18/01/2012

Le pianiste du Concordia parmi les disparus

Le pianiste du Costa Concordia compte parmi les disparus. Ce soir quelque 29 personnes manquent toujours à l'appel. Le Capitaine, pendant ce temps, s'enfonce un peu plus dans ses mensonges. Pathétique! ci-dessous deux vidéos à faire fonctionner en même temps. Histoire de porter un toast au pianiste et à toutes les victimes qui ne reviendront jamais de ce naufrage surréaliste.

 

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17/01/2012

"Bordel de merde! Remontez à bord, Commandant Schettino"

 

Ahurissant! Surréaliste, la conversation entre le Capitaine du Concordia et la Capitainerie du port de Livourne.

Avant cela, le Capitaine avait débranché le système automatique du paquebot qui aurait pu alerter de la présence de rochers dangereux. Avant cela, le Capitaine n'avait donné aucun ordre d'évacuation du navire. Et c'est grâce à une mutinerie d'une partie de l'équipage qu'il n'y a pas eu plus de morts à déplorer.. Avant cela, le Capitaine a été l'un des premiers à dégager du Concordia! Mais qui est ce capitaine fanfaron qui a tout fait foirer? Et pourquoi? Voici cette conversation invraisemblable:

De Falco: "Oui je suis De Falco de Livourne, je parle avec le commandant ?"
Schettino: "oui bonsoir commandant De Falco"
De Falco : "dites-moi votre nom s'il-vous-plaît"
Schettino: "je suis le commandant Schettino, commandant"
De Falco: "Schettino ? Ecoutez Schettino. Il y a des gens bloqués à bord. Maintenant vous allez avec votre chaloupe sous la proue du navire du côté droit. Il y a une échelle (de secours en corde, ndlr) et vous montez à bord. Vous allez à bord et vous nous dites combien il y a des gens. C'est clair ? J'enregistre cette communication, commandant Schettino..."
Schettino: "Commandant, je veux vous dire une chose..."
De Falco: "parlez à voix forte. Mettez la main devant le micro et parlez d'une voix plus forte, c'est clair ?
"Schettino: "Actuellement le navire est incliné..."
De Falco: "J'ai compris. Ecoutez: il y a des gens qui descendent par l'échelle de proue. Cette échelle vous devez la parcourir en sens inverse, monter sur le navire et me dire combien il y a de gens et ce qui se passe à bord. C'est clair ? Vous devez me dire combien il y a d'enfants, de femmes et de personnes ayant besoin d'assistance. Et vous me dites combien de gens il y a dans ces catégories. C'est clair ?" "Ecoutez Schettino, vous avez peut-être réussi à vous sauver de la mer mais là, vraiment ça va mal se passer... je vais vous causer une énormité d'ennuis. Allez à bord, bordel de merde !!"
Schettino: "Commandant, je vous en prie".
De Falco: "non, je vous en prie... La maintenant vous y allez, vous remontez à bord. Vous m'assurez que vous êtes en train de remonter à bord..."
Schettino: "je suis déjà en train d'y aller là, je suis là, je ne vais nulle part, je suis là..."
De Falco: "Qu'êtes-vous en train de faire commandant ?"
Schettino: "Je suis là pour coordonner les secours..."
De Falco: "Qui est-ce qui coordonne là-bas ? Maintenant vous remontez à bord pour coordonner les secours à bord. Vous refusez là ? "
Schettino: "Non non je ne refuse pas".
De Falco: "Vous refusez de remonter à bord ? Dites-moi pour quel motif vous
n'y allez pas ?"

Schettino: "Je ne suis pas en train d'y aller parce qu'il y a l'autre bateau (chaloupe de sauvetage, ndlr) qui s'est arrêté.."
De Falco: "Vous allez à bord, c'est un ordre. Vous ne devez pas penser à autre chose. Vous avez déclaré l'abandon du navire. Maintenant c'est moi qui commande. Vous remontez à bord !! C'est clair ? Vous m'entendez ? Allez-y et appelez directement depuis le bateau. Sur place il y a déjà mon secours aérien".
Schettino: "Où est votre moyen de secours ?"
De Falco: "Il est à la proue. Allez-y.. Il y a déjà des cadavres Schettino".
Schettino: "Il y en a combien ?"
De Falco: "Je ne sais pas.. Un c'est sûr, je l'ai entendu. C'est à vous de me le dire combien, bon sang !!!"
Schettino: "Mais vous vous rendez compte qu'il fait nuit et qu'ici on ne voit rien ?"
De Falco: "Qu'est-ce que vous voulez faire Schettino, rentrer à la maison ? Il fait nuit alors vous voulez rentrer chez vous ? Montez sur la proue du navire par l'échelle et vous me dites ce qu'on peut faire, combien il y a de gens, quels sont leurs besoins. Tout de suite !!"
Schettino: "Je suis avec le commandant en second" (sur une chaloupe de sauvetage).
De Falco: "Montez à bord tous les deux. Vous et votre second vous montez maintenant à bord, c'est clair ? "
Schettino: "Et commandant, je voudrais monter à bord mais l'autre chaloupe ici. Il y a les autres sauveteurs... Elle s'est arrêtée et elle est bloquée, j'ai appelé d'autres sauveteurs"..
De Falco: "Cela fait une heure que vous me dites ça. Maintenant vous allez à bord, allez A BORD !! Et vous venez me dire tout de suite combien il y a de gens".
Schettino: "D'accord commandant"
De Falco: "Allez-y immédiatement !!"

En réalité, selon la capitainerie, qui date cette dernière conversation de 1h46, le commandant réfugié sur un rocher dès 0h30, selon des témoins, ne remontera jamais à bord pour piloter les opérations de sauvetage qui se poursuivront jusqu'à 6h00 du matin, selon les pompiers. Ca fait beaucoup pour un seul homme.

Paralyser par la peur de mourir, cet homme orgueilleux, sûr de lui, arrogant, était le nouveau capitaine du Titanic moderne qui devait entraîner des enfants, des femmes, et des hommes dans une mort certaine. A méditer par tous et en particulier par les hommes puissants de la planète. Beaucoup de passagers ont fait confiance à cet homme dans le passé. Il était toujours certains de ses choix, certains de connaître son terrain. Trop de certitudes tuent la certitude. Trop de doutes tuent la confiance. Entre deux, un grand capitaine doit savoir équilibrer le rapport de ses propres connaissances personnelles.

 

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Concordia: le héros retrouvé sur la table du restaurant!

 

Il s'appelle Maurico Giampietroni. Il est resté 36 heures bloqué sur le Costa Concordia après avoir sauvé des dizaines de passagers avant de tomber au fond d'un des cinq restaurants inondés.

Après sa chute d'une hauteur de 5 mètres, il est resté bloqué dans le noir. Maurico Giampietroni, commissaire de bord, s'est battu sans relâche pour mettre à l'abri les passagers. Contraste saisissant avec le capitaine qui s'est échappé vers les 24 heures du paquebot, l'officier, vers 3 heures du matin, envoyait cet appel à son épouse Laura:

" Reste calme., je suis en train d'installer les passagers sur les canots puis je m'occupe de moi".

Puis ce fut la chute. Blessé à la jambe, l'homme se retrouve seul dans le noir. Ce sont les pompiers plongeurs qui ont entendu ses appels au secours. Transi de froid mais vivant, les sauveteurs récupèrent Maurico dimanche vers midi sur la table du restaurant, où il s'était réfugié!

L'officier Giampietroni a mis une conclusion provisoire à son aventure par ses mots définitifs:

"Je n'imagine pas une seconde arrêter ce travail. La mer, c'est ma vie".

Comme cadeau d'anniversaire du ciel, le capitaine n'aura pas reçu un cadavre servi sur une table pour son repas. Mais un subalterne bien vivant qui montre au monde entier combien il est vilain et lâche de ne point voler au secours des habitants de son paquebot quand ceux-ci se retrouvent dans la détresse la plus absolue par la propre faute du capitaine. Inch' Ino *, mon capitaine! **

*Inchino signifie «faire une  révérence » en Italien.

**Voir les extraits de vidéo de mon dernier billet sur ce sujet: "Le cuisinier, le voleur, sa femme et son amant".

Une seule guitare qui vibre au coeur de la nuit pour tous. Une corde qui saute et c'est le navire qui chavire. Un seul homme qui sauve et répare, c'est toute l'Humanité qui est sauvée.

 

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Elle est partie à tire-d'aile

 

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Hier.

Hier encore, tu donnais la chaleur

d'un éblouissement à mon coeur.

 

Aujourd'hui.

Aujourd'hui je regarde par la fenêtre

et j'espère dans le soleil de mon être.

 

Demain.

Demain tes ailes reviendront

se reposer tout en douceur à mon front.

 

Amour

Amour

Amour

 

Un triple A que personne n'a pu dégrader

même quand la tempête de nos coeurs écorchés

nous fît chavirer sur notre flanc.

 

Je reviens à mon île de Djerba

car de toi tu es douce lumière de Pacha

 

Peu m'importe les tristes fins.

La nôtre est un début qui n'aura pas de fin.

Car de toi les merveilles du ciel

tombent comme un arc-e-n-ciel

que je ne saisis point sans la flamme

éclairant tous les feux de nos larmes.

 

C'est ainsi mon ange.

Le temps des engelures

s'est empressé à ton encolure.

Un déshabillé nuit que tu arranges

en me ramenant à ton sein palpitant.

 

La nuit comme un envoûtement.

Le jour comme un soulèvement.

 

Tu m'appelles en toi.

Je te réponds en roi:


Si reine veut bien de notre bon plaisir

et se rendre dans sa cour à jouir

j'y perdrai bien toute ma fortune ailée

à ses doux secrets bien gardés.

 

L'amour est une énigme.

Et toi, tu es la femme de mon énigme.

 

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16/01/2012

Le chef des serveurs et les cuisiniers du Concordia

 

La légende du "Costa Concordia" s'épaissit heure après heure. Ainsi apprend-on que le capitaine du paquebot voulait faire plaisir au chef des serveurs, originaire de l'Ile du Giglio, un serveur qui n'aurait pas dû être de ce voyage mais qui a remplacé au pied levé un remplaçant qui n'est jamais venu. Apercevant son île, le chef des serveurs s'est exclamé devant le capitaine: "Attention! Nous sommes extrêmement près de la côte!" Et la collision est survenue.

Peu après commençait la lutte à bord pour la survie. Dans la sauvagerie générale, les seuls membres qui ont fait honneur au navire et à la profession de marin, ce sont une partie du personnel de cuisine. Les cuistots à la rescousse des passagers tandis que tous les autres s'occupaient d'eux-mêmes.

Où quand la légende d'un naufrage devient une grande affaire de restauration et d'entraide suite à un chef des serveurs ayant vu son rêve exaucé au-delà de ses espérances par un capitaine inconscient du danger...

Etrange histoire, belle histoire, fantastique histoire.

En lien, je pose deux extraits d'une pièce de théâtre qui parle de trahison, de gloutonnerie, de manque de respect mutuel, de toutes ces choses qui font notre humanité quand tout va mal sur le bateau collectif...

 

16:53 Publié dans Lettres | Lien permanent | Commentaires (1)