26/03/2018

J'arriverai jamais te dire

Comment fait-on

pour se quitter

quand on s'aime d'un grand amour,

Bébé?

Comment fait-on

semblant de se dire

que l'amour doit finir

à un instant précis

et que l'amitié peut commencer

quand on s'aime

d'un océan d'amour

et que tout nous relie

jusqu'à ton lit de blues,

Bébé?

 

Tu partiras un jour.

Mais jamais, Oh non jamais

je n'arriverai te dire

que l'amour est fini entre toi et moi.

Tu partiras et mes yeux

s'embrumeront de larmes

et tes yeux sécheront mes larmes.

Tu partiras.

Mais rien ne nous séparera

de notre histoire d'amour.

 

On n'arrivera jamais se dire

que l'amour est fini

entre nous.

Ce sera juste un truc

de malade, un asile de fous,

pour se détacher,

un truc affreusement romantique

comme une fissure d'eau

entre deux rochers

qui s'arrachent l'un à l'autre

parce que le temps le veut ainsi,

parce que mon âge est révolu

pour fonder une jolie famille

surtout dans ma situation,

surtout avec ma vie

déjà faite de temps d'amour,

de tant d'amour,

et de passions avortées.

 

Mais toi et moi,

Bébé,

ce ne sera jamais un avortement

et cela restera magique.

Notre bébé d'amour

grandira encore et encore,

beau comme la naissance

d'un nouveau monde

où l'amour est capable de triompher

en toute situation

jusque et même dans la séparation,

dans l'accident mortel

qui nous séparera

comme l'O dans une fissure

entre deux rochers d'amour.

 

Comment fait-on

pour se quitter

quand on s'aime d'un grand amour,

Bébé?

Comment fait-on

semblant de se dire

que l'amour s'en va

brutalement comme

dans un accident mortel

et que l'amitié peut commencer

quand on s'aime

d'un océan d'amour

et que tout nous relie

jusqu'à ton lit de blues,

Bébé?

 

Qui a la réponse

à cette question existentielle?

 

Je t'aime

jusqu'à la fin du monde,

Bébé,

et l'Apocalypse ne peut être

que l'Amour triomphant de la Bête.

Hors convention

Briseur de tabous,

je briserai encore ta glace

et j'en ferai mon cocktail motolove.

 

Briseur de tabous,

j'irai au bout

de notre histoire

même si je dois encore pour ça

me faire traîner dans la boue

par tous ceux qui cherchent

midi à quatorze heures

et tous les poux du monde

chez les poètes dissidents

de cette société nauséeuse;

tous ces chercheurs

qui ne connaissent rien

aux poètes des bas-fonds

afin de les assigner à résidence

quand cette triste résidence

n'est pas juste la rue

de tous les abandons,

poètes assignés

à leur rôle superflu,

superflou, super marginal,

poètes assassinés

au nom de la bienséance

et de la bonne conscience;

au nom du père, du fils,

et des hypocrites

qui défendent cette image lisse

d'eux-mêmes

afin de paraître propres sur eux

mais qui font bien pire encore

que le poète exclu

qui prostitue sa poésie

aux yeux du monde.

 

Ils ne peuvent pas savoir

s'ils n'ont jamais essayé

l'amour vrai dans un bordel.

Ils ne peuvent pas savoir

puisque pour eux

c'est le tarif qui fait le menu sexuel

avec une poupée mécanique

qui gardera tous leurs petits secrets

d'alcôves hors mariage.

 

Pour être heureux en ménage,

baisons cachés...

 

Non, décidément,

ils ne peuvent

pas savoir

ce qu'est l'amour dans un bordel

avec une fée volcanique

ouvrant chaque jour la cage

aux hirondelles

et les faisant tomber amoureuses

non pas d'un haut placé,

non pas d'un haut gradé,

non pas d'un haut du pavé,

mais du poète et ses rêveries

qui ont lancé le pavé dans la mare

en éclaboussant

sucettes roses bonbon

toutes en couleur

et autres gâteries

offertes mais payantes dans ces salons

aux appétissantes pâtisseries.

 

Putain tes yeux,

est-ce vraiment vrai tout ça,

l'amour et tout son charabia,

tout notre charivari,

et ton petit chat

en émoi devant moi qui chavire?

 

Tu me donnes l'espoir.

Mais si l'espoir est vain,

dis-moi pourquoi garder l'espoir

pour ensuite plonger

ma vie dans un irréparable désespoir?

 

Oui, dis-moi.

Est-ce que notre amour

défonce les murs

et brise toutes leurs conventions

où est-ce juste moi

qui suis hors convention

et qui rêve trop haut

en te regardant juchée

sur tes hauts talons?

 

Tu me diras tout ça,

ce soir,

Bébé.

Avant de chavirer

sur ton lit pétales de rose.

 

25/03/2018

Notre Rêve

Je lis tous ces chroniqueurs

et chroniqueuses réacs

qui n'ont pas su

ce que fut notre rêve.

 

Notre rêve d'enfants lunaires

c'était ce pouvoir de la liberté

contre la dictature qui oppresse.

Notre rêve

ne menait pas au monde d'aujourd'hui

mais au monde de demain,

quand les salauds auront cessé

de régner sur la Terre;

quand les dinosaures seront chassés

de notre planète.

 

Si notre utopie est trop folle

elle est encore moins folle

que le monde dans lequel

vous nous avez jeté

corps et âmes

par votre avidité

du pouvoir et de l'argent.

 

Un rêveur n'a jamais rêvé

de tout posséder.

Un rêveur n'a jamais rien imposé

à vous, Mesdames et Messieurs

les bien-pensants,

ceux qui savent tellement

que les guerres sont le meilleur garant

de la paix

pour garder l'ordre établi

des puissances de l'argent.

 

Ce n'est pas le flower power

qui a mis la haine au monde.

Non, non, non.

Ce n'est pas avec vos bonnes paroles

et votre jouissance de voir

détruite notre utopie

que vous parviendrez encore

à cette fake news monstrueuse,

faire de nous les grands fautifs

des dictatures dans le monde.

 

Nous ne sommes coupables

que de notre liberté,

que de notre anarchie,

que de notre refus

d'un monde égoïste et scandaleux,

d'un ordre du monde injuste

et très peu solidaire,

d'une société qui jette ses poètes

dans l'ombre et l'anonymat

de peur de les élever

et qu'ils menacent l'ordre établi,

cette économie marchande

qui fait de nous, jusqu'à nos amours,

des purs produits de consommation

et d'exploitation;

qui fait de nos amour

des échecs et des abandons spirituels

au bénéfice du Capital.

 

J'irai encore à nos 69

pour atteindre notre lune de miel.

J'irai encore te dire

je t'aime

même si tu as peur

et que tu renonces

à nous.

J'irai encore à notre amour romantique

même si je tombe dans le cynisme

après toi

la faute à cet épuisement d'aimer

quand l'amour n'a aucune chance

de survivre à notre désastre.

 

Ces gens ne savent pas.

Ces gens ne connaissent pas.

Ces gens sont des réacs

qui pensent que nous avons été

les grands responsables

des dictatures et des guerres

dans le monde.

 

Que veux-tu

que je t'écrive après ça?

Que veux-tu 

que je t'écrive après

ma misère sociale

qui ne changera jamais

et qui te fait peur

et t'empêche de me rejoindre

dans notre nirvana,

dans notre petite maison

au bord de la mer

avec nos rêves,

notre amour né

dans leurs bordels roses

qui t'ont offert le titre de prostituée

mais qui ont oublié la femme,

l'amoureuse qui vit en toi.

 

Un produit de consommation

pour gentleman,

banquiers, courtiers d'assurance,

traders, avocats, notaires,

politiciens, cadres supérieurs,

riches retraités,

riches de partout

pour qui baiser une heure

pour trois cents balles

est peanuts

et autres bites anonymes

venus consommé du plaisir

entre tes bras.

 

Le poète cherche l'amour

là ou l'homme de notre temps

cherche la sensation forte,

l'instant éphémère,

le plaisir sans lendemain

et qui leur est tellement dû.

Pur acte de consommation

contre mon acte d'amour.

 

Voilà telle aura été

à notre connaissance

la révolution mondiale

de ce jour

qui couvait dans la tête

de cet ex-enfant de 9 ans

né de Mai 68. 

 

Alors pardonnez,

Mesdames et Messieurs les savants,

sa nostalgie et sa mélancolie.

Si son rêve d'enfant

n'a pas été exaucé en ce monde

il a encore le droit,

c'est son ultime droit,

à sa mélancolie.

 

Désolé si ce poète vous dérange.

 

https://blogs.letemps.ch/suzette-sandoz/2018/03/24/a-bas-...

http://pascaldecaillet.blog.tdg.ch/archive/2018/03/24/mai...

 

 

 

24/03/2018

Après la guerre

Le postier a annoncé:

"La guerre est bientôt fini,

l'amour va finir par triompher

de la défaite,

de la haine,

de la solitude,

de la violence

que l'on doit se faire

pour supporter cette terrible situation."

 

Le postier danse

dans cette cave

et distribue ses poèmes

aux rêveurs des quatre vents

refusant les bombes qui tombent,

leurs folies financières,

leurs petits arrangements vulgaires

avec les grands dictateurs du monde

et leurs mensonges éhontés

qui font triompher

leurs petites personnes mesquines

et leur "démocratie no futur".

 

Faire la guerre

pour devenir roi du monde.

Faire la guerre

pour éliminer les traces

et les compromissions honteuses.

Faire la guerre

pour tuer des innocents.

Faire la guerre

sous prétexte humanitaire.

Faire la guerre

et faire triompher

leur démocratie pourrie

par leurs petites affaires.

 

Après la guerre,

je t'emmène au royaume

des fous romantiques.

Après la guerre,

je te ramène

sur notre île au trésor.

Après mars,

vient avril,

et après avril vient mai,

68 sur Vénus

faisons l'amour pas la guerre

et 69 tout le temps

nana na guerre

nos corps triomphant

de leur terrifiante mort amoureuse,

après mars vient Pâques

et les lapins d'amour,

les oeufs cachés,

le triomphe des justes

sur les assassins.

 

Après la guerre,

c'est toi et moi.

Après la guerre,

ce sera nous.

Après la guerre,

nous deux,

inséparables dans nos poèmes,

inséparable dans notre amour.

 

Et si tout cela ne reste que du rêve.

Et si tout cela ne prend pas pied

dans notre réalité à cause

d'une impossibilité temporelle

qui nous empêche

et nous éloigne,

alors tant pis.

Nous aurons triomphé

de leur triste réalité

parce que notre rêve

aura été plus beau que

leur triste banalité.

 

23/03/2018

Première personne du pluriel

Je vais bientôt te revoir

un instant pour savoir.

Pour savoir

quel sera le degré de notre pouvoir

qui nous empêcherait de déchoir

de notre amour, de notre miroir.

 

Pour la première fois

tu as dis "nous"

alors que tu disais toujours "je".

Je dois travailler.

Je dois réfléchir.

Je dois continuer.

Je ne dois pas m'arrêter.

Je dois voir.

Je dois partir.

Je vais revenir.

Je vais te revoir.

Je vais te faire souffrir.

Mais je veux pas te faire souffrir.

Je vais te laisser choir,

les larmes dans le mouchoir,

l'arme assassine comme un rasoir.

Et puis non.

Je vais encore t'aimer

parce que je t'aime

et que c'est vrai.

 

Donne-moi des arguments

pour continuer de nous voir.

Donne-moi des arguments

et non de pures illusions.

Dis-moi "nous".

Parle de "nous".

Envisage "nous"

et mon visage sera le reflet du tiens,

nos corps ne feront qu'un

plus longtemps qu'une heure,

plus longtemps qu'une passe,

plus longtemps qu'un repas de gala,

plus longtemps qu'une illusion d'amour

qui perd son temps et ses illusions

à trop vouloir y croire.

 

Sera-ce la fin de notre histoire

coulant dans les quarantièmes rugissants

ou la victoire de notre amour?

Sur ton visage rougissant

de jouissance

je veux voir cette naissance

du "nous"

comme d'un Olympe conquis

et passer ce cap difficile

pour rejoindre notre port.

 

A toi de me dire

si tu conjugues ta vie encore

à la première personne du singulier

ou si tu décides de nous conjuguer

à la première personne du pluriel.

 

Je t'ai fait un enfant de poésie

dans le dos.

Mais tu étais au courant.

Je t'ai donné un océan d'amour

dans le dos.

Mais tu étais au courant.