20/04/2008

Entre Darwin et Dieu, le combat du système D

A Darwin, la loi de l'évolution. A Dieu, la loi de l'érotisation du monde.

On dit volontiers aujourd'hui pour qu'une politique fonctionne, qu'elle doit être sexy; pour qu'une actrice ou une chanteuse rencontre un énorme succès, qu'elle doit être belle et douée d'une grande sensualité; pour qu'un homme plaise, qu'il doit focaliser sur lui toute l'attention.

Face au déterminisme darwinien, l'être humain a su créer une sorte de rempart individuel et collectif. Si le plus fort devait toujours forcément gagner, l'humanité en serait encore à l'âge de pierre. L'inventivité vient du faible. Celle ou celui qui crée se sent en permanence menacer par plus fort que lui. "Faire de l'art" signifie, en priorité, se mettre en opposition devant l'acte agressif, voir guerrier. Si Darwin avait le monopole de l'évolution déterminant l'être humain, l'homme serait resté à l'état brut, à l'état sauvage qui le maintiendrait en permanence au niveau de l'animalité.

Ce qui nous distingue des autres espèces animales, c'est notre force spirituelle à s'élever, à déclencher dans nos esprits des phénomènes de complexité qui marient évolution et érotisation de nos comportements. Si les religieux des religions monothéistes ont toujours craint le sexe, c'est qu'ils ont toujours su que par le sexe, l'être humain évolue et modifie ses concepts d'existence. Pour ces religieux, la déstabilisation des concepts dogmatiques et la subversion des esprits sont le pire. Car de leur sex symbol unique, les humains moins religieux ont tendance à en faire un personnage historique, certes important, certes intriguant et fascinant, mais plus d'une grande force transcendante pour l'époque dans laquelle nous vivons. D'où le remplacement des dieux par les dieux du stade…qui se signent souvent d'un signe de croix…

Cependant, l'érotisation du monde continue et son explication aussi. Que fait Dieu parmi nous si ce n'est de pénétrer nos consciences agissantes? Que fait Dieu parmi nos échanges sexuels si ce n'est de rendre coupables ou légitimes nos relations? L'adultère n'est plus une faute devant le juge civil. Mais devant nos consciences, notre vérité, notre demi-vérité ou notre mensonge, l'adultère est-il devenu si innocent que cela?

Un chat baise. Il ne se pose jamais la question de savoir avec qui et dans quelles conditions. Est-ce notre cas? Et si oui, est-ce une évolution ou une régression amoureuse de notre société? Et si l'on parle d'évolution ou de régression, cela ne signifie-t-il pas un rapport philosophique, voir métaphysique à notre conditionnement amoureux?

Un être humain fait l'amour, boit et mange. C'est ses seules vraies préoccupations permanentes tout au long de son existence. Pour un prêtre catholique ou une nonne, renoncer au sexe est sans doute la chose la plus difficile à pratiquer. Et pourquoi ou pour qui le font-ils? Dieu. C'est bien que par la diversion sexuelle Dieu entre par la porte inférieure des plaisirs alors que, en l'absence de celle-ci, Dieu peut nous pénétrer par la porte supérieure du désir. Cela n'en reste pas moins une sacrée histoire d'O…

Alors, il nous reste à fabriquer notre propre système D. Darwin nous a dit qu'avec sa théorie il avait bien baisé Dieu et Dieu a répondu de ses nuages que "Darwin avait bien fait car rien n'est meilleur que l'Amour". Mais, a-t-il rajouté malicieusement, "ce cher Darwin, moi je le baise chaque jour, en pratique. Et c'est encore mieux de réaliser ses fantasmes".… Comique ou cosmique, Dieu?


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Dieu, une croyance dérangeante ou un chemin vers la liberté?

Dans "The God Delusion" ( "Pour en finir avec Dieu" ), Richard Dawkins s'en prend à la religion monothéiste. Il en conclut que la religion serait aussi extravagante qu'inutile. Sans oublier d'insister sur le côté sectaire et criminel des extrémismes religieux.

Il compare la posture religieuse d'un adulte par rapport à Dieu comme celle d'un enfant par rapport à ses géniteurs. Il en vient donc à considérer l'immaturité et la naïveté de cette personne en égard à l'existence responsable et rationnelle d'une posture adulte et athée. Il complète son tableau matérialiste en peignant l'attraction pour la religion comme le produit dérivé de notre banale irrationalité, à savoir la tendance à tomber amoureux.

Il en conclut que la posture supérieure de l'athée qui nie l'existence d'une transcendance permet aux humains de s'en sortir mieux dans la vie car "l'athéisme est presque toujours la marque d'une saine indépendance d'esprit et, à vrai dire, d'un esprit sain." La sainteté athée à quand même produit des fruits assez monstrueux au regard de l'histoire du XXème siècle…

Le théologien Hans Küng donne la réplique dans l'article du Temps du 19 avril que "Dieu n'est pas à l'origine du mal. Mais dès que l'homme dispose du libre arbitre, il a la possibilité de commettre de mauvaise actions. On peut spéculer longtemps pour savoir si la liberté était possible sans le mal."

Nous voilà au cœur de l'âme humaine. Nier en bloc l'existence d'une transcendance possible ne nous met en aucun cas à l'abri du mal alors que croire en Dieu ne fait pas encore de nous des êtres de bien.

L'athéisme a mené les êtres humains vers des totalitarismes atroces alors que les guerres de religion ont jeté les populations les unes contre les autres. Dans les deux cas c'est la part tyrannique de l'humain qui a jeté la haine et la dévastation parmi les nations et entre les individus.

Nous pouvons en tirer la sagesse suivante: l'athée qui doute de son athéisme affiché cherche le chemin vers sa propre liberté intellectuelle, affective et sociale alors que le croyant qui doute de sa foi religieuse tente d'accomplir le même chemin vers la liberté.

Et nous pouvons alors imaginer qu'un athée se sente attiré par un vent spirituel qui le dirige vers une direction religieuse alors qu'un croyant pourrait lâcher l'habit de sa religion pour investir le champ de l'athéisme afin de mettre à l'épreuve l'éducation religieuse auquel il a cru…

Dieu nous laisse libre. Nos questions intimes n'obtiennent de réponses provisoires qu'en fonction du vécu que nous nous bâtissons. Darwin et sa théorie ne peuvent pas tout expliquer. L'étrangeté du mal et sa puissance destructrice, l'énergie inégalée et inégalable de l'amour ne peuvent être rationnellement expliquer par la science. Les forces naturelles ne sont pas de même nature que les forces surnaturelles qui ont porté un Mahomet, un Christ, un Gandhi ou un Hitler, un Staline, un Pol Pot au sommet des volontés humaines. La puissance psychologique d'un individu, l'attrait pour le bien ou le mal, ne s'explique pas par la seule volonté d'un individu ou d'une collectivité. Pour mettre en route un mécanisme de bienfaisance ou de malfaisance il faut soit l'amour qui dirige l'action, soit un fort penchant au mal qui engendre la haine et la destruction. Pour créer ce climat d'amour ou de haine, l'être humain est accompagné de son aura qui navigue entre son pôle magnétique positif et son pôle magnétique négatif. Si la désintégration de l'atome provoque une explosion atomique, l'amour et la haine peuvent également provoquer des réactions en chaînes quasi irrationnelles. D'où le mysticisme de certains et des êtres qui deviennent des symboles de Dieu; d'où les génocides d'autres qui sont le fruit de l'horreur des hommes, de leur esprit de puissance, de domination et de soumission.

Les êtres humains se sentent bien à l'équateur car il y fait chaud, le climat n'y est pas trop variable, le bien et le mal sont partagés de manière équitable entre les gens.

Dieu peut-il intéresser les athées? Oui. Mais à une condition: comme l'Art, Dieu ne se laisse ni domestiquer ni soumettre. Il demande un travail assidu, une attention à notre entourage et au monde soutenu, un esprit de créativité développé et un refus de tout dogmatisme aliénant, une porte ouverte de l'esprit sur l'inconnu, une confiance dans l'aventure malgré la souffrance, les obstacles, les doutes, voir le rejet provisoire de nos croyances. Car être athée est aussi une croyance. "Si je ne te crois pas, c'est donc à ma réflexion rationnelle ou irrationnelle que je crois." Dieu est pareil au mendiant qui tend la main devant une banque. Il nous regarde et nous parle en silence: "Si tu ne me vois pas, passe ton chemin sans crainte. Peut-être me reconnaîtras-tu un autre jour. Si tu me vois et m'ignores, ne t'inquiète pas pour moi mais inquiète-toi de ton cœur froid. Si tu me donnes une pièce de monnaie sans me regarder, ta gêne et ta culpabilité ne te sauveront pas. Elles ne feront que te pousser plus en avant dans ton propre mur. Si tu ne me donnes rien mais que tu me salues et me rends un sourire, je sais que je peux te compter parmi les humains qui cherchent le chemin."

Dieu est une affaire trop sérieuse et impérieuse pour que les humains ne s'en remettent qu'aux paroles et écrits de quelques gourous athées ou croyants. Dieu est d'abord notre histoire personnelle et une interrogation entre le "je" terrien et le "je" immortel.

La vigilance doit sans cesse nous guider. Richard Dawkins: "faire prendre conscience qu'il est réaliste, courageux et merveilleux de vouloir être athée." A quoi nous pouvons répondre: le réalisme socialiste a conduit à la catastrophe; le courage des populations n'a pas suffit à créer le paradis sur Terre mais il a construit des goulags et éliminé des millions de conscience assassinées pour déviance au dogme matérialiste; le merveilleux de ce conte athée a créé, entre autres, la secte des Mao et des millions de petits croyants naïfs volontaires qui ont crevé à la petite semaine jaune…

Il est peut-être sage de garder Dieu comme point d'interrogation et de réflexion permanente pour sa sphère intime…Elle est probablement la seule personne fantasmatique (si nous osons comparer Dieu à la Personne) à ne jamais faire acte de domination sur nous tout en nous insufflons par ailleurs un amour gratuit et sans contrepartie.

 

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"Le Jour I", Ferdinand Hodler, 1900

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13/04/2008

Histoire d'abeilles et de plantes

Ainsi donc les abeilles et les plantes se font la guerre tout en se faisant l'amour (www.salamandre.net). C'est une nouvelle qui semble révolutionnaire mais qui ne l'est qu'à moitié. La stratégie de l'évolution des espèces ayant toujours usé de "guerre et paix" pour survivre sur la planète.

Les humains, pas différents de la nature, usent des mêmes armes pour évoluer. Et le choix des armes évolue en fonction des opportunités de survie. L'arme nucléaire étant devenue plus une arme dissuasive de terreur plutôt qu'une arme efficace pour remporter des conflits, l'être humain comprend petit à petit que la violence ne mène qu'au chaos et, à terme, à la destruction globale de l'espèce.

Nous voilà donc tous concernés par le choix des armes… Et quand nous affirmons depuis longtemps qu'ils nous est nécessaire de faire la guerre de l'amour afin d'éviter les violences physiques dans nos conflits, c'est bien pour amener l'humanité à préférer la séduction à la destruction, la création artistique à la construction de bombes. La pub et les créateurs ont bien acquis ces nouvelles données de la guerre… et de l'amour. Il est temps de changer d'époque pour ne pas s'écraser dans le mur de la haine et la disparition de toute l'humanité.

La couleur spirituelle d'une personne varie en fonction de ses aptitudes à s'adapter à la nouveauté ou, au contraire, à s'attacher davantage aux traditions. L'important pour l'être humain est d'accepter que les diverses options sont possibles et que la démocratie vivante et non sclérosée est l'arme idéale pour donner la plasticité nécessaire au cerveau collectif des humains qui a plutôt tendance, en toute logique conservatrice, à défendre tradition, stabilité de l'espèce et stratégies de domination.


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Black Screen Chinese Power for Internet.

Why not Black Screen Television Power

for Olympic Games?

La guerre de l'amour continue…

entre l'edelweiss et l'armée des abeilles.


P.S. Quand quelqu'un dit: "Cette Tibétaine n'est pas née de la dernière pluie" cela signifie-t-il:

1. Qu'il y a beaucoup d'eau qui a coulé sous son Toit du Monde

2. Que le soleil annonce un radieux réveil chinois sur son Mont de Vénus

3. Que le Docteur Beat Richner sait partager les eaux propres des eaux sales et qu'il faudrait des milliers et des milliers de personnes comme lui qui ont une sensibilité et une conscience aussi aiguë des différences dans le monde.


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United Flower of Benetton

(cette photo a été prise dans une vitrine

avant la vente de la photo de Carla Bruni

à un riche collectionneur chinois (!)

et son bénéfice versée au projet suisse SODIS,

méthode qui transforme l'eau sale en eau propre...

Notre photo a déjà été utilisé dans un article himalayen…

Mais le roi de l'anticipation n'a toujours pas de réponse

des journalistes prévisionistes…)

16:34 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

Le nu, le sexe et nous

Se cacher ou se montrer? Faire l'amour dans le jardin anglais ou dans un bunker? Nous n'avons toujours pas d'opinion stable sur la manière de dévoiler notre intimité. Elle évolue en fonction de notre vie, de nos choix, de nos partenaires amoureux. Pourquoi ignorer la nature qui est en nous? Pourquoi toujours faire preuve de civilité, d'actes de sainte nitouche?

La colère quand du sexe nous tombe sous le regard sans l'avoir sollicité est sans doute justifiée. Posons-nous quand même la question de chercher à connaître les intentions de celui ou de celle qui impose sans pudeur sa façon de vivre et d'aimer? Est-ce une personne mentalement détraquée? Est-ce le choix d'un artiste adepte de l'extrême provocation? Est-ce par but de séduction d'autrui ou de destruction des sentiments par jalousie ou sentiments d'infériorité? Beaucoup de questions devraient tarauder l'esprit de la journaliste prise dans ce drôle de jeu même pas forcément pervers.

Et si la même journaliste assistait à une scène guerrière là en direct devant ses yeux, que ferait-elle? Elle prendrait la fuite? Elle se cacherait pour assister fasciner à ce théâtre vivant meurtrier? Elle rejoindrait un camp pour fusiller l'autre camp? Elle se tairait tout simplement en gardant pour toujours dans un coin de sa mémoire cet horrible carnage? Elle écrirait un livre à partir de cette scène sanguinaire et primitive dans un but thérapeutique personnel et collectif.

Chère Myriam Meuwly, j'attend toujours votre position. La guerre de l'amour a parfois des aspects aussi choquant que la guerre tout court. Mais elle ne laisse sur le champ de bataille que des morts symboliques. J'appelle cela le futur de notre Civilisation devant le chaos violent du monde. Avec mes respects et mes regrets…

16:30 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (3)

29/03/2008

Les Jeux et nous

"Les Jeux sont pareils à une femme. On ne veut y voir que la pureté, la virginité, la beauté. Alors qu'ils corrompent tout autant qu'ils enchantent."


De tous les commentaires sur les jeux olympiques de Pékin, les plus énervants sont encore ceux écrits par des journalistes reprochant aux activistes d'utiliser, en toute hypocrisie, l'événement pour parler des droits humains alors que le reste du temps, l'économie fait ses petites emplettes sans grande émotion des défenseurs des droits humains.

Alors primo: où sont les journalistes de la presse libre qui font des éditoriaux dissidents et ouvrent leurs colonnes aux ONG défendant le Tibet au moment ou des accords commerciaux sont signés avec la Chine?

Secundo: que font certains de ces mêmes journalistes quand Calmy-Rey parle droits humains en tête à tête avec le plus têtu des islamistes? Ils accusent bêtement Micheline de s'agenouiller candidement devant le régime iranien pour privilégier un contrat commercial aux dépens des droits humains. Mais d'aller partager les conférences de presse d'après compétitions avec les journalistes chinois à la botte du régime ne les gênera pas, ces vertueux journalistes. Ni d'ailleurs de ne pas avoir été les premiers responsables à avoir avalisé la candidature de la Chine. Le commentaire quasi totalitaire de la presse occidentale était alors d'écrire: "La Chine s'ouvre au monde. Voilà une opportunité extraordinaire de lui accorder ces Jeux pour la pousser vers un régime moins totalitaire." Résultat: c'est raté. Et c'est même deux fois raté quand on sait aujourd'hui qu'une partie de la presse n'a pas du tout envie de faire pression sur Pékin en poussant au boycott si la Chine ne bouge pas ses positions. Alors si ce n'est pas quand les tambours médiatiques roulent tous flashs dehors et à tombeau ouvert sur les Jeux que l'on peut faire plier Pékin, ce n'est pas le lance-pierres de Confucius, fut-il celui d'un grand sage, qui fera du bien concrètement aux âmes tibétaines.

Tertio: l'énergie de celles et ceux qui donnent des coups de fouets mentaux aux foules endormies est toujours comptée. Ce ne sont ni des héros ni des Don Quichotte. Juste des citoyens. Les gardiens du temple de l'humanité ont aussi leurs petits bobos et soucis quotidiens. Parfois même davantage que les journalistes très occupés. Ils ne peuvent donc pas s'installer comme des bonzes inébranlables à chaque endroit et en permanence là où la dignité humaine est par trop bafouée. C'est faire un mauvais procès en escroquerie intellectuelle à tous les activistes qui allument leur feu idéal à des moments différenciés.


"Un foyer allumé dans la nuit face à la dictature c'est déjà la démocratie qui est sauvée de son anéantissement. Mais des centaines de milliers, des millions, des milliards de foyers allumés dans le monde entier en même temps et c'est la dictature qui tombera fatalement de son piédestal. Un Chinois ne perd jamais la face. Quand tout va mal pour lui, il regarde l'Everest et pense secrètement: la neige accumulée au-dessus de ma tête est anormalement gigantesque aujourd'hui. Déplaçons notre regard sur la gauche ou alors sur la droite. Et il passe effectivement sur une voie autre que celle qu'il était sûr d'emprunter."

16:11 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)