22/01/2011

Ni islamiste, ni communiste, mais utopiste, la Révolution de Jasmin

 

Le gouvernement transitoire qui dirige actuellement la Tunisie n'est pas représentatif de la Révolution qui vient de se dérouler dans ce pays. En fait, nous sommes actuellement dans la situation bizarre d'une Révolution qui continue à se manifester dans la rue tout en subissant (déjà) un début de contre-révolution qui s'agrippe au pouvoir avec ses ministres de Ben Ali restés en place et ses autres ministres fadasses de l'opposition molle d'accord de participer au pouvoir actuel.

La prise de la Bastille a eu lieu, mais à Tunis Palais de Carthage c'est toujours un RCD, certes décoloré à chaud et dégriffé par une essoreuse républicaine, qui s'emploiera à mettre en place de nouvelles élections bradées et soldées (truquées ou achetées avec les milliards de Ben Ali) au plus preneur de profit immédiat. Pas facile de rompre un système corrompu et mafieux.

Tout cela est extrêmement dangereux pour l'opposition réelle qui se retrouve sans moyens financiers. Car en cas de victoire du RCD, jouant l'arroseur bienfaiteur des miséreux et de foules retirées, voir carrément illettrées, pensant d'abord à manger à sa faim plutôt qu'à poursuivre la guerre contre la dictature, le soulèvement de janvier 2011 se transformait alors en déroute républicaine et en arrestations massives ou fuites à l'étranger des leaders, intellectuels, et étudiants qui ont osé braver et manifester dans les rues en se mettant délibérément en avant et à découvert. Le retour des exilés serait lui aussi transformé en déroute par des emprisonnements massifs d'intellectuels matés par les nouveaux et anciens sbires de Ben Ali qui, ne l'oublions pas, attend son heure et son grand retour retranché qu'il est avec les siens au pays des multi-milliardaires, et soutenu qu'il est inofficiellement par une partie du « clergé » islamique non terroriste mais au pouvoir en Arabie Saoudite... Comprenne qui pourra...

Pendant ce temps, l'Occident ne dit toujours pas grand-chose. Un peu sur la réserve au cas où... C'est toute la lâcheté de nos Etats occidentaux. On n'est pas sûr du résultat, alors on prend des mesures, certes contre Ben Ali et les siens, tout en se taisant sur ses puissants protecteurs du Golfe. Tout le monde a peur de l'échec de cette Révolution du Jasmin...car six mois, c'est long, très long, pour des manifestants qui ont aussi une famille à nourrir, et des esprits à diriger vers le gagne-pain quotidien.

Ne l'oublions pas. Il manque un quart de la réserve d'or du pays, oui un quart, depuis la fuite de Leïla Trabelsi. L'économie peine, l'argent manque, les gens employés dans le tourisme qui avaient du travail jusque-là se retrouvent au chômage. La grogne monte. Les touristes ont peur de ce manque de stabilité qui risque de durer encore six mois...et ne reviendront pas au pays de Djerba la Douce avant d'être sûrs de sa tranquilité.

Vivement un comité de salut public révolutionnaire. Seule solution provisoire pour calmer les manifestants et ramener un minimum de tranquillité dans le pays en attendant des élections libres et démocratiques sous la supervision de commissaires extra-nationaux.

La Révolution de Jasmin est fragile comme la fleur qu'elle représente et forte comme les fleuristes qui la cultivent et la choient.

Tous unis avec les Tunisiennes et Tunisiens!

 

 

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Burlesque: Cora, une jeune femme sous influence

 

Une jeune femme est morte à l'âge de 24 ans suite à sa 6ème opération mammaire. Cette jeune femme, victime d'une vision hyper vulgaire de la féminité, et non, comme notre modernité l'imagine, d'un glamour parfait où se mêlerait à la fois sensualité, don de soi, burlesque de notre condition humaine, et désirs charnels mêlés de retenue et de pudeur envers des filles qui s'effeuillent lors de spectacles de toute beauté liés à la féminité, à l'appel de l'amour et du glamour, au drame ou au bonheur liés à ceux-ci.

Hier soir, le hasard pur m'a amené à visionner « Burlesque » dans lequel tournent Cher dans le rôle de Tess la patronne et danseuse du cabaret-show et Christina Aguilera, Ali la nouvelle venue débarquée de son Ohio natal où elle s'emmerdait plus que soul. Un film délicieux qui fait penser à la Révolution de Jasmin, à ses jasmins poussant sur les pavés des villes dépravées.

Ce film m'a vraiment ému et sa scène finale est heureuse. Les musiques choisies et les chansons sont magnifiques. Où quand le fric ne gagne pas sur tous les tableaux et le miracle providentiel tombe grâce aux droits sur la superficie. Je n'en vous dis pas plus. Imaginez-vous, pour celles et ceux qui ne l'ont pas encore vu, Mai 68, et son slogan « Rasez les Alpes, qu'on voit la mer » et vous verrez que l'utopie se réalise parfois. Pour ce film, dans ce film, l'amour gagne, la passion gagne, la scène gagne, l'entreprise de toute une vie gagne sur le tragique des disparition sous les buldozers du pouvoir. C'est Gaza et Sidi Bouzid qui l'emportent, c'est le pouvoir des idéaux qui gardent la morale et l'honneur saufs.

Un film que je vous encourage tous à visionner au plus vite. Hier soir, un vendredi soir d'hiver, nous étions 5 spectateurs à voir ce film. Quelle misère! Pendant ce temps, Cora faisait la une des médias, les gens écrivaient des tonnes de commentaires plus ou moins bien intentionnés à son égard, et ne trouvaient aucune critique envers notre système perverti à l'extrême. Retour au juste milieu avec « Burlesque », un film culte en cette année 2011 à voir absolument, Au fait Ali, c'est le diminutif d'Alice. Bienvenue chez Alice aux Pays des Merveilles (dans le film, authentique donc).

 

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21/01/2011

La concupuissance de l'Etat global (en rapport avec Révolution de Jasmin)

 

Un nouveau né parmi les mots de l'année 2011: la concupuissance.

Définition: Exercice du pouvoir qui consiste à pratiquer le plaisir de la domination des peuples par une petite coterie de personnes affiliées à un gang international représentant la Société Anonyme des Pervers et Cyniques.

Envergure: la totalité de la planète Terre. Où il y a de la concupuissance, il y règne les chaînes, le crime, l'injustice, la torture, l'inégalité de traitement, la traite des travailleurs et des travailleuses, l'exploitation et la traite sexuelle des femmes et des enfants, la corruption, la menace nucléaire, la menace islamique, la menace néolibérale, la menace de perdre son statut de citoyennes et citoyens pour des raisons injustifiées comme, par exemple: le licenciement abusif, le revenu insuffisant, le chômage, la contestation sociale, la remise en cause du système.

La concupuissance règne en maître dans le monde entier et les pays islamiques comme l'Iran, l'Arabie Saoudite et toutes nations possédant de l'or noir pratiquent couramment et avec délectation la concupuissance en relation avec toutes les nations du monde démocratique dépendantes de l'or noir et des matières premières de pays moins développés.

La Révolution de Jasmin combat la concupuissance du monde et désire exporter partout sur la planète son idéal de démocratie juste, non corruptible, et porteuse de sagesse. Pour le plaisir et pour la joie de faire régner la liberté sur la Terre.

 

 

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La Suisse empressée entrave l'économie "propre" tunisienne!

 

Geler les avoirs des familles Ben Ali, Trabelsi, et affiliées. Il fallait le faire. Encore que. Il aurait fallu vérifier avec le plus grand tact ceux qui méritent la liste noire et ceux qui ne la méritent pas.

La Confédération a agi dans la précipitation. En bloquant large, elle a blessé des personnes et des entreprises qui ne sont pas impliquées dans le business mafieux de l'ex-président.

Agir vite et bien, cela aurait été possible. Mais qui a donné les numéros de compte à la Confédération suisse si ce n'est nos banques qui sont encore soumis au secret bancaire? Et qui, dans nos banques, a vérifié si telle ou telle personne était affiliée à la « couscous connexion » des Ben Ali? Il semblerait qu'en réalité la quasi totalité des entreprises tunisiennes traitant avec nos banques installées en Suisse soient tombées sous le couperet du gel des avoirs tunisiens.

Où quand la Suisse officielle généralise sa propre opinion courante sur les pays arabes, soit toute personne commerçante au Maghreb serait donc soupçonnée d'avoir des liens solides avec un système corrompu... Chassez la xénophobie de vos esprits, elle reviendra au galop. Avant, on savait, mais on faisait avec. Maintenant, on sait, mais on se dit que tous étaient coupables, tous étaient des corrompus, tous n'avaient aucune manière honnête, efficace, éthique, d'agir dans la direction de leur entreprise. La Suisse officielle est devenue désespérante. A force de soupçons, de manichéisme politique mené par un parti xénophobe toujours plus fort qui voit en tout étranger, surtout d'origine musulmane, un potentiel profiteur du système, un magouilleur à la petite semaine, ou un bandit de grands chemins, la Suisse se déshonore alors qu'elle voulait montrer sa volonté de fermer le robinet à la clique des Ben Ali.

Il est temps que la Suisse cesse d'être maladroite et qu'elle réapprenne à d'abord chercher la vérité avant de bloquer des personnes, des comptes, des affaires commerciales qui n'ont certainement pas besoin, en cette période difficile pour la Tunisie, de se voir en plus embêtées par des entraves extérieures.

Aujourd'hui, c'est la Tunisie, ses citoyennes et citoyens, qui donnent la leçon à la Suisse. Et pas l'inverse. Il faudrait peut-être que nos autorités et nos banques réalisent cela...

Au passage, 400 membres de la famille Ben Ali Trabelsi ont trouvé refuge en Arabie Saoudite. La Suisse serait fort inspirée d'interdire aux dignitaires milliardaires de ce pays qui pratiquent la Charia de façon pure et dure de leur interdire désormais le territoire helvétique, en particulier le canton de Genève devrait intervenir auprès de la Confédération en faveur d'une interdiction de territoire. Mais comme quelques commerces réputés de la place genevoise trafiquent honorablement en se bouchant le nez avec ses corrompus de là-bas, on pourrait aussi avertir nos braves commerçants que le peuple suisse peut vivre avec du pain et de l'eau mais plus avec les Princes du Golfe. La suite logique a la Révolution de Jasmin si l'on veut enfin faire tomber toutes les dictatures dans le monde musulman.

Grande utopie quand tu nous tiens...

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Les médias tunisiens font aussi leur Révolution de Jasmin

 

Ils écrivaient, la plume de l'ogre Ben Ali dans la main, les plus belles choses autour de la Sainte Famille. Ils avaient annoncé et suivi la naissance de l'enfant dieu du couple Ben Ali Travelsi, Mohamed, avec fastes, orgies de reportages et de photographies, toute soumission acceptée aux parents du nouveau-né.

Et ce sera un autre Mohamed, Mohamed Bouazizi qui deviendra le messie de Tunisie. Un messie grandeur Petit Poucet. Un messie sans nom, sans grade, sans valeur pour les médias, protégeant les siens, ses enfants, sa famille, la Tunisie, en vendant des fruits et légumes avec le sourire d'un jeune homme sain d'esprit et de corps. Jamais une mention de ce jeune homme, jamais une photo de lui dans les médias, alors que des centaines de milliers d'articles élogieux, de reportages télévisés, de photos de la Sainte Famille usurpatrice bourraient le crâne des Tunisiens durant 23 ans. La servitude d'un pays, d'un continent, d'une religion à la croyance laïque à la botte de régimes dictatoriaux tout-puissants pour chasser les islamistes, les sorcières spirituelles, comme on chassait jadis les vrais chrétiens sous les despotes du Ier millénaire de l'air chrétienne.

La première fois que nous verrons à l'image le jeune homme, que l'on parlera de lui, ce sera au moment où, tragiquement, il prendra feu et rendra son âme à Dieu.

Nous parlons de Renaissance, pas seulement populaire et démocratique mais aussi spirituelle. Nous parlons de filles, de fils de Kasserine et de toutes ces petites villes du centre de la Tunisie qui se sont révoltés et jetés contre les policiers de ce régime aux allures hitlériennes. Par le mépris, ils dominaient la majorité du peuple. Il fallait être du RCD ou alors crever vite, voir à petit feu en ne créant pas d'air autour de soi. Il fallait aussi un monstre cynique de type athée et communiste dans le sens « à moi le communisme et la communauté des biens », camouflant ses crimes par des opérations carritatives, pour abuser de tout un peuple pendant 23 ans. Il fallait un pervers soumis à l'argent et à une femme arriviste, des médias noyautés par ce maître illusionniste qui savaient avec quelle facilité la presse européenne se soumettait à la mode du people. Lui, il avait décidé que les médias de son pays ne parleraient pas des people mais du clan people, son propre clan, avec lui ou son épouse en première page et son portrait ou celui de son épouse en alternance quotidienne pour rappeler qui est le maître..

Ensemble, ils avaient vampirisé l'espace. Ensemble, ils avaient remplacé Dieu. Ensemble, ils avaient créé la religion du peuple, son opium, son abrutissement. Et les journalistes laïques n'avaient rien vu ou ne voulaient rien voir. Eux, voulaient juste chasser Dieu de la vie quotidienne des gens.

Dieu est revenu sous les traits d'un humain révolté. Et de cet humain révolté, le pays s'est soulevé. Demain, la démocratie laïque se rappellera qu'il aura fallu un miracle, une sorte de réalité surnaturelle pour réussir cette Révolution de Jasmin. Il faudra aussi que les médias ne crient plus au loup quand l'islam exige plus de moralité et de comportements citoyens.

Nous avons assisté à une Révolution des Lumières, populaire, pas du tout élitiste ni religieuse. Le peuple est la raison. Et la raison est le peuple. Son coeur vient de l'islam spirituel, de l'islam profond et vrai, libre et flamboyant.

Ils rêvaient tous d'être la Suisse des pays Arabes. Les Tunisiennes et Tunisiens ne subiront pas la contre-révolution dictatoriale ni la victoire de l'islamisme radical. Les Tunisiennes et Tunisiens ont ramassés les médias à Ben Ali. Les journalistes vont parler du peuple, désormais. Et comme en Suisse, la population vivra en paix et dans prospérité. Car telle est la Justice de Dieu quand un peuple, par son débat civique, recherche d'abord sincèrement le bien de tous et pour tous avant les égoïsmes individualistes.

 

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