07/12/2011

Pascal Bongard, frère de sang

 

L'acteur suisse, 50 ans, a répété, lundi matin, l'acte de Mohamed Bouazizi, Place de la Bourse à Paris. Il s'est déshabillé et a mis le feu à des flaques de benzine autour de lui. Secouru par un pompier, légèrement blessé par son acte, il a été conduit dans une permanence psychiatrique.

Un fait d'hiver de glace. Pascal Bongard est Suisse. Pascal Bongard a la cinquantaine. Il est artiste. C'est un frère authentique. Sincère, direct, définitif dans son attitude. J'ai trouvé un allié de poids dans mon existence. Deux frères humains criant sans complaisance et sans artifice leur douleur à la face du monde. Une mise en scène d'un comédien brûlant les planches. Ce n'est pas un suicide manqué. C'est un avertissement, le signal d'alarme d'un artiste qui voit le monde tel qu'il est et non tel que les médias nous l'inspirent et nous demandent de croire. Mettre le feu au bûcher de nos vanités et prendre le chemin d'un monde non dominant prêt à donner la vraie paix et l'amour au genre humain. Pour que 2012 inspire un autre départ.

Que celles et ceux qui pensent cyniquement que Pascal Bongard a voulu se faire remarquer et créer le buzz se taisent et ferment une bonne fois pour toute leurs grandes gueules de gens non concernés en acceptant qu'il y ait encore des artistes et des poètes sincères sur cette planète Terre.

 

 

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L'Homme inutile ou la Conspiration des... par www-colline-fr


L'homme inutile ou la conspiration des... par mirabellerousseau

12:57 Publié dans Lettres | Lien permanent | Commentaires (2)

Extrême rigueur, 7 décembre 2011

 

Avertissement: ne lisez pas si vous êtes de bonne humeur et pour l'extrême rigueur

Avec le froid qui vient, on a fini de rigoler. Nous avions rêvé au printemps arabe, c'est le gel islamiste et son fouet qui semble s'imposer. Nous avions rêvé d'une Europe gaie, vivante, respectueuse de ses minorités, de ses vieux, de ses handicapés, de sa jeunesse, nous trouvons l'Europe noire et ses plans de rigueur à même plus découcher dehors...sauf par indignation sous tente et sans chauffage compris.

Madame est servie. Et plutôt bien. Le sado-maso semble devenir la norme un peu partout sur la planète. Je te fais mal, tu me fais mal. Y'a plus le choix, si tu veux survivre dans ce monde bestial. Nous ne sommes déjà plus des indignés. Nous devenons des enragés, par force majeure. Du carnage industriel et économique, du carnage social et humain, nous en distinguons la forme et la norme. Roman Polanski s'est collé à notre époque. Il faudra s'y faire. Pas de pitié, pas de quartier. Chacun pour soi et vive la liberté criminelle!

S&P et ses amis les agences de notation font pas niquer l'Europe. Les marchés ne sont sexy que s'ils bandent à la hausse. Une Europe mise sous Viagra, c'est la vieille Europe en bout de course.

Hier, c'était la Saint-Nicholas. J'espère que vous avez tous pensé à vous fournir de verges afin de fouetter tous les voisins et voisines qui ne se soumettrons pas à cette dictature des marchés ou religieuse. Entre les deux, la liturgie des Eglises a condamné le monde à la violence. Adieu la paix, l'amour, l'amitié, et la fraternité. Bonjour la guerre.

Il faudrait un miracle. Mais qui croit encore à Dieu, être suprême de l'Amour? Pic-nic Golgotha, un Jésus désabusé qui ne sait pas ce qu'il est venu tourner comme scénario du pire dans ce monde de brutes. Sa souplesse d'esprit dérange trop de monde. Il faut du violent, du rigide, du primaire, du brutal. Faire peur aux petits enfants. Les tenir dans le carcan. Et pour ceux qui n'obéissent pas, le cachot. L'avenir échaudé craint l'eau froide.

« Marie aurait dû avorter » (rire hilare des barbares). Jésus ne trouverait pas sa place parmi nous. Nous sommes en l'An zéro de notre ère. Les Néoromains dominent le monde, les sectes pullulent et infectent la planète... Ils est comique le Président chinois ce matin sur France24. Il prépare la paix mondiale en augmentant sa puissance de feu afin de se préparer à toute invasion. Very bad trip.

Je préfère presque en avoir honte.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Golgotha picnic



Traduction (provisoire)

Christilla Vasserot

TEXTE DE LA CONCORDE

Texte des commandements

NURIA :

En vérité, je vous le dis, qui na pas le sens de lhumour nentend rien à la vie

Qui ne s’émerveille pas des idées dautrui ne sait pas avancer dans la vie

La chute est douce, je suis celui qui chute ; le moment de la chute, je peux le rendre et je le rends inépuisable

Parmi les nuages, je me trouve à mon aise

La Terre, je ne veux pas la fouler

Semer le désordre, je ne peux pas : vous lavez déjà fait. Peupler darmes la Terre, je ne peux pas : vous lavez déjà fait

Vous apprendre à baiser des gosses, je ne peux pas : vous lavez déjà fait

Vous apprendre à faire mourir de faim, je ne peux pas : vous lavez déjà fait

Je ne peux pas apporter davantage dobscénité car vous vous moqueriez de moi, vous me diriez : ça, on le sait déjà

Je ne peux pas vous apprendre à décimer des villes et des villages, je ne peux pas vous apprendre la technique pour mener à bien un holocauste : vous lavez déjà fait

Je ne peux pas faire trembler la Terre avec des bombes lancées du ciel : grâce à vous cest déjà fait

Je ne peux pas vous envoyer de nouvelles calamités, je ne peux pas perdre mon temps à mabattre sur la Terre comme le feu, comme un fléau ou un carnage, pour vous tourmenter : vous vous faites ça très bien les uns aux autres

Imitez-moi dans la chute, faites comme moi

Sautez dans le vide du silence et de la solitude et profitez du recueillement

Livrez-vous à lextase solitaire

On attend du démon que sous la forme dun ange déchu il vienne sur Terre pour confondre les hommes et, comme vous pouvez le constater, il ny a rien de tel

Je ne vous dis pas : sautez par la fenêtre. Je vous dis : sautez à lintérieur de vous-mêmes, jouissez de la chute, ne laissez personne vous déranger

La solitude est tout ce dont vous êtes assuré

Saimer les uns les autres na servi à rien, juste à couvrir les pires outrages. Moi, je vous dis :

Fuyez-vous les uns les autres

Je le dis depuis ma chute interminable, qui est mon lieu dans le monde, mon état de grâce, ma plénitude

NAVARRO :

Tels sont les mots de lange déchu.

Heureux ceux qui s’écrasent contre le bitume, ceux qui finissent sous les roues dun tramway.

Mon effondrement est sans fin.

Ma peine jamais ne touchera le fond.

La chute renvoie à un précipice intérieur

La chute est une forme d’ébullition, de bouillonnement

Comme une marmite débordant d’écume

L’écume semble être sur le point d’éteindre notre propre feu

Leffervescence éclabousse tout, le liquide se déverse et se déverse

Trente minute avec le feu au maximum et tout s’évapore

Cest lorigine du mystère

Jusqu’à quand ?

Jusqu’à ce quau fond de nous il ny ait plus rien à brûler

Ce sera à six heures dix du matin

jaime lidée de m’éteindre au commencement du jour

au moment où il ny a plus de pulsations à évaporer

La chair dissoute

est restée collée au fond de la marmite

et lodeur se cramponne au plafond,

aux pieds de la table, à la tapisserie

et le feu

ne se lasse pas

de faire fondre le fond dune casserole vide

La casserole devient toute noire

Voyons un peu qui est le petit malin qui osera

lattraper à mains nues

Jai un poème à murmurer à ceux qui n’écoutent pas :

Poids qui gravite. Pierre qui n’érode pas. Bouillonnement muet. Miroitement invisible. Vitesse soumise. Sagesse à nu. Espoir désespéré. Plénitude incomplète. Un gâteau qui prétend être un gâteau. Le fond du trou creusé dans la terre. Jai compris le jour daujourdhui comme une litanie darêtes, dangles. Poème pour toi, qui n’écoutes pas.

Je ne suis pas digne des promesses et encore moins des espoirs. Les promesses, je laisse aux autres le soin de les promettre et de ne pas les tenir

Quand on me sort le classique « Je te promets », je ferme ma gueule et je réserve aux prometteurs cet effort de titan : tenir la promesse

et les excuses ultérieures, pour navoir pas tenu parole

La promesse est le lieu où je ne veux pas être : le futur

Ne comptez pas sur moi pour le futur

On promet lamour éternel comme on repeint des voitures chez un carrossier

Les espoirs, cest autre chose. Les espoirs, je les fabrique pour mon usage personnel.

Jamais je ne les rends publics : dévoiler une illusion, cest la faire sécher à lintérieur de soi

Quand jai une illusion à lintérieur de moi, je ne veux pas quelle prenne lair, je me garde bien douvrir la bouche

Jai ourdi des espoirs de toutes sortes :

je les ai dessinés dans la fumée, je les ai cloués, collés,

je les ai écrits

09:59 Publié dans Lettres | Lien permanent | Commentaires (0)

06/12/2011

Beauté, tu meurs comme un concert

 

Du bout de la sèche

tes volutes de fumée

écharpées par ta gitane

aux lèvres fendues

 

Scratch ton allumette, bébé

shhhhhhhhhhhh...scratchhhh

 

Tes yeux comme des purs-sangs

ont saisi la lame aiguisée

à tes charmes de feu

où galopait le sang.

 

Scratch ton allumette, bébé

shhhhhhhhhhhh...scratchhhh

 

Sentiments perdus qui maculent

la salle de nos benzines d'amour

Baignant la douleur de nos arts

jetée au labyrinthe des enfers.

 

Scratch ton allumette, bébé

shhhhhhhhhhhh...scratchhhh

 

Peinture rouge libertaire sprayée au sol.

Ta signature et la mienne.

 

scratch ton allumette, bébé

shhhhhhhhhhhh...scratchhhh

 

 

13:44 Publié dans Lettres | Lien permanent | Commentaires (22)

L'Euro, ce mal aimé

 

Le rêve européen s'effrite, et avec lui sa monnaie unique en situation précaire. On dit çi et là qu'à Noël, la thune européenne pourrait bien avoir vécu son agonie, puis ses obsèques.

Grand corps malade, la monnaie de l'Empire pourrait, sans complaisance, signer son acte de décès et nous préparer à l'An Pire 2012.

Les extrêmes nationalistes de tous poils crieraient alors victoire. Mort à l' Empire! La construction européenne est née à la suite des deux guerres du siècle dernier qui ont mis à feu et à sang notre continent. Les grands rêveurs, dont nous sommes, avons soutenu cette construction et avons souhaité ardemment que la Suisse devienne européenne.

Lorsqu'il m'arrive de palper de l'euro entre mes mains, j'ai toujours l'impression que je n'appartiens pas au club. Nous, nous avons su garder notre distance et nos bons vieux francs remplis des symboles de notre nation. Nous, nous avons vu juste grâce à ce visionnaire et sauveur de la nation, ce Christoph Blocher qui nous a évité la grande noyade en apnée dans le grand blues européen.

Et puis l'autre soir, j'ai regardé juste avant Miss France, l'élection de notre Romand du siècle. Belle émission d'autosatisfaction à vrai dire. Mais tant mieux. Nous sommes si souvent confrontés, nous Romands, à notre complexe d'infériorité. J'ai vu mon Général de famille (et oui, on a les relations qu'on nous inflige pour le meilleur et pour le pire) dire du bien du Grand Général de la mob, celui qui a sauvé la nation grâce au concept du Réduit national. Il était fier de notre Général, Christophe, l'autre Christophe qui déteste cordialement le premier Christoph. J'avais envie de dire derrière lui que sans ce général de guerre Guisan, qui a su garder la paix à nos frontières, nous ne serions peut-être pas nés au monde. Mais à côté de chez nous, des hommes, des femmes, des enfants, se faisaient massacrer derrière notre rideau de fer par les nazis pour un temps maître du monde. Nous n'avons pas bouger le petit doigt pour eux, sauf exception.

Et j'ai repensé aux difficultés de l'euro. Comme nous n'avons pas voulu la guerre chez nous, nous nous sommes barricadés devant l'euro. Il y avait un certain Jean-Pascal comme candidat au Romand du siècle. Et je me suis dit que si un certain 6 décembre 1992, il avait réussi son coup, et bien on se serait trempé dans l'Histoire européenne jusqu'au cou. Il a échoué. L'Empire n'a pas obtenu son coeur en chocolat. Sous chirurgie économique, le scalpel de la peur va infliger des sévices au grand malade tout bleu n'ayant jamais obtenu son coeur helvète. Le rein français, le poumon allemand, le foi italien, vont peut-être y laisser leur vie artificielle, car sans coeur, nous vivons tous sous vie artificielle.

Ce grand malade avait comme liturgie l'euro et l'accès au libre marché. Il avait simplement laissé son coeur au vestiaire. Et ce coeur que le Général Guisan avait maintenu en vie grâce au Réduit national, Christoph Blocher a voulu le garder dans les glaces pures de nos Alpes.

L'euro avait un coeur. Il aurait fallu qu'un certain 6 décembre noir, le Romand du siècle, Jean-Pascal Delamuraz gagne son combat. Alors nous aurions pu assister à la naissance du génie de tout un Continent qui, pour la première fois dans l'Histoire de l'Humanité, et après la Suisse, auraient réuni des femmes et des hommes de culture différentes sous la même bannière de façon volontaire et nécessaire. L'amour d'une nation se mesure à son degré d'intégration; la haine à son degré de désintégration.

06:46 Publié dans Lettres | Lien permanent | Commentaires (0)

05/12/2011

Juste un petit peu de la musique

 

Elle est folle, Lady Gaga. Folle à lier. Elle est folle. Mais cela fait du bien de la voir se dénuder...pour de vrai.

Un clip et nous voilà tous réunis chez les chouettes de la nuit qui volent en asile psychiatrique. Elle voulait devenir artiste « parce qu'elle n'avait rien d'assez à perdre ». Noble définition du rôle de l'artiste. Finalement, je me réconcilie avec elle. Trop trash, je la trouvais dangereuse dans son influence sur la jeunesse. Mais cette saignée « Marry The Night » nous apprend à connaître une femme en proie à ses démons. Une humanité qui rassure sur ses intentions. Lady Gaga colle à notre époque chaotique et en perdition. La fin...et tout le monde à l'asile pour soigner nos souffrances intimes. Après, nous irons tous danser sous le soleil de Cancun.

P.S. 450 shows prévus en 2 ans lors de sa prochaine tournée mondiale! Elle est folle la Gaga. 21 décembre 2012, rendez-vous à Cancun, Miss completely Gaga.

 

12:40 Publié dans Lettres | Lien permanent | Commentaires (1)