20/06/2021

Essuyer les plâtres

Prendre la direction d'une fonction toute neuve avec les risques propres liés à cette fonction durant la période d'essai.

Où habiter une maison neuve avec les risques des plâtres non secs pouvant provoquer des maladies chez les premiers locataires.

C'est ainsi que la langue française donne ses origines à l'expression née sous le règne de Louis XVI lors de l'urbanisation accélérée de Paris.

Il y a une origine encore plus sombre. Comme les gens ne voulaient pas immédiatement habiter ces appartements tout neuf, on les réservait alors aux filles de joie, les "filles-éponges de joie", les "essuyeuses de plâtres", expressions de Théophile Gautier.

«L'appartement assaini, ajoutait-il, on donnait congé à la pauvre créature qui peut-être y avait échangé sa fraîcheur contre des fraîcheurs.»

J'ai reçu par la poste une jolie statuette en plâtre peint mais sans grande prétention artistique. Elle servait, apparemment de support à une bouteille de vin. Mais je n'en suis pas certain vu que l'essai n'a pas été concluant. Face au trou béant sur laquelle la jeune demoiselle repose ses mains, je l'ai occupé avec un miroir publicitaire vieux de plus de 100 ans et créé par la Maison Huguenin Médailleur. La jeune fille domine ainsi et observe un jeune garçon à son étude moulant une colombe. L'oeuvre, le miroir, a été réalisé par le plus délicat des artistes de la médaille helvète de ce temps-là: Henri Huguenin. L'homme est malheureusement mort trop jeune laissant une femme et plusieurs enfants en bas âge.  Aujourd'hui, pratiquement relégué aux oubliettes de l'art neuchâtelois et suisse, il sera bientôt reconnu et replacé à sa juste valeur grâce aux personnes qui n'ont oublié ni son oeuvre majeure ni l'homme qu'il devait être. Quand à la jeune fille, elle n'a que les initiales de son créateur qui a déposé sa marque...

Voici les photos du montage artistique. Je trouve que la jeune fille a bien raison de se pencher sur le jeune garçon à la colombe dont le grand public a perdu sa trace.

https://www.lefigaro.fr/langue-francaise/expressions-fran...

 

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Mourir plus jeune plutôt que grabataire

La covid19 semble avoir condamné l'Humanité à revoir à la baisse son espérance de vie.

Les derniers records qui placent la moyenne de l'espérance de vie autour des 85 ans d'existence ne seront pas battus durant ces prochaines années. L'hécatombe de morts parmi les personnes très âgées ressemble à une sorte de génocide où les plus jeunes générations ne sont pas vraiment prêtes et préparées à sacrifier leurs libertés et leurs droits à gagner leur vie pour se nourrir, se vêtir, et avoir un toit, afin de permettre aux personnes les plus vulnérables de rester en plus grand nombre parmi nous. Cette option du tout à la vie a été validée en tout début de pandémie. Elle n'est désormais plus tenable et seul les critères sanitaires d'occupation des lits d'hôpitaux et des urgences influencent sérieusement les décisions prioritaires de nos autorités.

On peut comprendre les plus jeunes même s'il n'est pas admissible d'un point de vue humain de faire un choix et de condamner de facto les personnes plus âgées qui ont déjà fait leur vie comme on dit.

Au-delà du sinistre bilan comptable qui voit nos vieux s'en aller de la planète Terre de façon prématurée et quasi génocidaire, nous devrions avoir un regard plus philosophique sur les raisons qui nous poussent à vouloir devenir de plus en plus vieux et à nous accrocher à la vie. La science a repoussé les limites physique du grand âge. Et si nous sommes heureux de constater qu'il y a de plus en plus d'alertes centenaires qui ne font pas leur âge, nous pouvons quand même remettre en question cette volonté de vouloir vivre vieux coûte que coûte.

Le grand âge est trop souvent, hélas, source de très grandes souffrances physiques et psychiques. Le goût de vivre n'est plus là et bien des personnes très âgées ne sont plus que l'ombre d'elles-mêmes. La covid agit désormais comme la grande faucheuse qui vient prendre la vie des plus affaibli-e-s et interroge la conscience des survivants et des survivantes. Même la vaccination semble engager un discours philosophique de grande ampleur sur notre devoir de solidarité envers nos proches et les personnes vulnérables. Pourquoi je me vaccine...ou pas est devenu une interrogation quotidienne pour celle et ceux qui hésitent encore à prêter leur bras à la piqûre et ne font pas une confiance aveugle à la science des laboratoires...qui a peut-être elle-même engendré le virus qui nous assaille désormais sur toute la planète Terre.

La science est une bonne matière pour chercher et aider à découvrir des vérités afin d'éviter l'obscurantisme et les sciences occultes. Mais la science se trompe aussi et elle ne peut pas s'absoudre des risques de corruption et de mensonge. La science n'est pas Dieu même si parfois on la prend pour Dieu et que nos autorités suivent béatement le Guide Suprême de notre temps.

Par rapport aux personnes âgées et au génocide qu'elles subissent horriblement à travers cette satanée maladie, restons très vigilant-e-s sur la manière dont nous abordons notre philosophie intime. Nous avons la responsabilité de faire nos propres choix et de nous exposer à nos prises de risque. C'est un peu comme un alpiniste grimpant au sommet du Cervin. Il doit penser à sa propre vie et à celle de sa cordée...mais il doit aussi veiller à éviter de balancer des pierres sur les alpinistes qui sont en-dessous de lui et qui risquent leurs vies face à ce danger potentiel. Être prudent et vigilent sur le terrain du covid. Prendre des risques mesurés avec les plus jeunes, plus solides et vaillants. Renoncer, en cas de symptômes même infimes, à s'approcher de nos parents très âgés et d'autres personnes vulnérables. Avoir toujours en tête que le danger est là, permanent, et qu'il faut sauver nos vieux d'un génocide encore pire et plus brutal.

Nous n'en n'avons pas encore fini avec cette maladie. Elle est là, présente, mute, nous bouscule, nous rend plus dépressif mais aussi plus productif d'idées et de nouvelles philosophies adaptatives. Nous devenons plus stoïciens et moins épicuriens même si le désir bout au fond de nos corps et de nos âmes. Nous devenons plus contemplatifs, plus méditatifs, plus près de la beauté des arts. Nous nous mettons à collectionner, à vouloir connaître les artistes de manière plus intime et profonde. Nous voulons dévorer la culture comme des morts de faim et sacrifions parfois nos faibles revenus à la nourriture spirituelle plutôt qu'à la surabondance de nourriture et aux grandes bouffes organisées entre potes autour des BBQ d'été.

La covid19 déclenche d'étranges vertus et la réclusion devient volontaire chez certains et certaines d'entre nous. Ils et elles vivent déjà en ermitage et ne sortent quasi plus au restaurant pour se faire plaisir vu qu'il faut passer par le déplaisir tenace de se faire tracer en permanence même pour un petit noir consommé à l'estaminet de la gare.

On dit que la vaccin va nous ramener la liberté et la vie comme avant. Je n'y crois pas trop. J'ai même un fâcheux pessimisme qui me colle aux baskets en lisant ce qui se passe du côté de Moscou, de Londres, de Rio, ou encore de Lisbonne ou des Continents africain et indien. Et même chez nous, malgré la vaccination, il semble que le virus tienne mieux le coup que l'été dernier. Alors, méfiance quand aux perspectives d'avenir. L'automne sera vite là et il est fort possible qu'un nouveau confinement soit décrété vers octobre. Comme ce seront toujours les mêmes qui paieront le plus le poids de la solidarité collective, il est à craindre que la dépression s'intensifie et que l'art soit de plus en plus mon salut de dernier recours.

En attendant, ne laissons pas nos vieux et nos vieilles mourir sans réagir. Ils et elles ont le droit qu'on les protège et plus encore qu'on les chérisse.

 

 

 

18/06/2021

La vaccination semble opposer le monde "libéral" et le monde "social"

L'effet covid sur les différentes couches de la population semble entraîner des mutations surprenantes.

Quand le monde libéral, c'est-à-dire les professions à formations supérieures et bien rémunérées, prônent la solidarité intergénérationnelle  en tête d'affiche concernant les motivations à la vaccination générale, le monde social, c'est-à-dire les professions intermédiaires et inférieures quant aux diplômes obtenus, se montrent nettement moins attirées par la vaccination et le sentiment prétendument solidaire qu'entraînerait automatiquement l'acte vaccinal.

En France, le ministre de la Santé a déclaré:

«En ville, en secteur libéral, on est à 85% de couverture vaccinale, en Ehpad on est à 50%. Or c’est là qu’on trouve les personnes les plus fragiles. Je considère qu’il est indispensable et éthique de se faire vacciner quand on est au contact de personnes fragiles.»

Qu'est-ce que cela signifie sociologiquement? La méfiance face au vaccin anti-covid des personnes pourtant formées dans les milieux dit médico-sociaux est nettement plus importante que celle vécue dans les milieux libéraux. Il y a comme un double paradoxe. Le premier, c'est que les gens formés en milieu médical devrait normalement être plus confiant que n'importe quel autre milieu envers un acte médical proposé gratuitement pour protéger les personnes des risques d'une maladie grave. Hors ce n'est pas le cas. Le deuxième, c'est que vivant au contact direct des personnes en état de fragilité ou de maladie, les travailleurs et travailleuses de ces secteurs devraient d'autant plus être sensibles au sentiment de solidarité entre les gens.  Hors, ce sont les professions libérales, dites individualistes et capitalistes, qui avancent le plus l'argument de la solidarité.

La covid-19 provoque des mutations intellectuelles parmi les citoyens et citoyennes. Quand les plus riches proposent la solidarité à travers la vaccination, les moins payé-e-s qui travaillent dans différents secteurs professionnels, refusent de croire que l'acte vaccinal soit la panacée pour protéger la population. Ils et elles y voient plutôt une source de profits sans fin pour les milieux pharmaceutiques et leurs actionnaires ainsi qu'une sorte de complot mondial du monde libéral, une dictature sanitaire, pour surveiller technologiquement les peuples et les rendre plus dociles et serviles.

Le vaccin oppose les puissants des petites gens. Il y a belle et bien une guerre idéologique qui est engagée alors qu'il serait plus sage de n'exploiter l'acte vaccinal qu'exclusivement comme une source de protection, un bouclier sanitaire qui nous protège contre l'intrusion et la propagation d'un virus mortel. Hélas les pharmas nous ont trop habitué à leur manque d'éthique et de solidarité dans les cas de traitements coûteux où les brevets empêchent les médicaments génériques de se propager rapidement et de sauver des vies. De plus, l'approche froide et systématique du monde libéral qui soigne le porte-monnaie des actionnaires tout en oubliant celui des professions mal payées qui paient pourtant des primes d'assurance-maladie mensuelles astronomiques tout en devant encore s'acquitter d'une franchise plus ou moins importantes avant d'avoir droit à la couverture de l'assurance, montre à quel point la défiance de la population à bas revenus est grande et ne se satisfait pas des injonctions gouvernementales à se faire vacciner pour nous protéger.

Pendant ce temps, sur le Continent africain, les variants du virus se propagent rapidement, les doses vaccinales manquent scandaleusement, et la solidarité libérale très forte chez nous semble cruellement faire défaut pour les pays ailleurs hors de notre vue...tandis que parmi les résistant et résistantes au vaccin de chez nous, certains et certaines prônent l'argument solidaire avec les populations du reste du monde pour ne pas se faire vacciner et offrir leurs doses à des personnes âgées ou à risques dans les pays lointains.

A chacun et chacune son éthique. Ce qui est sûr c'est que le virus, lui, se royaume et qu'il n'a pas fini de nous jouer des coups tordus. L'automne et l'hiver prochains seront chauds. On ne sait pas encore si nous, les travailleuses et travailleurs de certains secteurs professionnels, devrons de nouveau arrêter notre travail par solidarité envers le pays et le monde libéral qui lui pourra toujours télétravailler en paix et gagner sa vie comme si de rien n'était...

Les solidarités sont variables comme le SARS-COV2. Parfois elles sont très fortes entre certains milieux et pas du tout mises en action pour et par d'autres milieux.

 

 

17/06/2021

Une équipe nationale pataude plutôt que costaude

La Nati ne fait plus rêver le pays.

C'est le constat tranchant et peu optimiste au lendemain d'une défaite mortifiante face à l'Italie. Une seule réelle action de but, le sentiment durable d'une Suisse dans ses petits souliers, un Shak qui n'est plus un requin des 16 mètres mais un footballeur anonyme tout ce qu'il y a de plus emprunté, sans éclair de génie, un Granit Xhaka qui fait sa blonde mais qui ne dirige plus rien sur le terrain, des joueurs qui restent sans voix ni pied d'or après avoir joué les Samson chez le coiffeur italien, et une soirée mortifère qui finit par tuer cette équipe nationale sans nom ni caractère et ne sachant ni se faire violence ni se redonner une fierté pour remonter un score défavorable.

L'Italie était-elle si dominatrice techniquement et physiquement ou est-ce l'expression d'une Nati sans âme, peureuse, sans conviction, qui, depuis le match amical contre les Etats-Unis, ne sait plus vraiment quoi faire avec le ballon dès que l'équipe est pressée par l'adversaire dans le camp helvétique?

Nous n'avons pas vu une équipe. Nous avons assisté à la déroute de joueurs qui n'ont pas la rage de vaincre et de se battre contre l'adversité. Pourtant, le premier but annulé pour l'Italie aurait dû annoncer un déclic dans les têtes. A ce moment là, mentalement, la chance semblait être avec la Suisse. Mais non. Notre équipe nationale n'y a vu aucun signe prémonitoire. Elle a continué à déjouer son propre jeu. Sans inspiration, la défense s'est faite trouer de toutes parts par les attaquants italiens. Entre la défense et l'attaque, il n'y avait pas de milieu de terrain mais une tranchée béante, et devant, Embolo, comme Seferovic et Shaquiri n'ont été que l'ombre d'eux-mêmes. Quant au dernier rempart helvétique, il avait comme de la colle sous ses chaussures...peut-être déjà envolé quelque part pour aller rejoindre son épouse.

Il y a du soucis à se faire avant Bakou et le match contre la Turquie. Si les Turcs se réveillent et que la Suisse reste dans sa torpeur et son insignifiance, on peut craindre la plus grande des humiliations depuis ces trente dernières années pour notre Nati.

Vladimir Petkovic est désormais sur un siège éjectable. Une belle victoire à Bakou et une qualification in extremis pour les huitième de finale lui permettra de redorer son blason. Tout autre résultat devrait signifier la fin de son mandat au sein de l'équipe nationale.

A notre équipe de se révolter et de nous prouver qu'elle en a encore sous le capot. Il nous faut le miracle de Bakou et non une débâcle de plus. Yann Sommer, sur le chemin de devenir papa, doit absolument, sur le terrain, où auprès de son épouse et de leur enfant nouveau-né, être à la renaissance de notre équipe nationale méconnaissable.

La Suisse ne peut pas quitter l'Euro sur une défaite et un non-match de plus. Ce serait vraiment trop.

Hop Suisse! Que la force de Dieu et de Samson soit avec nous dimanche prochain.

 

12/06/2021

Larmes d'amour

Dans le jardin de mon père et de sa compagne, il y a un petit bonze et tellement de couleurs.

C'est un de ces jardins à la fois entretenu et sauvage, une rivière de verdure et de fleurs qui coule et, de la fenêtre, quand il pleut, qu'il vente et qu'il neige ou qu'il fasse beau, on aspire à prendre des jours heureux de retraite et de repas entre ami-e-s.

Joe et Albert forment un de ces vieux couples qui ont bien vieilli malgré les sautes d'humeur de mon père et les volcans jamais assagis qui survivent en lui. Joe est d'une patience admirable avec lui. Ils ont eu beaucoup de chance de se fréquenter au quotidien. Le cinéma, la culture, les voyages, les ami-e-s, les belles rencontres les ont uni l'une à l'autre. Et même si les soins à domicile font désormais partie de leur quotidien, mon père bataille pour se maintenir et pouvoir rester au domicile. Le grand âge n'a pas eu raison de sa tête et il écrit encore, de temps en temps.

C'est difficile de parler de la vieillesse sans faire souffrir ou blesser celles et ceux qui sont concerné-e-s par cette situation. L'humour restant la meilleure arme pour admettre et se faire une raison. Les voyages ne sont plus permis. Les vols en avion refusés. Monter dans un train devient une grande épreuve avec toujours le risque de l'incontinence et de déranger les autres voyageurs et voyageuses.

Joe a encore son permis et elle profite de rouler encore dans un rayon kilométrique limité. Elle est plus jeune d'une dizaine d'année de mon papa. Cela lui permet des énergies insoupçonnées qu'elle emploie au confort de mon père. Elle a grandement gagné la médaille du mérite et sans elle, mon père serait, depuis quelques années déjà, en EMS où il aurait dépéri aussitôt. Un merci infini pour ce que tu fais, Joe. Tu as, plus encore que la médecine et les médicaments, prolongé la vie d'Albert grâce à tes prévenances et toute ton attention.

Je devais l'écrire quelque part. Parce que oui, sans toi, papa ne serait peut-être plus là.

Alors en cadeau à vous deux ces quelques clichés pris dans votre jardin. Une oeuvre d'art naturelle, une arche d'amour au milieu du si joli village de Soral.

 

 

 

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