24/02/2010

Europe – Maghreb, Bob Marley au centre

 

L'affaire des otages suisses se corse encore un peu. Les pays du Maghreb se solidarisent avec l'Etat libyen. « Don't worry, be happy », souvenir de Nouvel-An à Djerba la Douce, enfants du Maghreb ou d'Europe, nous sommes tous nés sur le même bateau pour arriver à destination. ensemble près de Dieu pour les croyants, en poussière d'étoile pour les non-croyants.

Et comme en Suisse, pays qui a tout déclenché dans cette crise, nous avons un excellent groupe de reggae d'origine neuchâteloise, j'ai décidé de vous offrir un mix qui nous unit tous autour de la figure légendaire de Bob Marley. Enfants du Maghreb et d'Europe, ouvrez bien vos oreilles et vos coeurs. Nous commençons par la Libye, en tout bien, tout honneur, et finiront par la Suisse.

 

 

 

 

 

 

 

 

Je vous rajoute une vidéo pour le plaisir d'aimer... Et avec les paroles, comme cela vous pouvez chanter l'amour... et la paix retrouvée entre nous en attendant que la diplomatie aboutisse.

 

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21/02/2010

Dans la tente de la libération...

Nos deux otages, Rachid Hamdani et Max Göldi attendent impatiemment l'avion qui va les ramener après bientôt 600 jours passés loin de leurs proches.

Les fleurs bleues sont sur le pied de guerre pour faire la paix avec les Libyens. Voici en chansons et en attendant ce grand jour, les prémices d'une nouvelle aube...

 

 

 

 

 

 

 

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17/02/2010

Alors je m'en irai

Descendre au centre de ton corps

et voir si j'aurai un jour des remords

sur les larmes versées de notre amour.

Descendre dans tes nuits d'ivresse

à la façon d'une descente de police

pour voir si tes danses restent ces vices

d'artiste rêvés par une princesse.

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Descendre sur mon sexe lubrique

et sentir ta fente râler, s'écharper

dans une échappée lyrique

offerte à notre belle Mélopée.

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C'est le frotti frotta extraverti

tutti frutti de deux amoureux finis.

Je t'ai tuée, mon ange.

Tu m'as tuée, mon ange.

Sur notre trapèze,

est-ce le pèze, la baise,

ou le goût de l'amour des fraises

qui a tué notre amour?

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16/02/2010

Leïla, ou la femme de l'aube (extrait)

Moi qui ai renoncé aux frissons du dehors, je m’empare de la vie de Nada avec frénésie.

Désormais Iteb, je te raconterai les confidences de ma copine, son histoire de conquête d’une ville agenouillée à ses pieds. Elle dit: «Il vient vers moi, seigneur de la terre des caravaniers, psalmodiant mon prénom, il se prosterne à mes pieds et les pierres glorieuses de sa cité s’inclinent à mon passage. »

Iteb, moi qui n’ai ni histoire d’aïeux, ni passé glorieux. Moi qui n’ai pour mémoire que les cris des femmes battues et les détritus du quartier crasseux qui a célébré ma naissance, je m’approprie le destin fabuleux de Nada, la favorite d’un jeune homme en délire, qui se croit chevalier de la mystique Kairouan. Cette ville des oraisons, où retentissent encore les sabots des colons qui profanèrent sa mosquée; cité engloutie dans la plaine, habitée par les écrits des soufis, hantée par son déclin tel un châtiment pour un crime oublié. Moi, qui ne connais ni les sabres en or, ni les parchemins en soie, ni les cliquetis des métiers à tisser, ni les berdâa, selles brodées au fil de cuivre et d’argent, je te conterai, Iteb, la fièvre de l’amour interdit dans la ville aux mille coupoles où résonnent encore les cris déchaînés de la horde disparue.

Mais, j’aimerais d’abord répondre à la délicate question formulée dans ta toute dernière lettre. A quoi je ressemble maintenant ? Je vais te répondre avec la même emphase que Nada affectionne depuis qu’elle croit s’être réconciliée avec les mille et une nuits : j’ai coupé ma longue chevelure pour que plus jamais un Oriental ne puisse en décrire les volutes. Cette mutilation, j’en souffre encore mais je l’assume. J’ai erré, aboyé et poignardé mes phantasmes pour qu’il n’y ait plus en moi la moindre nostalgie des arcades perfides de l’Orient déchu. Te voilà rassuré de me savoir plus laide que jadis et moins courtisée !… En réalité, j’ai eu envie de changer de look, je me suis payée une coupe à 100 euros chez un coiffeur huppé de Paris, et depuis, je tente vainement de retrouver le même port de tête. Les coiffeurs tunisiens sont nuls et je me rattrape en changeant de couleurs. Tu vois, je suis plus coquette qu’avant, mais les filles du pays sont tellement belles qu’il est difficile de ne pas avoir de complexes.

Maintenant, laisse-moi te rapporter la dernière visite de Nada, la belle enfant au regard couleur de l’abîme. Nous nous sommes rencontrées à la terrasse de l’International, récemment rénovée. Il y avait la fine fleur de Tunis, les journalistes éméchés dès quatorze heures, ivres des dépêches quotidiennes de la TAP, les artistes entretenus grâce aux aides ministérielles et les femmes libérées, maniaco-dépressives et en rupture de ban. Nada est arrivée, déguisée en indienne, aux couleurs foudroyantes de sari. Elle a ramassé les plis généreux de son immense jupe, les a négligemment posés entre ses genoux, dans un geste d’une grâce insolente. Sous l’arcade de son sourcil, ses yeux pétillaient de malice. Le silence de Nada est devenu un supplice pour ma curiosité et sa parole une révélation. Elle déplia sa lettre et se mit à lire, la dernière missive de son amant kairouanais :

« Adossé aux colonnes de marbre de la grande mosquée, il essuie ses larmes et prie. Si le seigneur le veut, il sera blanchi de ses fautes, mais il se sait damné. Il a trahi sa bien-aimée pour deux grains d’orge et il vient de la perdre… Nada, la pure.

Donne-moi une terre.

Mais ma désirée, peut-on donner une terre à un palmier ? Tu es l’oracle du poète et par ta grâce, je ressuscite… »

 

Nada souleva son sourcil, tira une bouffée d’air. Instinctivement mes yeux se posèrent sur son décolleté généreux. C’est vrai, les Orientales ont un buste majestueux et le mythe a encore de beaux jours devant lui. Lorsque j’ai relevé la tête, l’expression de Nada avait changé. Exaltée, les joue empourprées, elle me lût le passage suivant. Tu sais, il est profondément triste, me dit-elle en guise d’introduction. Elle soupire et reprend la lecture :

 

Ma terre…

C’est mon enfance…

Un olivier planté dans un sol désolé

Les sanglots de ma mère sur la dépouille de son frère toiletté pour l’éternel

Ma terre est sebkha

Croûte de sel gercé qui brille comme du mercure

Ma terre est poussière…

A quoi te sert, Nada, cette étendue froissée, ravinée, ouverte à toutes les conquérantes, reines d’un plaisir furtif ?»

 

Leïla ou la femme de l'aube, Sonia Chamkhi, Tunisie 2008

 

Renaître à la vie,

morte une fois sous les lampes du billard

et ressortir neuve d'un trop long brouillard.

Il est resté là, il me sourit.

Revenir d' outre-tombe

dans la peau régénérée d'une blanche colombe

en nous donnant la résurrection d'un bonheur infini.

 

Danse la vie sur le macabre du monde.

Danse, Princesse Imen Omri, pour la nouvelle aube du monde.

Et entraînons ensemble les gens dans notre ronde.

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15/02/2010

Le Géoscicoco va encore frapper

A la suite de Swissmetis, l'excellent blog de cette plate-forme blog, je reprends la fameuse chanson « we are the world » sur mon blog.

Ceci pour contrer un quatuor de pieds nickelés en train de sévir sur nos blogs à tous. Le Géoscico, tout le monde qui fréquente le réseau de cette plate-forme saura comment ce nom est né, va encore frappé notre pays de ses délires fascistes et irresponsables.

C'est un vent mauvais, composé du mépris et du rejet de l'Autre, d'un sentiment de supériorité de notre nation, de « y'en a point comme nous », « merde à l'Europe et au monde! ». Cette bande des quatre Suisses a certes le droit de s'exprimer comme tout le monde. Mais parfois la mauvaise fois est si scandaleuse, la parole si meurtrière, que je me demande si c'est à l'honneur de cette plate-forme médiatique que de laisser cette haine se déverser gratuitement contre pas mal de personnes. Surtout que ces gens restent anonymes, bien cachées dans leur forêt, en attendant de porter des coups de poignards réels et définitifs à notre démocratie libérale.

Entre la censure et le droit à la parole, il y a le respect des personnes, des idées, du débat. Ces personnes n'apportent souvent rien au débat, mis à part Scipion, puisque c'est un des quatre personnages symbolisés par le « Géoscicoco ».

En attendant que le Géoscicoco soit relégué aux oubliettes de l'humanité, restons vigilants afin de sauvegarder nos droits démocratiques et notre droit de vivre et d'aimer en toute liberté.

 

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