26/12/2009

Lettre de Tunisie (via Tripoli)

picture0433.jpg

 

26 décembre, Rachid Hamdani, Max Göldi, 526 jours

 

Monsieur Muammar Kadhafi, Guide de la Révolution libyenne,

Madame la Conseillère fédérale Micheline Calmy-Rey,

Chers citoyennes et citoyens de Suisse, de Libye, et d'ailleurs,

 

C'est en cette période de Noël 2009 que j'ai choisi de m'envoler en direction de la Tunisie. Cette date choisie n'est pas le fruit du hasard. La pause de Noël représente symboliquement un jour qui incarne l'espoir de paix et de réconciliation entre les peuples et les nations. Ce 26 décembre représente aussi le 5ème anniversaire de la vague géante du tsunami qui a frappé une grande partie du monde asiatique et des millions d'êtres humains.

 

Ces mots que vous lirez sont ceux d'un homme qui cherche depuis des années à être réintégré au sein d'une société qui produit marginalité et déclassement d'êtres humains, et cela sans aucun état d'âme, sans gêne, sans même une once d'estime pour ces personnes dégradées de leur rang citoyen et en quête de rachat. Des femmes et des hommes qui se sont battus pour rester dignes, humbles, forts, dans la défaite que leur signifiait la société d'une manière ou d'une autre, le plus souvent par simple abandon précédant un silence glacial soutenu par le plus pur désintérêt individuel et collectif pour ces êtres dépossédés de leur ancienne situation.

 

Avec ce cynisme généralisé, un mur se dresse au quotidien, infranchissable pour toutes celles et tous ceux qui ont été soit éjectés suite à des pertes financières, des divorces, soit ayant refusé un jour ou l'autre de continuer à participer à l'élévation constante du mur que produit la ronde infernale du marchandage des chairs et des produits de consommation. Un mur sans visage, composé essentiellement de vernis, de sourires, et d'artifices proposés par le monde dominant de l'argent cachant sa face hideuse de l'exploitation du côté de l'Est de l'humain, alors qu'à son Ouest, la Gold Society, sourires aux lèvres et dents blanches, fait sa démonstration de puissance à travers ses comportements, sa presse people, sa mode, ses comptes en banque, son luxe tapageur, son érotisme froid et esthétisant. Une société qui perd le Nord et file Sud pour oublier, s'abandonner dans un tourisme tout aussi outrancier. L'échec retentissant de Copenhague étant le symbole évident de cette profonde dissonance mondiale, ce mur de séparation entre riches consommateurs de la planète et citoyens consumés par leur pauvreté. 100.000 SDF rien qu'à Paris, ville des Lumières, ville de la Révolution démocratique, qui vivent aux mieux sous tentes(!), au pire dans les détritus (!?) Est-ce ce monde de misérables hères que nous avons voulu? Les oranges Victor Hugo sont en vente sur Aqua Concert, et pendant que le ver à soie file à sa yourte bédouine, son amoureuse roumaine se défile dans le yaourt bulgare (maxime de chez Maxim's). Madoff Pyramid Time.

 

« Copenvague » by The Big Jamarihiya Organique Brass Band

(sur un arrangement musical tango-raï de « Que des Bêtises »)

 

Couscous mon frère.

Couscous ma soeur.

Mousse mousse la mer,

tousse tousse la Terre,

pousse pousse l'enfer.

 

C'est quoi qui te s'cousse?

Les filles qui s' trémoussent.

Les hommes ont une sacrée frousse

de ces jolies lunes rousses

qui rasent gratous dans la brousse.

 

Et Copenvague te détrousse.

Et Copenvague te retrousse.

Joue à la roulette rousse,

tes couscous niet dans la mousse.

Passe, passe Nobel Tsunami pour tous.

 

Couscous mon frère.

Couscous ma soeur.

J'étais venu à ta rescousse,

j'étais ton gentil nounours,

tu me bernes et je te trousse.

 

Couscous mon frère.

Couscous ma soeur.

J'aimais bien ta p'tite frimousse

de frimeuse friquée à la Bourse.

By by mon couscous, of course.

 

Et Copenvague te détrousse.

Et Copenvague te retrousse.

Joue à la roulette rousse,

tes couscous niet dans la mousse.

Passe passe Nobel Tsunami pour tous.

 

Sheik Khaled, à toi

 

Il faudrait taxer la bêtise de celles et ceux qui veulent taxer la mauvaise vie. De quel côté du mur vous vous trouvez? De quel côté du mur vous vous devez de rester? Voulez-vous participer à la joie consommatrice? Alors suivez le modèle économique standard si vous tenez à éviter le monde effrayant des zombies et des fantômes brisés. Privés de leur apparence alors qu'ils ont un potentiel de compétences en eux, ce monde d'un milliard et plus de solitaires créatures invisibles, ce monde d'un lent tsunami imposé et dévastateur qui ne dira jamais son nom. Il faudrait taxer la bonne vie de ses bonnes consciences et redistribuer les produits de la taxe à des projets engageant des SDF, des laisser-pour-comptes désirant un avenir autre que fantomatique.

 

Si je prends la décision de me rendre en Tunisie en cette période de Noël c'est prioritairement pour tenter en homme, en citoyen d'un pays riche et privilégié, d'apporter ma contribution secouée à l'édifice multinational mou et sans grande volonté qui s'est créé pour la libération de nos otages. Et, en parallèle à cette démarche, d'obtenir enfin ma réhabilitation auprès de ma famille, de ma société, de mon ex petite amie, de mes enfants qui tous attendent de ma personne – qui un homme, qui un citoyen, qui un ex amant, qui un père – une démonstration de force tranquille, de courage et d'humanité face à un monde calfeutré dans ses certitudes et ses habitudes, vautré en permanence dans ses frivolités, frileux et prudentissime à l'extrême, jusqu'à la nausée même, quand il s'agit de trouver les bases d'une autre société ou d'aider simplement un être humain dans la détresse. La dernière votation en Suisse sur la construction de minarets et son résultat malheureux apporte un nouvel élément à notre manque de courage et de confiance en nous, nous citoyennes et citoyens vivant tous dans un luxe relatif, voir opulent. Le piège malin tendu par des gens vivant un rang, voir plusieurs rangs au-dessus de nous, simples citoyens, se referme lentement sur des populations tétanisées par la peur de l'Autre. Nous avons signifié aux musulmans habitant en Suisse, parfois de nationalité suisse, qu'il y avait une limite à notre tolérance. Attentats terroristes loin de chez nous et prêches extrémistes dans certaines mosquées facilitant le bon prétexte à la xénophobie la plus dégoûtante. Mais avons-nous peur plus que de raison des citoyens américains vivant chez nous alors que chaque jour des populations d'Afghanistan, d'Irak et d'ailleurs, meurent sous les bombes américaines, que l'ancien gouvernement U.S. de Mr Bush a menti sur les armes de destruction massive en Irak, qu'une secte dangereuse venant d'Amérique, la Scientologie, se propage à travers le monde, que des prêcheur fanatiques prônent le retour du créationnisme pur et dur contre la théorie de l'évolution de Darwin? Il faut répondre honnêtement et raisonnablement non à cette question. Alors pourquoi, eux, nos soeurs et frères de pays arabophones touchés de plein fouet par l'exclusion et la pauvreté? Est-ce un pur hasard si une partie de la jeunesse arabe est si fanatique? Est-ce la faute seule aux islamistes, aux dictatures religieuses, si cette partie du monde est si instable?

 

Je pars à la rencontre d'un personnage, d'un roi capricieux, d'une personnalité musulmane, qui à priori n'est pas très sympathique avec la Suisse depuis l'arrestation furtive de son fils Hannibal à Genève. Je pars aussi parce que ma façon de vivre et de penser dérange la Suisse bien-pensante. Je pars enfin pour ne plus rester piéger par mon marasme quotidien et mon récent fiasco amoureux. J'avais écris à cet endroit d'autres mots que je laisse sur ma clef usb, des mots de pardon. Si par malheur je ne rentre pas à la date prévue, soit le 2 janvier, je demande à mon frère Pierre de rajouter ces mots de pardon adressés à divers personnes sur mon blog et cela dans un billet à part. Par ailleurs, je ne serai sans doute pas joignable par téléphone pendant ces quelques jours qui sépare Noël de Nouvel-An par volonté de tranquillité intérieure. Je demande à ma famille de ne point paniquer et de ne pas envisager le pire. Je ne pense pas au pire mais au mieux être. Au retour de mon apparence, au droit à la différence, à la possibilité de prendre soin de moi, de laisser le mirage de la disparition derrière les dunes de mon passé.

 

J'en viens au point brûlant de mon initiative. J'encourage mon pays, la Suisse, à explorer une nouvelle piste post-désastre de Copenhague dans la négociation difficile concernant la libération de nos deux otages. Cette piste serait celle d'investissements engagés par la Confédération dans les technologies solaires et les énergies renouvelables en faveur d'établissements hôteliers et touristiques sur le territoire libyen en lieu et place d'une quelconque rançon, cela dans une sortie de crise des plus profitables pour les deux parties. D'une part, cela empêcherait de considérer les Libyens, son Gouvernement et la famille Kadhafi, comme des rançonneurs tout en obtenant pour eux une compensation financière indirecte et conséquente dans leurs entreprises hôtelières multinationales afin de laver l'affront subi (ressenti comme tel) par Madame et Monsieur Hannibal Kadhafi à Genève. D'autre part, la Suisse pourrait trouver ainsi, en évitant de trahir ses institutions et en rebondissant positivement sur l'échec de Copenhague, l'opportunité d'implanter des projets technologiques propres « made in Switzerland » en Afrique du Nord sans avoir ni à céder à un chantage indigne ni à être les dindons d'une farce tragique et grotesque. Monsieur Muammar Kadhafi, vous seul et votre fils Hannibal détenez la clef d'une sortie de crise positive puisque vous êtes, avec votre fils, les deux personnalités qui avez aussi proposé brutalement et de façon ubuesque le démantèlement de la Suisse, voir son atomisation! Absurdité que vous devez renier. La Suisse possède les écoles hôtelières formatrices de cadres compétents pour vous, les plus réputées au monde. Et la Suisse nous annonce ces jours le fâcheux travers de s'enfoncer dans le maintien de ses vieillottes centrales nucléaires. Votre voeu d'atomisation, Monsieur Hannibal K, pourrait involontairement se réaliser à travers une certaine bêtise helvétique digne de feu le Soviet Suprême. Aidez plutôt la Suisse à construire son industrie solaire de génie par la contrainte douce puisqu'elle traîne ses sabots d'argent dans la nostalgie nucléaire! Votre voeu serait ainsi plus proche de l'éthique de votre religion et vous redoreriez aussi votre blason de fils fréquentable jusqu'à Genève... du moins chez les gens qui pensent futur de l'humanité et de la planète.

 

J'encourage ensuite la Libye et son Guide de venir à la rencontre d'un Suisse ordinaire qui s'est déplacé en terre arabe et sur le terrain hôtelier d'un roi manager pour tenter de comprendre pourquoi tant de méfiance réciproque, pourquoi tant de haine latente entre la famille royale et la Suisse. Lui et sa famille sauront me trouver facilement s'ils le désirent. Je ne souffre ni du complexe hôtelier ni de la tente bédouine et maîtrise, selon les circonstances, le mode diplomatique. Formation hôtelière genevoise réussie et vécu chez les Indiens Sioux obligent.

 

Au cas où ma trace se perdrait dans le désert tunisien, je confirme que je tenterai une approche amicale de la famille Kadhafi sur sol « neutre » tunisien. Je demande d'ores et déjà à la famille libyenne de considérer ma venue en Tunisie (puisque la Libye rejette actuellement les Suisses) comme une visite non officielle de courtoisie, la visite d'un citoyen suisse trouvant insupportable l'assignation à résidence d'innocents par un régime officiel en place qui devrait montrer l'exemplarité en matière humaine. L'image de la Libye est ternie comme celle de la Suisse avec le triste résultat de sa votation sur les minarets. Les droits de l'homme sont attaqués de part et d'autre de la Méditerranée. La paix religieuse et la laïcité sont en danger de mort, dynamitées par les partis politiques extrémistes, les fondamentalistes religieux, et les terroristes. Nous pouvons rétablir une image plus conforme à la démocratie, aux droits de l'homme, aux efforts consentis des deux côtés du mur de l'indifférence et de l'inconnaissance de l'Autre. C'est ce Défi que j'aimerais relever avec vous, Monsieur le Guide de la Révolution libyenne. C'est ce Défi valable pour l'humanité entière que je viens engager avec vous, Monsieur Muammar Kadhafi, un Défi qui va de pair avec le Défi climatique. Un monde autre est à bâtir. Un monde moins gaspilleur, moins frénétique, moins tape-à-l'oeil et plus solidaire, à la fois plus amical et moins cynique, y compris avec les plus faibles membres de la société humaine. En tant que leader musulman écouté et respecté, des femmes en particulier, vous êtes un personnage progressiste du combat pour faire muter tranquillement les théocraties monarchiques qui survivent un peu partout dans le monde musulman en sociétés musulmanes laïques modernes respectant au mieux les droits de l'humain et des peuples, les droits des femmes et des enfants. De mon côté, je suis un simple citoyen de cette Suisse multiculturelle ayant perdu peu à peu la confiance en ses valeurs humanistes, de ce pays qui attaque sournoisement les valeurs des Autres, ces étrangers venus s'établir chez nous en Suisse en toute tranquillité.

 

Monsieur Muammar Kadhafi, votre pays, la Libye, a joué jusqu'ici de manière cynique avec la détention de deux ressortissants suisses alors que ceux-ci n'ont rien à voir avec le différent qui sépare la Suisse et la Libye dans l'affaire de votre fils Hannibal Kadhafi. Ces deux personnes ne méritent pas le sort qui leur est réservé dans votre pays. Après 17 mois de privation de mouvements, ils ont largement le droit de retrouver la liberté pour les fautes bénignes qui leur sont reprochées. Je vous demande donc d'user de votre clémence en libérant dans les jours qui viennent ces deux personnes retenues hors des lois coutumières qui lient normalement des Etats modernes et démocratiques. Et ensuite, seulement, de négocier avec la Suisse les dédommagements que votre fils et son épouse exigent pour votre arrestation transformée par la suite en plans médias et conte malsain à dormir debout.

 

En attendant une issue heureuse à la crise helvético-libyenne, je propose aux médias la chanson de Patricia Kaas « Auf Wiedersehen, Lili Marlène » plutôt que de faire du sensationnalisme. Les Murs sont d'abord érigés dans nos têtes avant d'être construits géographiquement et économiquement. Que personne n'oublie en Suisse les assignations à résidence d'innocents pas plus que les votes négatifs sur les étrangers. La xénophobie et le racisme étaient le fond de commerce d'un personnage aussi hideux que Hitler. Il faut se le rappeler.

 

Je me rends en Tunisie non par esprit d'intimidation, ni de provocation ou de confrontation mais par esprit d'apaisement, d'amitié et de réconciliation. Je suis certain que vous aussi aurez à coeur, en Suisse comme en Libye, de respecter mon engagement pacifique qui ne représente qu'une petite initiative complétant toutes les autres prises du côté suisse et libyen pour libérer nos deux Suisses retenus à Tripoli. Si mon initiative est considérée comme inutile et non avenue par le clan Kadhafi et les autorités libyennes comme helvétiques, je demande, comme ultime moyen démocratique d'un citoyen helvétique libre et souverain, l'échange de prisonniers et le cumul des peines de nos deux ressortissants helvétiques sur ma personne considérant dès lors qu'ils seraient condamnés à la prison pour représailles contre la Suisse par le régime libyen, donc parfaitement interchangeables avec un autre ressortissant suisse. Et en lieu et place de la prison, je demanderais alors une faveur exceptionnelle à la famille Kadhafi: un séjour correspondant à la peine totale cumulée de Mrs Rachid Hamdani et Max Göldi au sein d'une tribu bédouine de son choix. J'exige de la Confédération suisse qu'elle ne verse aucune rançon pour ma libération au cas où je me ferais enlever durant mon séjour en Tunisie.

 

« Espérons que la bonne volonté continue et qu'on les laisse rentrer dans les prochains jours. Je ne me sens pas prête à attendre de nouveau seize mois. Ni même un mois, ni quinze jours. La patience a des limites. » Bruna Hamdani, vendredi 13 novembre 2009 in Le Matin Orange.

 

Ne jamais désespérer d'une situation. C'est la meilleure des façons pour faire échouer une opération qui tient du miracle. Notre monde ne va pas bien. Nos démocraties, modèles de liberté et de Droits de l'Homme, sont rongées de l'intérieur par le cynisme aveugle et l'égoïsme étroit de l'ultra-libéralisme. Une belle fille d'apparence saine se vendant sur le marché amoureux comme un sac Louis Vuitton ou une BMW est une fille qui a jeté son romantisme à la corbeille boursière et l'a transformé en arrogance froide et valeur pécuniaire. Comment faire triompher l'amour sur la haine dans ses conditions-là? Comment éviter le cynisme et le fascisme d'un comportement malsain sous l'apparence et l'agenda d'une vie saine et luxueuse? Comment faire la paix et l'amour quand tout dépend du porte-monnaie?

 

Paix aux femmes et aux hommes de bonne volonté.

 

Bien à vous tous. A bientôt.

 

Pacha K Mac

 

Et aussi en Suisse et dans le monde notre planète a (mal) tourné depuis Halloween...

 

 

Photos-00554.jpg

 

 

picture034_66.jpg

 

Mister K d'O

 

 

picture022_88.jpg

 

« Das ist die Schweiz! » Alena Weber spielt Adolf Hitler

IN 20 MINUTEN, 09 DECEMBRE 2009

 

Pourquoi les femmes françaises ou italiennes

se pensent libres alors qu'elles doivent obligatoirement

coucher pour gagner un casting et un matelas d'argent à la télévision?

Parle-t-on encore de libre disposition de son corps ou d'exploitation?

Quels sont les femmes et les hommes qui se révoltent en Occident?

 

Pourquoi certaines femmes issues de l'immigration

se pensent libres alors qu'elles recouvrent intégralement leur beauté

pour convenir à leur religion et au respect de leurs maris?

Parle-t-on de libre disposition de son corps ou de manipulation?

Quels sont les femmes et les hommes qui se révoltent en Orient?

 

Qu'est-ce que le machisme?

Qu'est que le féminisme?

Qu'est-ce qu'une culture démocratique et libre?

 

Si la liberté démocratique de vivre dans le vice

se moque et déclasse la liberté de vivre dans la vertu

alors il n'est point vertu de respecter la façon de vivre

de gens qui se vautrent dans leur propre contemplation du vice

en méprisant le style et la vie des personnes vertueuses.

Et vice versa.

 

Les religions doivent respecter celles et ceux qui sortent du Chemin de Dieu.

Celles et ceux qui ne croient pas en Dieu doivent en respecter religions et symboles

tant que les symboles religieux ne portent pas atteinte à la dignité et à la liberté humaine.

 

Est-ce la faute à Ali Kebab et sa formidable fausse campagne publicitaire

si le vote sur les minarets a débouché sur un résultat craintif?

La religion c'est comme la cuisine.

Si les minarets et les mosquées ne sont pas les bienvenus en Occident,

alors pourquoi les restaurants indonésiens, marocains ou indiens

seraient-ils les bienvenus?

Il suffit de penser à l'architecture visionnaire mixte de la cathédrale inachevée

de Gaudi à Barcelone, d'admirer ses puissants et hauts « minarets »

pour apprécier le melting-pot architectural du sacré dans notre modernité.

 

Une société qui n'a pour valeur

que l'acquisition de biens matériels,

la jouissance exclusive de plaisirs sexuels,

et le dénigrement systématique des dons spirituels

est une société perdue,

sans repères amoureux et amicaux basés sur la nécessaire

complémentarité de tous et la complexité de chacun,

donc sans avenir durable.

 

Une société qui n'exprime plus sa compassion

pour un handicapé mental sautant dans la cage d'un plantigrade

pour sauver la précieuse photo de sa petite amie,

pire, société qui menace même de mort cet handicapé amoureux,

société offrant pots de miel, prières, et prêtant héroïsme à l'animal sauvage

alors même que cet animal familier a failli tuer un être humain en détresse,

est une société malade qui dérive dangereusement

vers un modèle hitlérien de gestion la société (dédicace à Alex).

 

L'être humain naît seul au monde.

Il ne peut que se forger un chemin et un destin personnel

ou rester insignifiant pour la postérité.

Son choix final ne se situe qu'entre sa volonté

d'aimer l'être humain ou le haïr.

Les hommes les plus marquants de l'Histoire

connaissent une destinée tragique

car leurs rêves dépassent l'entendement commun.

Ce sont pourtant ces « grands » hommes qui affirment

l'appartenance des humains à un futur possible

ou provoquent au contraire

une apocalypse définitive du règne humain.

Sans l'Amour du beau, l'homme n'aurait été qu'une misérable créature.

Sans la Haine du misérable, l'homme n'aurait jamais connu le « Progrès ».

 

Hitler aimait le beau.

Mais sa haine du misérable,

de sa propre laideur intime

renforcée par l'image des Autres,

a fait de lui un monstre

qui a voulu le progrès et l'avènement d'une race pure

débarrassée des tares de la nature

et vivant au milieu d'une pureté et d'une virginité naturelle.

Gardons-nous tous de rêver comme lui!

 

Paroles fraîches et rances d'un Suisse

défenseur des Droits de certains Suisses:

« Si je m'étais retrouvé face au même extrémiste islamiste

sur le plateau d' « Infrarouge » à la TSR, je serais aller au contact

et je l'aurais réduit en pièces! J'aurais désossé Tamimi! »

 

Oskar Freysinger, le lendemain de son débat avec Tamimi

sur la chaîne de TV Al-Jazira le 08.12.2009

 

Dans les années 30 sévissait un peintre raté.

Aujourd'hui sévit un poète raté

qui se sent porter par le peuple helvétique.

Que la Suisse prenne garde à sa paix et à sa prospérité.

Monsieur Freysinger, il est temps pour vous de lire

« Un Juif pour l'exemple » de Jacques Chessex.

Vous devenez hélas la caricature effrayante du « gauleiter »

sorti de son opérette rhénane, le garagiste Fernand Ischi.

Même si vous ne désossez (encore?) que symboliquement

vos contradicteurs musulmans extrémistes,

vous semez gravement les graines de la discorde

parmi notre population multiculturelle et multiconfessionnelle.

Les ouragans fascistes se programment dans nos têtes

alors que la Terre nous signale son désarroi.

 

Quarante ans après « On a marché sur la lune ».

Vingt ans après la chute de la dictature Ceausescu.

Dix ans jour pour jour après le passage de « Lothar »,

la forêt suisse ne sent plus globalement le sapin.

Les chênes et les (h)êtres ont retrouvé leur place feuillue et couillue.

Les sapines peuvent se rhabiller avec pudeur.

Cinq ans jour pour jour après le tsunami,

une Aline magnifique de Bangkok m'est revenue et m'attend.

Pourtant, quarante ans après la Révolution libyenne,

je viens d'abord à vous, Monsieur Muammar Kadhafi.

A vous de me prouver que je n'ai pas perdu la raison.

 

Je termine par un petit conte philosophique du Père Noël arabe, rôle que j'ai tenu pour mes enfants dans les années 90.

 

Le Père Noël arabe posa cette question au fou: « Sais-tu pourquoi les femmes infidèles s'appellent les résineuses dans le Coran apocryphe? » Le fou répondit: « Parce que les sapins s' engluent tous à leurs contacts, tombent en quantité dans les ouragans, et brûlent en crépitant comme des feux de joie en enfer. »

 

Le Père Noël arabe posa alors cette seconde question au fou: «  Sais-tu pourquoi une femme fidèle s'appelle une glandeuse dans le Coran apocryphe? » Le fou répondit: « Parce que les glands proviennent du même chêne et que la femme offre les plaisirs de ses charmes qu'à cet arbre-là en le fortifiant dans la tempête et les cyclones. Au moment de tomber, le chêne brûlera au paradis. »

 

«Bien. Choisis ton K d'O! » s'exclama le Père Noël.

 

Et le fou prit le verre d'eau qui se trouvait sur un cristal de roche. « Et pourquoi donc ce K d'O du pauvre? » questionna le Père Noël arabe. « Parce que lui seul a le pouvoir de me sauver de mon désert intérieur et de me ramener chez moi, parmi les miens. J'ai trouvé mon arpenteuse sur la route. C'est elle qui me donne le sens et la mesure de la distance parcourue dans ma vie  ».

 

à Tiger Woods, le golfeur « parfait » aux 18 trous, et à nous tous, Occidentaux ou Orientaux, qui avons tous à balayer des tonnes de détritus, d'hypocrisies, et de crimes. Fidèles et infidèles se doivent d'accepter la biodiversité des humains si l'humanité veut survivre à son chaos.

 

Pour celles et ceux qui m'apprécient à leur façon, souhaitez-moi bon voyage... et bon retour. Car finalement, je me demande désormais si c'est en Suisse ou au Grand Maghreb que je risque le plus ma vie et la haine d'une partie des populations.

 

 

P25-12-09_20.266.JPG

 

The Pacha K Mac family en 1983

dessin de Lorenzo (Italie) rencontré à Yellow Thunder Camp en 1982

dédicace à Kim Piccard, designer de mode Innu

 

 

 

 

 

 

 

10:24 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (5)

30/10/2009

Halloween et Toussaint

Au coeur de l'automne, deux fêtes se succèdent, voir se chevauchent, dans les couleurs flamboyantes de la nature.

Halloween plaît aux enfants. Elle indispose nombre d'adultes qui ne comprennent pas l'importation de cette fête américaine dans nos contrées. D'origine celte, donc européenne, cette fête a pourtant pris pied chez nous, dans nos assiettes, et dans nos nouveaux rites modernes. Les gamins se ruent sur les courges pour les transformer en gentils monstres de la nuit illuminés par la flamme des bougie, la flamme de l'espérance et de la paix. Les parents ou les autres personnes s'occupant des enfants aident à donner des allures de bête carnivores aux végétaux pacifiques de leurs enfants tout en se racontant des histoires de films gore, de fantômes, de disparition, de résurrection de vampires et autres malheureuses créatures, zombies laissés pour morts par la société, partis sans laisser d'adresse, tomber dans la bouche du monstre capitaliste.

Cette fête nous donne aussi l'envie de nous retrouver sur la place du marché pour trouver les courges succulentes qui vont finir dans nos assiettes. Un légume qui convient autant à la confection de plats salés que sucrés, à des décorations subtiles avec ces fils spaghetti. C'est le côté gastronome de cette fête pour tous les gens qui passent plus de temps dans leur cuisine que devant la télévision.

C'est alors que succède la Toussaint, la fête religieuse de tous les morts. Les familles se rendent au cimetière, vont prier sur les tombes ou juste faire un petit signe de souvenir à leurs proches décédés.

Nous assistons pendant ces deux jours à la réconciliation des vivants avec leurs morts, à la troublante sensation de notre totale fragilité devant notre propre existence et celles de nos proches. Nous frissonnons d'effroi en imaginant quelques films que nous avons vu au cinéma ou à la télévision; nous nous enlaçons entre femmes et hommes pour nous rassurer sur la force indestructible de l'amour; nos enfants se blottissent dans nos bras et nous demandent de leur raconter une histoire de loup garou ou de vieille sorcière, nos vies semblent prendre la couleur des arbres, flamboyantes, intenses, émotives, poétiques, comme une ultime et fantastique victoire de l'agonie de la vie sur la mort.

Bon week-end d'Halloween et de Toussaint à toutes et à tous.

 

picture034_24444.JPG

 

Surnaturel technologique et nature

 

picture051_888.jpg

 

Cherchez l'intruse...

 

picture022_77.jpg

 

Alors Paris, on la fait ensemble cette bonne soupe?

 

picture034_55.jpg

 

Lôzane bouge!

Brélaz a croqué à la soupe de Paris.

Mais c'est lui qui enfante l'avenir vert.

Et elle qui colore le ciel de son Matin Orange.

L'homme enceinte et accouche dans la douleur!

Mais de quel exploit est-elle donc encore capable, cette Paris?

Coucher avec un potimarron

et lui faire un enfant illégitime dans le dos?

 

 

 

08:48 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (14)

29/10/2009

Docteur K et Missise Way

Dany Boon, le réalisateur des « Ch'tis » n'aimait pas porter le K-Way, sorte de coupe-vent qu'on enfile par la tête qui peut être fabriqué sous sa forme ciré ou coton.

Sorte de carcan, voir de camisole de force, le K-Way n'est plus guère un vêtement porté par les jeunes sauf sous sa forme rappeuse. Après avoir été l'habit des marins et des petits enfants, il est devenu celui de la révolte.

Camisole de force ou protection contre l'invasion extérieure soudaine? Enfant, Dany Boon n'aimait pas le K-Way. Adulte et célèbre, il pourrait bien retrouver les vertus du K-Way. Histoire à suivre...

L'autre volet de ce billet, c'est la question qui s'est faufilée à l'insu de mon plein gré dans mon esprit. Si Docteur K et Missile, pardon Missise Way se mariaient un jour, ils formeraient le couple K-Way. Et si le grain de folie qui habite les deux personnages principaux de ce blog s'unissait pour un mariage, se fabriquerait-il alors une camisole de force emprisonnant leur personnalité dans un sidérant conformisme bourgeois?

Chères lectrices, chers lecteurs, je vous laisse le soin de la réponse. Ce qui est sûr, c'est que, admettons qu'elle et moi soyons alors célèbres et reconnus, nous nous retrouvions au restaurant à s'asseoir dos aux gens pour ne pas être épiés du regard, face au mur, à vouloir raser le mur pour y voir la mer... Je vous explique pas la gueule et la déprime du repas de couple en tête-à-mur.

Comme têtes de tronches jamais contentes de ce qu'elles ont, nous sommes bien les meilleurs du monde. Heiiiiiiiinn! Qu'est-ce que t'a dit? Couchepiiiiiin Président d'Europe? Tu m'as pas dit qu'il voulait être Président libyyyyyyen pour offrir de nouvelles bottes au Colonel Kadhafiiiiiiii?

 

picture0377_5.jpg

 

Dany Ch'tis Boon:

« Ma fabrique d'armes à moi. Le cinéma »

Et si Pascal Couchepin invitait

Mouammar Kadhafi à une psychanalyse sur le divan de la Fondation Gianadda

pour créer une oeuvre dadaïste?

 

 

 

09:03 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (2)

26/10/2009

New-York Métro Cinéma

J'aimerais être un humain du XXIIIème siècle pour savoir si la démocratie globale a réussi où si elle a échoué à cause de nous.

 

DSC0095211.jpg

 

pas ordinaire, je suis née reine de beauté

 

DSC009521413.JPG

 

pas ordinaire, je suis restée 30 années anonyme

 

DSC00952111.jpg

 

pas ordinaire, je jouis de l'immunité culturelle

 

picture022_464.JPG

 

pas ordinaire, les puissants jouissent de moi

 

0610200916911.jpg

 

pas ordinaire, les puissants dictateurs observent mes rôles

 

picture022_44.jpg

 

Mais les puissants dictateurs ne s'excusent jamais pour rien.

Ils demandent toujours excuses, réparations et dédommagements

quand la Justice les considère en citoyens ordinaires.

 

Victoire ou capitulation de la démocratie

devant le pouvoir tout-puissant des dignitaires?

C'est aussi le vrai symbole et la vraie raison

de l'enlèvement de deux citoyens ordinaires suisses

par la famille Kadhafi.

New-York Métro Cinéma. J'ai pris mon ticket

pour pénétrer dans leurs souterrains obscurs.

 

Votre Honneur Mouammar Kadhafi,

Votre Honneur Hannibal Kadhafi,

au nom de ma citoyenneté ordinaire de ce pays

et d'acteur de l'Internet,

je vous demande de libérer sans condition

les deux otages suisses que vous retenez en toute illégalité.

 

Votre bouffon bien-aimé.

 

Promettre un sac à pain Louis Vuitton biodégradable pour Noël

à une fille qui s'offre à un homme pour une nuit,

et ne jamais le lui faire parvenir.

C'est là tout le misérable mépris de certains hommes

pour les actrices de joie en quête d'un prince charmant.

Sont-ils nids d'abeille ou vilain toc en pétrole plastique,

ces puissants hommes qui cherchent à vivre éternellement?

 

picture0222_421.jpg

 

P.S. Si j'étais blogueur au pays de Kadhafi, je serais depuis longtemps torturé et mort. Je n'aurais pourtant frappé personne. Mais je serais mort pour m'être exprimé. Et c'est à ce régime-là, à ces gens-là, que la Genève des Droits de l'Homme devraient des excuses? Et c'est un ex tenancier de salles de cinéma helvétiques qui demande cela sur les chaînes de télévision? O.K. Mais alors ne dénonçons plus sur les terroristes si nous-mêmes nous ne nous considérons plus comme les défenseurs de la démocratie. Complices objectifs d'actes abjectes, nous n'avons plus aucune crédibilité. Et encore moins pour s'occuper de culture et de cinéma soit disant en grands défenseurs des droits humains.

 

 

16:05 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (4)

19/10/2009

Pour enchaîner...

Pour enchaîner...

une pensée de poète

à une église de bien-pensants,

il y faut beaucoup de mauvaise foi.

 

Pour enchaîner...

l'amour de la vie

à l'horreur du crime,

il y faut beaucoup de fanatisme.

 

Pour enchaîner...

à vie un homme-chêne

à sa bibliothèque des livres,

il a fallu un médecin de la mort qui a abusé de la liberté.

 

 

à Jacques Chessex,

qui n'a pas pu enchaîner au-delà

pour cause de cyclone médiatique

l'ayant arraché à sa terre natale.

 

Ce n'est pas au saint de prouver son innocence mais au criminel de se confronter à sa propre culpabilité. L'homme étant une créature de Dieu et de Satan, c'est à sa part satanique qu'il doit s'attaquer pour découvrir la sainteté de son âme. La religion, dans son dogmatisme, pousse au contraire. Et le religieux intégriste finit par devenir un danger pour lui même et pour toute la société.

Un écrivain engagé, c'est un clown intégral et une basketteuse qui tapent leur ballon ensemble sur un mur de silence en attendant que le mur s'ouvre pour inventer un autre monde.

 

 

picture037_1.jpg

 

 

picture022_111.jpg

 

 

picture0222.jpg

 

 

picture034_11.jpg

 

 

picture0242.jpg

 

 

picture022_21.jpg

 

 

 

 

15:31 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (6)