06/01/2022

Contagion

 

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05/01/2022

Zébulon

Monsieur le Président poétise.

Il lui reste quelques bêtises et sottises

dans son sac à surprise.

 

Comment ne pas perdre prise

dans ce monde qui cloche

et sent la tête de boche,

le facho à chaque coin de rue,

les bruits de bottes à cent lieues?

 

Monsieur le Président prophétise.

Il monétise et catalyse

une apocalypse à la française

avec sa prose en falaise

qui précipite le pays

dans les bras des conteurs

de fadaises et de mots bruns.

 

Comment ne pas perdre pieds

dans ce monde affolant

offrant pouvoirs et honneurs

aux gens de déshonneur?

 

Je recherche le variant Zébulon

qui saura me faire découvrir

le manège enchanté des amoureux,

des amis qui font la fête,

des gueules de bois au petit matin

entre les bras d'une étoile sublime.

Je recherche le variant Zébulon

qui mettra fin à la pandémie brune,

aux violences verbales gratuites

sortant de la bouche d'un Président

agitant des effets d'annonce

pour sa prochaine élection

sans se rendre compte

qu'un-e non-vacciné-e

n'est pas plus irresponsable

qu'un-e vacciné-e

beuglant dans un bistrot

en disséminant ses omicrons

dans la salle bondée.

 

Question d'équilibre,

il meurt des jumeaux Bogdanoff

toutes les heures dans le monde

mais Monsieur le Président

aurait-il rendu la vie impossible

aux frères Bogdanoff

ou les aurait-ils invités à l'Elysée

malgré leur folie du surhomme

et du refus de la vaccination?

 

Une jolie rencontre

avec le variant Zébulon

Tournicoti tounicoton.

 

Zébulon

Président de la République française.

 

 

01/01/2022

inventer et cultiver jour après jour l'art nouveau

Nous aimerions faire la fête mais nous n'y arrivons tout simplement plus. Nous aimerions être solidaires mais nous sommes de plus en plus égoïstes et repliés sur nous-mêmes.

A qui la faute? Mais d'abord y a-t-il faute ou plutôt constat affligeant de notre époque?

Un article paru ce matin dans "Le Temps" m'interpelle.

https://www.letemps.ch/societe/jeremie-peltier-force-detr...

Jérémie Peltier et son livre "La fête est finie?" nous inflige quelques vérités bien senties sur notre façon de prétendre à la fête alors que tout est devenu commercial, narcissique, sans joie, sans spontanéité, sans plaisir d'aller à la rencontre de l'inconnu-e.

A dire vrai, comme chaque année depuis un moment, je ne fête plus du tout le Réveillon du Nouvel-An. Après une journée de travail en cuisine qui se termine à 23 heures, un corps qui sent la sueur et la frite, une impossibilité physique de prendre une bonne douche et de se préparer sur son 31, je rentre piteusement chez moi avec mon train et mon bus et j'attends que l'heure fatidique passe. Je ne fais plus la fête. Et pour cause. Personne ne m'y attend et je n'attends personne... sauf mon amour et son bébé qui m'envoient une petite vidéo super sympa sur Whatsapp pour me faire sourire et me donner cet espoir vital à garder le cap et la sérénité malgré la séparation et la pandémie.

Soyons honnêtes. Il fut un temps, un endroit, une époque, où la fête existait dans ma vraie vie. Il n'y a pas si longtemps que ça, mais cela semble aujourd'hui une éternité, la fête et la rencontre avec les gens du village, la vraie soupape après le travail et les emmerds, c'était au Soleil que cela se passait. Et je crois bien que les gens y étaient heureux malgré les dépassements d'heures autorisées et les amendes salées pour les tenanciers pas dans les clous et hors de toute norme sociale. Mais je vous parle d'un temps que les pisse-froids et les ingrats ne peuvent pas connaître. Un temps où même pour seulement fr.20.-- de caisse supplémentaire et cinq ou dix noctambules funambules retardataires, un couple laissait son troquet ouvert jusqu'à pas d'heure histoire de faire tourner sur la platine Johnny et toute la disco vintage des années 80. Un temps qui s'est perdu dans la débâcle d'une famille s'auto-détruisant à petit feu pour satisfaire à la fête de villageois et villageoises plus heureux de boire et de beugler que de retourner sagement se coucher chez eux comme cela se fait normalement dans la vie feutrée d'un village.

Trop d'excès tuent l'excès et les feux de la rampe se sont éteints à tout jamais pour ce petit bistrot pas comme les autres qui brillait sur la colline avec son nom à jamais perdu: "Le Soleil"

Mais trêve de nostalgie, je suis ici pour vous parler de l'An 2022 et de ce plaisir à retrouver le sens de la famille et de la fête, de la rencontre et de la solidarité, des bringues autour d'une bière et des éclats de rire parfois un peu lourd, gras, et vulgaires, sexistes et machistes ou féministes, pas forcément très délicats, pas forcément de bon aloi et de bonne foi, mais chaleureux et de bon coeur entre gars et filles éméché-e-s. S'envoyer des vannes fait parfois du bien et rétabli un brin de vérité au milieu de l'hypocrisie généralisée et de la chape de plomb sur ce qu'on a encore le droit de dire et ce qu'on a plus le droit de dire en société. A la stammtisch, pas de plainte ni de procès, ni d'avocat-e ni de tribunal, ni de médias défendant le féminisme par confort intellectuel mais qui ont de la peine à donner la vision masculine du féminisme comme si l'homme était exclu de cette affaire là. Ce qui se vit au bistrot reste au bistrot et parfois c'est mieux ainsi parce que les médias sont trop bridés par les risques de perte de lecteurs et de lectrices, d'annonceurs et d'annonceuses.

Il faut que je vous dise. En 2022, on pourrait bien faire la fête sans masque et sans distanciation sociale, sans pass vaccinal et sans apartheid social. En 2022, on pourrait même faire des folies et demander aux millionnaires de claquer un peu de leur pognon pour offrir une belle fête aux marginaux, aux bourgeois-bohèmes qui tirent le diable par la queue depuis belle lurette et qui ne sont plus bourgeois et bourgeoises depuis longtemps mais relégué-e-s comme des pauvres diables qui n'y trouvent plus du tout leur compte à trimer comme des chiens et des chiennes pour si peu de joie partagée entre la vie, l'amitié, et le sens de la fête qu'ils ont hélas perdu.

Cela tombe bien. On pourrait même demander à Christian Constantin de jouer à l'empereur mégalo genre Néron comique et même cosmique qui fout le feu au dancefloor en payant l'addition au bout de la nuit. Ce serait merveilleux de pouvoir compter sur son geste de solidarité avec la population déclassée et délaissée. Après le FC Sion, il y a de l'avenir dans l'art et les ruines celtiques ou romaines, la scène, la culture, la nuit et ses bars plus ou moins correctes ou clandestins, ses filles de la nuit se perdant dans des relations sans issues tout en rêvant à la star romantique de leurs coeurs, ses garçons qui filent pas doux et qui tentent de coucher avec trop bien pour eux.

Mais qui est trop bien pour soi si nous sommes tous et toutes à égalité dans la vie? Mais qui ne mérite pas d'être aimé, cajolé, bien traité à part le sale con ou la sale conne qui se prend pour Monsieur ou Madame et bien au-dessus du peuple pour se mêler à la pègre populaire?

J'ai franchement envie d'art nouveau, de temps qui reviennent avec des cafés et des bars plein de gens qui ne viennent pas juste pour consommer et exiger mais surtout pour partager et tisser des liens avec l'Autre, cet inconnu-e qui nous attend pour faire la fête et peut-être plus si affinité.

C'est comme cela que tout a commencé entre elle et moi. Au coin d'un bar. Elle était trop bien pour moi, trop jeune pour moi, trop belle pour moi, trop tout. J'étais trop mal fagoté pour elle, trop dépressif pour elle, trop marginal pour elle, trop tout.

Et pourtant, aujourd'hui, sans elle je ne respire pas, sans elle je ne me sens pas heureux, sans elle je n'avance plus, sans elle je ne crois plus au genre humain et à l'amour, sans elle je ne vous parlerais pas en ce moment du sens de la fête et du plaisir d'aller à la rencontre de l'inconnu-e et du marginal.

Je termine avec un gars qui pourrait bien s'inviter dans ma fête si je pouvais encore l'organiser dans le coeur de mon bar et de mon troquet. Mais voilà, en faillite, on ne peut plus rien espérer, plus rien tenter, plus rien créer à part son art solitaire et en solo. La spirale des dettes est pire que la mort. Elle t'empêche de faire des projets et de progresser avec les autres. Alors tu t'enfermes tout seul chez toi et tu t'imagines la méga teuf par ordinateur interposé...

Mon voeu le plus cher pour 2022. Retrouvons des amis et des amies qui ont le sens de la fête et de l'amitié, de la solidarité et de la fraternité.