07/02/2010

Hervé Falciani: la naïveté du fou heureux

 

Je ne pouvais plus fermer les yeux. Elle m'avait dit: « Faisons marcher la banque ». Mais elle marchait déjà loin de moi, dans son univers à elle, loin de mon idéal de pureté. Je lui ai répondu: « Faisons évoluer la banque ». Elle m'a regardé d'un air étrange, presque ironique. Elle a fait semblant d'acquiescer, puis elle a tourné sa tête une fois à droite, puis une fois à gaucher, et enfin une dernière fois à droite. Ensuite elle s'est retournée et elle est sortie sans jamais plus me dire un seul mot.

J'ai couru aux toilettes. Je m'y suis enfermé. J'avais envie de hurler. Mais j'ai dégueulé mon sandwich et j'ai commencé à pianoter sur mon ordinateur. J'ai sorti une liste, puis d'autres pianistes m'ont suivi car ses ex amants me soutenaient contre celle qui me jouait des tour de pute. Et c'est alors que le système s'est mis à se dérégler encore davantage, à tourner de plus en vite sur lui-même, et à paniquer.

Tout le monde en voulait à cette fille, à cette misérable qui se vendait au plus offrant, à cette inexistence anonyme qui affolait les portefeuilles les plus garnis, à cette intrigante qui gardait bien tous ses secrets d'alcôve.

Elle a fini par exploser sous nos listes de dénonciateurs. Et quand l'explosion fut constatée, il ne restait plus rien. Alors les portefeuilles ont disparu on ne sait où, quelque part vers des filles moins gracieuses et moins regardantes, plus terrifiantes et plus assassines. Mais mon idéal était réalisé. Cette fille avait enfin payé l'audace de sa trahison et de sa trop grande opulence.

 

 

ou version deux, le système sauve sa peau autrement...

 

 

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06/02/2010

Fiscalisons le luxe plutôt que le revenu et la fortune

Mafia K1. Guerre. Pour combattre l'évasion fiscale, pour garder les avoirs des riches dans nos banques suisses ou ailleurs, la Suisse doit se battre à l'échelon mondial et européen (en s'arrimant enfin à l'Europe) pour une idée tout à fait simple et qui paraît si évidente. Une idée dont j'ai déjà fait mention dans un article précédant.

En taxant le luxe, en % toujours plus élevés et en fonction de la valeur marchande des produits, les riches passent obligatoirement à la caisse, ils placent leur argent où ils veulent sans contrainte fiscale excessivement élevées. Et surtout, mais alors surtout, l'Etat de Droit reprend ses droits, les banques fragilisées retrouvent la santé, et les réseaux mafieux perdent du pouvoir.

Car il ne faut pas se leurrer. La mafia internationale est prête à déchiqueter les restes de ce que les Etats démocratiques sont en train de faire comme énorme bêtise. Les fonds ne seront alors plus gérés par des banques qui paient leurs impôts mais par des réseaux mafieux de toutes sortes qui géreront les avoirs des riches. Les riches ne se laisseront jamais manger tout cru par l'Etat. Il faut bien se mettre cela dans nos tête de citoyennes et de citoyens responsables politiquement, économiquement, démocratiquement.

Ci-dessus une chanson de rap censurée par les chaînes de télévision. Attention! C'est assez violent. Les personnes à l'âme trop sensibles éviteront de regarder. Je la pose sur mon site car sa qualité de témoignage est excellent et la construction musicale comme visuelle est du même tonneau.

 

 

 

PS. 570 jours. Nos otages en Libye n'ont pas encore retrouvé la liberté. Pourtant, tout semble indiquer qu'une issue heureuse approche enfin. Aucun rapport avec le sujet ci-dessus, et pourtant. Le clan Kadhafi a d'abord commencé la guerre par le terrorisme pour aboutir aujourd'hui sur l'ouverture de plus en plus probable à la démocratie. Chaque être humain est capable de s'ouvrir à l'autre tant que son honneur n'a pas été détruit définitivement par l'arrogance des puissants. Il en va de même pour toute communauté humaine. Avec un peu moins de pharaons et un plus de pognon pour construire les cités du monde, les petits cons d'un jour se transforment plus tard en grand frère protecteur de la nation démocratique.

 

C'est le rêve auquel je crois et auquel j'adhère. Personne n'est définitivement sur la pente du Mal sauf les fous dictateurs comme Hitler ou Staline et quelques autres.

 

 

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25/05/2009

Economie: mauvaises nouvelles du front

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Boutique Yendi, Delémont, 23 mai 2009

La Californie est en quasi situation de faillite économique, des banques américaines coulent par dizaines. A cela vient s'ajouter l'analyse de Marc Faber dans Le Temps de ce samedi sur fond de scénario catastrophe. Cet homme reconnu des milieux financiers en arrive à la conclusion que les Etats seraient mis en faillite dans les dix ans à venir à cause de la mise en action quasi systématique de la planche à billets.

 

Et après cela? La guerre? Mettez un requin blessé au milieu d'autres requins dans un univers sombre

et tous les requins se boufferont entre eux. Pour échapper au pire scénario catastrophe, il n'y a qu'une seule méthode valable: que les poissons plus petits soient solidaires entre eux pendant que les requins bouffent leur propre système de pensée malsain à toute la communauté. Il semble que les pécheurs s'attachent à leur manière de diva de vouloir exiger plus pour moins de réussite, voir de faillite entraînant casse économique, chute d'entreprises et chômage. Pour lutter de manière efficace avec nos armes de poissons rouges (sans référence au Rideau de fer), il faut abandonner les requins dans leur paniers de crabes, et s'en séparer (l'UBS risque gros si son arrogance perdure, Monsieur Villiger).

 

Et après cela? La paix. Grâce au cinéma, à l'art, la culture? On regardera une immense mare de sang s'agglutiner dans un endroit du fond de l'océan humain, et tout autour des poissons magnifiques d'agilité et de technologie qui vaqueront à leurs occupations comme si de rien n'était. C'est mon scénario optimiste. Donc de loin mon préféré et le préférable pour l'humanité.

 

Ne laissons pas les requins nous contaminer et nous entraîner dans des guerres horribles. Ne laissons pas les dictatures de type fascistes, communistes ou religieux envahir nos démocraties par abandon de vigilance et découragement devant la masse de mauvaises nouvelles qui nous tombent sur la figure.

 

Personnellement, cela fait pas mal d'années que je joue en marge du système sans vouloir la mort du système mais en voulant sauver ma peau et mon bonheur qui se situe dans des eaux de bien-être matériel qui conviennent à l'amour de ma vie pour construire notre nid d'amour. Sans plus mais pas moins. Louable combat? Je le pense. Ainsi je n'ai abandonné ni mes liens de solidarité ni mes liens d'humanités. Je vous écris. Je vous envoie des messages d'amour et d'espoir,alors que cela fait longtemps que je pourrais être mort ou abonné à la violence et l'anarchie. Ne cédons ni à la haine ni à la peur. Comme le capitaine sur son paquebot en plein cyclone, croyons à la fin du cauchemar et battons-nous pour cela. Nous avons le choix entre cette attitude ou le désir d'en découdre et d'entrer en guerre avec d'autres citoyens de la Terre sous des prétextes plus ou moins mensongers et criminogènes.

 

Ecoutez les puissants. Ils ont parfois des solutions intéressantes aux problèmes. Mais écoutez encore plus les gens qui ont été jetés un jour dans une poubelle et qui, pareil à un chien reniflant la trace de son maître, reviennent au bercail en désignant avec ingénuité l'erreur du maître.

 

La naïveté combative et durable est un sentiment plus noble que l'agressivité négative et captive de sa course à l'amas de biens matériels . La première, élève l'être humain du côté de l'art et de la culture; la seconde, le rabaisse au niveau du crime, de la fraude et de la guerre. Quand tout semble aller de travers dans votre vie, faites le choix judicieux de l'art, la culture, ou la science pour donner une chance à nos enfants d'hériter d'une planète habitable et désirable.

 

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12/05/2009

Caisses de pension, le bon choix

Pour une fois, je ne vais pas râler. Il faut applaudir le choix des caisses de pension qui investissent dans les start-up high tech et clean tech suisses plutôt que dans des produits bancaires internationaux qui n'ont pas de structures fondées et réfléchies sur l'avenir industriel.

 

La Suisse officiel n'a pas encore pris la mesure de l'importance extraordinaire et de l'envergure de notre recherche technologique. Quand on parle d'amnistie fiscale, cela devrait obligatoirement être pensé non seulement sous le signe de la récupération de fonds perdus par l'Etat, mais surtout sous le signe de propositions stimulantes faites aux fraudeurs. On parle de 10 milliards de taxes sur une somme globale de 50 milliards qui serait alors déclarée au fisc. Pourquoi ne pas réunir directions d'écoles, laboratoires de recherches, banques, start-up et représentants du gouvernement pour élaborer un vrai green deal avec l'argent de l'amnistie?

 

D'une part, l'Etat pourrait donner une direction claire quand aux sommes récupérées. D'autre part, elle pourrait donner un sucre aux fraudeurs en les exemptant d'amendes et en taxant les sommes soustraites à un plancher inférieur si le coût de l'amende prévue et au minimum le « cadeau fiscal » réalisé sont réinvestis à titre privé dans des produits labellisés verts agrégés par l'Etat... et à taxes fiscales nulles.

 

La Suisse peut montrer l'exemple... et offrir au monde une image de dynamisme formidable. En donnant un délai, par exemple 5 ans, entre 2010 et 2015, pour avoir le droit d'investir dans des produits non taxés durant les 5 premières années d'investissements, nous aurions alors un engouement général pour les fonds green tech. Durant les dix prochaines années, nous aurions régulièrement de l'argent frais investi massivement au bon endroit et au bon moment.

 

Et si en plus, notre Gouvernement pouvait en parler au Président Obama et le persuader de faire le même choix, on avancerait de cinquante ans la révolution verte nécessaire à toute l'humanité.

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06/05/2009

Hans Rudolf Merz, l'âme comptable

 

Les propos qui auraient été échangés entre notre Président et celui de l'Iran devraient sonner l'alarme au sein de notre diplomatie.

 

Monsieur Merz, en tant que négociateur en chef dans les tribulations du secret bancaire, devrait avoir une sorte de confiance prospective concernant notre avenir économique et fiscal, celui de l'Europe, et celui de l'Amérique. Hors, il gère au coup par coup, comptable d'obtenir un résultat au moins pire, économe de ses propositions toujours situées dans une zone à risque nul. La balle au centre et on attend le requiem des Américains et le sanctus de l'Union européenne.

 

La messe n'est pas dite. A événement extraordinaire devrait se former instinctivement un pool d'idées novatrices pour transformer l'ancienne situation stratégique du pays, déstabilisée gravement par la crise économique, en offensive tout azimut pour réorganiser notre défense chancelante qui vient d'encaisser plusieurs buts décisifs de nos partenaires commerciaux les plus importants mais néanmoins concurrents.

 

Pendant ce temps, la montre tourne. Le secret bancaire va tomber et disparaître dans les oubliettes de l'histoire suisse actuelle. Des pans entiers de richesse sont en train d'être attaqués qui seront définitivement perdues à la fin de la partie si nous ne faisons pas preuve de propositions fortes et de persuasion visionnaire. C'est un peu comme si le châtelain du château-fort allait bientôt payer beaucoup plus cher pour avoir le droit de sortir de chez lui alors que ses propres coffres ont été vidés d'une bonne partie de ses richesses.

 

Je ne comprends pas notre Gouvernement. Les Américains ont pourtant changé de président. Ce président là veut réussir à changer l'Amérique, il veut lui offrir un new green deal, en lui redonnant la confiance optimum en l'avenir. La Suisse a des atouts technologiques majeures dans ses bottes de sept lieues. Elle a beau n'être que le Petit Poucet de l'histoire face à l'Ogre américain, elle a une capacité non négligeable de s'en sortir à son avantage.

 

Moi, si j'étais Hans Rudolf, je dirais à Barack: «  Si vos citoyens ne se lancent pas dans les produits

d'investissements verts made in Switzerland proposés par nos banques contre une charge fiscale 0% , votre pouvoir mondial va s'effacer devant les pays à régimes dictatoriaux et la démocratie mondiale périclitera, entraînant avec elle toute l'humanité dans sa chute ». Cela trancherait avec ce qu'il aurait dit au président iranien: « Ils (les Américains) ont créer la crise et maintenant ils viennent se servir dans nos poches ». Cela revient à dire que la maîtresse est responsable de tout et qu'elle veut puiser le pognon perdu dans la poche de son amant. Comme discours de bienvenue à la négociation, bonjour!

 

Devant la nouvelle force de frappe de l'or vert helvétique, je suis persuadé que le Président Obama saurait trouver des avantages stratégiques à l'Amérique de demain, et par conséquent des arrangements intéressants avec la Suisse économique et financière.

 

Est-ce que j'écris des boeuferies et des bouffonneries intellectuelles ou est-ce que les clefs de l'Ogre sont entre les mains du Petit Poucet suisse?

Reçu à l'instant ce sms de ma chérie:

 

"Coucou mon amour!

Et moi, j'ai rêvé un immense paysage

d'un vert magique, cru

et beaucoup de blé.

ça, c'est le symbole de l'abondance,

réussite, bonheur, et chance.

(...)

Il faut croire aux miracles.

Ils existent."

 

Quinze heures cinq minutes 53 secondes. Il reste environ trente minutes à Hans-Rudolf Merz pour renverser la vapeur et nous emmener dans ce paradis vert helvétique, le new green deal planétaire.

 

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