16/09/2020

La belle histoire d'une chasseuse d'autographes

Elle s'appelle Madame Loiseau en français. C'était, jadis, une collectionneuse d'autographes aux longs cheveux blonds que le temps a mis sur mon chemin par un beau jour de fin d'été 2020. Aujourd'hui, elle a un certain âge et elle m'a dit qu'elle se libérait peu à peu de tous les objets qui l'entouraient. Son mari décédé, ses enfants qui n'ont pas envie de reprendre certains objets pourtant parfois tellement émouvants et précieux aux yeux d'autres personnes...

Voici sa petite histoire entre Hans Erni et elle.

Il y a quelques années de ça, Madame Loiseau a envoyé quelques photos (cartes postales sans doute) à Hans Erni en lui demandant très gentiment de bien vouloir les lui dédicacer. L'artiste, toujours très courtisé malgré son grand âge, ne répondra pas à ses diverses sollicitations. Trop occupé et sans doute pas très chaud de voir tous les chasseurs et chasseuses d'autographes qui cherchent avant toute chose d'obtenir des signatures de célébrités pour les revendre plus tard d'une façon ou d'une autre.

Donc Madame Loiseau ne reçoit pas de nouvelles après ses deux ou trois envois postaux. A la veille des 106 ans d'Hans Erni, Madame Loiseau, qui fête son anniversaire le même jour que lui, fait une dernière tentative auprès du peintre dans une très gentille lettre pleine de tendresse et même d'amour fraternelle pour le peintre. Elle n'obtiendra pas d'autographes sur les photos qu'elles lui a envoyé. Cependant, le peintre ne se montre pas du tout cruel avec Madame Loiseau. Il lui retourne, le lendemain même de son anniversaire, soit le 22 ou le 24 février 2015 selon comment on lit le chiffre manuscrit, sa lettre originale avec ses salutations et une colombe.

A moins d'un mois de sa disparition, Hans Erni a sans doute signé là sa dernière colombe au public auprès de cette citoyenne anonyme. Le 21 mars 2015, Hans Erni s'éteint paisiblement dans sa ville natale de Lucerne.

C'est à Zofingue en ce jour de grâce que j'ai rencontré Madame Loiseau qui m'a remis, avec un grand bonheur réciproque, une oeuvre imprimé du peintre (les trois colombes) ainsi que sa fameuse lettre-autographe signée au dos par la non moins fameuse et probable ultime colombe adressée au public du grand peintre helvète, graveur, dessinateur, graphiste, qu'était Hans Erni.

Il n'y pas de hasard. Seulement des rencontres qui se font grâce au désir et la passion qui animent parfois les femmes et les hommes.

 

 

 

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L'imprimé aux trois colombes et la lettre manuscrite de Mme Loiseau

 

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Quand la colombe d'Hans Erni tutoyait déjà l'ange de la mort

 

Z O F I N G E N

 

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La Femme bronze mariée à l'arbre

 

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15/09/2020

L'effet Cléopâtre et Octave Auguste premier empereur romain

 

"Qui voudra connaître à plein la vanité de l’homme n’a qu’à considérer les causes et les effets de l’amour. La cause en est un Je ne sais quoi. Corneille. Et les effets en sont effroyables. Ce Je ne sais quoi, si peu de chose qu’on ne peut le reconnaître, remue toute la terre, les princes, les armées, le monde entier.

Le nez de Cléopâtre s’il eût été plus court toute la face de la terre aurait changé."

La fin du règne de Cléopâtre VII et le suicide du couple "Cléotoine" (Cléopâtre et Marc-Antoine) coïncide avec la victoire totale d'Octave-Auguste, la fin du Triumvirat romain et de la République romaine. Cette épisode dramatique marque la fin de l'époque helléniste et pharaonienne. L'époque du Christ marque donc un séisme majeur sur les plaques tectoniques des empires terrestres.

Comment Cléopâtre s'y est-elle prise pour faire tomber à la fois César et Marc-Antoine sous son charme? Son nez? Peut-être. Son intelligence sûrement. Sa grande beauté probablement pas, elle qui portait des traits de masculinité évidents. Alors quoi? Son pouvoir de séduction exceptionnel a sans doute fait le reste.

Cependant si, à Rome, on avait vu d'un assez mauvais oeil la liaison entre César et la reine égyptienne ainsi que la naissance de leur enfant Césarion, Antoine dépassa toutes les bornes en donnant des territoires à Cléopâtre et leurs trois enfants nés de leur union. De plus, envoûté par l'Orient, Antoine était prêt à déplacer le centre d'attraction du pouvoir romain à Alexandrie. Il fallait en finir et l'ambition d'Octave-Auguste de devenir le premier empereur réunissant les trois triumvirat (celui d'Afrique, d'Occident, et d'Orient) fut assez évidente aux yeux du Sénat romain pour lui donner carte blanche et abattre cet Antoine plus intéressé par une culture étrangère que par sa propre culture...

Le nez de Cléopâtre a-t-il été l'obsession d'Octave-Auguste? Cléopâtre aurait-elle du plutôt se lier d'amitié et d'amour avec Octave? Le coeur a ses raisons que la raison ignore. Encore une citation de Pascal qui sied à merveille pour la situation,

Et c'est en scrutant de près la monnaie romaine originale ci-dessous, ou imitation d'époque gauloise sarcastique, que je me suis mis à penser ce petit billet qui a du nez mais dont l'origine de ce bronze reste obscure à mon savoir numismatique. Amateurs et amatrices de trésors antiques, à vos livres et connaissances... Il y a du pain sur la planche... et je vous offre l'apéro si vous avez quelque certitude à propos de cette monnaie.

Pour aller plus loin sur le sujet... http://www.slate.fr/story/30709/cleopatre-egypte-mythe

 

 

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Avers. Petit bronze probablement à l'effigie et au buste de Cléopâtre, coiffure en melon et tresses. Incertain et peut-être création apocryphe tardive d''origine gauloise.

 

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Revers. Et si Octave-Auguste avait volé le nez de Cléopâtre

pour devenir le premier Empereur de Rome?

Personnage incertain. Peut-être César ou Antoine voir Octave...

Lettrage apocryphe qui ne semble pas être du tout un classique orthodoxe du lettrage romain.

 

14/09/2020

"Bête et Méchant" le journal quotidien de Donald Trump

Les fans inconditionnels de Donald Trump adorent les saillies saignantes et cruelles de leur gourou présidentiel.

Ce monde n'est pas fait pour les faibles, les gentils, les trop bons qui finissent par être des cons. Ce monde, et Donald Trump en donne hélas une réplique magistrale nauséabonde, est fait et taillé pour les reptiliens, les sangs-froids et les pisse-froids, les manipulateurs et les esprits tordus, calculateurs, cyniques, prêts à tuer père et mère au nom de leur réussite personnelle.

Comment avoir envie d'exister dans ce monde-là quand tout indique qu'il va gagner la partie et créer une situation de chaos planétaire où l'être humain aura vendu son âme au diable en échange de la domination, de l'exploitation, du crime organisé, de la corruption, du mensonge quotidien comme oeuvre d'art abouti permettant à la propagande de créer des régimes totalitaires, génocidaires, suicidaires?

Il n'y a pas de réponse et de négociation possibles face à la mauvaise foi, la méchanceté, la bêtise, le cynisme, le pousse-au-crime d'un président américain machiavélique qui joue de la lyre verbale en faisant grincer les dents de ses adversaires devenus du coup des ennemis à abattre dans le contexte de violence actuelle des paroles. 

Plus les poètes seront chassés des arènes publiques plus la liberté d'expression ne sera plus défendue par des gens de bien qui souhaitent plus d'égalité, de fraternité, et d'amour dans une monde qui a sélectionné, par une sorte d'eugénisme d'intellectualisme primaire et primitif, la race des saigneurs qui doivent imposer leur loi et dominer le monde. Il n'y a plus de place pour la démocratie dans les débats. C'est une foire d'empoigne perpétuelle, un marché aux bestiaux où les grandes âmes humanistes passent à l'équarrissage, sont moqués, dépecés, mutilés dans les médias par des tortionnaires à la rhétorique atroce suivis par des millions de groupies qui s'adonnent à leur vil passion et à leurs vices de violenter ainsi le monde des humains ainsi que notre environnement pour satisfaire leurs besoins et leur emprise sur les sociétés humaines tout en accomplissant, par leurs actes et leurs actions tournés essentiellement vers la réussite économique au détriment de l'équilibre social et écologique, la destruction encore plus brutale de notre environnement vital et notre écosystème.

Donald Trump a toute les chances de l'emporter par la triche à travers son poker menteur d'un extrême raffinement dans la vulgarité de ses propos obscènes qui plaisent tant à une population qui en a assez des conventions et des politesses souvent hypocrites mais qui au moins sauvent l'apparence d'un monde harmonieux et en paix. 

Le Président Donald Trump est un faiseur de guerre et de haine. Un second mandat lui permettra d'imposer un régime totalement formaté à sa personne et celle de sa famille.

Un néo-empereur est né et l'Amérique laisse faire, impuissante, sidérée, déchirée, définitivement souillée par un homme qui est arrivé au pouvoir par la démocratie et qui règnera, comme un certain Adolf Hitler, en ange destructeur de l'Amérique adulé par une grande partie de la population et craint par l'autre partie qui n'aura plus de mots ni d'actes suffisants pour s'opposer au saccage de l'Amérique.

Le premier anarchiste qui s'est extrait des lois démocratiques américaine pour régner, ce n'est pas un anarchiste de gauche qui ne désire régner que sur lui-même et par lui-même en faisant le même style de proposition à ses amis et son entourage. Le premier anarchiste de l'Amérique c'est bien Donald Trump qui lui ne veut pas user de l'anarchie pour éclairer les êtres humains au sujet de la liberté mais qui se sert d'elle pour asseoir son pouvoir et régner en maître absolu sur l'Amérique.

De l'anarchie trumpienne pour saper les fondements d'un Etat de droits et détruire in fine un régime démocratique à la dictature d'un homme qui ne s'arrêtera plus jamais pour retrouver un peu de santé mental et d'auto-critique suffisante pour sauver l'Amérique de sa propre destruction. La folie s'est emparée de l'Amérique avec Donald Trump. Et nous en sommes toutes et tous les témoins affolés et impuissants.

 

13/09/2020

La stratégie de Berne et nous les travailleurs et travailleuses

Il n'y aura pas de reconfinement selon le Conseiller fédéral Alain Berset.

Coûte que coûte, Berne ne veut plus suivre une ligne globale et nationale de fermeture de l'économie en cas de maladie Covid se répandant encore davantage parmi la population. Le traçage des personnes de contact avec un ou une porteur / porteuse du virus et leur mise en quarantaine serait la bonne et unique méthode viable face au virus.

L'économie est contente d'entendre cela. Le travailleur et la travailleuse un peu moins. Certes les salaires tomberont à 100%  mais quand on sait que de très nombreux travailleurs et travailleuses de la restauration sont obligés de faire du chômage technique tout ce qu'il y a de plus technique et cela au minimum encore jusqu'à la fin de l'année pour permettre aux patrons d'économiser un quart voir davantage des salaires de leurs employés, la position du Conseil fédéral semble plus pragmatique que réellement soucieuse de la protection de la santé des travailleurs et travailleuses, particulièrement dans la branche de la restauration-hôtellerie.

Pour rappel, un restaurant sans terrasse bien fréquenté peut accueillir par jour jusqu'à 200 personnes, voir bien davantage en cas de double service du soir (de 18h. à 22h., on peut occuper largement à double la même table). En un mois, ce sont quelque 6'000 personnes d'horizon divers et de tous les milieux, jeunes comme plus âgés, qui auront occupé, sans port du masque, le lieu de travail des employés concernés.

Hors nous savons que ce satané virus se propage dans l'air à travers les éclats de rire et les personnes qui parlent... Le personnel de la branche de la restauration, déjà lourdement pénaliser par l'autorisation facilitée des RHT pour leur employeur, se verra donc contraint, même en cas de forte hausse supplémentaire de cas, d'aller au travail et de risquer fortement de contracter le virus sur le lieu de travail ou dans les transports publics (moins à risque cependant grâce au port du masque obligatoire) qu'il utilise jusqu'à quatre fois par jour pour se rendre au travail et retourner ensuite chez eux.

Dans ces conditions sanitaires dangereuses, la moindre des choses serait que Berne envisage clairement d'aider les employés et employées de la restauration au-delà du 80% du salaire pour les heures déclarées chômées. Nos salaires sont parmi les plus bas de toute l'activité économique et nous sommes actuellement le secteur qui prenons le plus de risques imposés (avec le monde marginal des salons érotiques...) avec notre santé face au coronavirus...

Berne se rend-elle bien compte que, dès cet automne, les terrasses vont fermées tandis que d'autres restaurants travaillent déjà sans terrasse depuis la fin du printemps dernier. C'est dans un monde démasqué que nous vivons quotidiennement même si nous, en tant qu'employés portons des masques à longueur de journée... A un moment donné, nous devons bien les enlever, prendre des objets touchés non seulement de nos collègues de travail mais aussi de la clientèle et nous devons respirer le même air que la clientèle à la différence que pour nous ce n'est pas seulement une ou deux heure le temps de savourer un repas mais 8 heures par jour et tous les jours travaillés.

C'est donc une saison d'automne-hiver qui s'apparente un peu au jeu de la roulette russe qui nous attend, spécialement pour les plus âgés d'entre nous proche de la retraite ou fragilisés sur le plan de la santé et de l'immunité.

Berne a peut-être raison de vouloir à tout prix empêcher une fermeture de l'économie. En espérant que nous n'aurons pas des morts à déplorer parmi le personnel de la restauration-hôtellerie et leurs proches à cause de ce virus et d'une politique fédérale dirigée vers le tout économique.

 

12/09/2020

Les codes vestimentaires féminins

L'être humain juge bien trop souvent d'autres êtres humains sur leur code vestimentaire.

Cela fait partie d'une réalité biaisée. L'habit ne fait pas le moine ou la putain ni le salaud ou l'artiste. Derrière l'apparente fille de joie se cache parfois un coeur d'or et vertueux. Derrière l'apparent salaud se cache parfois un homme qui se bat pour la liberté et l'égalité femme/homme. Le code vestimentaire est juste une affaire entre soi et soi. Les contraintes sociales nous obligent parfois à nous habiller comme le milieu le demande voir l'exige. La banque et les assurances, par exemple, ont un dress code exigeant. Le monde de la politique aussi. Mais derrière l'habit, il y a un homme, il y a une femme.

Pour revenir sur mon billet résolument provocateur et artistique de hier, ce n'est pas parce qu'une jeune femme dévoile une partie de ses charmes en public qu'elle est ce que certains hommes et certaines femmes pourraient penser d'elle. Une femme libre n'est pas obligatoirement une femme délurée qui s'offre aux regards concupiscents des hommes pour mener une vie aux aventures amoureuses multiples. Les femmes comme les hommes s'exhibent depuis la nuit des temps pour attirer les regards sur elles et sur eux. Se mettre en avantage, provoquer le désir des hommes ou l'attirance des femmes, cela fait partie de l'existence propre de notre espèce. Et dans tous le règne animal, voir végétal, la sexualité est marquée par des transformations sur les corps pour attirer le ou la partenaire potentiel-le.

En Occident, nous n'avons plus d'interdit vestimentaire mais les lieux publics exigent parfois des tenues décentes. Mais c'est quoi une tenue décente? Une tenue neutre qui n'attire pas l'attention? Le col Mao et le pantalon forcé sans distinction de genre? Plus le voile, voir la burqa pour les femmes qui, on le sait à travers les yeux des hommes de Dieu, sont des diablesses qui créent le désir même quand elles ne le désirent pas?

Laissons la femme libre de se vêtir comme elle le désire. En retour, celle-ci doit bien accepter que tous les hommes, même les plus moches et les plus vieux, et pas seulement ceux auxquelles elle pourrait y trouver son intérêt personnel érotique, visent du regard son décolleté vertigineux.

Ce sont-là les risques encourus et pas bien méchants quand on visite un musée où les modèles féminins comme masculins, parfois entièrement dénudés, sont exposés à nos yeux en sculptures ou en tableaux de maître. Il fallait bien que les filles soient nues pour le peintre ou le sculpteur inspiré...L'inverse peut être aussi vrai... Alors le décolleté d'une jolie fille qui passe ne devrait pas effrayer outre mesure un vertueux conservateur de musée et le personnel de ce dernier. Pas plus qu'un homme en short et en tongs qui expose ses poils et sa virilité mais aussi sa décontraction et son imperméabilité au code vestimentaire usuel qui sied à ce genre de lieu.

A vouloir faire la police partout, il n'y aura plus de sensualité nulle part.