12/08/2012

Festival choral international de Neuchâtel, Minsk alors!

 

La dernière soirée du festival choral de Neuchâtel a vu les 14 sélections retenues par le jury défilé au Temple du Bas. Une soirée de gala inoubliable en bonne partie due au Choeur des Etudiants de l'Académie de Musique de Biélorusse sous la houlette de sa formidable directrice Inessa Bodyako qui a remporté le 1er Prix du Jury et celui du public accouru nombreux malgré cette période de vacances.

L'ensemble Biélorusse nous a régalé et enchanté par ses innovations, son large registre, ses chorégraphies et ses chants, sa fraîcheur et son entrain, sa qualité musicale et son espièglerie.

Des étudiantes et des étudiants ayant enthousiasmé un public de connaisseurs jusque bien après la fin officiel du concert . Merci à eux tous. Ci-dessous trois vidéos de l'ensemble trouvées sur Y-tube. C'était encore mieux, beaucoup mieux en live dans la rue ou avec le spectacle chorégraphique de la troupe en représentation. Un immense Merci à vous, les jeunes chanteurs et chanteuses de Minsk. Et merci aussi à tous les autres ensembles invités qui ont présenté un spectacle de bonne facture à un public ravi.

 

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11/08/2012

La tueuse de Bachar, l'araignée éléphant BaBart

 

Elle rôde dans les rues d'Alep, de Homs, de Dera, de Damas. Elle a pris position et fait son nid dans les fontaines d'eau. Elle est née de la glace du Seigneur pour éteindre le feu des dictateurs. Elle va étendre son empire sur tout les territoires de la Syrie et capturer dans ses fils le Bachar bouffeur de salades tyranniques. Il a de très grandes oreilles, Mère-Grand Bachar. Il a une si grande bouche, Mère-Grand Bachar. Il a des dents trop aiguisées, Mère-Grand Bachar. Pourtant en face de lui se présente l'araignée éléphant Babart qui va lui siphonner son bout du nez et l'entraîner au fond des eaux glaciales de sa cachette.

Bachar, tous les enfants du monde veulent ta peau. Tu n'amuses plus tes propres enfants et petits enfants. Tu les effraies, les tortures, les violent, et les tuent. Comment peux-tu encore jouer au train électrique avec eux? Tu as déjà perdu la guerre car les enfants du monde t'envoient au diable. C'est leur vérité. La seule qui soit vraie dans ce conte sanguinolent à mourir debout que tu présentes à ton peuple.

Bachar, je te présente l'araignée-éléphant BaBart qui tient sa source des cinq piliers de la sagesse.

Alice au Pays des Merveilles

 

La Belle au Bois Dormant

 


Dans son vaste palais, sous la sombre ramure,
La Belle au bois repose, attendant le réveil ;
Son beau front est de glace et pâle est sa figure,
Ses grands cheveux lui font comme un manteau vermeil.

Un étrange sourire erre encor sur sa bouche,
Ses longs cils abaissés ombrent légèrement
Ce visage si pur et que la mort farouche
Semble avoir en son vol effleuré seulement.


Elle a joint sur son cœur ses mains fines et blanches
Et semble une statue en marbre précieux ;
Et le soleil couchant qui glisse sous les branches
A travers les vitraux la baise sur les yeux.

Elle ne peut sentir cette douce caresse :
L’heure de s’éveiller n’a pas encor sonné ;
Elle n’a point perçu la voix enchanteresse
Qui dira : « Lève-toi, le siècle est terminé ! »

Mais comme elle repose impassible et sereine,
Suivant un rêve d’or qui fuit dans le ciel pur
Et qui, depuis longtemps, la ravit et l’entraîne
Jusqu’à ces inconnus que recouvre l’azur.

Un cavalier s’en vient à travers les broussailles,
Jusque sous les hauts murs du palais enchanté :
Il voit devant ses pas s’écrouler les murailles,
Et pénètre sans peine en ce lieu redouté.

C’est un prince au pourpoint de velours vert très pâle,
Au visage plus beau que la clarté du jour,
Au grand chapeau chargé de rubis et d’opale,
Au regard plein de force et de vie et d’amour.


Il traverse la cour où d’énormes troncs d’arbres,
Renversés par le temps, gisent amoncelés,
Et gravit sans frayeur les hauts degrés de marbre
Que la pluie et la neige ont presque descellés.

Le long des corridors de grosses araignées
Qui dorment dans leurs rets tissés d’argent et d’or,
S’éveillant à demi regardent, étonnées,
Ce vivant qui pénètre au séjour de la mort.

Puis enfin il arrive à la salle où repose
Celle qu’il vient chercher dans le sombre palais ;
Il pousse vivement la porte à demi-close,
Où passent en dansant de lumineux reflets.

Il voit la jeune fille endormie et si belle,
Attendant l’inconnu qui vient pour l’épouser :
Plein d’une joie immense, il se penche vers elle,
Et sur sa main glacée il pose un long baiser.

Dans tout le vieux manoir une rumeur s’élève ;
Dans le grand bois s’éveille un doux gazouillement,
Et la jeune princesse enfin sort de son rêve,
Puis regarde autour d’elle avec étonnement.


Alors, dans les clartés pâles du jour qui tombe,
Elle voit l’étranger devant elle à genoux,
Et les yeux pleins encor de lueurs d’outre-tombe,
Elle lui tend les bras et murmure : « C’est vous ! »

La Belle au bois dormant qui, radieuse et pure,
Dut en son noir castel s’endormir pour longtemps,
N’est-ce pas ton image, ô superbe Nature ?
Et le beau fils de roi, c’est toi, joyeux Printemps !

C’est toi qui viens chercher la terre ensevelie
Sous les âpres linceuls des automnes glacés,
Qui lui rends son sourire et sa splendeur pâlie,
Et dis, en la baisant : « Oh ! renais, c’est assez ! »

 

Alice de Chambrier, poétesse romantique neuchâteloise

 

L'Araignée-Eléphant BaBart

 

 

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" Dans un nid de verdure, au pied du coteau sombre,
Un village est blotti comme un oiseau frileux ;
Les grands arbres lui font une auréole d'ombre
Et projettent sur lui leurs contours onduleux.

Au nord, le vieux Jura le veille et le protège ;
Au midi, le lac bleu l'endort de sa chanson.
Et les Alpes au front ceint de glace et de neige
Coupent l'espace clair de son vaste horizon.

Partout des ruisseaux frais roulent une eau glacée,
Goutte à goutte assemblée au milieu des grands bois,
Et c'est en bondissant que l'onde courroucée
S'échappe de goulots devenus trop étroits.

Le voyageur lassé, joyeux s'y désaltère
Et rafraîchit son front mouillé par la sueur...

... Ce village riant dans la campagne claire,
C'est Bevaix, une perle au milieu d'un écrin. "

Alice de Chambrier

 

 


Le soir

C’est l’heure où sur les blanches grèves le lac mystérieux s’endort.

C’est l’heure où sur nos fronts les rêves passent avec leurs ailes d’or.

C’est l’heure où les oiseaux se taisent et se blottissent dans leurs nid, l’heure où les

crépuscules baisent le front songeur de l’infini où suspendue à l’azur sombre ainsi

qu’une lampe d’argent la lune oscille égayant l’ombre des feux de son regard

changeant, où, dans le manteau de la brune parmi les mourantes lueurs on voit

s’allumer une à une les étoiles aux jeux rieurs.

C’est l’heure où notre âme ennoblie par tant de pure majesté a comme une image

affaiblie des gloires de l’éternité.

L’heure où recueillie elle effleure les mystères du grand ciel bleu.

C’est l’heure où se sentant meilleure elle se rapproche de Dieu.

 

Alice de Chambrier

 

 

 

Pour terminer ce billet et revenir à la brutalité du monde, je reprends ici un interview de Robert Fisk... Une idée de la folie meurtrière qui s'est emparée de notre planète et de l'hypocrisie générale qui nous conduira à un conflit mondial si nous n'agissons pas, nous peuples, citoyens et citoyennes de cette planète.

 

Robert Fisk est le correspondant à Beyrouth du journal britannique The Independent. Il est considéré, à juste titre, par le Financial Times, comme « l'un des plus remarquables reporters de sa génération ».


Ouvrages récents :
La Grande Guerre pour la civilisation :
l'Occident à la conquête du Moyen-Orient (1979-2005),
La Découverte,
2005 et Liban,
nation martyre, Editions A&R et du Panama, 2007

Traduit de l'anglais par GV pour ReOpenNews

A-t-on déjà vu une guerre aussi hypocrite au Moyen-Orient ?


Une guerre aussi lâche et dépourvue de morale, avec autant de fausses rhétoriques et d'humiliations publiques ?


Et je ne parle pas des victimes physiques de la tragédie syrienne.


Je me réfère aux immondes mensonges et à la fausseté de ceux qui nous gouvernent, et à notre opinion publique – à l'Est comme à l'Ouest. La réponse au massacre fut une vaste pantomime plus digne de Jonathan Swift que de Tolstoï ou Shakespeare.



Pendant que le Qatar et l'Arabie Saoudite arment et financent les rebelles en Syrie pour renverser la dictature alaouito-chiito-baasiste de Bachar el-Assad [très bien documenté par Der Spiegel le 26 juillet - NdT], Washington n'émet pas une seule critique vis-à-vis d'eux.


Le Président Obama et son secrétaire d'État, Hillary Clinton, disent vouloir la démocratie en Syrie, mais le Qatar est une autocratie et l'Arabie Saoudite est parmi les pires exemples de califats autoritaires de tout le monde arabe. Les dirigeants de ces deux États héritent du pouvoir à travers leurs liens familiaux – tout comme Bachar –, et l'Arabie Saoudite est un allié des rebelles salafistes wahhabites en Syrie, exactement comme ils furent les plus fervents supporters du régime médiéval des talibans pendant les années les plus noires en Afghanistan.



De fait, 15 des 19 pirates de l'air criminels du 11-Septembre 2001 venaient d'Arabie Saoudite [et pourtant] nous sommes allés bombarder l'Afghanistan.


Les Saoudiens répriment leur propre minorité chiite tout comme ils veulent maintenant anéantir la minorité chiite alaouite en Syrie.


Et nous croyons vraiment que l'Arabie Saoudite veut instaurer la démocratie en Syrie ?


Et au Liban, se trouve le parti milicien chiite du Hezbollah, qui n'est autre que la main de l'Iran chiite, fidèle allié du régime d'Assad. Depuis 30 ans, le Hezbollah a défendu les chiites du Sud-Liban opprimés par l'agression israélienne. Ils se sont présentés comme les défenseurs des droits des Palestiniens notamment à Gaza. Mais face au lent effondrement de leur impitoyable allié en Syrie, ils ont perdu leur langue. Pas un mot – pas même de leur chef Sayed Hassan Nasrallah – sur l'enlèvement et le massacre de civils syriens par les soldats de Bachar et les milices « Shabiha ».

Et puis nous avons les héros de l'Amérique, Hillary Clinton, le secrétaire à la Défense Leon Panetta, et Obama lui-même. Clinton a lancé un « véritable avertissement » à Assad. Panetta, celui-là même qui a répété aux dernières troupes US en Irak ce gros mensonge sur les liens entre Saddam Hussein et le 11/9, annonce aujourd'hui qu'en Syrie « la situation échappe à tout contrôle. »


Cela fait six mois que ça dure !
Et il vient tout juste de le réaliser ?


Quant à Obama, il déclarait la semaine dernière qu' « étant donné la montagne d'armes nucléaires qu'il possède, nous continuerions à montrer clairement à Assad que le monde entier le surveille. »
Cela dit, n'était-ce pas le journal irlandais Skibbereen Eagle qui, inquiet des projets russes vis-à-vis de la Chine, déclarait qu'il « tenait à l'œil... le tsar de Russie » ?


C'est maintenant le tour d'Obama de montrer le peu d'influence qu'il a sur les principaux conflits dans le monde. Bachar doit vraiment trembler de peur !

Mais est-on bien certain que l'administration veuille exposer au monde entier les archives sur les tortures atroces pratiquées par le régime de Bachar el-Assad ?
Rappelons qu'il y a quelques années, l'administration Bush envoyait des musulmans à Damas pour que les tortionnaires d'Assad leur retournent les ongles et leur extorquent quelques renseignements, des hommes qui étaient capturés sur demande du gouvernement US et emprisonnés dans l'antichambre de l'enfer que les rebelles ont réduit en miettes la semaine dernière. Les ambassades occidentales ont consciencieusement fourni aux tortionnaires des listes de questions à poser aux prisonniers.


Voyez-vous, Bachar était notre créature.
Et puis, il y a aussi ce pays voisin qui doit nous être tellement reconnaissant : l'Irak. La semaine dernière, ce pays a subi 29 attentats à la bombe dans la même journée, touchant 19 villes, tuant 111 civils et en blessant 235 autres. Le même jour, le bain de sang en Syrie faisait à peu près le même nombre de victimes. Mais l'Irak passe loin derrière la Syrie aujourd'hui, et ne fait plus la une, comme on dit ; car bien sûr, nous avons apporté la liberté en Irak, la démocratie de Jefferson, etc., etc., n'est-ce pas ?
Et donc, ce massacre à l'est de la Syrie n'a pas vraiment eu le même impact. Rien de ce que nous avons fait en 2003 n'a amené à ce que l'Irak endure aujourd'hui.
Est-ce que c'est clair ?
Et, parlant de journalisme, qui donc à BBC World News a décidé que même les préparatifs des Jeux olympiques avaient la priorité sur les massacres de ces derniers jours en Syrie ?


Les journaux britanniques et la BBC vont traiter les Jeux olympiques comme une actualité locale, et c'est bien normal. Mais ce qui est lamentable, c'est cette décision prise par la BBC – la « broadcasting 'world' news to the world' – de donner priorité au passage de la flamme olympique par rapport aux enfants syriens qui meurent, même lorsque les courageux reporters de la chaine(*) envoient leurs reportages directement depuis Alep.



Et enfin, il y a nous, citoyens libéraux progressistes, si prompts à descendre dans les rues pour protester contre les massacres de Palestiniens par Israël. Chose tout à fait légitime par ailleurs. Quand nos dirigeants politiques sont si rapides à condamner les Arabes pour leur sauvagerie, mais n'osent pas émettre la moindre critique envers l'armée israélienne lorsqu'elle commet des crimes contre l'humanité – ou regarde ses alliés le faire au Liban – des gens ordinaires doivent rappeler au monde qu'ils ne sont pas aussi timides que leurs dirigeants. Mais quand le nombre de victimes en Syrie se monte à 15 000 voire 19 000 – c'est-à-dire presque 14 fois celui de l'incursion d'Israël à Gaza en 2009 – pas même un manifestant, excepté les expatriés syriens, ne descend dans la rue pour condamner ces crimes contre l'humanité. Les crimes d'Israël n'ont pas atteint ce degré de violence depuis 1948. Qu'on le veuille ou non, le message qui ressort de tout cela est le suivant : nous demandons la justice et le droit à la vie pour les Arabes s'ils sont opprimés par l'Occident ou ses Alliés israéliens, mais pas lorsqu'ils le sont par d'autres Arabes.



Ce faisant, nous oublions la « grande vérité ».


Nous voulons renverser la dictature syrienne, non pas parce que nous aimons les Syriens ou détestons notre ex-ami Bachar el-Assad, ou parce que nous voulons nous en prendre à la Russie qui a d'ailleurs toutes les cartes en main pour occuper la première place au Panthéon de l'hypocrisie, mais beaucoup plus prosaïquement pour donner une leçon à l'Iran et peut-être contrer ses plans d'armement nucléaire, si toutefois ils existent. Autrement dit, tout cela n'a rien à voir avec les droits de l'homme, le droit à la vie, ou le massacre d'enfants syriens.


Quelle horreur !

 

 

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10/08/2012

K-Stew, une jeune actrice sur la route de Kerouac

 

Quel couac! On ne parle que d'elle cet été et de son mari, le présumé cocu de l'histoire. Elle déprime, annule ses futures présences cinématographiques, se morfond et tente de retrouver l'amour égaré auprès de son homme. Rien n'y fait. L'homme trompé est mondialement cocu et sa fierté de mâle en a pris un rude coup. Lui qui en plus se demandait fort récemment comment on pouvait tromper son partenaire de vie...

Mais la vie va plus vite, plus haut, plus fort que la musique romantique du couple. Une femme qui vit en aquarium avec des partenaires de film peut-elle sincèrement tourner des scènes d'amour pour de faux, des baisers chiqués, des sentiments biaisés? Pour être plus vrais, plus justes, plus authentiques, les actrices et acteurs s'investissent d'un rôle. Parfois ce rôle empiète sur la relation sentimentale qu'ils ont hors cinéma. Mais d'ailleurs, son homme officiel, son Robert, K-Stew ne l'a-t-elle pas découvert sur un plateau de tournage? N'ont-ils pas fréquenté alors que rien ne prévoyait une fréquentation rapprochée durant le tournage? Robert a beau chanter à « l'amour unique ». Sans le cinéma, K-Stew ne serait sans doute jamais devenue sa compagne à la ville et loin de la scène...

Pourquoi s'acharner sur K-Stew alors que le public l'a célébré à Cannes pour son rôle tenu dans « On The Road »? Pourquoi une femme infidèle devient-elle l'ennemie, la bannie, l'exclue? Et plus encore une femme qui a voulu tourner dans « ON The Road », film par excellence de la libération des moeurs? Une fois de plus l'hypocrisie et la pudibonderie l'emportent sur le droit à être soi-même. K-Stew a fauté. Mais dans sa suite d'hôtel à Cannes, elle luttait déjà contre la vie chère et l'attirance de sa propre chair pour une chair spirituelle... A Dieu, quelle folie s'agite en elle...

Qui a prétendu que la fidélité en amour excluait toute aventure amoureuse? La religion? La prison sentimentale? La culpabilité?

« Mais alors ils s’en allaient, dansant dans les rues comme des clochedingues, et je traînais derrière eux comme je l’ai fait toute ma vie derrière les gens qui m’intéressent, parce que les seules gens qui existent pour moi sont les déments, ceux qui ont la démence de vivre, la démence de discourir, la démence d’être sauvés, qui veulent jouir de tout dans un seul instant, ceux qui ne savent pas bâiller ni sortir un lieu commun mais qui brûlent, qui brûlent, pareils aux fabuleux feux jaunes des chandelles romaines explosant comme des poelles à frire à travers les étoiles et, au milieu, on voit éclater le bleu du pétard central et chacun fait : "Aaaah !" »

On The Road, Jack Kerouac

« Je vidai les lieux et errai dans San Francisco, sac au dos, plein d’allégresse. Je m’en fus rendre visite à Cody, chez Rosie. La vue de cette dernière m’étonna : elle avait soudain changé et sa maigreur était squelettique. Elle avait un regard terrorisé ; les yeux lui sortaient des orbites. « Qu’est-ce qui se passe ? » Cody me conduisit dans la pièce voisine sans me laisser lui parler : « Elle est devenue comme ça en quarante-huit heures, souffla-t-il.

- Que lui est-il arrivé ?

- Elle dit qu’elle a établi une liste de tous ses amis et de leurs péchés, après quoi elle l’a jetée dans les toilettes de la maison où elle travaille, mais la liste était si longue qu’elle a bouché le tuyau de vidange. Il a fallu faire appel à un type du service municipal. Comme il portait un uniforme, elle dit que c’était un flic, qu’il a emporté le papier au poste de police et qu’on va tous nous arrêter. »

Les Clochards célestes, Jack Kerouac

Croyances et techniques pour la prose moderne

Evergreen Review, vol 2, n.8, 1959 Jack Kerouac

Liste des points essentiels :

1. Carnets secrets, couverts de gribouillis, et pages follement dactylographiées, pour votre propre plaisir

2. Soumis à tout, ouvert, à l’écoute

3. N’essayez jamais de vous soûler en-dehors de chez vous

4. Soyez amoureux de votre vie

5. Ce que vous ressentez trouvera sa propre forme

6. Soyez fou, soyez un saint abruti de l’esprit

7. Soufflez aussi profondément que vous souhaitez souffler

8. Ecrivez ce que vous voulez sans fond depuis le fin fond de l’esprit

9. Les visions indicibles de l’individu

10. Pas de temps pour la poésie, mais exactement ce qui est

11. Des tics visionnaires tremblant dans la poitrine

12. Rêvant en transe d’un objet se trouvant devant vous

13. Eliminez l’inhibition littéraire, grammaticale et syntactique

14. Comme Proust, soyez à la recherche du joint perdu

15. Racontez la véritable histoire du monde dans un monologue intérieur

16. Le joyau, centre d’intérêt, est l’oeil à l’intérieur de l’oeil

17. Ecrivez pour vous dans le souvenir et l’émerveillement

18. Travaillez à partir du centre de votre oeil, en vous baignant dans l’océan du langage

19. Acceptez la perte comme définitive

20. Croyez en le contour sacré de la vie

21. Luttez pour esquisser le courant qui est intact dans l’esprit

22. Ne pensez pas aux mots quand vous vous arrêtez mais pour mieux voir l’image

23. Prenez note de chaque jour la date blasonnée dans votre matin

24. Pas de peur ou de honte dans la dignité de votre expérience, langage et savoir

25. Ecrivez de façon que le monde lise, et voie les images exactes que vous avez en tête

26. Livrefilm est le film écrit, la forme américaine visuelle

27. Eloge du caractère dans la solitude inhumaine et glacée

28. Composer follement, de façon indisciplinée, pure, venant de dessous, plus c’est cinglé, mieux c’est

29. On est constamment un Génie

30. Scénariste-Metteur en scène de films Terrestres Sponsorisés et Financés par les Anges au Paradis

A K-Stew, la folle, la timbrée du ciboulot, pour son rôle pourri par la critique de femme libre d'aimer à sa façon.

 

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C'est Bachar Akbar qui gouverne

 

Tout est de la faute des Occidentaux et de la démocratie. Avant le Printemps de Jasmin, les dictateurs au pouvoir dans le monde arabe étaient mis en place et soutenus par les démocraties occidentales. Maintenant que le Printemps du Sang libérateur passe par la Syrie, après la Lybie, l'Egypte, la Tunisie, entre autres, c'est toujours les Occidentaux qui manipulent la jeunesse et les peuples afin de les rendre hystériques en combattant par le djihad le terrifiant Bachar Akbar. L'Occident serait responsable de la division entre chiites, sunnites, alaouites, et autres courants musulmans alternatifs qui se trucident au nom d'Allah. L'Occident chercherait à s'emparer des richesses arabes. Vieille rengaine. C'est pourquoi l'Occident sème la zizanie, le chaos, la terreur, la guerre sur ces terres lointaines. Satan, c'est l'Occident, quoi qu'on puisse écrire à un bon musulman.

C'est ce qu'on lit de ci de là parmi les anti-Américains et anti-Européens d'ci et de là-bas. L'Occident possède toujours une grosse bosse de Casimodo sur son dos. Il est le Criminel, le Trompeur, le Séducteur, Satan agissant. On oublie un détail de taille XXL : qui s'assied sur les puits de pétrole du monde sans avoir jamais eu à travailler pour cette richesse (Dieu est Grand) et reste incapable d'apporter la paix et la prospérité à leurs peuples malgré les milliers de milliards de gain acquis ces cents dernières années grâce à la "Bénédiction" d'Allah qui a offert cet immense trésor d'or noir aux peuples musulmans (on ne parle même pas du nouveau trésor d'or jaune à exploiter qu'est le solaire), trésor dilapidé par des princes incapables de moderniser l'islam afin de maintenir leurs peuples dans l'ignorance et l'inculture? Cela on n'en parle jamais. Les soeurs et frères musulmans ne sont pas responsables de leur misère. Ce sont les Occidentaux...chez qui les princes du pétrole viennent investir des milliards de dollars au lieu d'aider leur propre peuple à sortir du Moyen-Age.

C'est tellement facile de dire que la démocratie représente la plaie du monde et que la charia islamique fera le bonheur des peuples, y compris occidentaux. Après le petit livre d'Hitler, le petit livre de Marx, et maintenant le petit livre du Prophète, Allah...Car « Dieu » est en nous. Forcément en nous. On le voit au résultat sur le terrain. La guerre, encore la guerre, toujours la guerre au nom d'un totalitarisme. Et le sang des innocents. Non. Non. Soeurs et frères musulmans, la démocratie n'est pas responsable des crimes perpétrés au nom de l'islam. Les responsables sont parmi les chefs religieux de l'islam qui se comportent comme des chefs de clans, des mafieux, des gourous, assis sur leur pouvoir et maintenant le peuple dans l'ignorance, la haine, et le fanatisme. En Occident, les artistes prônent l'amour, le partage, la liberté, la tolérance, le droit de vivre sa vie sans devoir rendre compte à un tribunal religieux et à ses voisins de palier. Si tout ne va pas bien en Occident, que l'athéisme y progresse et exerce parfois un prosélytisme agressif contre toutes les religions, la majorité des personnes vivant en démocratie ont su se faire leur propre opinion sur leur recherche spirituelle personnelle, leur croyance ou incroyance en Dieu. L'Occident est à l'image de ce que Dieu nous a laissé comme liberté et héritage dans l'Histoire des Hommes: croire en Lui ou L'ignorer. S'intéresser aux textes métaphysiques ou les refuser. Pour celles et ceux qui croient en Dieu, Il reste un guide et une lumière dans ce monde dévasté. Pour les autres, les athées, Il n'est rien si ce n'est un perturbateur de de conscience agissant sur leur esprit qui se voudrait libre de toute pensée métaphysique...

Alors, j'ai choisi ce titre de mon billet « Bachar Akbar » pour dire que les mots que j'entends à la télévision dans la bouche des jeunes gens qui se battent en Syrie pour l'instauration de la charia me font immanquablement dire que remplacer une dictature par une autre dictature ne rendra jamais la liberté à un peuple, qu'il soit d'Occident ou d'Orient. Dieu n'est pas le Grand Dictateur. Dieu a déposé miraculeusement l'être humain sur Terre grâce à l'Evolution et Il attend de nous que de notre liberté nous nous élevions encore et toujours vers des sommets de sentiments nobles, libres, et créatifs. Telle est l'Evolution et le Plan de Dieu. Maintenant libre à l'Homme de donner raison à Satan et sa force du Mal. L'Homme se retrouvera alors, encore et toujours, dans ses propres fers, dans sa Haine, sa violence, et en Enfer...

 

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09/08/2012

Notre Milieu Divin en danger

 

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Si tu ne crois pas en Dieu

peut-être crois-tu à l'enfer

 

Car chaque jour tu le vois

à l'heure des nouvelles du jour

 

Si tu ne crois pas en toi

peut-être ne crois-tu pas aux autres

 

Car chaque jour tu laisses faire

sans crier ta douleur et ta révolte

 

Si tu ne vois pas Dieu

faut-il en conclure qu'Il n'existe pas?

 

Quand un magicien te dit qu'il a un truc

pour accomplir ses miracles, tu le crois

 

Car sinon ce ne serait pas possible.

 

Hors Dieu est le Magicien

et il a un Truc:

 

L'Amour

et l'innocence des enfants

 

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