08/06/2022

Parler aux barbares c'est discuter avec le diable

Humilier Vladimir Poutine ou s'humilier soi-même?

C'est une vraie question. Fallait-il négocier avec Adolf Hitler ou tenter de mettre fin à son horreur, la destruction et le génocide de tout un peuple, entre autres atrocités? Ce qui se passe en Ukraine depuis que Moscou a envahi le pays est la négation de tout un peuple libre et indépendant. Vladimir Poutine s'est permis de renier l'existence d'un pays émancipé et démocratique depuis peu de temps. Et avec ce reniement historique, il a renié les valeurs démocratiques occidentales pour préférer les valeurs ancestrales d'une Russie impérialiste et tsariste selon le modèle ancien des trois pouvoirs: la noblesse, le clergé, l'armée. Le reste du peuple peut crever et ne compte pas.

Pour y parvenir, il a usé de tous les mensonges, de tous les artifices, et de toutes les falsifications de l'Histoire moderne. Il a rayé la Révolution française et la fin de la royauté ainsi que la Révolution communiste soviétique et le marxisme de son temps historique. C'est plus d'un quart de millénaire de l'Histoire humaine qu'il tente de gommer au même titre que les islamistes veulent rayer toute évolution humaine, philosophique, spirituelle, métaphysique, depuis la disparition du Prophète en plaçant le Coran comme un mur de béton insurmontable et indépassable qui a arrêté définitivement le temps historique et l'évolution.

En cela, Vladimir se fait barbare et promoteur de la barbarie. Son refus de l'Histoire moderne, sa nostalgie du tsarisme, son rêve millénariste d'une Russie qui n'aurait jamais connu d'espace-temps entre la fin des Romanov, les 16 et 18 juillet 1918, et aujourd'hui un siècle plus tard, est une folie au même titre qu'Hitler faisait reposer l'idéologie du nazisme sur la pensée "völlkisch". Hitler remontait à Bismarck pour promouvoir l'idéal romantique d'un IIIème Reich spirituel tout-puissant s'opposant à la démocratie chrétienne voulant imposer son libéralisme, sa sociale-démocratie, ses valeurs "contre-nature" et "dégénérées" aux yeux des nazis adeptes du racisme ayant précédé l'avènement d'Adolf Hitler. Lire ici cet article très intéressant et instructif pour combattre la pensée poutinienne d'aujourd'hui avec de bons arguments rationnels, solides, et vérifiables:

https://www.geo.fr/histoire/le-nazisme-avant-hitler-161305

En accomplissant le fantasme nostalgique de cette partie des  Russes restée dans le passé, Vladimir Poutine devient aujourd'hui leur guide historique, leur nouveau messie. Comme Adolf Hitler avant lui, Vladimir Poutine est un personnage assez falot qui s'est construit sur la haine de la pensée occidentale. Comme Adolf Hitler il n'aurait jamais du prendre le pouvoir. Vladimir Poutine est un accident de l'Histoire, un de ces personnages qui s'est emparé des forces du Mal pour commettre des atrocités, une perturbation, une distorsion et une perversion de l'Histoire tournée vers un passé supposé hautement héroïque, valablement impérialiste, reniant toute évolution historique et humaine en phase avec notre modernité démocratique. 

Pour cela, Vladimir Poutine a enfilé les habits du diable en permettant à son pacte méphistophélique de s'accomplir sous nos yeux. Dès lors, il est devenu quasi inutile de parler avec lui puisqu'il ne nous écoute plus, ne nous estime plus, et nous dénie toute valeur culturelle acceptable. Son appréciation de notre monde est définitive et sans retour possible. Nous sommes des dégénéré-e-s et des êtres sans valeur. Et le Diable, ou Dieu selon sa propre version de la divinité, ne parle jamais d'égal à égal avec des personnes, réduites à une chosification, qui ne sont pas de son rang ni de sa culture, ni de sa famille spirituelle, pire des personnes déchues appartenant au cercle des parasites nuisibles, des personnes gravement atteintes, malades, sans valeur autre que la déchéance, chassées du paradis, qui accomplissent leurs souillures et détruisent les valeurs canoniques de l'orthodoxie russe. Dmitri Medvedev vient de nous le rappeler brutalement avec sa haine de l'Occident qui accompagne celle de Poutine exercée contre nous.

Vladimir Poutine est le nouveau maître d'une pensée nazie version russe. Mais pour éviter qu'une partie du peuple russe éclairé ne l'associe pleinement à Adolf Hitler, il en fait porter la marque aux dirigeants ukrainiens et  à l'Occident tout entier. En réalité, il est bien plus proche d'une pensée s'apparentant à  l'impérialisme du IIIème Reich que du soviétisme de Staline même si sa parano et ses méthodes le rapprochent plus de l'ancien dictateur de l'URSS.

Alors faut-il encore parler à Vladimir Poutine et ne pas l'humilier? Faut-il donner raison à Macron et même à Mélenchon préconisant, tous deux, de garder le dialogue avec le diable qui a forcément une cuillère plus longue que la nôtre pour nous faire avaler ses diableries dont il détient tous les secrets? En apprendrons-nous davantage sur ses futures intentions nauséeuses et ses plans diaboliques en le fréquentant qu'en l'évitant soigneusement? Le fréquenter encore n'est-ce pas lui donner toujours un peu de sa légitimité et du poids au crime abjecte qu'il est en train de commettre en Ukraine? Le fréquenter encore n'est-ce pas donner à tous les criminels de guerre leurs passeports pour l'impunité? 

Il était déjà très difficile, pour un démocrate occidental, de serrer la main de Vladimir Poutine avant la guerre en Ukraine tant il avait déjà commis d'actes monstrueux sur des personnes comme sur des Etats voisins. Nous avons voulu le ménager au nom de la grande puissance nucléaire qu'est la Russie et le garder dans le concert des présidents respectables malgré tous ses crimes et presque malgré nous et notre aversion envers les violents et les dictateurs. En franchissant de nouvelles frontières vers l'horreur, en reniant sans vergogne le droit international, en attaquant brutalement un pays frère dans les traditions comme dans les coutumes mais résolument tourné vers la modernité démocratique, Vladimir Poutine n'est plus des nôtres. L'a-t-il jamais été? Il sait mis en marge de l'Histoire multiple, multicolore, et complexe, évolutive et progressiste, pour préférer construire son isolement et sa propre Histoire, sa propre version messianique de la vérité historique sur les bases d'un culte nostalgique au tsarisme et de son propre culte.

Faut-il parler à un homme qui nous dénie toute valeur, qui imagine nous jeter un missile nucléaire sur la figure pour nous éliminer de la carte afin de faire régner en toute impunité son propre ordre du monde?

Le Maréchal Pétain a parlé et négocié avec Hitler. Mais à quel prix? Allons-nous commettre la même erreur d'appréciation de l'Histoire avec Vladimir Poutine? Tactiquement, pour sauver le monde, est-ce qu'il faut faire retarder les horloges du temps pour faire retarder l'issue fatale? Ou soutenir les dirigeants ukrainiens en nous engageant plus loin dans le refus de dialoguer avec le maître du Kremlin tant que ce dernier n'aura pas subi une défaite humiliante et paralysante sur les terres d'Ukraine?

A chacun de se déterminer dans son for intérieur. Mais laisser du crédit à Vladimir Poutine, c'est lui donner une chance de poursuivre ses massacres et d'imposer sa vision du monde à nos démocraties déjà bien fragilisées par le néolibéralisme.

 

07/06/2022

Falsifier pour mieux régner

Peu importe la vérité, pourvu que le mensonge arrange le pouvoir et son emprise sur le peuple.

L'opération spéciale de Monsieur Poutine en Ukraine a beau être une des guerres les plus scandaleuses, si ce n'est la plus scandaleuse et la plus criminelle, depuis celle entreprise au Vietnam par l'armée française puis l'armée américaine, elle n'est toujours pas considéré comme un guerre mais comme une simple opération spéciale de la Russie pour chasser les "nazis" au pouvoir et empêcher l'Occident d'installer son influence et son aide à la démocratie naissante d'Ukraine. Rien que dans cette dernière phrase, nous avons tous les ingrédients de l'énorme mensonge poutinien et de son révisionnisme historique.

Pour ce but nébuleux, toutes les armes y ont été admises par l'armée russe, même les plus odieuses et abjectes, même celles qu'utilisaient jadis les armées sous les règnes d'empereurs et de rois, de barbares et de petits potentats locaux s'autorisant les pires abjections et dégradations sur les valeurs essentielles de l'Humanité. La liberté n'est plus la liberté dès lors que les actions commises par le "libérateur" entraînent des conséquences dramatiques, dévastatrices en coût humain et matériel ainsi que des situations absurdes, ubuesques, en totale contradiction avec les objectifs initiaux signifiés de rétablissement de la liberté et de la paix (sic). Tout ce vocabulaire employé par le pouvoir russe, tous ces mots qui font sens dans un monde de justice n'ont plus aucune structure littéraire et philosophique, plus de colonne vertébrale, plus d'éléments de langage dûment vérifiables et valides.

Si les Alliés, lors de la deuxième guerre mondiale, pouvaient utiliser les mêmes mots pour leur propagande contre les troupes d'Hitler, c'est parce qu'ils avaient un poids de justice et de liberté historiquement vérifiable et incontestable. Le nazisme était bel et bien une idéologie monstrueuse, sadique, pervers, inacceptable aux yeux de l'Humanité, qu'il fallait combattre avec toutes les forces armées et de résistance ainsi que le courage nécessaire pour abattre le mensonge et la folie hitlérienne ayant entraîné le monde dans une seconde guerre mondiale atroce et monstrueuse. Hitler a falsifié le temps démocratique issu de la Révolution pour en faire son temps autocratique personnel sous l'emprise du Mal. Poutine est en train de commettre la même chose mais avec plus de subtilité et moins de brutalité de masse.  Il sait que pour durer dans le temps et l'espace qu'il s'octroie, il ne peut pas abattre toutes ses cartes en même temps et rentrer dans un conflit total avec l'Occident. Il tente de transformer le peuple russe en un peuple docile, endoctriné, religieusement fidèle aux dogmes orthodoxes déviants des commandements du Christ fomentés par le patriarche de Moscou, un peuple russe embrigadé et surveillé par un pouvoir où l'oeil cyclopéen de Moscou exerce une omniprésence perpétuelle et une brutalité quotidienne sur le peuple.

Mais le modèle de pouvoir voulu par Vladimir Poutine est voué à l'échec dans un temps plus ou moins rapproché car le monde d'aujourd'hui est un monde interconnecté qui a les moyens de se défendre contre les dictatures et le Mal pour peu que les citoyennes et citoyens du monde sachent construire leur propre langage axé autour d'une langue qui collectivement recherche la vérité ensemble. Même en limitant les réseaux sociaux et l'accès à l'information, Poutine ne peut exercer son emprise totalitaire sur tout le peuple russe. Les plus jeunes, surtout, sont assez formés aux nouvelles technologies pour contourner les interdits et le grossier mensonge moscovite en forgeant leur propre opinion sur cette fameuse opération spéciale et la propagande insensée qui l'accompagne. La Russie, espérons-le, ne deviendra jamais une nouvelle Corée du Nord. Et Vladimir Poutine ne pourra pas devenir immortel. Même la science ne pourra lui donner ce qu'il voudrait tellement. Ne jamais disparaître. Reste que Poutine a les capacités de détruire l'Humanité et qu'il pourrait choisir cette option extrême l'entraînant dans la mort mais avec lui le monde entier.

Ce n'est que si les généraux de l'armée russe seront, un jour, capables de révolte contre la dictature de leur tsar autoproclamé et l'énorme mensonge mis en place par le pouvoir et orchestré par Poutine que nous pourrons avoir une issue favorable et un retour progressif à la paix. Sans cette révolution interne propre à la Russie, sans ce putsch militaire, mais aussi et surtout civile, absolument nécessaire et vital pour la société russe et l'Humanité, Vladimir Poutine condamne le monde à une lente destruction de notre Civilisation. Ses capacités de nuisance sont énormes et les apparences trompeuses. Son armée a beau s'enliser sur les terres ukrainiennes, il possède l'arsenal ultime permettant de mettre le feu nucléaire et le propager partout sur la planète avec attaques et représailles simultanées, des capitales et autres très grandes villes du globe rayées instantanément de la carte et des nuisances atomiques extrêmes pulvérisant le reste de l'espèce humaine dans l'obscurité, entre autres espèces condamnées, durant les décennies qui suivront cette apocalypse nucléaire.

Vladimir Poutine falsifie non seulement l'Histoire. Il peut mettre un terme à l'Histoire de l'Humanité sur la Terre. Et cela est indéniable comme vérifiable.

Pendant ce temps, nous vaquons à nos occupations, préparons nos prochaines vacances d'été, et regardons avec admiration cet immense champion sportif et humain qu'est Rafael Nadal. Nous ne sommes pas contemporain-e-s et nous ne vivons pas toutes et tous dans le même temps. Marcel Proust ne sera jamais le livre de chevet de Vladimir Poutine, lui qui verrait en cet homme le "dégénéré" occidental parfait, le Juif, le bisexuel, l'homme sans violence qui s'alita un jour en quittant la haute société et les mondanités pour s'attaquer à sa "guerre", celle d'entamer sa Recherche et d'écrire un des plus grands romans historiques de tous les temps. 

Il faudrait peut-être suggérer à Vladimir Poutine de quitter le pouvoir puis de s'aliter pour lire "A la Recherche du temps perdu" puis écrire son opération spéciale personnelle qui le concerne au premier chef. Peut.être que le monde pourrait alors puiser, plus tard, tous les ressorts psychologiques qui l'ont animé et fait dévier vers le plus gros mensonge temporel et existentiel de notre époque.

Un Vladimir Poutine écrivain serait en tous les cas nettement plus fréquentable que l'image de l'homme du Néandertal qu'il s'est créé en devenant un des plus grands barbares, si ce n'est le plus grand barbare, de notre temps. Et encore. Ecrire cela est une insulte majeure envers l'homme du Néandertal qui ne faisait que défendre sa propre peau pour survivre dans un monde où le temps lui était vraiment hostile et défavorable à sa propre existence.

A regarder absolument, sur You Tube, et avec les yeux du coeur, cette interview d'Inna Shevchenko.

 

06/06/2022

Corridor corrida

Des corridors humanitaires,

des corps à terre,

des corridas et des guerres,

des héros et des traîtres,

est-ce que ce monde est trop vieux?

 

Vas-tu devoir tuer des femmes, des enfants,

détruire des villes et des vies

pour sauver ta peau et ton pays?

Croire qu'après les pires horreurs,

la paix et l'amour régnera sur Terre?

Croire que des pires cauchemars

naissent les rêves les plus beaux?

 

Vas-tu céder à la haine, à la violence,

au programme de déportation et d'exécution,

aux jeux de la torture et des viols?

Vas-tu céder et te soumettre

à la guerre, aux ordres du général,

à la folie du dictateur?

 

Parce que tu n'as pas su dire non.

Parce que tu as dis oui à la guerre,

oui à la haine, oui à la violence,

tu t'es fais complice de l'horreur,

complice de l'ordre du dictateur,

complice de cet ordre du monde,

complice de la haine,

complice de la destruction.

Et tu es fier de cela?

Et tu te crois héros pour cela?

Est-ce que ton monde est trop vieux?

Est-ce que ton monde est trop mieux

avec ce pieu que tu me plantes entre les yeux?

Avec tes airs triomphant de petit soldat arrogant

qui se moque de la résistance non-violente?

 

Ils veulent te jeter dans l'arène

et refermer la porte derrière toi.

Ta seule échappatoire c'est le rêve,

la poésie, le ciel, l'amour,

et tant pis si tu meurs pour cela.

 

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Nature morte

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