30/07/2012

Maman, le lac des cygnes est en feu

 

Tu aurais fêté tes 85 ans aujourd'hui entourée de tous tes enfants. Toi la musicienne à l'oreille innée, tu aurais encore pesté sur mes choix musicaux, ma façon d'aimer le classique à la sauce pop ou rock. Tu aurais, comme toujours, crié ton désaccord avec la grande politique du monde, tu te serais surtout mis en fureur avec ma façon d'aimer une femme et de m'être converti par amour à l'islam en disant que seul le Dieu de Rome est le vrai et unique Dieu du monde. Toi, la dogmatique catholique, tu aurais pleuré ton fils et sa gestion anarchique de la vie spirituelle. Mais tu aurais pardonné. Car l'amour était le plus fort au fond de ton coeur.

Ma chère maman, tu te serais enflammée pour la course du superbe Spartacus et des Suisses à Londres et tu te serais fâchée en pestant à la suite de la chute dramatique et stupide de notre champion olympique. Ta façon bien à toi et réelle de refuser la déchéance, la chute, devant ta propre volonté de perfection alors que la maladie te frappait chaque jour davantage et t'atteignait en profondeur dans ton corps depuis la séparation avec papa. Car tu aimais la perfection musicale comme amoureuse et tu aurais voulu la perfection pour tes enfants, en particulier pour la carrière de tes deux garçons. Déçue par leur manque d'ambition, leur manque de volonté devant une carrière toute tracée selon tes propres voeux (d'abord Dieu et rien d'autre, la raison réelle d'avoir donné à tes deux garçons des prénoms de saint, François, Jean-Marie, Dominique) qui se refusait à eux deux. Non seulement tu perdais deux éléments sacrés et maternels dans ton panthéon de saints, mais en plus du clergé, tes deux garçons ne goûtaient nullement à la chose militaire alors que ton propre papa (d'origine italienne et nationalisé suisse avec grâce) avait défendu fièrement la frontière durant la guerre de 1939-1945 en mimant le bonheur du patron-ramoneur patriote entièrement dévoué à sa patrie d'adoption.

Clergé et chevalerie exclus de l'idéal que tu imaginais pour tes garçons, restait alors le monde du travail. Las. Un autre désastre t'attendait. Tu voyais un de tes fils ingénieur et l'autre peut-être avocat. Hors un des garçons s'envola vers une destinée hors des terres nationales pour un mariage réussie et une carrière inconnue, la carrière des penseurs solitaires qui vivent sur un rocher en s'absentant du monde, y compris celui du travail reconnu. Quant à l'autre enfant bandit, il abandonna ses études pour un voyage initiatique aux Amériques. A son retour, finies les études, il fallait prévoir la subsistance pour la future petite famille qu'il venait de fonder avec sa compagne. Petit boulot dans le social, puis, plus tard, lancement dans la restauration avec un parcours ressemblant plus aux malheurs de Sophie qu'à un grand chef d'entreprises dirigeant un hôtel de luxe. Bref. Echec et mat sur toute la ligne selon ton idéal.

Et toi, ma chère maman, toi qui souffrais dans ta chair et dans ton âme, comment as-tu fait pour garder ta Foi intacte en Dieu jusqu'à ton départ? Comment as-tu résisté à la maladie 20 ans de plus que ce qu'avaient prévu les médecins en te battant tous les jours contre cette cochonnerie de mal?

Nous, tes enfants, notre objectif étaient de te faire dépasser l'an 2'000 et de te voir assister à l'aube du nouveau millénaire. Et tu la fais comme un immense exploit olympique, une ode à la vie, une offrande à l'amour que tu portais à tes enfants et petits enfants ainsi qu'à tous les enfants qui souffraient de faim et de violence dans le monde.

Aujourd'hui, je repense à toi et dans l'amour qui nous unit malgré la séparation je t'offre un de tes ballets préférés ainsi qu'un autre que tu critiquerais de toutes tes forces pour son hérésie et son manque de goût. Le dogme classique contre la créativité moderne des gens d'aujourd'hui. Comme en religion, terrain explosif sur lequel nous n'étions jamais d'accord toi et moi, on resterait aujourd'hui divisé mais unis en famille sur le terrain des gens qui savent ce qu'est l'art du divin en matière musicale comme en matière de Dieu.

Une chose est certaine, pourtant. En Syrie, nous serions d'accord sur la nécessité d'entreprendre une action de paix décisive pour sauver l'Amour des peuples et des nations contre la Haine qui s'installe de plus en plus et qui nous entraîne peu à peu vers un conflit d'envergure mondial.

Paroles venues d'Alep en ce 30 juillet 2012:

Dans les rues silencieuses, on n'entend plus qu'un concert strident de portables. C'est Abdelkhader, c'est Karim, c'est Hassan. Il n'est pas 11 heures du matin et ça ressemble déjà à une veillée funèbre. "La révolution, où est-ce qu'on apprend à la faire ?", demande, stupéfait, un gamin en treillis.

 

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29/07/2012

Savon d'Alep, larmes décisives des rebelles

 

Le chaudron d'Alep. Une petite vidéo tournée à la Charlie Chaplin pour ridiculiser le dictateur de Damas à défaut de créer une zone d'exclusion aérienne sur le nord de la Syrie. On peut toujours rêver de voir le grand méchant loup se faire battre par des chaudrons de savon odorant déversés sur son armée maléfique et les "gentils" petits pores "terroristes" se distinguer par leurs visages propres, libérés, et à l'apparence inoffensive transformée en arme de guerre décisive innocente. Cela serait tellement drôle de voir le commerce sophistiqué des armes de destruction massive anéanties par un pur savon de terroir, le plus pur et le plus vieux du monde. Pavés et chaudrons d'Alep, aux larmes citoyennes et citoyens.

Les commerçants du savon d'Alep vont-ils s'unir et savonner la planche à lessive d'Assad pour qu'il disparaisse du paysage syrien? Tout est imaginable dans ce monde de fous même de voir surgir du néant des temps modernes une paix planétaire... Et si Poutine arrêtait de jouer sa putain, on pourrait peut-être tourner la page du Dracula de Damas dans les jours qui viennent.

A vous, gens d'Alep ces trois petites vidéos pour votre liberté.

 

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Spartacus, l'exemple et l'esprit olympique

 

Tout le monde attendait les Anglais. Et, malgré l'échec mortifiant des Britanniques – qui n'ont jamais réussi à rejoindre la tête de la course faute à la vieille stratégie dogmatique de Tour de France (ne jamais répondre aux attaques des adversaires et rouler sur un tempo élevé avec ses coéquipiers) plutôt que sur la nécessité absolue de la course d'un jour qui est de prendre le bon wagon au bon moment (celui du Suisse Fabian Cancellara dans le cas présent) – ce sont les Suisses qui ont su faire la course exemplaire de solidarité et d'ingéniosité. Las, notre champion olympique du contre-la-montre, qui avait toutes les cartes en main pour remporter l'or olympique en 2012 dans la course en ligne, est venu heurter une barrière de sécurité à la sortie d'un virage où, probablement, il voulait porter son attaque décisive pour partir en costaud et en solitaire vers le triomphe helvète.

Chute et larmes. L'arme fatale des Suisses est tombé en pleurs dans les bras de son entraîneur après avoir franchi la ligne d'arrivée. Meurtri, blessé, malheureux, Fabian a montré un énorme courage et, surtout, il a su donner l'exemple parfait de l'esprit olympique. Alors que beaucoup d'autres auraient abandonné la course après cette chute dramatique, Spartacus a terminé en solitaire la course à la 106ème place à plus de 6 minutes du vainqueur du jour, loin derrière tout le peloton. Il devait vaincre en solitaire. Il a perdu en solitaire. Mais à l'arrivée, notre champion national a déjà marqué d'une emprunte indélébile les Jeux Olympiques de Londres. Nous n'oublierons pas de sitôt la combativité des Suisses et la bravoure de Spartacus. Une course de vélo telle que nous les aimons. A l'ancienne, sans oreillette, sans équipe pouvant faire sa loi grâce au nombre. Du vélo comme ça, on n'en redemande encore et encore. Vino a gagné en opportuniste... Bravo au guerrier et futur retraité. Espérons que ses larmes de vainqueur soient celles d'un athlète qui a su vaincre les démons du dopage. Laissons encore les enfants olympiques rêvés au sport et à la loyauté.

Un très grand merci à toute notre équipe nationale de cyclisme qui a ouvert de la plus belle des manières ces Jeux 2012. L'or n'a pas été au rendez-vous mais la classe et le panache, plus réelle que jamais chez nos Helvètes en piste, ont illuminé d'or la course presque parfaite des Suisses.

 

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28/07/2012

London-Ramadan, le culte de Dieu hors Satan

 

Les Jeux Olympiques 2012. Pas à pas. Step by step. Le monde change. Alep, la bataille du bout du monde. Londres, les jeux du nouveau monde. D'un côté le bonheur de vivre, la joie des nations, le fair-play, le désir de bien faire, de toucher à la perfection. De l'autre, la guerre, les enfants écrasés, broyés par les tanks. A Londres, des enfants qui sautent sur leurs lits d'hôpital et Mary Poppins qui chassent les démons. A Alep, des enfants qui s'enterrent et qui pleurent, terrorisés par les monstres.

Un monde perdant ses repères est un monde sans boussole qui va à l'anarchie destructrice en s'enfermant dans un enfer d'horreurs. Alep, la dictature à l'agonie. Londres, l'humour d'une harmonie historique qui a su transmettre ses valeurs de génération en génération malgré les différences, les tensions nombreuses, les classes, les riches, les pauvres. Londres, une ville, une nation pleine d'enthousiasme et d'énergie positive. Alep, le spectre de Satan et la mort dans le crime.

A Londres, il y avait autour de minuit, la Mecque des gens heureux de vivre annonçant la bonne nouvelle de l'ouverture des Jeux. Et l'oeil de Dieu dans cette flamme olympique unique et merveilleuse, cette fleur en flamme qui veillait comme un soleil sur les peuples de toute la Terre. A Alep, une prière pour que le cauchemar prenne fin et que les pays musulmans se dirigent enfin tous vers une démocratie ouverte sur le monde, sans hégémonie, sans supériorité religieuse, sans superstition malsaine et dramatique. Dieu est Amour pour ses enfants. Londres nous le prouve. Le discobole de l'Amour n'est pas rayé. Il se renouvelle sans cesse. Merci Allah.

 

 

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27/07/2012

I comme Icare (Alep ou la bataille de la fin du monde)

 

Ne trouve pas l'Amour,

laisse l'Amour te trouver.

C'est pourquoi cela s'appelle

tomber amoureux,

parce que tu ne t'envoles pas,

tu tombes seulement.

 

R.I.P. Amadeus

(Rest In Peace Amadeus)

 

Organisation citoyenne mondiale pour la lutte

contre les hypocrites, les voleurs d'âmes, et les tueurs.

Rends à Dieu ce qui est à Dieu

et à ta liberté ce qui est à ta liberté.

 

Bachar Al-Assassin

c'est la Fin.

Perdu au Paradis

J'ai cru en quelque chose de si lointain
Comme si j'étais humaine
Et j'ai nié ce sentiment de désespoir
En moi, en moi

Toutes les promesses que j'ai faites
Juste pour vous laisser tomber
Vous avez cru en moi, mais je suis brisé

Je n'ai plus rien
Et tout ce que je ressens est cette cruelle envie

Nous avons été en baisse tout ce temps
Et maintenant je suis perdue dans le paradis

Je voudrais tellement que le passé n'existe pas
Comme toujours
Et je voudrais tellement me sentir comme si j'appartenais à ceci
Je suis toute aussi effrayée que vous

Je n'ai plus rien
Et tout ce que je ressens est cette cruelle envie

Nous avons été en baisse tout ce temps
Et maintenant je suis perdu dans le paradis

Fuir, fuir
Un jour, nous ne ressentirons plus cette douleur

Emmenez tout au loin
Ombres de toi
Parce qu'ils ne me laisseront pas aller

Jusqu'à ce que je n'aie plus rien
Et tout ce que je ressens est cette cruelle envie

Nous avons été en baisse tout ce temps
Et maintenant je suis perdue dans le paradis

Seule et perdue dans le paradis

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