02/12/2010

Dunes nuptiales

 

En visitant le blog de l'Acratopège, j'ai pensé laisser un mot, une image. A deux fois, je me suis ravisé. Une fois parce que la neige a provoqué de sacrés dunes et une tempête de sable du côté du blog de Sami Aldeeb. Une seconde fois, parce que je vais tenter de m'envoler et presque...convoler sans devenir obligatoirement un con suspendu avec la corde au cou ni voler une femme à un autre candidat amoureux. NON. Elle et moi sommes vraiment amoureux par je ne sais quel miracle ou alchimie.

 

J'ai fabriqué une image, un mirage sur le lit d'un hôtel de vacances, là-bas, à Djerba. J'ai fabriqué cette image grâce à l'homme de chambre très sympathique qui dessinaient des cygnes avec les linges de bains et posaient des fleurs délicates sur les couvertures des lits comme des taches de couleur sur une toile.

Et j'ai décidé que ce tableau mirage serait mon mariage, ma nuit de noce avec elle, et que rien ni personne ne pourrait m'écarter de cette image qui se transformerait un jour prochain de ma vie en réalité enchantée et en succès amoureux. Voici alors ce tableau « Dunes nuptiales » comme témoignage poétique de mon amour pour elle, ma fiancée du désert.

 

 

7.JPG

 

 

16:52 Publié dans Lettres | Lien permanent | Commentaires (2)

01/12/2010

Hiver au désert

 

Genève. Les carrosseries s'endunnent pour la nuit.

Des voyageurs en furie, avares de mots, taciturnes,

s'enlisent, paralysés sur les quais Cornavin bondés.

 

Des trains atmosphériques en retard d'une aube

lâchent leurs flammèches de vapeur bleue.

Dans le coton anthracite d'une nuit amendée.

Les bus, penauds et honteux, tombent à pieds.

Mis hors service par l'ordre du ciel,

ils rentrent enchaînés comme des forçats,

entre les jets d'insultes de leurs abonnés

et les crachats des neiges salées,

au cimetière des fusillés proscrits sans liturgie.

 

La maréchaussée signale un plan catastrophe

pour les retardataires qui dormiront à l'abri civil.

Les horaires cadencés partent dans la décadence,

La ville interrompt son trafic et s'interroge.

Qui donc a décidé de cette guerre des flocons?

 

Le désert blanc s'empare des murs.

Les Réformateurs ont beau être de marbre.

Il se les gèlent dans les tranchées.

Leurs visages de pierre, touchés de plein fouet,

ont perdu tous leurs traits de reconnaissance.

Abandonnés entre les bras du manteau neigeux,

ils manquent nettement de perspective.

 

Ni protestante ni réformatrice évangélique,

leur santé spirituelle a abandonné sa sévérité

au profit de dunes blanches désertiques.

L'absence humaine de leur fantôme pas très catholique,

givré entre ce paradis blanc et son enfer médiatique,

pourrait maintenant émigrée au pied de palmiers-dattiers

protégeant leur jugement et leur grandeur d'âme perdue.

.

Une fille bloquée en gare

les mitraille de boules de neige barbares

en hurlant comme une folle:

 

"Si je vous insulte,

c'est pas ta faute, citoyen, c'est la faute à Cornavin.

Si je courbe votre divin culte,

C'est pas la faute au Cervin, c'est la faute à Calvin."

 

D'ombre et de mystère, la fille s'habille de neige.

Le Désert des Bastions a avalé la Ville entière.

Les avions ont perdu leurs ailes d'ange.

Dans un trou noir métaphysique, ils dorment.

 

Genève, territoire sans vie.

Territoire désertique en quarantaine,

pour quelques heures encore,

a connu, cette nuit de décembre, la visite de Dieu.

 

09:53 Publié dans Lettres | Lien permanent | Commentaires (1)

26/11/2010

Jour d'anniversaire

 

giboulées de neige

givrées sur ses lèvres

 

j'ai le froid

qui me saisit au corps

elle a presque chaud

en son coeur

 

elle saute d'un taxi à l'autre

monte la rue

puis la redescend

elle s'arrête pour un café

 

puis repart à la pêche au dossier

 

Il a oublié de l'appeler tôt, ce matin d'anniversaire,

trop tôt, pour lui;

trop tard, pour elle

 

Premier malentendu,

sous-entendu pour elle: « tu m'oublies déjà, bébé »

sous-entendu pour lui: « tu es trop empressée, bébé »

 

ça klaxonne sur la route bondée de monde

ça claironne en nos coeurs ensoleillés

 

Elle m'envoie soudain un sms de Tunis

en lettres majuscules:

 

ACHADOU ANNA LA

ILEH ILLA ALLAH

WA ANNA MOUHAMED

RASOUL ALLAH

 

ça claque en moi comme un rappel à l'amour de Dieu

 

Un voile religieux tombe sur la ville en ébullition.

Elle m'a transmis en douceur sa profession de foi.

 

Dehors, la rue a faim, la rue aboie,

montre sa bave et ses crocs hostiles.

 

Le fusil des chasseurs mettent en joue les belles gazelles.

 

Maintenant elle a retrouvé sa tranquillité.

Elle mange une mauvaise pizza pour son jour d'anniversaire,

ses prunelles amandes cacao visitent furtivement le restaurant

 

A 20 heures, elle ira se mettre à couvert

pour éviter qu'une balle perdue

ne puisse se loger en plein coeur.

 

Dans les pays chauds et fervents à la croyance,

les gazelles reconnaissent l'appétit amoureux des lions.

 

C'est juste une splendide vierge sage

qui ne veut pas devenir vierge folle

en nageant frigorifiée sous la glace

avec de baveux crapauds à grenouilles.

19:18 Publié dans Lettres | Lien permanent | Commentaires (4)

21/11/2010

Le Mongol fier de lui

 

Il était né sur des terres inhospitalières, en des lieux où les bassesses humaines étaient à la hauteur de l'orgueil déployé par des populations de plus en plus aptes à porter en elles les fruits amers de Satan. Le Mongol avait lui-même commis de graves manquements à sa vie, à sa famille, à ses amis. Emporté par les forts courants marins médiatiques, il s'était noyé corps et âmes par un jour de pleine lune.

Dans les profondeurs noires de l'océan, il y rencontra une belle sirène qui voulait se faire reconnaître des humains. Elle l'aida à reprendre son oxygène et à remonter à la surface afin qu'elle-même puisse s'échapper des abysses et qu'elle abandonne à Neptune sa jolie queue de poisson car elle voulait conquérir le Royaume des people dont elle rêvait depuis fort longtemps. Ils échouèrent tous deux dans leur mission. Leur émission offerte au public, sans sponsors ni marketing, ne faisait point d'audience ni recette. Ils étaient juste de petits poissons originaux dont les requins empêchaient, par leur taille et leur appétit, de faire illusion sur le petit écran en couleur.

Leur histoire finit forcément en queue de poisson. La sirène repartit dans ses profondeurs obscures afin de tenter, par sa voix d'ange rebelle et son beau corps charnel, d'autres Ulysse attaché à leur poteau des supplices. Quant au Mongol, sa tête sembla enfler si bien que certaines gens le prirent pour une montgolfière. C'est depuis ce jour-là, qu'on l'appela parmi les âmes sarcastiques de la Blogosphère, Mongol le Fier.

Il n'était pourtant pas si différent qu'avant. Il avait juste visé la justesse du Ciel plutôt que les failles de l'Enfer. Et il restait là, debout, sur le chemin du juste milieu pris entre les contingences terrestres et ses aspirations divines. Un être parfois inspiré, parfois désespéré; un être tantôt dans sa bulle atmosphérique, tantôt dans sa bulle périphérique à la conquête de sa nouvelle épouse qui cherchait la perfection nuptiale et non la dérive dans les zones rouges et légères des filles.

Cela demandait au Mongol beaucoup de courage et de sacrifices vu son passé olé olé. Il n'était même pas bien sûr de pouvoir vraiment devenir pour elle et l'amour qu'elle lui vouait un être plus proche de la perfection humaine. Il doutait sans cesse de ses capacités à devenir meilleur. Il doutait aussi de pouvoir enfin devenir un mari exemplaire pour la plus belle des épouses promises. Mais il s'était fixé ce but à atteindre que d'autres réprouvaient avec beaucoup d'énergie négative. Il cherchait une lumière plus intense, moins artificielle que la lumière des spots publicitaires et des soirées caviardeuses où tout le monde finissait par devenir semblable à tout le monde par des discours convenus et humainement très corrects. Il cherchait à savoir pourquoi Dieu pouvait être aussi sévère avec l'homme et la femme alors qu'il était l'Amour. Pourquoi Adam et Eve avaient, ensemble, apporté le péché sur Terre et contaminé les humains grâce à Satan, le seul Ange rebelle de la création qui ne s'était pas prosterné devant la création terrestre la plus parfaite de Dieu: l'être humain.

En fait, l'être humain avait en ces temps-là relégué Dieu au dernier rang de ses préoccupations. Il l'avait même déclaré mort. Alors, évidemment, Si Dieu avait donné la grâce à l'être humain d'exister, il était difficile à son génie créateur d'accepter que l'homme se révolta contre Ses exigences et qu'il préféra Satan le désobéissant, le seul ange qui ne se prosterna pas devant l'Humanité.

Se dirigeant sur de fausses pistes, beaucoup d'hommes ricanaient et s'enfonçaient chaque jour davantage dans une sorte de complicité avec le diable. Le Mongol avait connu cela. Il savait qu'on ne quittait pas ces routes-là facilement car tous les cerveaux sont faits et construits pour se souvenir du passé, de tout le passé. Il savait aussi que seul l'humilité de sa situation humaine, l'acceptation de son sort, pourrait le mener sur le droit chemin. Il savait même que son épouse pourrait le rejeter s'il ne se montrait pas à la hauteur de son amour. Le Mongol fier n'était en fait pas si fier ni si Mongol que cela. Il était un homme en pénitence qui cherchait l'inspiration divine afin de la transmettre aux humains. Il avançait sans se retourner ni se détourner. Il ne savait pas si sa femme le suivrait dans le futur et son destin et s'il serait lui-même fidèle à Dieu. Il savait simplement qu'il devrait encore beaucoup progresser en son coeur et en son âme pour atteindre la porte du paradis et oser se présenter devant Dieu le coeur léger et l'âme purifiée.

Et s'il échouait dans sa mission malgré tout, c'est que lui-même n'aurait alors pas eu la sagesse suffisante pour rester les pieds bien posés sur la Terre en vivant et partageant avec ses soeurs et ses frères ses sentiments humains. Et s'il finissait quand même en enfer, c'est que le tentateur lui aurait alors fait perdre tout espoir de Rédemption. Souffrir en enfer ou souffrir sur Terre pour le paradis, il faut choisir son chemin. Le bonheur appartient aux âmes innocentes. Le malheur tombe sur les coupables de perversion.

 

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20/11/2010

Les humains migrateurs

 

Les humains migrateurs

ont émigré dans mon coeur.

 

Ils ont fait un long voyage

pour oublier le froid des naufrages

 

En écartant les déserts et les grands mirages

ils ont suivi le fleuve et la promesse des nuages.

 

Pour atteindre les dorures du soleil

ils ont suivi Dieu, la mer ou la terre, et son oreille.

 

Les humains migrateurs

ont émigré dans mon coeur.

 

Ils sont arrivés dans mon pays

aux couleurs rayonnantes de la vie.

 

Ils ont déposé leurs bagages

et ont souri aux nouveaux visages

 

Faudra-t-il donc renvoyer

les oiseaux migrateurs condamnés?

 

Faudra-t-il séparer les humains migrateurs

de leurs familles par des pleurs ajoutés aux pleurs?

 

Un jour, je serai cet humain migrateur

en partance pour notre ciel libérateur.

 

Et si ma place n'est pas au paradis

et que l'enfer m'est promis,

 

C'est que Dieu aura vu et su en mon coeur

ce que je réservais aux humains migrateurs.

 

Une peine suffit.

Deux peines pour un délit c'est le crucifix.

Et Jésus, l'émigré d'Israël, condamné agonisant

sur la croix en s'interrogeant:

 

« Seigneur, pourquoi m'as-tu abandonné? »

 

Dieu lui répondant en l'accueillant:

 

« Tu as ta place à mes côtés.

Quant à celles et ceux qui viennent de te crucifier,

ils sauront que le Jardin d'Eden

est à jamais réservé à celles et ceux qui prennent la peine

de ne jamais cumuler les charges sur leurs ailes portantes.

Car ils seront alors déchus de la Nation rayonnante.

Car au ciel, il n'y a point de places injustement réservées,

point de voyageurs criminels voués

au crime, à l'avarice et à l'injustice

mais seulement des anges de lumière et de justice. »

 

 

 

 

Attention à nos illusionistes qui sont en train de couper la Suisse en deux!

Notre terre d'accueil ne doit pas devenir une terre d'injustice,

car, un jour ou l'autre, Dieu punira l'injustice.


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