24/08/2020

L'étrange voyage au pays de Hans Erni (1)

Monsieur Nicolas de Flüh se promène avec son cheval dans la charmante ville de Lucerne. Quand soudain il disparaît corps et âme. Mais voilà que la Reuss nous raconte son étrange mésaventure à travers le témoignage d'un photographe avisé de passage et aux aguets.

 

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Monsieur Nicolas de Flüh a été débarqué par son cheval

qui a furieusement envie de brouter de l'herbe fraîche.

Un homme à la Reuss!

 

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Nicolas de Flüh naufragé

 

 

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Facétie, c'est son nom, broute son herbe sans se soucier du drame

 

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Mais voilà qu'un énorme et terrifiant ptérodactyle venu de Chine

dévore notre saint homme!

 

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Monsieur Nicolas de Flüh a disparu mais notre brave Facétie

continue de brouter tranquillement son herbe.

 

Gare de Lucerne, aujourd'hui midi. Les gens se promènent sur les quais du port. Un photographe passe par là et surprend un couple habillé en orange dans les jeux d'eau prodigieux.

 

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Tout d'abord une petite loutre qui passe par là

 

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Il faut pas croire. Mais c'est un loup qui passe à gauche.

 

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Vous ne le voyez pas? Il faut montrer patte blanche pour le voir.

 

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Le couple en orange c'est jeté dans la gueule du loup!

Vite un chasseur d'autographes!

 

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Promenons-nous dans la ville pendant que le loup n'y est pas.

 

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Le loup vient de piquer fr.10.-- au chasseur d'autographe.

 

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Si tu veux ma photo ça fera fr.100.--

 

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Hein? Qu'est-ce tu dis? T'as peur du loup? T'as peur de moi

parce que je marche sur l'eau?

 

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Attends un peu. Y'a l'autoranosaure du Hans Erni qui se pointe.

Tu seras mieux à son bord.

 

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ça roule ou ça vole ce truc-là? C'est hybride dit le Hans.

 

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Ah noooon! ça c'est des cars lucernois pour touristes chinois.

 

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Alors ton autoranosaure elle est hybride comme les filles, Hans?

 

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Ben oui. Elle est à pattes et à roues et elle roule à gauche.

Tu vois bien que ton couple orange est bien à l'abri de la pauvreté

et qu'il voyage au paradis avec elle.

 

23/08/2020

L'incendiaire

En musique, recomposer une partition de Mozart ou de Chopin au synthétiseur et au bidouillage électronique a longtemps tenu de l'ordre du sacrilège.

"On n'a pas le droit de transformer une oeuvre et d'en faire du n'importe quoi" hurlaient certains. "Il faut respecter les maîtres" enchaînaient d'autres. Pourtant la musique classique a gardé son socle bien en terre et même "dénaturée" par d'autres artistes elle n'a jamais perdu de sa valeur. Bien au contraire. Les classiques revisités ont ajouté de la plus-value à la valeur originale des grands artistes classiques remixés à toutes les sauces.

Pourtant, dans l'art pictural, on crée encore sur des pincettes. Peur du sacrilège. Peur de dénaturer l'esprit de l'oeuvre et son auteur. Pourtant, c'est le même principe qu'en musique. La liberté de l'art est sans fin. Et puis, ce qui est finalement aimé du public est conservé. Ce qui ne l'est pas est rejeté. L'histoire de l'art fait le tri. Des oeuvres disparaissent. D'autres ressurgissent soudainement.

Alors je reste un artiste libre qui crée selon ses envies et son inspiration. Personne n'est obligé d'aimer ni même d'en parler. Je le fais par pur plaisir et pour donner du sens à ma vie trop solitaire. Et si j'apporte un peu de plaisir, de surprise artistique, et d'introspection aux autres je suis heureux. Sinon tant pis. L'art aura été vain au lien d'être divin.

Les artefacts ci-dessous ont été réalisés à partir d'un tableau original, La fin de l'été, de Jean Roll, décédé en 2015 comme le regretté Hans Erni.

http://www.jeanroll.com/#oeuvres_publiques-anchor

 

 

 

 

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L'incendiaire se met le doigt dans l'oeil

à chaque fois qu'il croit qu'il ne peut rien faire

pour éviter l'incendie.

 

21/08/2020

Guinée Conakry, un cri dans la night

Qui de l'esclave ou du maître

est le plus libre?

Dis. Tu le sais toi?

 

Le maître a sa plantation

de bananes;

l'esclave vit de sa culture

de la savane.

Le maître a sa plantation

d'ananas;

l'esclave joue de la musique

avec ses maracas.

Le maître achète sa plantation

de nanas pour briser ses noix;

l'esclave libère des chaînes

les filles brisées de peine et de joie.

 

Guinée Conakry,

Guinée comme un cri

dans la night.

La part du ciel

et la part des ombres.

Hans Erni chez son ami

Paul Pilotaz, écrivain,

propriétaire d'une plantation de bananes.

 

La solitude.

L'esclavage est-il plus supportable

quand le maître est bon?

La liberté est-elle plus enviable

quand c'est l'esclave qui pointe la lune

tandis que le con regarde sa thune?

 

A vous Hans Erni,

à votre génie,

à votre générosité,

à votre bonté,

à votre façon magique

d'avoir dessiné l'Afrique

et ses peuples.

 

Les artefacts ci-dessous ont été réalisé à partir de la couverture du roman "La part du ciel" de Paul Pilotaz; d'une dédicace personnelle et dessin à l'encre de Hans Erni à son ami communiste, éditeur Théo Pinkus et sa famille, éditeur à Zurich; ainsi que d'une des oeuvres imprimées réalisées par Hans Erni et illustrant le roman de Pilotaz

 

 

 

 

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20/08/2020

Le patriote Donald Trump et la guerre à Covid-19

Cher Patriote Donald Trump,

Vous dirigez l'Amérique depuis bientôt 4 ans et bien de vos fidèles dévots vous congratulent et vous défendent becs et ongles, y compris parmi la gente féminine ce qui, pour ma propre vision, est d'une absurdité totale vu votre misogynie légendaire. Comment votre épouse supporte-t-elle vos attitudes et votre muflerie? Elle seule pourra l'écrire un jour, peut-être.

Le camp démocrate ne se gêne pas pour vous descendre en flèche. Vous êtes un Général sans armée, un Général dont l'immense majorité de la troupe ne vous respecte plus dans vos fonctions de Président de la première démocratie du monde. Même si vous tentez un coup d'Etat militaire en novembre dans l'espoir de vous maintenir au pouvoir; même si vous voulez truquer les résultats; même si vous appelez les milices d'extrême-droites pour organiser le massacre, vous trouverez en face de vous l'Amérique telle que je l'aime malgré tout: l'Amérique libre, l'Amérique qui préfère défendre la société multiethnique et l'égalité plutôt que la société blanche et l'esclavage. Je sais, cette Amérique là connaît aussi ses hypocrisies et sous couvert de grands principes, elle commet aussi ses crimes parfaits en permettant à certains de s'enrichir encore plus vites tandis que d'autres sombrent dans la misère et l'abandon.

Patriote Trump, qu'avez-vous fait dans la guerre face à l'ennemi Covid-19? Le Général en chef que vous êtes s'est moqué de lui en le comparant à un ennemi d'opérette. Vos lignes de défense l'ont laissé pénétrer et transpercer toutes l'Amérique. Sans la désobéissance civile de certains gouverneurs et maires locaux avisés, l'Amérique ne compterait pas plus de 170.000 morts à l'heure actuelle mais peut-être un demi-million et plus, l'économie américaine serait à genoux, Wall Street s'affolerait malgré les centaines de milliards de dollars venus secourir l'économie ou plutôt la finance.

Patriote Trump, il semble que la guerre, pour vous, a besoin d'un ennemi humain et de héros qui se sacrifient au combat pour la nation. C'est la storytelling traditionnelle de toute guerre. C'est pourquoi les médias et beaucoup de personnes refusent de parler de guerre dans la lutte contre le coronavirus. C'est une erreur. La guerre a lieu mais les héros ne sont pas des soldats mais des infirmier-ères, des médecins, des doctoresses, des citoyens et citoyennes qui s'exposent au virus pour sauver des vies ou, plus prosaïquement, pour faire tourner le pays et l'économie malgré le danger invisible.

Patriote Trump, ce sont plus de 170.000 familles endeuillées dans cette guerre qui ne verront pas revenir leurs épouses, leurs parents, parfois même leurs enfants. Si vous aviez été un bon général en chef, vous auriez pu au moins épargner à l'Amérique les deux tiers de ces décès et donner le ton à une certaine sécurité sanitaire pour l'Amérique. Au lieu de ça, les citoyens et citoyennes américaines sont au banc des bannis par les autres nations du monde. Ils ne peuvent plus voyager sans autorisation très spéciale. Ils doivent rester sur territoire américain. Au lieu d'être présente dans le monde entier, vous condamnez l'Amérique à n'être qu'une nation de capitaux aux personnalités virtuelles qui n'ont plus le droit de voyager à travers le monde. Une prison à ciel ouvert...

Votre défaite actuelle est mortifiante. Personne n'a même envie de revenir en Amérique sous votre présidence. Personne n'a envie de mourir en Amérique par la faute d'un virus que vous avez laissé circuler en ironisant sur lui et en distillant un mépris et une morgue à son égard et surtout envers les personnes qui prenaient ce terrible virus au sérieux.

Patriote Donald Trump. Comment pouvez-vous prétendre bien diriger un pays alors que cette guerre que vous avez refusé de mener contre un ennemi invisible à causer, en à peine six mois, plus de trois fois plus de victimes que durant toute la guerre du Viet-Nam?

Ce ne sont pas des soldats qui sont morts au combat. Ce sont des citoyennes et citoyens qui ont perdu la vie par un défaut de défenses sanitaires adéquates. Et cela est de votre responsabilité du fait de votre totale incompréhension des tenants et aboutissants de cette guerre. Vos décisions ont été lourdes de conséquence; vos discours et vos tweets ont été lourds de conséquence; votre manque totale d'empathie envers les victimes a été lourd de conséquences.

Un Général en chef digne de sa fonction qui a perdu la guerre par manque de stratégie ou de stratégie foireuse propose en principe sa démission à la nation et reconnaît ses torts.

Patriote Donald Trump, vous n'êtes pas même capable de cela. Il faudra que le peuple vous botte les fesses dans les urnes pour vous mettre dehors de la Maison-Blanche. A moins que vous ne fassiez comme votre compère biélo-russe. Mais là, l'Amérique a heureusement d'autres armes que la Biélo-Russie pour vous obliger à démissionner en cas d'abus de pouvoir.

Patriote Donald Trump, il aurait juste fallu que vous renonciez à vous représenter pour sauver l'Amérique d'une possible guerre civile. Au lieu de cela, vous repartez en guerre pour votre propre culte de la personnalité. Et pour cela, vous êtes prêts à sacrifier des vies humaines, à fanatiser encore davantage vos troupes, à provoquer la rupture entre une certaine Amérique bienveillante et réellement démocratique et une autre Amérique malfaisante, prête à tuer, prête à tout pour garder son hégémonie blanche, perpétuer son racisme de race et de classe, dominer et écraser la "sous-Amérique" composés de citoyens et citoyennes multi-ethniques, Blancs "dégénérés" compris, condamnées à un néo-esclavagisme et un néo-colonialisme sur leur propre territoire par d'autres citoyens et citoyennes arrogants, sûrs de leurs bons droits, injustes et cruels, dominateurs et prédateurs...

Patriote Donald Trump, je ne vous aimais pas quand le peuple américain vous a élu à la Présidence. Je ne vous aime toujours pas. Vous avez confirmé tout le mal que je pensais de vous déjà à l'époque. Pourtant, j'aurais bien aimé que vous sachiez lire ce que j'avais à vous dire en tant que simple citoyen du monde attentif au langage de celles et ceux qui se présentent au pouvoir dans nos démocraties occidentales. Je suis conscient que je ne suis qu'un pâle virus invisible au milieu de la multitude d'écrits et de paroles. Je suis donc bien conscient de mon absence d'importance à vos yeux et à ceux de bien d'autres personnes. Je ne représente que moi-même...et mon opinion compte pour beurre.

Patriote Donald Trump, dommage que vous n'étiez pas conscient de votre glass ceilling au moment de vous présenter au poste à la Présidence des Etats-Unis d'Amérique. En espérant que les citoyens et citoyennes de votre pays sauront cette fois vous montrer la sortie après votre façon désastreuse d'avoir géré la guerre contre Covid-19, ce minuscule ennemi invisible dont vous vous êtes moqué avec le cynisme qui vous caractérise en chaque situation.

 

17/08/2020

Dernier jour avant la rentrée

 

 

Le soleil se lève

sur la ville.

Tout paraît si tranquille.

Et pourtant c'est marche et crève.

Les vacances n'ont pas eu lieu.

Etat de non-lieu.

Il n'y a rien ni personne à poursuivre.

Si ce n'est la nécessité de survivre

et de donner du sens

à mon existence

qui, sans cela, n'a plus aucune importance.

 

Je me souviens.

La famille.

Les rires.

Les bords du lac.

La rivière.

Le feu.

L'amour dans les buissons.

Les enfants polissons.

 

C'était hier.

Ce ne sera plus jamais demain.

La famille.

Parfois la haine.

Mais surtout l'amour.

Et le centre de mon existence.

 

Neuchâtel, dimanche 16 août,

Mont-Vully comme horizon,

butte sacrée des Helvètes.

 

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