère Sara,

 

Il a fallu faire abstraction de la foule de touristes ainsi que de la lèpre commerciale pour s'imprégner de la ville de Franz Kafka.

 

Ces quatre jours passés à Prague m'ont permis de me mettre en situation. Et quelle situation! Avec mon fils, nous avons eu tout le loisir de développer une sorte de cafard morose qui s'est amplifié au fil des jours. Nous avons même eu l'idée morbide, sur le ton de l'humour très noir, d'en finir de façon romantique en nous jetant du Pont Charles dans la Vltava afin d'amplifier le mystère de notre disparition.

Je sais que cela te paraîtra lugubre et déplacé d'imaginer un tel plan mortifère alors que nous avons encore la santé et la joie de vivre chevillées à nos corps et que lui, mon fils, est un beau garçon bien bâti qui a tout l'avenir devant lui.

Comment nous sommes-nous débrouiller pour attraper un tel cafard, mot qui, tu ne le sais sans doute pas, a été inventé par Charles Baudelaire? Un simple concours de circonstances. Un simple concours de circonstances permettant cette mise en hypnose.

Tout d'abord, nous avons eu un temps gris, venteux, froid et pluvieux de fin d'octobre en plein mois de juillet, un temps de feuilles mortes qui n'était guère propice à émoustiller nos papilles et à passer du bon temps à nous prélasser au soleil avec une Vinohradsky dans la main et en galante compagnie. Et puis, j'étais parti dans l'idée de me transformer en cafard, histoire de répéter l'expérience de ce cher Kafka. Grâce à l'aide précieuse de mon fils qui s'était entiché d'une fille du Darling deux mois plus tôt, j'ai eu l'occasion inespéré de m'enfoncer avec lui dans les idées noires de la transformation et de l'horreur sentimentale, mobile de la Métamorphose de Franz Kafka.

Ces quatre jours ont été l'occasion pour lui comme pour moi de comprendre à quel point notre époque n'est plus au romantisme et aux longues divagations littéraires mais au contraire offerte de façon la plus obscène qui soit à la simple consommation de plaisirs rapides grâce à des petits billets magiques que l'on appelle billets de banque. Je ne te donnerai pas les détails de nos jours et de nos nuits versés entre réflexions et spleen, un autre mot de ce cher Baudelaire. Mon fils s'est conduit de façon impeccable dans des circonstances assez dramatiques pour lui par la faute des sentiments développés envers cette fille. C'est tout ce que tu dois savoir en dehors du fait que nous avons apprécié grandement notre visite au Musée Kafka qui reflète parfaitement l'oppression de notre monde d'aujourd'hui et son administration asphyxiante et tueuse d'humanité.

Quant à moi, je suis resté bien sage et fidèle à toi malgré les suceuses d'argent qui nous tournaient tout autour en faisant tourner les tables de nos mâles illusions . Ah oui! Les filles du Goldfinger avaient d'admirables petits popotins et, au balcon, les hommes se pressaient comme des chiens aux abois. Elles nous en mettaient plein la vue, ces prêtresses de la chair à canon rose. Il fallait que je résiste aux charmes de ces demoiselles en dentelles avec le charisme d'un cafard devant jouer son rôle de parasite de la maison close glissant ses géantes orbites et ses antennes tentaculaires partout. Observateur mais pas pratiquant du culte dédié à Satan en ces circonstances, j'ai consommé quelques bières avec mon garçon qui attendait de rejoindre sa jolie grenouille du Darling qu'il espérait,un peu trop stupidement, qu'elle devienne un jour la princesse de sa vie. Las, les nouvelles étant ce qu'elles sont en ces circonstances modernes, ses nuits d'ébriété, bien que vécues entre les bras de sa belle au bois couchant les garçons polissons parmi les rires et les larmes surjouées, furent un cauchemar le jour. En quatre petits jours, elle a fini par lui mettre quelques graves coups de massue et un coup d'assommoir final derrière la tête et dans le porte-monnaie.

Cette charmante demoiselle a bien joué son rôle au cinéma rose et elle a gagné le gros lot avec mon garçon trop tendre. Oh, certes, de façon assez lâche et dégueulasse mais elle a gagné du bon temps avec lui et pas mal d'argent pour son compte en banque et celui de son probable milliardaire d'employeur alors que mon garçon a perdu toutes ses illusions ainsi que son amour pour elle. De spéculations en révolte sur l'attitude de la belle au bois découchant en question, il est passé à travers le philtre de l'amour en tenant sa pomme empoisonnée entre ses mains et en y mordant à belles dents. Heureusement que j'avais fait le voyage avec lui pour qu'il ne se crashe pas totalement à cause de l'ivresse des profondeurs sentimentales qui l'avait envahi, ivresse qui finit généralement en apnée au fond d'un fleuve pour les plus enragés des garçons romantiques qui subsistent en ce monde perdu. 

Pendant le temps où il se perdait dans les méandres de sa sirène sarcophage, j'en ai profité pour relire la Métamorphose de Franz Kafka et un hors-série du Point consacré à Charles Baudelaire. J'étais parfaitement dans l'ambiance bien qu'évidemment très triste de voir mon fils se faire gruger par sa jolie poulette lui ayant bien sucé son argent grâce à son fac-similé de faux romantisme. J'ai essayé de le prévenir des risques et périls en la demeure:

"Au salon du porno, n'y va pas le coeur à mains nues et les sentiments à fleur de peau. Tu risques de te retrouver dépecé et lacéré de coups de couteau. Si certaines filles pleurent souvent que les garçons ne savent plus créer de fleurs sentimentales autour d'elles, que ces mêmes garçons les prennent en toute vulgarité pour des morceaux de bidoche prêts à l'équarrissage, elles devraient aussi se demander pourquoi les hommes se transforment en garçons-bouchers cyniques qui ne viennent consommer en ces lieux de débauche que des viandes impropres à l'amour. Elles ne font elles-mêmes rien pour se faire traiter autrement. Hélas!"

Dans notre chambre d'auberge de jeunesse, nous avons planté nos yeux dans les lumières aveuglantes du plafond et j'ai commencé à imaginer la lettre que j'allais t'écrire à mon retour tout en transformant sur mon Samsung nos images afin de coller à la Métamorphose de ce cher Kafka. Ainsi débute son histoire que tu devrais lire un jour. Ainsi, je te laisse les images de toi et de moi dans notre métamorphose amoureuse.

Toi et moi, nous formons désormais ce génial linceul romantique dédié à tous les romantiques du monde.

A notre amour, à notre amitié pour la vie. Je t'embrasse mon amour de Sara.

Ton cher et tendre poète. Ton ange.

"En se réveillant un matin après des rêves agités, Gregor Samsa se retrouva, dans son lit, métamorphosé en un monstrueux insecte. Il était sur le dos, un dos aussi dur qu’une carapace, et, en relevant un peu la tête, il vit, bombé, brun, cloisonné par des arceaux plus rigides, son abdomen sur le haut duquel la couverture, prête à glisser tout à fait, ne tenait plus qu’à peine. Ses nombreuses pattes, lamentablement grêles par comparaison avec la corpulence qu’il avait par ailleurs, grouillaient désespérément sous ses yeux.
« Qu’est-ce qui m’est arrivé ? » pensa-t-il. Ce n’était pas un rêve. Sa chambre, une vraie chambre humaine, juste un peu trop petite, était là tranquille entre les quatre murs qu’il connaissait bien. Au-dessus de la table où était déballée une collection d’échantillons de tissus – Samsa était représentant de commerce –, on voyait accrochée l’image qu’il avait récemment découpée dans un magazine et mise dans un joli cadre doré. Elle représentait une dame munie d’une toque et d’un boa tous les deux en fourrure et qui, assise bien droite, tendait vers le spectateur un lourd manchon de fourrure où tout son avant-bras avait disparu."

Franz Kafka, La Métamorphose

 

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Le Linceul des Romantiques

22/07/2017

Quand nos coeurs se révoltent (chant révolutionnaire)

 

Quand nos coeurs se révoltent

Quand nos corps virevoltent

Quand nous faisons l'amour à cent-milles volts

C'est tout le ciel qui s'enflamme

et la Terre qui se damne.

 

Quand nos coeurs sentent la poudre

Quand nos corps tombent la foudre

Quand nous faisons l'amour à cent-milles volts

C'est notre révolution qui flambent

et nos sexes qui se damnent

et les guerres cruelles qui se fanent.

(chanter)

Bis repetita

 

C'est la samba la vie qui tourbillonne

C'est le tango l 'amour dingue qui cartonne

c'est notre rumba folle qui papillonne

et nos corps qui polissonnent.

Les cloches sonnent sonnent sonnent

Les cloches sonnent sonnent sonnent

dans les rues de Carcassonne.

C'est la victoire du Général Cambronne

Et toi et moi nous jouons

les amoureux de Vérone.

(parler d'une voix suave et chaude

sur le fond musical)

 

et reprise... du refrain chanté

 

A vous tous de chanter à votre sauce maintenant

sur le rythme endiablé de Bond (le lien en anglais)

les amoureux de Vérone et leur victoire.

De call-girl à call me

 

Si notre histoire

doit mourir un jour

elle ne peut pas mourir

avant d'avoir eu vie

hors du milieu de ta prostitution

et avant ma disparition.

 

Au milieu de nulle part,

je suis tombé

sur l'amour de ma vie.

Et je ne veux jamais

recevoir le faire-part d'adieu

de ta part.

 

Je veux que tu passes

de call-girl à call me

et que de tes jeux de passes

tu grilles tous les feux rouges

de mon corps.

 

Exclusivement.

Explosivement.

Exceptionnellement.

 

Je te fouille le nirvana

de mon doigt

de Michel-Ange

tandis que ta bouche tagada

et son accent roumain

me redit avec passion

que tu aimes sucer ma bite dada

sucer ma bite dada

sucer ma bite dada

et que ta main

ta main

ta main

joue les doigts de fée

sur la plage de nos bits sonores

et que tu veux jouir

jouir

jouir

tandis que ta langue part en délire 

au sommet de notre jouissance.

 

J'aime écouter le feu

de ta passion

se saisir de l'objet

de mon flagrant délit

avaler le feu de mon sexe

en brûlant la luxure de tes lèvres.

J'aime ta façon si profonde

d'engloutir l'amour

au fond de ta gorge

en y prenant plaisir

à chaque fois

que tu prends possession

de mon plaisir

dans ce lieu

qui t'interdit d'aimer d'amour

tout en me faisant

si bien l'amour.

J'aime ta grande science

et l'apprentissage de la patience

que tu m'imposes

alors que notre amour

grandit chaque jour

en ce lieu

qui a interdit l'existence

de notre amour.

 

J'aime quand ta bouche

se pose sur ma bouche

et que nos lèvres se mordillent

alors que nos sexes s'émoustillent.

Je veux bien prendre

mille ans de Bastille

et finir enchaîné au bagne

pour avoir enfreint leur triste loi

du sexe tarifé

si j'accède à la chambre débauchée

de tes Mille et Une Nuit.

Je veux bien mourir brûlé vif

dans les récits de notre alcôve

si tu me dis encore

encore

et encore

I love You mon amour

au moment de glisser

ma bite au fond de ta chatte

et que tu fais de nos rencontres

un lieu saint un putain de bordel privé

où nos corps se déchaînent

et s'enchaînent

aux arborescences sensuelles

de notre licence.

 

Je veux que tu passes

de call-girl à call me

et que de tes jeux de passes

tu passes à mon corps.

 

Exclusivement.

Explosivement.

Exceptionnellement.

 

Je veux que ton corps se cambre

encore, encore, et encore

en mille façons de courber

l'érotisme de nos désirs

comme si notre espace-temps

créait de la lumière d'étoile

à chacun de nos rendez-vous. 

 

Je te fouille

de mon doigt

de Michel-Ange

tandis que ta bouche tagada

et son accent roumain

me redit avec passion

que tu aimes sucer ma bite dada

sucer ma bite dada

sucer ma bite dada

sur la plage de nos bits sonores

et que tu veux jouir

jouir

jouir

tandis que ta langue part en délire 

au sommet de notre jouissance.

 

J'aime ta façon

de ne plus demander mes goûts

et de partir à l'aventure

avec tes airs polissons

qui ne pensent à plus rien

d'autre qu'à prendre

l'espace de la Voie lactée

avec tes yeux gourmands

grands ouverts 

brillant dans la pénombre

avec tes yeux clos s'ouvrant

sur mon sexe et mon visage

qui allument autant de feux d'artifices

jaillissant de la nuit

 en imaginant les fantasmes

les plus échevelés

au sommet de ton orgasme

au sommet de notre plaisir

qui ne prend jamais fin.

 

Les trois lettres

du mot fin

ne sont pas écrites

pour notre histoire d'amour.

Mais les quatre lettres

du mot faim

elles sont inscrites à vie

dans nos gênes

qui explosent leur plaisir.

 

A toi,

la fille de joie

qui est devenue

la joie de mon coeur

et la plénitude de mon corps.