20/03/2018

Passage du Pot-au-Noir

Jusqu'où ira notre chemin?

Les anges et le destin

seuls le savent.

 

Jusqu'où j'aurai donc soif

et faim de toi

comme ce voyageur du désert

qui revient vers son oasis d'amour

prêt à se dessécher sous ton soleil

pendant des mois

de ne pouvoir se désaltérer

à ta source magique

fuyant comme un mirage

devant ses yeux

sous d'autres cieux

beaucoup plus sombres

et moins amoureux,

je ne sais pas, Bébé,

vraiment je ne sais pas.

 

J'ai besoin de prendre soin

de toi comme on prend soin

de la femme de sa vie.

J'ai besoin de t'avoir à mes côtés

pour continuer ma route entravée

de milles chaînes aux pieds.

Toi seule, tu peux encore

me faire voler,

me sortir de ma vie de forçat,

et me libérer de tout mon passé

trop lourd à porter.

Toi seule, tu détiens

les clefs de ma vérité,

de ma foi en l'amour.

 

Si tu pars,

quelle sera l'étendue du désastre?

Si tu pars,

quelle sera la fin de mon astre?

Sans toi, Bébé,

pas de retour au bonheur.

Sans toi, Bébé,

juste ma misère et ma peur

de mourir seul,

sans femme à ses côtés,

vieux con perclus de chimères;

vieux con aigri, glacial, et cynique;

vieux con baisant pour baiser

des filles au bordel

jusqu'à ce que sa queue

s'éteigne d'avoir trop mal baisé

en ces lieux glauques et sordides,

en ces lieux de perdition,

en ces lieux où l'amour

n'aura plus toute sa raison d'être,

en ces lieux maudits

où je me suis déjà tant perdu,

où plus aucune fille

ne lui fera le coup de l'amour

comme toi,

le coup de foudre,

le coup de lumière flamboyant

qui anime ses yeux

pour l'entraîner dans la magie

de ton conte amoureux.

 

Toi seule, Bébé,

a été vraiment capable

de faire ça.

Toi seule, Bébé,

j'y ai cru plus fort

qu'un intégriste croit en Dieu

ou à Allah.

Toi seule, Bébé,

tu m'as dis des choses

qui ont éclairé ma route

de bonnes choses

si douces et sensibles,

d'un futur heureux et prospère

qui viendrait un jour,

d'un futur qui s'ouvrirait

comme la porte du paradis

sur les décombres

de ma maison en ruines.

 

Tu peux partir.

Je ne te ferai jamais

le coup du suicidaire

qui se tue pour toi.

Je me tuerai pour mes échecs,

mais pas pour toi.

Donc, tu ne seras jamais coupable

de ça.

Je me tuerai à petit feu

d'alcool et de filles

ou d'un seul trait dans le gosier,

cul sec,

en me pendant

ou me jetant d'un pont

comme tous les grands mélancoliques.

 

Un poète romantique sans fin tragique,

est-ce encore un vrai poète romantique?

Mais aussi.

Un poète sans son grand amour,

est-ce vraiment possible

qu'il existe

en ce monde froid et cynique?

 

Laisse-moi prendre soin de toi,

Bébé.

L'argent n'est pas force de loi.

L'amour est la force de la loi.

L'argent n'est pas le roi.

L'amour est le roi.

 

On cherchera le chemin, ensemble.

On cherchera mieux à deux

que toi toute seule

et moi à la dérive définitive.

Je veux pas d'un hara-kiri d'amour

comme dans 2046

et cet écrivain amoureux

des femmes qui s'éteint

d'avoir joui et joué avec tant de filles.

Je veux une autre fin.

Et tant pis pour la guimauve

et la petite maison dans la prairie.

 

Le drame, ça me connaît.

Et j'en ai plein les baskets

de me dire que ma vie

n'est qu'un long mélodrame

où les filles ne font que passer

sans jamais avoir connu

le grand amour de ma vie

soulevant la foi

à des hauteurs stratosphériques.

 

Alors tiens-toi prête, Bébé.

Je ne lâche pas encore

le gouvernail de notre navire.

Notre bateau ivre

est ivre de la joie de s'aimer

et de vivre ensemble.

 

Accroche-toi mon ange.

Toi et moi, ça va tanguer

mais, si nous passons les récifs,

il se pourrait

que notre avenir devienne radieux

avec une histoire d'amour

à faire tomber les bordels

par-dessus les autels

dédiés à l'Amour.

 

Je t'aime.

 

Ceci est notre code et la clef d'accès

à notre royaume.

 

Jusqu'où ira notre chemin?

Les anges et le destin

seuls le savent.

 

P.S. (Chanson originale écrite par Brook Benton et interprétée par Bobby Bland en 1959, année de ma naissance).

19/03/2018

La maison du Soleil Levant

Je connais mille endroits

à travers les détroits

de ma vie

où j'ai tripoté les filles,

des tripots sans classe,

des tripots à boire,

des tripots de misère,

des tripots de vice,

des tripots sans grâce

où femmes et hommes

se frôlent,

se touchent,

se baisent,

se quittent,

s'atomisent

après s'être sodomisés

dans leurs anonymats,

leurs animalités,

leurs détestables manières

de se rendre objet pour l'autre,

pognon contre sexe

comme pétrole contre nourriture,

contrat de merde

et désastre assuré.

 

Tout ça,

tout ça mène à la guerre des sexes,

au mépris de l'amour,

au mépris des femmes,

au mépris des hommes,

et seule la queue trempée

dans le bénitier

et l'hostie dans la bouche

de la fille

permet de s'illusionner

que la femme est aux pieds de l'homme

et l'homme-dieu

esclave de sa perdition,

esclave de ses jeux pervers,

payant pour obtenir

son ticket de cinéma porno

en direct

avec une plastique parfaite.

 

Mais avec toi, Bébé,

avec toi, ce n'est pas ça.

Nous réinventons l'amour

à l'aube du XXIème siècle.

Nous réinventons la geste romantique

et le roman à la Rose,

une histoire épique

au milieu d'un bordel

où les âmes se trucident

contre du sexe et du fric.

 

Tu resteras toujours

le Soleil Levant,

la fille qui me donne

tous les frissons du monde,

la fille qui me fait écrire des trucs

que je ne pensais plus jamais

pouvoir ressentir pour une fille,

la fille qui a craqué

tout ce que je croyais savoir

sur l'amour authentique.

 

Et surtout des choses neuves

écrites sur l'héritage 

des grands drames romantiques,

des grandes histoires d'amour,

de ces couples que l'humanité n'oublie pas

malgré la pornographie ambiante,

malgré l'échange de sensations physiques

sans la fièvre romantique,

sans le sel et le poivre de l'amour,

sans le nirvana spirituel

donnant cette dimension irréelle,

sauvage, prodigieuse,

au couple amoureux.

 

Si notre maison n'aura jamais d'enfants

c'est que nous sommes ses enfants

luttant dans un jeu de massacre

pour l'idéal amoureux

là où les adultes ont oublié d'aimer,

oublié le sens à l'amour,

oublié les sacrifices

qui mènent au grand amour,

oublié le pardon

qui renforce le grand amour,

oublié la liberté

qui donne le ton et la vérité

d'un grand amour partagé

dans l'endroit le plus malfamé

du monde pour faire éclore l'amour.

 

Avec toi,

la maison du Soleil Levant

n'est plus un tripot

où j'ai égaré mes sentiments.

Avec toi,

la maison du Soleil Levant

est ma résurrection,

mon unique chance

d'aimer la femme

la plus extraordinaire de ma vie.

 

A toi, celle qui m'aime

malgré les tourments,

malgré les hommes,

malgré cette chienne de vie

qui refuse notre union

et ce temps qui court

en m'envoyant vers la tombe

bien plus vite que toi,

je peux dire

que j'ai découvert

le vrai, le sublime amour.

 

Quand tu sortiras

de ta vie de mauvaise fille,

de bad girl qui aura tout connu

des hommes et de leurs vices,

tu sauras que l'homme de ta vie

était un poète fou amoureux

de toi et prêt à tout

pour gagner la chance,

le ticket gagnant

auprès de toi

dans la vie.

 

18/03/2018

Et l'histoire continuera dans notre rêve

 

Il est minuit.

Je t'ai appelée.

J'avais besoin.

 

J'avais besoin de savoir

si notre histoire allait dans le mur

ou si tout allait continuer

dans la réalité de nos jours.

 

Tu avais de la peine à parler.

Tu m'as demandé

de t'offrir des arguments

autre que celui de l'amour

pour se mettre ensemble.

 

J'étais comme ce grand coupable,

cet accusé qui n'a point d'alibi

devant un crime d'amour.

J'avais fait ma vie

et j'aimais une jeune femme.

J'avais déjà quatre enfants

et tu avais besoin

d'un homme qui prendrait

soin de toi et de tes enfants.

J'avais des dettes

à la hauteur de ma prétention

et une santé

pas si étincelante que cela.

J'avais déjà épousé

trois femmes

et tu te demandais

ce qui avait pu capoter

pour me marier déjà trois fois.

 

Mais j'étais tombé

sur la femme de ma vie

comme si Vénus était devenue

d'un seul coup ma planète Amour.

Mais j'avais fait un rêve

énorme, fabuleux,

inimaginable,

et ce n'était pas mon passé

qui allait m'arracher à toi.

 

Et pourtant si.

Mon passé est irrévocable.

Mon passé m'assomme

comme un lourd bilan,

comme le triste pedigree

d'un condamné au bagne

qui ne reverra plus le ciel

ni la félicité d'un amour

avec une femme merveilleuse

à ses côtés

pour la vie

et des petites têtes blondes

galopant dans le pré.

 

Tu partiras un de ces jours.

Tu me quitteras

après m'avoir fait l'amour

une dernière fois,

une toute dernière fois.

Tu iras vers ton futur.

Et moi j'irai vers ma fin.

Nous deviendrons

les meilleurs amis du monde

après avoir été

les meilleurs amants du monde.

 

Et tout finira

dans nos rêves amoureux

au sommet d'un site inaccessible

pareil à une page Internet

qui s'écrit comme un miracle apparu ainsi

dans mon dernier email:

amoureusement.et

Je te jure que j'étais le premier surpris

de relire mon mail

et que je n'avais aucune intention

de créer un lien et une page sur ces mots.

"Amoureusement.et"

comme un mail écrit par E.T.

l'extra-terrestre

qui te renvoie à sa page

d'un inaccessible amour pour toi.

C'est à tomber par terre

si Dieu est dans le coup

d'avoir créer ce lien.

 

Alice aimait un chaud lapin

qui n'avait plus 40 ans.

Alice aimait un pauvre poète

qui n'avait que ses mots

et son amour.

Alice ne pouvait ouvrir la porte

à son poète

pour fonder un jour une famille

avec ce pauvre fou

qui avait les poches trouées,

un passé tortueux,

beaucoup d'enfants.

et un futur bouché

n'offrant pas l'espoir

d'une île paradisiaque,

d'une vie heureuse

en bord de mer,

d'une île au trésor

ou le trésor aurait été tes yeux marrons,

ta bouche de jouvence,

tes beaux cheveux blonds

dans le vent de notre amour.

Et ton corps de déesse

pour me faire danser

et vivre longtemps,

très longtemps.

 

C'est ainsi que les poètes meurent.

Avec leur étoile sublime

suspendue à leur cou.

C'est ainsi que les poètes

quittent la planète Terre.

Déchu de leur Amour.

C'est ainsi que les poètes

créent des histoires d'amour

pour la postérité

sans avoir eux-mêmes goûté

aux fruits du repos,

aux fruits d'une famille admirable,

aux fruits d'un amour

qui durent pour l'éternité.

 

Nous allons encore nous aimer

entre deux vols

sans nous dire adieu

mais en nous réchauffant à deux.

Nous allons faire comme si

notre amour n'avait pas de fin.

Nous allons.

 

Le chemin est le voyage.

Et le but restera l'Amour.

 

 

17/03/2018

L'amour, c'est pas de la tarte

Dans ma mémoire

rôde encore quelques déboires.

Déboires d'amour,

trahisons et crimes d'amour.

 

Pour conjurer le sort,

j'ai inventé la tarte au bordel,

la tarte Alice,

une petite confection personnelle

que je t'apportais

comme on porte des oranges

à un bagnard

condamné à 20 ans

pour un coup de poignard.

 

Tu me disais alors

que j'étais le meilleur cuisinier

du monde.

Ce que je ne doutais point,

vu mon état d'arrestation

et mon ambition démesurée

de te voir vivre à mes côtés.

 

Car le prisonnier, c'est ton lapin.

Futur bouché,

endettement à vie,

amours fuyant cet homme

ne pouvant offrir

belle voiture, belle villa,

beaux habits et bijoux

à l'amour de sa vie.

 

Et puis...

pour créer une famille

comment une fille amoureuse

pourrait-elle imaginer

prendre comme compagnon

un type sans pognon,

un type sans avenir?

 

Monsieur le Juge des Faillites

dites-moi quel est le degré d'avenir

en amour

d'un homme à la rue?

Monsieur le Juge des Poursuites

dites-moi si courir après l'amour

est bien raisonnable

pour un homme endetté?

 

Il reste bien sûr le bordel

et les petites aventures d'une fois.

Il était une fois

un homme à la rue

qui aimait son Alice au Pays des Merveilles.

Est-ce mal d'aimer au bordel?

Est-ce le mal d'amour

qui tue un homme?

 

Je pensais te séduire

avec ma tarte Alice.

Je pensais que ça suffirait

à t'attacher au cuisinier

toi qui ne sais pas cuisiner.

Je pensais gagner ton coeur

pour la vie

et que nous allions faire

un voyage fabuleux

au pays de nos merveilles.

Mais l'amour

ce n'est pas de la tarte.

 

Qui est coupable

dans cette histoire d'amour?

 

Toi? Moi? Où notre public?

Le procès peut commencer.

L'amour en est l'enjeu.

 

16/03/2018

Celle dont je ne peux écrire le nom

Tu vis dans le silence,

recluse.

Tu attends le suivant,

confuse.

 

As-tu déjà été

follement aimée,

mon amour?

 

Je cherche l'amour

sur tes terres arides et sauvages

et j'ai découvert ton filon d'or,

cette eau de pureté

qui coule dans tes veines,

ce sang romantique et volcanique

qui remonte de ton coeur à ta bouche

quand tu me fais du bouche à bouche

pour sauver ma vie

noyée dans un flot d'emmerdements

menant la plupart des hommes déguenillés

par la vie et les faillites à la rue

ou à l'asile de fou.

 

Mon coeur aussi

était dépenaillé

avant toi,

vêtu de tristes guenilles et de filles

à la petite vertu,

des filles en veux-tu en voilà

qui te font tout le programme

sans rechigner à la peine

avec ces faux airs d'amoureuses

passionnées et vicieuses.

ces faux airs de vraies flambeuses

boutant le feu

pour un court instant de joie

à un homme de paille.

 

Avant le retour à la rue

et le dégoût de soi.

Le poète a conscience de tout.

Et surtout du sexe sans amour.

 

Feu de paille.

Feu et ripailles.

Festin a l'odeur de mitrailles.

Les hommes tuent le coeur des filles

au bordel.

Les hommes tuent

comme des tueurs à gage.

Mais ils ne savent pas le massacre

et ils ne sortent jamais condamnés

de leurs errances moroses,

de leur triste décadence sinistrose.

Ils ont payé pour le crime

et la fille a accepté le crime.

Le crime est donc parfait.

Les marchands d'amour

ont fait illusion.

Tout le monde peut aller

se coucher la conscience tranquille.

Le proxénète et le client

mais pas la fille et son âme,

pas non plus la fille indépendante

qui fait mine d'aimer son métier

alors qu'elle le déteste

et ne peut en parler

autour d'elle.

 

Tu vis dans le silence,

recluse.

Tu attends le suivant,

confuse.

 

As-tu déjà été

follement aimée,

mon amour?

 

Je te regarde sur les photos.

Sur la première que tu m'as envoyée,

il y a deux petites filles à tes côtés.

C'est la plus belle,

la plus innocente.

C'était sans doute avant

que tu ne commences le métier.

Tu es très jeune sur la photo.

18 ans? 20 ans?

Tu es merveilleuse

de lumière et de paix.

Une de tes nièces porte

un petit chat noir,

une peluche.

 

Je regarde tes photos

et j'ai peur d'avoir rêvé

trop loin et trop haut

avec toi.

J'ai peur que tu me dises non

et que tout s'arrête

de toi à moi.

J'ai peur du froid sans toi.

J'ai peur de ta disparition.

J'ai peur que toi et moi

ne soit jamais écrit au futur

et que ce présent précaire

disparaisse à tout jamais

dans la tombe de nos souvenirs.

 

Tu vis dans le silence,

recluse.

Tu attends le suivant,

confuse.

 

As-tu déjà été

follement aimée,

mon amour?

 

 

 

 

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