13/02/2010

Lettres d'amour

 

Victor Hugo, lettre à Léonie Biard

Samedi – trois heures du matin.

 

Je rentre. J'ai ta lettre. Cette douce lettre, je l'avais lue aujourd'hui dans tes yeux. Que tu étais belle tantôt aux Tuileries sous ce ciel de printemps, sous ces arbres verts, avec ces lilas en fleurs au-dessus de ta tête. Toute cette nature semblait faire une fête autour de toi. Vois-tu, mon ange, les arbres et les fleurs te connaissent et te saluent. Tu es reine dans ce monde charmant des choses qui embaument et qui s'épanouissent comme tu es reine dans mon coeur.

Oui, j'avais lu dans tes yeux ravissants cette lettre exquise, délicate et tendre que je relis ce soir avec tant de bonheur, ce que ta plume écrit si bien, ton regard adorable le dit avec un charme qui m'enivre. Comme j'étais fier en te voyant si belle ! Comme j'étais heureux en te voyant si tendre !

Voici une fleur que j'ai cueillie pour toi. Elle t'arrivera fanée, mais parfumée encore ; doux emblème de l'amour dans la vieillesse. Garde-la ; tu me la montreras dans trente ans.

Dans trente ans tu seras belle encore, dans trente ans je serai encore amoureux. Nous nous aimerons, n'est-ce pas, mon ange, comme aujourd'hui, et nous remercierons Dieu à genoux.

Hélas! Toute la journée de demain dimanche sans te voir ! Tu ne me seras rendue que lundi. Que vais-je faire d'ici là ? Penser à toi, t'aimer, t'envoyer mon coeur et mon âme. Oh ! de ton côté sois à moi ! à lundi ! - à toujours !

 

La réponse imaginée de Léonie à Victor:

Mon amour,

Cupidon nous a frappé de sa flèche comme un petit diable qui nous veut du bien. Mon Victor, la beauté de l'amour ne dure qu'un temps, comme la beauté d'une femme. Dans trente ans, je serai fanée comme cette jolie fleur que tu m'a envoyé et qui s'est fanée en deux jours!

Je préfère ne pas penser à dans trente ans car j'ai peur de n'être plus à tes yeux qu'une vieille femme bien ridée, encombrante et bien folle, aigrie et usée par la vie. Ne crée pas d'espoirs inutiles dans mon coeur. J'ai déjà assez vécu et assez vu pour savoir que les hommes sont régulièrement frappés par le démon de minuit qui les visite en toute clandestinité, quand ils ont la politesse de rester maris convenables, ou pire dans la lumière crue quand ils sont fous amoureux d'une jeunette qu'il présente sans gêne aucune et comme un trophée conquis à leurs relations d'affaire, ou pire encore, à leur famille qui est devenue aussi celle de leur compagne par l'effet du mariage.

Demain, c'est la Saint-Valentin. Cela tombe bien que je ne sois pas près de toi. Je n'aime pas ces fêtes artificielles où nous sommes sensés nous bécoter à longueur de journée avec un coeur planté sur la poitrine, des bouquets de fleurs plein la maisonnée, des loupiottes clignotantes sur le crâne qui mentionnent avec trop d'insistance « I LOVE YOU » comme pour nous rappeler qu'on s'appartient comme un prisonnier appartient à sa cellule de prison.

Victor, tu n'es pas un bécasseau, et moi je ne suis pas une bécassine. Je te demande juste de m'aimer sincèrement, de m'aider quand je te demande de m'aider, de me soutenir quand je te demande de me soutenir, de me câliner quand je te demande de me câliner.

Pour le reste, ne sois pas trop romantique avec moi. J'ai besoin d'indépendance et de liberté, de voyages et de solitude. Mais sois certain, mon doux Victor, que je suis à tes côtés, que je te suis dans ta carrière d'écrivain, que je suis femme passionnée de toi quand je suis tout contre ton corps adoré. Ne me demande pas plus. N'exige surtout pas ma présence. Mais montre-moi que tu tiens à moi, que tu me veux, que tu n'attends que mon retour pour m'offrir cette orgie de sensualité et de poésie corporelle dont tu me gratifies quand tu n'es pas occupé à ta table de travail.

Mon tendre Victor, je t'aime. A lundi. Je me ferai spécialement belle pour toi, rien que pour toi, mon amour.

Ta Léonie.

 

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Hôtel de Ville, Delémont,

Crêperie du Château, Carnaval 2010

 

 

 

 

 

 

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Saint-Valentin rien que pour Loredana

Des petites pilules d'amour jetées violemment sur la table du salon devant lui. Elle hurle sa douleur, son désespoir d'avoir un homme croché au Viagra qui ne pense qu'à l'acte d'amour et jamais aux sentiments.

Elle le traite de sex machine, de type pervers devenu à moitié cinglé, de cocaïnomane qui n'est capable de s'éclater que sous l'effet des médics, de l'alcool et des stups. Elle le quitte. Elle lui conseille un médecin. Elle chiale, elle l'aime encore. Mais elle n'en peut plus de cet homme qui croit à une « virilité de la bite » plutôt qu'à « une virilité du sentiment » comme elle le lui reprochait vulgairement et régulièrement quand elle avait bu trois vodkas Red Bull de trop.

Maintenant elle retrouve son calme. Elle est seule. Elle rêve d'un prince charmant qui lui fera l'amour en toute galanterie. Marre des films pornos, des godes, des boules de geishas, des fantasmes de partouzes et de tous ces machins d'hommes qui abîment les sentiments des filles. Elle refuse d'être pute, elle veut être amante, simplement amante, folle amoureuse d'un homme plein de tendresse et d'attention pour elle. Mais elle sait que le train à passer depuis longtemps. Que les hommes sont désormais sur Internet à mater des gonzesses aussi honteuses que désespérantes dans leurs extrémités sexuelles. Elle est dégoûtée. « Mais où est donc passé le romantisme? » hurle-t.-elle dans un sanglot. Et les filles lui répondent: « T'es une gourde, ma vieille. Les mecs ils veulent des gonzesses-objets prêtes à tous les fantasmes les plus dégueulasses ». Elle, elle refuse de croire à ça. Elle refuse d'accepter qu'aujourd'hui il faut faire du sexe, et de plus du sexe tarifé, plutôt que l'amour.

Un homme pense comme elle, quelque part sur la planète. Mais cet homme se sent si minoritaire, si stupide dans son romantisme qu'il préfère renoncer à son romantisme et vivre dans la modernité délirante. Il pense que les filles cherchent d'abord les jeux érotiques hypnotiques, ces jeux qui les entraînent vers des extrémités sexuelles dévorantes. Il sait que pour en garder une, il devra lui offrir ses plaisirs pervers qui finissent toujours mal un jour. Car la liberté de jouir sans restriction se paie forcément un jour. L'homme a déjà perdu plusieurs femmes dont il était très amoureux. L'homme ne sait plus rien, sauf qu'il recherche à nouveau le romantisme avec sa prochaine petite amie. Mais la peur le tenaille. Est-ce que sa nouvelle petite amie sera vraiment romantique sur la durée ou voudra-t-elle, elle aussi, goûter aux fruits défendus des perversions amoureuses comme ses ex conquêtes?

Deux romantiques perdus dans un monde qui se voue aux perversités les plus débridées. Deux romantiques vont peut-être savoir redonner du goût et des couleurs au romantisme de l'amour. Ou alors ils se feront manger tout cru par leurs désirs et finiront par commettre de grosses bêtises qui se payeront forcément cash un jour ou l'autre. Le goût du fruit défendu reste plus fort que la tranquillité sereine d'un couple amoureux, harmonieux, et respectueux l'un envers l'autre.

C'est la loi d'un monde décadent qui offre de la fesse partout et en tous lieux. C'est la loi de l'hédonisme qui prône la jouissance des corps plutôt que la jouissance amoureuse. Et cette loi est si forte que deux romantiques auront de la peine à résister à cette vague pornographique et prostitutionnelle gigantesque qu'est notre post-modernisme.

Heuuu, ça commence comment et ça finit comment une histoire romantique moderne? « Ils s'aimèrent, se marièrent et eurent envie d'enfant...puis divorcèrent » ou « Ils baisèrent, vécurent en concubinage, et n'eurent jamais d'enfants...puis se séparèrent ».

Désolé, Loredana, j'aurais voulu savoir vous écrire un vrai texte romantique. Les moqueurs se seraient alors tellement bidonnés que je les aurais entendus s'éclater à travers l'ordinateur.

Je vous offre cette chanson sur laquelle, il y a très très longtemps, j'ai vécu des extases romantiques avec ma première compagne. Rien que pour vous et pour avoir su me donner la raison romantique de vous écrire ce texte désespéré ci-dessus.

 

01:08 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (4)

06/02/2010

Hé! Bébé, pourquoiè qu't'aime un papy?

Hé! Bébé, pourquoiè qu't'aime un papy

Qu'est pas né d'la dernière pluie?

 

Pourquoiè qu'tu danses sous son parapluie

Qu'tu passes toutes tes nuits avec lui?

 

Hé! Bébé, pourquiè qu't'aime un papy

Qui te la joue chéri, chérie?

 

Pourquoiè qu't'aime ses guiliguili

qui réveille Paris tard dans la nuit?


 

Hé! Bébé, pourquiè qu't'aime un papy

qu'tu l'appelles Joujou toutes tes nuits?

 

À une petite qui souffre et espère un autre rêve loin d'là-bas

09:28 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

04/02/2010

Glace pilée, citron vert, et crème chantilly

Toujours sur le même thème, pour faire mousser tous le Moix Festival de la planète Terre, et trémousser toutes les petites poupée Meka niquent de la galaxie M Cul 69, ainsi que pour lutter efficacement contre les moisissures de l'ennui, notre petite Vanessa Paradisiaque nous a concocté un nouveau refrain sur Tandem. « Ne désespérez jamais des cons. Faites infuser davantage ». Remix d'Impa Science.

 

« Chouchou

 

Toi et moi c'est tandem,

bohème ou poème,

C'est toi Imen que j'aime

en tandem.

 

Chouchou

 

Et comme un diadème, sans haine,

chrysanthème,

C'est toi Imen qu'j'emmène

en tandem.

 

Chouchou

 

et si tu me fouettes, idem,

chantilly crème.

C'est toi Imen qu' j'emmène

en tandem.

 

 

Et comme le carnaval arrive à point nommé et que j'me vois désormais le nombril du monde selon ce cher Géo Trouve Tout, voici pour Carnaval 2010 le thème musical de la Saint-Valentin par la Guggenmusikr von Montréal de Delémont, Switzerland:

« J'l'adorrre trop c'te track là! »

(unique com sous You tube pour c'tube-là,

et pas même 150 flashies dessus, c'est une honte!

 

17:55 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

Yann Moix, t'es qu'un con

Tu veux nous foutre la pression. Viens jouer au western avec nous. Nous, ce sont les petits Suisses sans culture, sans génie, les poches remplies par tous les égoïsmes du monde que nous recyclons dans nos tirelires géantes. Nous, c'est un peuple avec des traditions, de la modernité, des djettes qui en foutent plein les mirettes aux frouzes lors des soirées électro-house de votre Johnny Be Good de Gstaad. Et au foot, tas de nazes, on est champion du monde des petits gars qui se prennent pas au sérieux quand on a dix-sept ans. Et nous, quand on joue des mains, c'est pour jouer du révolver avec nos copines, pas pour mettre des buts de tafioles à ces pauvres irlandais vaillants et fair-play comme pas vous. Nous, ce sont des gens, des villes, des campagnes qui savent encore respecter le voisin même si le respect se perd aussi par chez nous. T'es qu'un naze, Moix; un de nos nains de jardin à la puissance mille. T'es devenu leur Chef Suprême, bien en-dessus de Blocher, d'un seul commentaire avec ta connerie qui suinte la haine. Et à tous ces petits nains de jardin, tu leur donnes gratuitement mille arguments supplémentaires pour conserver Blanche-Neige la Pute dans leurs mains de laborieux du paysage helvétique et de ses mines d'or. Tu sais même pas ce qu'est le génie helvétique alors va pas chercher Rousseau à quatorze heures quand midi sonne à ta toquante et que tu roupilles comme un cinéaste qui ferait mieux de tourner un polar que s'en prendre à notre putain.

Au fait, ta tocante, c'est du Rolex ou du faux Rolex? Je me souviens que c'est un de tes compatriotes de génie, Jacques Séguéla qui a prononcé cette phrase éternelle digne de Toutankhamon :

 

« T'as pas de Rolex à 50 ans, t'as raté ta vie »

 

Alors, Yann Moix? T'as raté ta vie, t'es qu'un pauvre con et casse-toi, ou bien tu portes ta Rolex comme Bibi Fric hautain Sarko et Séguéla la la et t'es bien obligé de reconnaître implicitement notre génie supérieur à vous? J' t'en bouche un coin, pas vrai?

Sans rancune. Je t'avais prévenu. T'es au western avec nous et Lucky Looser Luke tire plus vite que son ombre sur des cons comme toi qui jouent les Dalton avec nous. Tagada, Séguéla, Tsoin tsoin. Faut te dire encore que tu prends tout ça au degré supérieur que tu veux parce que c'est de la comédie, de l'humour lourd et trash, et que je voudrais pas que tu me foutes une plainte pénale au derche. Tu as fait ton cinéma. Moi aussi, j'ai fait le miens sur demande de mon frère Pierre qui m'a presque imposé de sortir un billet. Je lui ai répondu par e-mail que ces temps, je n'avais pas envie de sortir l'artillerie lourde. Et puis soudain, c'est comme le vent du boulet à la guerre, c'est venu d'un coup et j'ai bombardé tous azimuts sur ta peau de Français pour m'offrir ton scalp. Mais sans rancune aucune. Juste un bon scalp d'Indien Suisse. Vois plutôt le résultat:

 

 

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C'est toi! T'es devenu tout noir comme Armstrong et moi je reste Blanc bec en couleur. Voilà. Encore une fois sans rancune mais la prochaine que tu l'ouvriras ta grande gueule, écoute cette chanson-là avant. Pour ne plus jamais avoir de remord quand tu perdras une femme, une maîtresse, une amie. C'est pas celle de Nougaro, c'est plus féminin, c'est plus dans les cordes de la Suisse de Heidi. Mais écoute et regarde. Elle est ni Suisse ni Française. Elle est Anglaise et porte le nom délicieux de Candice Night. Elle est la compagne de Ritchie Blackmore. Tu sais qui c'est ce type-là? J'espère pour ta culture de naze. C'est celui qui a créé le fameux, le mythique morceau « Smoke on the Water » un jour d'incendie à Montreux, en Suisse, avec le groupe Deep purple, et maintenant il fait de la musique transcendantale avec c'te beauté-là. Ecoute The Blackmore's Night. Cela repose de toutes les conneries du monde et des tiennes. Bien à toi.

 

Affectueusement. Le totem de Pacha K Mac.

 

 

01:45 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (22)