26/04/2009

Formule 1, l'or vert va supplanter l'or noir

Une course de Formule 1 en Suisse pour 2023? On ouvre les paris. Et pas n'importe quelle course. La première qui ouvrira une nouvelle époque. Celle des meilleures pilotes du monde qui courront avec des voitures solaires sur des Circuits de Formule 1 alimentée en énergie verte.

 

Et qui sera le sponsor principal de l'écurie suisse? UBS, la plus grande banque suisse, voir mondiale, au label vert.

 

Comme aurait dit Einstein, la machine de notre cerveau est construite pour remonter dans le passé, vivre au présent, et imaginer l'avenir. L'important étant d'alimenter notre machine au moyen d'un cœur spirituel adulte qui fonctionne le plus régulièrement possible dans le sens de la liberté, de l'intelligence constructive, de l'échange altruiste. L'égoïsme devant rester canaliser à notre façon enfantine de réagir à nos manques, nos frustrations, nos divers désirs jamais assouvis et impossibles à assouvir dans leur intégralité.

 

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"Or vert, Or noir"

d'après "Nuit étoilée sur le Rhône" de Van Gogh

 

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Cityboy, Geraint Anderson, le repenti d'un trader de la City

Un livre sur les années folles de la Finance. Un livre sur son fascisme à elle. Diriger le monde, dépouiller les gens crédules, de bonne foi, rêvant encore aux miracles financiers, et s'éclater entre amis de même classe et de même condition en ignorant le reste du monde.

 

Un livre sur nous. Un livre qui parle de nos fantasmes sexuels, de notre cupidité, de notre désintérêt pour les gens largués, les peuples soumis, les populations sinistrées, de notre irrespect de la nature, de notre violence consommatrice. Un livre qui peut aider à y voir plus clair sur nous. A voir aussi ce que nous reproche l'orient, notre corruption, notre libertinage pas forcément sain ni sainement assumé.

 

Un livre qui peut aussi nous donner l'envie de passer à autre chose. Au développement vert, par exemple, en imaginant que le pétrole vert est le pétrole le plus prometteur en matière de répartition démocratique et décentralisée. Un livre à lire pour toutes celles et tous ceux qui sont fatigués par notre arrogance, notre façon de croire qu'on est si merveilleux, que sans l'Occident, le monde serait encore pire.

 

Oui. On peut sans doute apprendre de ce livre. Et renaître pour vivre au contact de la liberté, celle qu'on assume pour soi et pour les autres. Vivre d'amour, d'argent et de sexe, mais autrement. "Un peu plus à l'Ouest " dit le professeur Buzz Tournesol en laissant vibrer son pendule de Prague. "Notre trésor est là-bas." Mais mille sabord, puisque mon sextant me montre que La Licorne est par là. Vous êtes à la masse, cher Triphon." répond, incrédule, Haddock.

 

Nous libérer de la trop grande dépendance au pétrole et développer les énergies renouvelables, pourra aussi donner l'espoir aux peuples du Sud et d'Asie de connaître bientôt la démocratie. Ce ne sera pas une mince victoire qui sera due autant à notre volonté qu'aux énergies renouvelables.

 

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"Les yeux de Van Gogh"

œuvre mobile tirée de

"Les Oliviers" et "Nuit étoilée sur le Rhône"

 

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UBUBUS 380, Opus 22 de Ludwig van Beethoven (suite)

Queue de piano complète avec jeu de cordes métalliques à céder contre prix d'entrée du spectacle. Le frangin de Bernard Haller, Dodièse le Vampire pour ses amis de corbillard, joue dans son cercueil volant avec ses doigts pour Elise et son fameux clair de lune:

 

"Mais pourquoi donc suis-je tombé en amour pour cette chasseuse de devises? O dis Ludwig. V'là l'orage et cette crise de surdité qui ne s'arrête pas. Avant de partir, t'as encore oublié notre linge pendu à l'araignée, Elise. Sais-tu que le Père Stewi, ce coquin, accompagne ton Dodièse dans la tombe? O Stewi Wonderful, miracle musical de Pâque qui fait remonter cent fois de 4 centimètres par mouvement la mini-jupe d'Elise au-dessus de son gazon tondu. Merci ma libellule pour tous ces instants magiques dans le pré. La fête passée, adieu la sainte.

 

Elise, ton public se pince. A Linges, le club des maris crocus est impatient. Comme d'habitude. Ils t'attendent sur le ring, pendus à tes strings, tes bas et tes jarretelles. Les croque-miches vont encore poser leurs vilaines peluches sur ton corps de nunuche. Le croque-mort enlisera de sa tour de Pise mon Elise contre ses petites devises. Sables mouvants. J'enfonce la pédale. A fond. Je dois tenir. Tenir l'accord haut et fort, rigide, émouvant. A quoi con sert-elle cette pédale? Son inventeur a dit qu'elle rendait le grotesque gaie et burlesque. J'embaume les fleurs d'Elise. Mais ça pue tellement la merde. Et cette pédale, c'est infernal. Pioche Dodièse. Pioche encore sur les notes. La saillie du croque-mitaine n'attend plus. Elise ne s'entend pas. Trop sourde, la gamine. Par saccades de notes, ça frétille. Ahhh mon cœur! Pollution nocturne sur mon clair de lune.

 

Dodièse rêve trop et court sur son piano. Hein? dis mon Elise. La plage, la mer, le fric. Il fait chaud, si chaud. Et toi, Elise, ton violon, lentement, lentement, accélère accélère. Non! Non! Ce n'est pas possible, tout ce sable blanc et gluant dans ta soupe et tes cheveux blonds. C'est affolant. Quand c'est fini le festival recommence encore et encore. C'est dégoûtant. Dodièse rêve. Elise n'est pas là. Il fond l'amour en solitaire. Et son bronze ressemble au Baiser de Rodin.

 

A Linges, v'là le Père Madoff et sa vieille pute de Clitoplâtre au nez de pyramide de Pozzi. Ce n'est que ce minable appareil structuré qui a produit une lame de fond sur les bourses de ces messieurs néolibéraux. Quel pif! Des dizaines de milliards de spermatozoïdes perdus dans des placements soyeux et douteux. 20 ans que ça dure. ça ne finira jamais. ça recommence déjà. Je le sais. Je la vois se pincer de rire avec les traders de Linges. Oh je dérapage, mon Elise volage. Nicolas joue au garde-barrière avec Carla. Dodièse joue au garde-valise avec Elise. La différence flagrante entre tenants du protectionnisme et aboutissants du tout libéral."

 

Pang! Un son assourdissant sur la scène. Dodièse a les mains écrasées. C'est Elise, étendue nue sur le piano, obsédée par le piano à queue de son Dodièse, qui met fin à l'opus insupportable. Elise est là mais Dodièse, aveugle et portant depuis toujours de grosses lunettes noires, ne l'avait pas vue.

 

"O Elise! C'est toi, mon Amour? Ce coup de couvercle définitif sur mes doigts brûlés, est-ce pour me garder enfin près de toi?"

 

Le pianiste se lève de son tabouret. Il baisse son froc en tournant le dos en sol majeur à son public. Le piano à queue danse et se barre avec Elise toujours couchée dessus et poussés par Dodièse. La marée verte de dollars fleurit sur le piano de leur paradis. Au Salon du livre, des gens applaudissent. D'autres hurlent leur amour, quelques-uns sifflent leur haine. Le pianiste se couche tout près des coulisses. Il se couche sur le lit des notes de frais interminables à payer. Il s'en va. Il meurt fesses à l'air, plein de fric, tête appuyée sur son piano. Elise lui caresse la tête. "Je suis toute à toi, maintenant" dit-elle. La Mort frappe les trois coups.

 

"A bientôt les enfants." a encore la force de prononcer le pianiste pour son public alors que la Camarde le prend sur la scène:

 

"Je viens t'annoncer que je m'en vais." dit d'un ton narquois, la Mort

 

"Mais quoi!? Que m'arrive-t-il? Je reviens à la vie, Elise! Elise, je reviens à la vie! Bonjour mon Elise! Bonjour mes enfants!" s'écrie vivant le poète ressuscité relevant son pantalon et saluant son public entouré d'Elise ayant enfilé une robe.

 

 

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Plonk et Replonk: le Roi de Suisse

 

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La banque spatiale, vision burlesque d'un accord à naître

Histoire vivante, Jean Leclerc: guerre secrète dans les milieux bancaires. Extraits de l'épisode 2 diffusé sur RSR1 le 6 janvier 2015:

 

"Face aux attaques massives et la gourmandise fiscale de nos grands voisins européens, l'UBS décide au printemps 2009 de transférer son siège social dans l'espace. Grâce à l'UBUBUS, l'UBU 380, la Suisse dépasse tout le monde et se place dans sa bulle hors-sol au-dessus de l'Equateur. Elle envoie ses cosmotraders les plus expérimentés dans la place bancaire spatiale "la Space Bank Of Switzerland", filiale de l'UBS et, comme par magie, il devient impossible aux nations européennes de localiser et taxer le flux monétaire. Tout le monde pense alors qu'à jouer au plus malin la Suisse va se griller. Le double imposition fiscale , qui régit le nouveau Droit entre la Suisse et ses partenaires, a du plomb dans l'aile

 

Au même moment, les Américains dominent toujours le ciel des transferts bancaires mais ils s'inquiètent et consultent. Le FBI et la CIA ainsi que les services de contre-espionnage du Président français Sarkosy sont sur les dents. On menace toujours la Suisse de la crucifier sur la liste noire, la liste des parias. Que font donc les Suisses? Les Suisses sont habiles et rusés commes des Sioux. Une cellule ultra-secrète, l'UBU XX dirigé par le Professeur Buzz Tournesol, sonde les start-up et les green tech suisses et américaines. Framboise Condom, responsable aérienne de la Voie Lactée, autre cellule secrète de la direction, scrute l'ambiance générale. Oswald Grübel, directeur général fort en gueule de l'UBS, dirige toute la manœuvre. Kaspar Villégiature, ancien conseiller fédéral, est sur le siège éjectable du Conseil d'Administration de la banque. A la moindre erreur d'investigation, tout peut capoter et le secret s'éventer misérablement dans le ventre mou et déficitaire d'une Europe de plus en plus nerveuse et réactive sous les crises de nerfs du Roi Soleil Sarkosy qui prend tous les dirigeants du monde pour des cons.

 

Le Professeur Buzz Tournesol donne aussi de l'urticaire à tous. Il scrute sous les jupes de l'Ububus 380 pour trouver les éventuels vices cachés de la nouvelle fusée biologique posée sur cette première exoplanète habitée par des humains, sœur jumelle de notre sainte terrienne flinguée, Paris Hilton, l'héritière de la chaîne hôtelière du même nom. Buzz est tellement amoureux de son exoplanète, on pourrait même dire la tête nichée dans sa lune, qu'il semble ne se préoccuper que des dix commandements indispensables au bon fonctionnement de son pilote automatique, le pendule de Prague, qui s'émeut très souvent devant cette beauté dadaïste. Cette obsession utopique semble extrêmement foireuse à beaucoup alors qu'elle paraît géniale et biblique à d'autres. Mais, fait étrange et unique, jusque là les oppositions politiques, financières et culturelles sont glissées sous l'abat-jour. Tout le monde dans la banque travaille sans rechigner au méga projet de l'Ububus.

 

Cependant les vieux serpents de mer veillent au grain. Les deniers de la banque, privés et publics, sont investis massivement dans ces nouvelles technologies solaires et renouvelables à peine sorties du sol de l'intelligence, autant dire dans le vent des collégiennes pour certains vieux réactionnaires de la droite pétrolifère et de l'ère atomique thatchérienne. Pour eux, l'UBS va trébucher et mettre ses trois clefs sous le paillasson à cause de cet enfoiré de Triphon Tournesol, surnommé haineusement "Siphon Siphonné" ou "SS" ou encore E.T. par les plus enragés de ses adversaires. La décalcomanie sévit. Les belles voitures solaires suisse, propriété de la banque, sont attaquées pendant la nuit du 21 au 22 avril 2009 par des inconnus masqués, et des croix gammées sont posées sur les châssis des diplomates qui œuvrent en coulisse. Le consortium est accusé d'être antisémite et sous l'influence de l'étrange Jeanne d'Arc roumaine qui se présente sous le nom de Comtesse Milky Way, clair de lune de Buzz Tournesol, le mythe et le rêve, l'aérobus de beaucoup de ces Messieurs, la Pucelle aux Mille et Une Nuits pour tous. L'UBUBUS, la secte des trois U pour certains, lui doit son nom pataphysicien. Beaucoup de jaloux, et certains hommes peu recommandables, dont un certain Boris Papon, sympathisant nazi, essayent de s'immiscer dans l'équipe de Grübel pour la discréditer. On parle déjà de délit d'initiés. Mais Oswald Grübel, avisé, honnête, et intègre comme un vieux sage chinois, on pourrait même dire presque divinement toucher par l'esprit saint des artistes casse-tête de l'époque, ne laisse pas la chienlit détruire l'aventure extraordinaire de l'UBU 380. "Les dindes ne tueront plus les nonnes" répète-t-il à qui veut l'entendre. Il se souvient de ces mots d'artistes laissés par Andi Warhol sur le poste à galène de jadis, Andi Warhol, le mort de New-York. Il en fait sa mascotte préférée quand ses hommes sont fatigués ou soumis au doute. Et il ajoute ces mots: "Marilyn Monroe, Milky Way, même combat. On ne baisse pas les bras. On portraiture."

 

On connaît la suite. Ce sera l'une des plus extraordinaires aventures humaines pour la Suisse de ce début de XXIème siècle. L'Amérique du Président Obama devra admettre la virtuosité du projet qui concernera l'avenir vert et technologique de toute l'humanité grâce, entre autre, au travail décisif et convainquant fait en amont par un médiateur très astucieux: Frédéric Copain, auteur des plus belles pages nocturnes de l'UBUBUS 380. Obama donnera finalement sa bénédiction au projet planétaire "Beethoven" avec un Amoureux Lagardère, comme capitaine qui aura comme unique formule magique et lien de ralliement pour donner le ton et le bon goût définitif du projet: "Banquiers, banquières, la satisfaction solitaire rend sourd à la musique divine. Ne baissez pas votre froc devant le fric!"

 

En France, Nicolas Sarkosy enragera et aura envie de crucifier pour de vrai ce vieux fou de Buzz Tournesol. On dit même qu'il inventera cette maxime douteuse à l'occasion de l'accord capital américano-suisse signé à Genève en début 2010, appelé l'accord Duty Free Green Tax, USA – SWITZERLAND: "Point d'Américano negro, point de banco Svizzero". Après la chute de la Finance mondiale, la Rédemption subite de l'UBS semblait être descendue du ciel par un coup de tonnerre magistral qui sauva la banque suisse de l'ogre européen. L'Europe pliera et signera à son tour l'accord Duty Free Green Tax avec la Suisse et l'Amérique avant d'entraîner la Chine, étouffant sous le CO2 de son charbon, et la planète entière dans la révolution verte. Une manière élégante pour la Suisse de se libérer de son secret bancaire tout en faisant évader les capitaux grâce aux produits déstructurés verts qu'elle propose désormais en toute transparence à ses anciens et nouveaux clients suisses et étrangers."

 

"Un passeport suisse pour l'espace", épisode 2, voix de Jean Leclerc, Jean-Charles Simon, Patrick Lapp

 

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"Les Cyprès", œuvre mobile,

d'après l'œuvre de Vincent Van Gogh

 

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Durban II, l'Inde, l'Afrique et les femmes de ménage

Tous les ghettos du monde nous rappellent que nos particularités individuelles, sexuelles ou collectives sont souvent l'objet de notre glaciale indifférence ou alors de ricanements, de curiosité malsaine, de rejet, d'incompréhension, de mise à distance de la part de ceux qui jugent et admonestent sans chercher le dialogue avec le sujet de l'étrange.

 

Sujet de l'étrange. Je me sens personnellement appartenir à cette catégorie depuis 17 ans, depuis mes fresques pornographiques sur le Bleu Léman. Le sujet de l'étrange peut être un Suisse, un Indien, un Africain, un Américain, un Israélien, un Palestinien, une personne née n'importe où sur la planète. Il est ni d'ici ni d'ailleurs. Il est de nul part. Sorte d'intouchable qui balaie les vitres des voitures au feu rouge ou droit devant lui dans sa cave, cire les souliers des banquiers ou relavent les casseroles après avoir préparé le dîner dans une cuisine obscure, le sujet de l'étrange n'a en principe plus d'avenir.

 

Le sujet de l'étrange circule dans un espace froid qui lui est réservé arbitrairement, clos et terriblement réducteur. Pas d'interview à la télévision ou à la radio, pas d'articles dans les journaux sur sa façon d'interpréter son univers. Le sujet de l'étrange est une sorte de personnage solitaire qui tourne tout autour de la Terre en envoyant des messages en forme de S.O.S. Il peut être un dalit indien pendu et vivant, peint par Dali au bout d'une tige de tournesol , un dalit ayant le droit de vote et d'association, devenant grand avocat ou même président d'un immense pays. Rien n'y fera. Il restera sujet de l'étrange à cause des traditions, à cause de sa condition sociale d'origine, à cause de son originalité. Barack Obama me semble le candidat actuel le plus célèbre au rôle de sujet de l'étrange. Un Intouchable en territoire américain.

 

Le sujet de l'étrange est un inférieur selon l'interprétation de la loi divine de la majorité ou de la classe dominante. On tente de le dissuader de son droit à l'égalité, soit par le silence qu'on lui impose, soit par les pressions qu'on exerce sur lui pour qu'il se taise et reste dans son coin. Si le sujet normal de la société normale n'y parvient pas, il lui accorde le challenge désiré tout en lui faisant bien sentir que c'est une faveur, ou par une erreur de casting, ou par défaut (pour Obama un parti républicain laminé par Bush et un candidat à la présidence pas très charismatique), qu'il a obtenu sa place.

 

Sujet de l'étrange. Chers journalistes, m'accorderez-vous un jour le droit de me placer sur le même pied d'égalité qu'un citoyen n'étant jamais sorti de son carcan social, et de celui qui s'est échappé de sa condition sociale pour laver son honneur, dire sa vérité à travers une écriture née de son étrange aventure?

 

Le sujet de l'étrange passe parfois pour fou auprès de sa propre famille, sa propre amoureuse, et ses propres amis si on ne lui accorde pas son droit à l'égalité. Il risque donc, plus qu'un autre, de devenir réellement fou. Parce qu'il reste à part, à l'écart du monde, et que la société a décidé de ne plus jamais l'intégrer dans son système qui ne doute jamais de ses vérités, il s'est condamné à disparaître perpétuellement. Il s'est fait minuscule pour laisser leur majuscule à ceux qui l'ont rejeté. Et pour cause. Tomber de son piédestal n'a jamais été agréable pour personne.

 

Le sujet de l'étrange ne cherche pas à destituer les majuscules. Il veut échapper au rôle ridicule d'intouchable. Devenir l'égal de son frère, de sa sœur. Etre là, présent dans les médias et dialoguer avec les autres pour ne plus être sujet de sa propre étrangeté.

 

Pas plus tard que dimanche dernier, mon fils âgé de 13 ans et qui a besoin de prouver sa testostérone naissante en gonflant ses muscles, m'a dit en me raillant: "Houhou, papa. T'es une femme. T'aime pas cogner." Je lui ai répondu que lorsqu'il me battra au bras de fer, il pourra toujours ressortir sa petite phrase assassine pour attaquer ma condition supposée d'homme macho déchu. Comme il s'est acheté un de ces objets de stretching qui rend encore plus fort et qu'il bosse pendant ses vacances à la ferme, l'heure d'être réellement une femme pour lui à bientôt sonnée pour moi. D'autant qu'il me dit souvent: "Eh papa, alors c'est quand qu'tu deviens connu. T'es qu'un bouffon." Et il rit. Et je ris avec lui en pensant au sujet de l'étrange que je suis. Femme de ménage? Cela me va, même que je n'aime pas du tout faire le ménage et que c'est mon fils qui l'assume avec moi. Réaction à ma condition de femme insatisfaite? L'homoféminisme, ça existe, cette chose là?

 

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Des anges dans les pissenlits

 

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