22/01/2012

Alerte: Blocher va tomber!

 

Cette fois, ça y est! Christoph Blocher est accusé par l'ex-employé de la Banque Sarrasin, Reto T., d'avoir fait des pressions sur lui pour que les documents volés soient transmis à la presse dans l'affaire Hildebrand. C'est ce que déclare le "Der Sonntag" de ce jour.

Doublée d'une tentative de corruption active (paiement des frais d'avocat et garantie d'un nouveau job en cas de licenciement de sa banque), cet acte de coercision, s'il est confirmé, sera l'acte de trop dans la carrière du tribun zürichois.

Christoph Blocher ne mérite plus de tenir les premiers rôles politiques de ce pays et l'UDC, si elle ne veut pas aller au désastre, doit se décider à se séparer de son petit père du peuple.

Sauf si Reto T. n'a pas les moyens convainquant de prouver sa bonne foi, Chritoph Blocher est mort politiquement. En attente du verdict, une petite chanson révolutionnaire que j'adore et que je vous ai déjà fait écouter dans l'espoir d'un vrai changement pour ce pays, notre pays.

 

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Concordia: Merci les sauveteurs de la restauration-hôtellerie

 

Costa Concordia. Honneur à ma profession. Honneur aux gens de l'hôtellerie-restauration qui sauvent leur honneur et montrent le cran de notre métier souvent mal rétribué, aux horaires pénibles, aux vacances et jours fériés toujours décalés, aux tâches ingrates parfois. Merci amies et amis Philippins et autres nationalités qui avez été solidaires des passagers en détresse. Vous êtes la fierté de notre profession.

Ci-dessous, un nouveau témoignage émouvant de Julien Fourquet, un cadre de la société Raimondi, qui se trouvait à bord du Concordia pour un séminaire. L'extrait ci-dessous se retrouve dans le témoignage complet de cette personne sur 20 Minutes.fr

«Arrivés sur le pont, Il n’y avait aucun personnel gradé, seuls ceux que l’on a appelé les «Philippins», cuisinier, serveurs… avec des gilets de sauvetage, qui essayaient de débloquer les chaloupes en frappant avec des haches. Certaines tombaient, se fracassant sur les rochers…»

«Moi aussi je suis enceinte !», hurle cet homme de 40 ans

Du côté des passagers, l’affolement tourne à la panique, provoquant des scènes auxquelles Julien Fourquet et ses amis assistent révoltés: « Certaines réactions étaient inhumaines: des gens repoussaient des enfants pour prendre leur place dans les chaloupes ! Nous-mêmes avons voulu faire passer en priorité la dame de notre groupe qui était enceinte; un homme d’une quarantaine d’années l’a écartée en hurlant : «Moi aussi, je suis enceinte !» Là, ça a été un moment très difficile.

«C’est à ce moment-là que nous entendons une voix, «celle d’une dame, une cuisinière, je crois qui nous appelait de l’autre côté du bateau». En suivant cette voix, les deux collègues passent d’un bord à l’autre et du 4e au 3e pont. «Et là, commente ému le salarié qui commençait à perdre espoir, on voit, je n‘ose pas dire une haie d’honneur, mais un cordon formé par les serveurs, les cuisiniers… Calés sur l’extérieur du bateau pour nous empêcher de tomber, ils nous guidaient vers des chaloupes qui étaient à la mer. L’eau était en train de monter sur le pont n°3…»

A la lecture de ce témoignage, on se rend compte qu'il y a plus lâche et plus salaud que le Capitaine. Schettino aurait-il eu le mépris et la honte de repousser des enfants pour prendre leur place sur une chaloupe? On ne connaîtra jamais la réponse. Mais une chose est certaine. On pourrait aussi juger ces hommes qui n'ont point porter assistance aux enfants et aux femmes en situation de faiblesse. En danger, un homme est sensé être le capitaine de lui-même et devenir le secouriste par excellence de chaque femme et de chaque enfant. C'est la loi de Dieu et la loi, non inscrite au fronton de la justice humaine, des hommes qui le veut ainsi.

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21/01/2012

Schettino: à l'école de Berlusconi

Francesco Schettino aura beaucoup de peine a retrouvé un soupçon de crédibilité face au Tribunal qui l'attend. C'est un homme nourri au biberon du berlusconisme qui vient d'être abattu par le destin. Sans doute une vie de double-jeux, de capacités à mentir aux uns  et aux autres pour passer aux yeux de tous pour un type bien. Le stratagème a pu marcher. Mais devant l'enquête serrée qui l'attend, lestémoignages nombreux et sans pitié, le Capitaine devra dire toute la vérité, rien que la vérité s'il veut avoir une toute petite chance de revenir en grâce devant l'Italie. Le Costa Concordia marque la fin des années folles et le retour aux valeurs sûres: fidélité, sens de l'honneur, solidarité.

 

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Concordia: Schettino? C'est quelqu'un de bien!

 

La polémica a commencé dans la Péninsule. Dans son village, le Commandant Francisco Schettino est et reste quelqu'un de bien. Sa voisine de Meta di Sorrento, une professeur de philosophie a proncé cette phrase devant les médias: "Schettino? C'est quelqu'un de bien".

Mais c'est tout le village de marins qui est derrière la prof de philo. Schettino a pleuré sur son drame intime et celui, collectif, qu'il a provoqué. En même temps, il affirme avoir fait son devoir. Nous sommes devant une situation totalement surréaliste où les faits objectifs contredisent une réalité subjective. La justice devra démêler cette situation kafkaïenne. A n'en pas douter. Le procès de Schettino ressemblera au procès du K.

 

08:49 Publié dans Lettres | Lien permanent | Commentaires (17)

Costa Nostra Concordia

 

Non. Nostradamus ne l'avait pas prévu. Non. Le Commandant Schettino n'est pas un mafieu de Cosa Nostra. Oui. Nous nous sommes tous embarqués dans notre siècle en quittant le Naufrage du Titanic pour notre Naufrage à nous tous: le Costa Concordia.

Tout a changé en un siècle. Le lieu du drame: la Méditerranée au lieu de l'Atlantique comme le symbole d'une Europe qui supplantera l'Amérique au cours de ce siècle.. La tenue du Capitaine: les deux arrogants et trop sûrs de l'infaillibilité de leur bébé. Mais celui du siècle dernier est de la trempe des Capitaines marchant droit dans leurs bottes sans jamais faillir aux règles communes. Le nôtre, bravant les interdits, fonçant dans le mur, puis trouvant une parade au désastre et à son désastre personnel en guidant les secours à distance depuis une île plutôt qu'en aidant les passagers à quitter son navire qu'il a fracassé. Au résultat, le nombre de personnes qui survivent à la catastrophe est nettement supérieure à celle du Titanic. Etrange réalité. Enfin, sur le bateau, les gens s'organisent eux-mêmes alors que l'équipage est débordé et désorganisé, le personnel se mutine et n'attend pas les ordres irrationnels du capitaine pour faire évacuer le navire. Des employés sans expérience dans le domaine du sauvetage prennent le relais des qualifiés défaillants. Des passagers aident alors que d'autres s'empoignent dans la bascule du paquebot et la bousculade qui s'ensuit. D'autres encore filment et photographient leur propre naufrage.

Entre le Titanic et nous, notre Costa Nostra Concordia, tous les repères classiques de la morale ont explosé. Au lieu d'une hiérarchie stricte, la société s'organise aujourd'hui en réseaux. Nous nous trouvons devant une redéfinition des règles et des rôles. Dans le chaos de nos existences et de nos gouvernements, nous tentons de nouvelles alliances, de nouveaux concepts de morale. A ne pas vouloir jouer les chiens écrasés, les victimes d'un régime ou d'une situation, nous nous révoltons et nous nous révélons à nous-mêmes. Parfois, nous devenons alors des mufles vengeurs. Parfois, nous nous élevons justes et fiers et évitons d'ajouter de la catastrophe à la catastrophe à notre drame intime.

Résumé de "Mufle" de Eric Neuhoff.

Le narrateur découvre la jalousie et la trahison en lisant un sms sur le portable de la femme de sa vie. A plus de cinquante ans, deux divorces et de grands enfants, il se retrouve en pleine confusion sentimentale, animé de sentiments violents et contraires, alternant passion, colère, souffrance, doute, tristesse, regret, panique. L'insomnie redouble sa fixation sur Charlotte, jolie blonde fantasque dont il n'a jamais su capter le mystère et qui le renvoie à ses ruptures précédentes. Anatomie d'une déliaison, portrait d'un homme qui rêve d'une idole qui se comporterait en femme fidèle, ce sont tous les sentiments, jérémiades, déni, impuissance, complaisance, avec lesquels il faut bien vivre. Eric Neuhoff a déjà évoqués la jalousie, la passion la séparation, et la solitude dans 'Un bien fou' et 'Pension alimentaire'. Comme l'Antoine Doisnel de Truffaut, il en suit les méandres de livre en livre, aux différents âges de la vie, avec cette même mélancolie, cette musique douce amère, cet effroi poli devant l'éphémère des sentiments et la répétition des comportements, l'autodérision qui mêle lucidité, cruauté, tendresse et obsession.

Un livre qui tombe à pic. Sa conclusion personnelle, on ne peut pas pardonner une infidélité et recommencer avec sa femme, n'est pas ma conclusion personnelle et définitive. Pour moi, nous pouvons parfois nous pardonner nos fautes partagées, se souder, et surtout voir la nouvelle liberté acquise comme un triomphe paradoxal sur les chaînes sentimentales du mariage. Où la fidélité de corps, de coeur, et d'esprit vue sous un nouvel angle d'approche mutuelle. Une exploration d'avenir afin que triomphent des comportements majestueux plutôt que des paroles de détestation du mufle qui sommeille en nous tous, femmes et hommes.

07:25 Publié dans Lettres | Lien permanent | Commentaires (1)