05/03/2019

Quand la réussite devient signe du cancre

Le Cancre

c'est toi, c'est moi,

c'est encore nous

nous tous qui avons signé

pour ce chemin sans issue

nous conduisant au drame.

 

Le Cancre, c'est le cancer

d'une société qui dévisse.

Le Cancre, c'est l'écrevisse,

ce petit crustacé qui s'incruste

dans nos consciences obscurcies

 rongeant nos coeurs

plongés dans trop de peine,

pour nous transformer

le cerveau en violence et en haine,

un Cancre s'agitant et beuglant

s'attaquant à nos chairs

faisant jaillir le sang impur

de nos plaies purulentes.

Le Cancre, c'est celui qui n'a rien

dans la poésie de La fontaine

Quittez les bois, vous ferez bien :
Vos pareils y sont misérables,
Cancres, hères, et pauvres diables, 
Dont la condition est de mourir de faim.

Le Cancre hante les bois

mais aussi les Gares de Saint-Lazare,

gare de l'Est, gare du Nord,

Paris-Montparnasse,

Le Cancre est partout

tel un insecte qu'il faut gazer

jusqu'au Cancre infirme

assis sur sa chaise roulante.

Le Cancre est l'ennemi de la Nation

pour le Grand Cancre

avare et haïssable de l'Elysée

qui le toise de haut

avec sa sainte auréole

et son diplôme en Énarchie

le Grand Cancre de la Nation

qui lutte contre le nationalisme

avec un Q.I. d'huître,

et encore il ne faudrait pas mépriser

ni insulter l'intelligence de l'huître,

car le Petit Cancre

voit des complots partout

et de la bienveillance nulle part

sauf dans sa boîte crânienne.

Ce Grand Cancre

qui le considère donc parmi

les gens qui ne sont rien.

 

Le Cancre.

 

le Cancre c'est encore du Prévert

au saut du lit

et un gros ventre à bière

au moment de descendre

dans les tavernes la nuit.

Il se lève le matin

et va braver sa cancritude

au tableau noir.

Il dit non avec la tête
mais il dit oui avec le coeur
il dit oui à ce qu'il aime.
il dit non à Macron et Castaner.
il est debout
on le questionne
sur ce qui le mutile,
le scandalise, l'émeut,
le fait pleurer, le fait rire,
et tous les problèmes sont posés
devant les enfants.
Soudain le fou rire le prend
et il efface tout
les chiffres et les mots
les dates et les noms
les phrases et les pièges
et malgré les menaces du maître
sous les huées des enfants prodiges
avec les craies de toutes les couleurs
sur le tableau noir du malheur
il dessine le visage du bonheur
en gilet jaune.
 
Le Cancre fait du Prévert remixé
au goût de la merde.
 

Le Cancre se couche la nuit

d'après la beuverie

sur une couette imbibée d'alcool

qui s'enflamme au contact

de ses rêves chimériques

et le conduit directement aux enfers

danser avec les déesses bachiques.

 

La Cancre n'en a jamais fini

avec sa plume d'encre.

Il est un enfant triste

qui a refusé de grandir

avec le panier de crabes.

 

 http://jncuenod.blog.tdg.ch/archive/2019/03/02/complot-ca...

Petite allumeuse

 

L'amour est une façon

comme une autre

de se tromper soi-même.

 

Trompe l'ennemi,

trompe-le de toutes les manières.

Il n'a, en toutes matières,

aucune bonne manière

envers toi et ta façon d'aimer

la vie, les gens, l'amour.

 

Trompe l'ennemi

comme une petite allumeuse

flambe et crame les gogos

en se tirant avec le magot,

fais quelque chose de sale,

de très très sale,

sois cette petite salope

qui obtient par la ruse

la victoire et le respect

des tiens car des autres

n'attends jamais rien.

Joue ta petite pute

avec celles qui te méprisent,

avec ceux qui te martyrisent.

Il y a forcément méprise

si tu penses naïvement

qu'ils t'aimeront un jour

alors qu'ils ne pensent

et ne vivent

que pour leurs devises

et leurs surprises-parties.

 

Racisme de classe,

soumettre et dominer

la sous-classe,

la laisser dans la misère,

la sodomiser,

la rendre esclave,

et lui dire qu'elle n'est rien.

 

Ils protègent trop bien leurs biens,

leurs intérêts, leur système.

Point barre.

 

Tu peux attendre ta mort,

jamais ils ne t'ouvriront la porte.

Tu peux crever comme un bâtard,

tu peux te battre comme un loubard

sur tous les boulevards

de France et de Navarre;

tu peux même finir vieux tocard

évacué sur un brancard,

touché par le projectile d'un vicelard

à la solde de Macron

et finir au fond d'un corbillard,

tu n'auras jamais été qu'un anar

heureux d'aimer la rue et les bars,

et tu finiras haï

par ces prétendus malabars

qui raconteront n'importe quoi

sur toi, ta vie, et tes antécédents.

 

Tu ne seras jamais entendu.

Tu ne seras jamais reconnu.

Tu seras toujours un branquignol

doublé d'un pathétique guignol.

 

Alors dans ce théâtre Croquignol

joue ta petite pute marrante

et remporte le magot,

l'amour des tiens,

celles et ceux qui te ressemblent.

 

Ton ennemi sent la rose in love

mais il pue le cacatov.

 

04/03/2019

Casseurs de burnes

 

Il y a des pollutions nocturnes

qui ne sont pas des jouissances,

des étreintes qui ne sont qu'étreintes mortelles,

des je t'aime moi non plus,

des LBD qui esquintent

la virilité des hommes

et broient l'amour des femmes.

 

Castraner, tu n'a pas de couilles

pour démissionner

alors tu dis à tes hommes

de briser les burnes

de ceux qui en ont.

Castraner, tu n'as pas de couilles

pour dire la vérité

sur les manipulations

et les mensonges d'Etat.

Tu as ton personnage à jouer,

ton pognon de dingue à gagner.

ta place à garder,

ton futur à préparer

entre conseil d'administration

et belle villa cossue au bord de mer.

Castraner, tu chantes ton Opéra Macron,

l'Opéra macabre des Cons,

après la tête,

après les yeux,

après les bouches,

vient le temps des burnes

à casser.

Mais les casseurs

ne sont pas du côté

des persécutés.

Mais les tueurs

ne sont pas du côté

des révolutionnaires

d'une nation qui part en couilles.

 

Casseurs de burnes,

vous êtes une bande

de brutes institutionnelles.

Et si demain,

la révolution pacifique

vire à la violence terrifiante

ce sera vous et vous seuls

qui serez responsables

de cette guerre,

vous et vous seuls

parce que vous refusez

la vraie discussion,

le vrai partage des opinions,

vous refusez l'équilibre et l'égalité,

de partager entre tous les bénéfices

et vous préférez imposer au peuple

d'assumer la dette

d'une société multinationale qui pille

les richesses en imposant

des salaires de misère

aux travailleurs pauvres

en ayant recours à l'impôt

qui fracasse la classe moyenne

pour redistribuer des aides

qui ne devraient jamais exister

si les grands patrons payaient

de justes salaires,

de justes partages des bénéfices,

de justes récompenses

pour le travail fourni

et non pour nourrir des actionnaires

qui ne font rien,

qui se la coulent douce,

qui engrangent du blé

qu'ils n'ont jamais semé

de leurs mains

par un dur labeur.

 

Ceux qui ont des couilles

se les font bousiller au LBD.

Castraner,

si l'époque appartenait aux barbares

tu te ferais castrer issou

sur le champ de bataille

et tes deux jumelles seraient

exposées au public

qui se moquerait de toi.

 

Vous n'avez aucun droit

de mutiler, de châtier,

d'éborgner, de castrer,

de faire ça à un peuple

qui défend son droit à la dignité

face à une dictature organisée

sous couverture démocratique

qui n'est qu'un voile sadique

cachant l'horrible et laide vérité.

 

03/03/2019

Pas tombés de nulle part

 

Il y a des gens

qui pensent

que nous n'avons pas

la résistance nécessaire

pour continuer cette guerre

faite au système.

 

Juste parce que nous restons

trop calmes et trop distants

de la lumière médiatique.

 

Ils oublient.

Ils oublient que nous venons

de très loin.

De bien plus loin

que trois mois de mouvement

qui secouent la France entière.

C'était à peine dix ans plus tard

après Mai 68.

C'était au lycée,

dans nos lectures et nos échanges,

nos voyages et nos révoltes,

que nous avions pris la route

de l'anti Laissez Faire City

cette théorie ultra-libérale

qui jouait sur le chaos et la jungle,

la liberté individuelle absolutiste,

pour imposer son ordre implacable

et ses produits financiers opaques

à travers une dictature policière

ordonnée au plus haut du pouvoir.

 

Le règne de Macron était attendu

il y a déjà 40 ans,

cette soft dictature,

ce pouvoir anti-démocratique

et pro-aristocratique.

Celles et ceux qui ne voulaient

ni de Thatcher ni de Reagen

ni du tout libéralisme

ni du tout au fric

étaient des hippies

déjà tellement marginalisés

par une société

si heureuse d'acquérir

ce nouveau pouvoir d'achat

dont on lui faisait miroiter,

comme le Saint-Graal,

des salaires élevés,

des libertés de consommer

étendues et privilégiées

aux habitants des pays riches

sur cette planète.

 

C'était au temps

ou toi, Gilet Jaune,

tu n'écoutais jamais les hippies,

les poètes, les marginaux.

C'était au temps

ou toi, Gilet Jaune,

tu n'avais pas le coeur

ni à la révolution

ni à la résistance.

Che Guevara n'avait jamais existé

dans tes lectures,

ni Pasolini ni les poètes maudits.

 

Nous avons essayé

de nous intégrer

à ce système

qui n'était pas le nôtre

mais qui te convenait encore.

Nous avons essayé

de rester social

pour ne pas devenir asocial.

Nous avons même suivi

des écoles dites supérieures 

afin d'être

conformes, en apparence,

à la société.

 

Mais nous sommes restés

des sauvages, des indiens,

des gens infréquentables,

ingérables,

et ingouvernables

pour les pouvoirs.

Mais nous avons oeuvré

dans l'ombre

à l'avènement d'un autre monde.

 

Alors ne pense pas

que nous voulons

jouer un rôle d'importance

chez les Gilets Jaunes.

Nous jouons notre propre rôle

depuis toujours.

Que l'on soit passé

par les écoles,

le patronat,

le prolétariat,

les révolutions de couleur,

les guerres étrangères,

les mouvements sociaux,

les Nuits Debout,

la Loi Travail,

et aujourd'hui,

les Gilets Jaunes,

ce n'est que la suite logique

à notre route de hippies

qui n'a jamais adhéré

que d'un oeil

au monde capitaliste

en gardant l'autre dans la marge,

à notre route de jeunes utopistes

qui ont suivi des pistes

ailleurs tout en restant

avec vous tous,

les ouvriers, les paysans,

les artisans, les commerçants,

le petit peuple

déconsidéré des pouvoirs,

toujours ailleurs

dans nos têtes

mais en restant

intégrés à cette société

qui nous fait si mal

dans sa façon d'être et de fonctionner,

dans sa façon de hiérarchiser sans cesse,

sa compétition qui sépare outrageusement

les êtres humains,

en reconnaissance et en argent,

les bons des moins bons,

dans sa façon de classer

les gens dans des cases sociales

pour mieux dénigrer et stigmatiser

ou au contraire élever et considérer,

et de mettre le pognon

qui rend dingue

au-dessus de tout,

au-dessus des femmes et des hommes

devenus de vulgaires machines à produire,

à consommer,

et de critiquer, de mépriser,

pire encore, d'ignorer la réelle anarchie

des poètes de la Beat Generation

ne voulant jamais céder

leur âme à cette corruption des moeurs

et à ce cirque médiatique

affaiblissant les corps et les âmes

en rendant les femmes et les hommes

dépendants à cette soumission organisée,

à cette prostitution permanente

pour réussir dans la vie.

 

Nous vous demandons

à vous tous et vous toutes,

Gilets Jaunes,

seulement du respect

et le droit de lutter à vos côtés

pour que le peuple change de cap

afin d'éviter la perdition de notre Humanité.

 

Un vieux pote des Sioux

résistant à l'impérialisme américain.

02/03/2019

L'Appel Sixteen

 

Le meilleur moyen

de fuir le rêve

c'est de l'enfermer

dans notre réalité.

 

Le meilleur moyen

de fuir le désir

c'est de l'enfermer

dans notre réalité.

 

Et de rester

dans la sinistrose,

dans cette overdose

de bad news,

de sinistres ministres

qui administrent

répression et conflit

en réduisant nos rêves

en confettis illusoires.

 

C'est l'Appel Sixteen.

Ne reste pas dans ta chapelle.

Descend dans les ruelles.

Le divin se propage dans la rue.

Le divin c'est toi, c'est moi,

c'est vous, c'est nous tous

peuples humains

qui voulons d'une autre société,

qui exigeons le partage des ressources

et la fin de la propriété individuelle

sur la Terre comme au Ciel.

La planète est notre bien commun.

Le ciel est notre univers.

Nos biens de consommation

sont devenus

nos biens de destruction

à force de gaspiller,

à force de se goinfrer

et de s'enivrer

au shoot permanent

du pouvoir d'achat.

 

La planète Bleue

il n'y en aura jamais

qu'une seule connue

à ce jour

dans tout l'univers.

 

Et c'est la nôtre.

Un trésor, une oasis unique

au milieu de cette désolation

sans vie, sans amour,

ce désert de glace

et de feu qu'est notre Univers

fantastique mais sans vie,

sans amour possible,

sans liens fraternels,

sans liens avec tous les êtres vivants,

cette connexion privilégiée

que nous avons sur cette Terre,

un trésor d'inventivité

incommensurable,

inouï,

et nous n'avons pas le droit

de détruire tant de Beauté,

de Majesté, de Génie.

Sinon ce serait notre crime,

ultime, absolu.

 

Les egos sont notre fin du monde.

Les egos sont notre enfer.

Les egos sont nos égoûts

parce qu'ils agissent

au détriment de nos libertés,

parce qu'ils nous trompent

sur nos capacités de partage,

d'exigence morale,

de volonté de rester

juste un humain parmi les humains,

juste un humain fragile

ayant survécu des millions d'années,

nu, sans fourrure,

au milieu de la nature,

des océans, des forêts,

de la jungle,

un humain devenu responsable

de ses actes sur Terre.

 

Notre monde vante de façon démentielle l'ego

qu'au final nous partons tous aux égouts,

pris dans les entrailles du monstre,

dégoût de nous-mêmes,

dégoût des autres,

dégoût de la société,

et destruction fatale du monde.

 

Ce sont eux au pouvoir

qui sont nihilistes.

Ce sont eux au pouvoir

qui inventent les guerres,

les haines, les divisions.

Ce sont eux au pouvoir

qui ont donné ses ailes

au monstre ultralibéral

qui nous dévore

et nous, en votant pour lui,

qui avons acquiescé à ça,

à cette solution finale,

à notre propre fin de partie. 

 

Nous, nous les Terriens

qui se la jouons hyper compétition

et stars au sommet du monde.

Nous, nous les Terriens

qui adorons nos statues sportives,

nos idoles culturelles,

nos dieux humains

au sommet du pouvoir

au détriment du partage,

de l'amitié, de l'amour.

 

C'est l'Appel Sixteen

ce samedi.

Ce n'est pas notre rendez-vous

à la chapelle du Vatican.

C'est notre révolution dans la rue

et sur un volcan.

 

Le meilleur moyen

de fuir le rêve

c'est de l'enfermer

dans la réalité.

 

Le meilleur moyen

de fuir le désir

c'est de l'enfermer

dans la réalité.

 

Le meilleur moyen

de fuir la révolution

c'est de l'enfermer

dans cette réalité de No Futur

qu'ils nous imposent

de gré ou de force.