08/04/2018

Tes Yeux

Nous étions dans le train.

Je regardais par la fenêtre

quand tes yeux ont ouvert les feux.

Tes yeux,

par la fenêtre de tes yeux

je voyais l'avenir à deux.

Nous étions dans le train

tu ne connaissais pas Higelin

et je trouvais ça marrant

que tu ne connaisses pas Higelin.

Un bon chanteur

est un chanteur mort

chante Halexander

et maintenant tu connais

la chanson d'Higelin.

 

Tes yeux penchés sur ton I-Phone

s'absentaient parfois très loin,

et pourtant si proche

de moi,

ils éclairaient ce samedi d'avril.

 

Tes yeux voulaient dormir

mais tu ne dors jamais

dans le train.

Tes yeux ne se découvrent pas

d'un fil en avril

et pourtant tu voulais me dire.

Tes yeux voulaient me dire

mais tes yeux se taisent

toujours dans le train d'avril.

Tes yeux voulaient m'aimer

au mois de mai.

mais le train de la vie

emporte les grands amours

vers les ténèbres et la tombe.

 

Tes yeux?

Tes yeux ont déjà regardé

dix milles hommes dans les yeux.

Tes yeux?

Tes yeux noisettes

s'habillent en nuisette

et gardent le souvenir

de nuits troubles et affolantes.

Tes yeux me font du pied.

Tes yeux me prennent en otage.

Tes yeux m'enlèvent

et me gardent au fond de ton coeur.

Tes yeux,

ils ont connu

tant d'inconnus

comme une équation érotique

à mille inconnues,

tant de nuits obscures,

tant de plaisirs coupables,

tant de plaisirs mercure

comme un noir poison

qui t'as gâché l'amour

pour une décennie,

tes yeux d'amour

qui m'ont redonné vie

et ne me quittent jamais.

 

Tes yeux,

c'est toute ma poésie.

Tes yeux,

ce sont nos heures de folie

quand nos corps bataillent

sur ce lit qui connaît tant d'hommes,

tant d'amours coupables,

tant de moments secrets

perdus dans le temps,

perdus pour toujours.

 

Tes yeux

on dirait qu'ils sont irréels

et qu'ils donnent naissance

à tout l'amour du monde. 

Et si les hommes

se sont perdus dans tes yeux

comme Icare se brûlant les ailes

au soleil,

je serai ce dernier homme

qui aura su parler de tes yeux

et de notre amour

pareil au soleil.

 

Hommage à Hig le Magicien

 

Quand je regarde ta lune

se donner blanche et romantique

à mon visage ébloui

j'ai tes pompiers dans mon zizi.

Quand je regarde ton soleil

se brûler innervé par ton orgasme

dompté sur ma langue

j'ai tes pompiers dans mon zizi.

Quand je regarde ton ciel

s'ouvrir sur la lumière d'un trou noir

j'ai tes pompiers dans mon zizi.

Et quand nous créons nos étoiles,

que notre amour devient tantraphysique

la science amoureuse

a fait un pas de plus

et j'ai tes pompiers dans mon zizi.

 

Et si je tombe de ton ciel

alors je suis mort

de tes pompiers.

Et si je tombe de ton corps

alors je suis mort

de tes pompiers.

Et si je tombe de tes yeux

alors je suis dingue

de tes pompiers.

Et si je tombe de ta bouche

alors je suis fou

de tes pompiers.

 

Il faudra m'enfermer

comme un fauve en cage.

Je risque un massacre,

une symphonie censurée

pour pompiers et hautbois.

Il faudra me mettre

la camisole de force

et censurer toute notre musique.

Je risque un massacre d'amour.

Un massacre d'amour

est annoncé.

Je te préviens.

J'ai tes pompiers dans mon zizi

et si tu n'éteins pas mon feu,

mon feu va cracher partout

sur la Terre entière

que tes pompiers

mettent le feu à mon zizi

Je suis tiens! tiens!

Prends encore!

un peu de miel et de confiture,

un peu d'absinthe menthe à l'O.

je suis tien, je suis tien tien

et je suis martien aussi,

à bout de la guerre,

à bout d'arguments,

à bout de bons sentiments,

à bout de saints-sacrements.

Je bous de mon zizi

de ne pouvoir t'aimer.

Mon bout est à feu et à sang.

Sans toi, c'est la fin érotique.

Je suis mort

si tu pars.

Je suis mort

si tu pars.

Je suis mort

dans ton lupanar.

Je suis mort

comme un anar.

Je suis mort.

«Il est tard, sauve-toi, je t’aime, riez pas du pauvre macchabée.» 

Je t'aime bouche bée.

Reste si tu me trouves

assez con pour t'aimer,

assez con d'aimer

une fille libre comme toi,

assez con d'y croire

à la folie.

 

Que la folie nous emporte.

Je t'aime.

 

Notre amour

c'est le point Hig.

 

 

07/04/2018

Tous ces grands chanteurs

Higelin est parti.

C'est Adjani

qui ne peut plus dire

je t'aime.

 

Higelin s'était construit des ailes

mais à quoi ça lui servaient ses ailes

dans ce monde si lourd,

ce monde si fermé et si sourd 

à nos histoires d'amour

que même le soleil pourrait finir

par s'éteindre

en plein midi

que personne ne s'en apercevrait

tant d'yeux rivés sur leurs I-Phone?

 

Higelin poète de mes 20 ans,

même si je ne l'écoutais

que trop rarement

par manque de temps.

Higelin n'avait pas besoin

des simulacres et des simagrées

du showbizz

pour écrire des poèmes inouïs.

Il était Hig

et finissait tous ses vers

en tige

comme vertige

ou haute voltige,

révoltige ou divin prestige,

champagne sur nos sentiments évanouis

au milieu des asphyxies de ce monde,

l'amour sans savoir ce que c'est

et puis ces guerres et ces haines

qui tuent le temps précieux

de nous aimer sans avoir recours

aux artifices et sex-toys

tellement vibrants mais morts,

tellement excitant mais mortels

comme des objets de plaisir

sans jouissance charnelle,

des objets de silicone

qui inondent les vallées

et les cols de l'Utérus

de nos déesses émouvantes,

muettes d'un silence glacial

se donnant du plaisir,

d'un plaisir sans partage,

d'un charnier pornographique,

d'un orgasme sans amour,

d'une baise aussi givrée

que les nuits d'hiver

tout seul, toute seule,

dans nos lits morts. 

 

Il faudra leur dire

que les poètes sont morts

mais que leurs sons et lumières

ne se perdent jamais tout-à-fait

et que lorsque la mort rôde

il faudra encore savoir prendre

le temps d'aimer

pour de vrai

sans artifice et sans sex-toy

la fille qui passe

et qui ne reviendra pas

de sitôt

nous faire l'amour

si nous ne connaissons plus rien à l'amour.

 

Higelin est parti.

C'est Adjani

qui ne peut plus lui dire

je t'aime.

 

De s'aimer

Je suis parti un jour

pour un voyage sans retour.

 

Aller simple au pays d'Einamour

il y avait cette fille

qui m'attendait quelque part

comme au premier jour

et le prix du voyage

se payait en fleurs,

en chocolat,

et en petites coupures

d'où jaillissait l'azur

d'un bonheur partagé.

 

N'as-tu jamais arrêté

le temps qui passe,

mon amour?

N'as-tu jamais arrêté

les aiguilles de l'horloge

pour ne garder

que le songe

de nos corps qui s'allongent

côte à côte

en jouant cette sérénade

de deux astres s'attirant

comme deux corps

pris au jeu d'un film sans fin

qu'ils devaient tourner ensemble?

 

Nous n'avions pas pris

rendez-vous ce soir-là.

Nous ne savions pas non plus

ce soir-là

que toi tu allais

tourner ton  gai visage

vers mon triste visage

alors que rien

ne laissait l'imaginer,

alors que j'étais si triste,

si perdu dans mes pensées,

si peu attractif 

pour cette belle jeune fille

si ce n'est le besoin pour elle

de gagner sa vie

en offrant son corps

aux mendiants d'amour

qui passaient par là.

 

Cela semblait si naturel

que tu prennes la main

de cet inconnu

et que tu l'invites

sur ton lit

pour y tourner

une histoire de cul

qui n'avait aucun enjeu.

 

Et ce soir là,

j'ai eu beaucoup de cul

d'avoir fait ta connaissance

en visitant tout ton Louvre

et tes yeux plus séduisants

que ceux de Mona Lisa.

En un tour d'horloge,

tu étais devenue ma Joconde

avec ton sourire énigmatique

qui électrisait ma chair érotique

en lui faisant l'amour.

Tu étais devenue ma fusée,

ma nouvelle histoire poétique

à écrire sur le portail homérique

de nos moments privilégiés

pour m'emmener sur ta Vénus cambrée

buvant toutes les absinthes 

et me précipitant dans ton O,

au fond de tes liqueurs d'ivresse

en m'enivrant sans vergogne

à tes tendres caresses

et finissant ivrogne

le corps chavirant de plaisir

sur tes velours et ton empire.

 

Sur le quai de gare

nous avons rendez-vous

et tu vas partir

au pays d'Einamour.

Je vais rester

au pays de toujours

en attendant ton retour.

 

Que puis-je attendre de nous

qu'un voyage aller-simple

pour l'Amour?

 

Qui puis-je si je t'aime

et qui peux-tu si tu m'aimes?

Ce devait rester

un simple petit moment d'égarement,

un moment qui s'oublie vite

dans ce monde livré

à toutes les tentations.

Ce devait rester

ce petit moment d'étourdissement

entre une fille et son client.

 

C'est devenu ce grand moment d'amour,

ce fruit voluptueux et débordant,

ce fleuve tumultueux et affolant

entre une femme allumette

et son amant poète.

 

Qui puis-je si je t'aime

et qui peux-tu si tu m'aimes?

 

Nous pouvons continuer

à nous aimer

 transformant notre comédie dramatique

en symphonie du bonheur

ou alors...

 

déchoir de notre amour

et se séparer

parce que la foutue raison a ses raisons

que nos coeurs ne connaissent pas.

 

A toi de me dire

si vraiment nous deux

c'est pour quelques temps encore

et puis la mort après

 ou si notre amour gardera toutes ses saisons

sur ta Toison d'Or.

 

06/04/2018

Gentleman-Cambrioleur of Love

Laisse-moi encore être

gentleman-cambrioleur

de ton coeur.

Laisse-moi encore être

l'Arsène Lupin

de ton coeur.

Laisse-moi encore être

ton doux, ton chaud,

ton fulgurant lapin

qui gambade dans ton pré

entre tes jambes

en broutant ton gazon

avec délice et abandon.

 

Tu es devenue

tellement tout pour moi.

Tu es le printemps

et l'aurore de l'amour.

Tu es la splendeur

et la grâce

et tu me fais l'amour

comme une danseuse

dans le Lac des Cygnes.

 

Garde-nous dans notre Bolchoï.

Je ne veux pas devenir

orphelin de notre amour.

Je ne veux pas danser seul

sur les nocturnes de Chopin

et finir Arsène Lupin

sans particule

en quittant mon rôle

de Charlie Chaplin

dans "Les Temps pornographiques"

sans t'avoir aimée

jusqu'à mon dernier souffle

pour garder de toi,

Pretty Woman,

notre souffle érotique

aussi puissant

qu'un océan d'amour

sur la Baie de San Francisco.

 

Ne me laisse pas

finir feuille morte

à l'automne de ma vie

alors que je suis capable

¨de tous les printemps du monde

quand tu es près de moi,

que tu m'aimes jour après jour,

que tout est si beau

quand ton corps vibre

de ses plaisirs d'amour,

et que ton corps me rappelle

que j'ai été aussi ce jeune homme

de 30 ans

et que deux fois 30

dans le même lit,

ça donne mathématiquement 60

et que tout cela veut dire

que j'en ai 60

pour nous deux,

pour porter notre amour

au-delà de tout,

au-delà des barrières infranchissable,

au-delà des conventions abominables,

au-delà d'une vieillesse lamentable.

 

Tu rayonnes comme une abeille

quand tu me butines la tige.

Tu rayonne comme une abeille

quand je te butine la fleur.

Mais une tige sans sa fleur,

c'est quoi, dis-moi,

ma pretty woman?

Mais une tige

orpheline du pouvoir de sa fleur,

c'est quoi, dis-moi,

si ce n'est une tige

décapitée de sa fleur

de vie.

 

Danse avec moi

jusqu'à la fin des temps.

Danse avec moi

parce que sans toi

le ciel me tombe sur la tête

et la mort viendra chercher

ton Arsène Lupin

gentleman-cambrioleur

of Love,

détective privé de ton coeur,

inventeur enfantin

de notre conte enchanté,

futur orphelin de l'amour

si tu me quittes,

si tu me quittes,

si tu me quittes,

si tu me...

et que ma bite

tombe de notre amour

en quittant ton orbite.