08/11/2011

Dieu, une imposture féconde?

 

Me Marc Bonnant revient ce mardi dans le Matin Orange sur son billet enflammé de dimanche dernier. Je lui concède le droit de contester Dieu. Tout athée a le droit philosophique de dire son athéisme sur la place publique et développer sa croyance, car être athée, philosophiquement, c'est une croyance puisque rien ne peut prouver l'existence ou l'inexistence de Dieu..

Car, Me Bonnant si Dieu est une imposture, l'Amour serait-il aussi une imposture féconde, une illusion dans le coeur des êtres humains? Comment affirmer que Dieu est une imposture alors que les fondements de la vie nous sont inconnus? Oui, certes. La science nous amène chaque jour à nous interroger sur le vivant. Mais ses propres découvertes sont-elles la Vérité? Et bien non. Et même mieux. De nos jours, la science s'enfonce dans le mystère le plus profond. Les découvertes d'Einstein sont elles-mêmes remises en question. La particule de Dieu, quelle prétention de la science!, n'a pas encore été découverte. Et même découverte, quel est le voile mystérieux qui la recouvrira d'une nouvelle vérité à venir?

La religion, cet absolu vers lequel tend les fidèles, est certes source d'extrémisme. Mais c'est aussi une source d'idéal et d'ouverture vers notre propre humanité. Prier ne tue personne. Au contraire. Ce qui tue, c'est le Mal, le besoin de puissance et d'arrogance, de domination et de mépris, de rejet et de dégoût pour celle et ceux qui vivent hors la religion ou « les fausses religions ». Pour ma part, tout cela, ce nihilisme de l'autre, c'est haram, le premier Commandement d'un fidèle si l'on veut être proche de Dieu pour un chrétien, d'Allah pour les musulmans, de Jéhovah pour les juifs.

Me Bonnant, les Lumières en réponse, dites-vous? Le monde s'éclaire-t-il à l'aune des Ténèbres? L'islamophobie est-elle saine et indispensable pour protéger et apaiser le monde? Vous savez mieux que moi que devant le loup, si vous prenez peur, il vous mangera. Ne pas avoir peur de ces ennemis, c'est un pas obtenu vers la quête de son respect, de son estime, et de son écoute. Un islamiste pur et dur n'entendra jamais celui qui prend la fuite, surtout pas ce que vous avez pondu comme absurdité ce dimanche. Il vous tirera, dans le dos, si nécessaire. Mais face à la parole qui libère des chaînes, il se mettra peut-être à écouter Dieu parler à travers les humains vivants et réfléchissants au conflit. Et alors déposera-t-il peut-être son arme pour écouter la nouvelle parole de Dieu, celle qui est toujours née du coeur des êtres humain. C'est notre seule chance, Maître. Notre seul espoir d'éviter la guerre au nom d'une religion ou d'une autre.

L'Iran agit dans le mensonge. Israël répond dans le mensonge. Les Etats-Unis et l'Europe suivent dans le mensonge. La Chine, athée, poursuit dans le mensonge. Dieu est le Verbe. Dieu est la Vérité. Et se mettre à son écoute peut nous éviter l'esclavage, le crime, et la guerre. Tous les génocides de la Terre ont été la victoire de Satan sur Dieu. Mais Dieu a toujours su remettre l'Amour dans le coeur des Hommes.

Me Bonnant, Dieu est une interrogation féconde et les génies comme Mozart et tant d'autres sont nés à cette interrogation féconde.

11:52 Publié dans Lettres | Lien permanent | Commentaires (26)

Charles et la Toile, EMS inhumain

 

Il s'appelle Charles Bourgeois, et il crie aujourd'hui son désespoir dans un article en ligne sur 24 HEURES. Il vit en EMS où il a englouti toutes ses économies. Il est gravement handicapé. Il ne lui reste pratiquement que la Toile pour faire vivre son intelligence et partager avec la communauté humaine quelques instants de magie fraternelle.

Après avoir tant gavé de ses jolies économies l'Espace Mortuaire et Sanitaire, l'Etat doit prendre le relais aujourd'hui. Et l'Etat ne paie que les prestations obligatoires. Pas le superflu. Ce qui est superflu pour l'Etat, et plus encore pour l'Espace Mortuaire et Sanitaire, c'est la vie de l'esprit, ce besoin irrépressible que toute femme et tout homme ressentent dans leur existence pour rester vivant parmi les vivants. Et bien croyez-moi et soutenons tous Charles dans son combat. Car demain ce sera notre tour. Car demain, nous serons confrontés à l'inhumain.

J'ai une question si simple à poser aux directeurs d'EMS. Pourquoi nous les bien-portants, encore jeunes et libres de notre corps et de nos fonctions vitales, avons si facilement accès aux bornes wifi partout dans la ville alors que des gens enfermés 24 heures sur 24 n'ont accès à l'Internet qu'en payant le prix fort? C'est inadmissible, dégueulasse, et honteux. Charles a payé fr163.-- par jour son droit de survie à cette EMS, soit plus de fr.4'800.-- par mois. Pour ce prix là, il ne peut même pas jouir de l'Internet!? Combien de travailleuses et travailleurs helvètes gagnent ce salaire net par mois?

Etre vieux aujourd'hui, c'est devenir une pompe à fric sur les économies d'une vie. Ne nous laissons pas abuser davantage. L'accès au web, ce n'est pas du luxe. C'est juste faire preuve d'humanité envers nos aînés, nos parents, nos êtres chers abandonnés à leur triste sort dans ces établissements que je renomme « Espace Mortuaire et Sanitaire »

Vas-y l'ami Jacques Brel, réveille le coeur de ces soignants gestionnaires endormis et qui sont incapables de fournir un plaisir à leurs pensionnaires.

 

08:03 Publié dans Lettres | Lien permanent | Commentaires (3)

07/11/2011

On s'aime pas

 

Tu vois, on danse.
Le corps, on le balance.
On se touche.
On s'embrasse la bouche.
Tiens, même, voilà qu'on se dit qu'on s'aime
Mais c'est que de la crème,
De la pommade rose
Pour cacher les choses,
Du petit plaisir
Pour pas tout seul dormir.

Tu vois pas qu'on s'aime pas?
Tu vois pas qu'on s'aime pas?
On s'aime pas.

Alors là, t'es seul.
Ça te pique dans ton oeil.
T'as envie
De parler, de faire guili-guili,
Mais, pomme,
T'es là pour personne
Et c'est tout le monde pareil.
Retourne dans ta piaule:
Même si tu miaules,
Le monde s'en fout.
Le monde s'en fout.

Tu vois pas qu'on s'aime pas?
Tu vois pas qu'on s'aime pas?
On s'aime pas.

Fil, fil mur,
T'as pas vu le fil dur?
Marqué privé,
Ici c'est chez nous.
Pas pour vous,
Rien que pour nous.
Si c'est à tout le monde, chez nous,
C'est du sale mélange
Et ça nous dérange.
Attention aux autres.
Attention aux autres.

Tu vois pas qu'on s'aime pas?
Tu vois pas qu'on s'aime pas?
On s'aime pas.

Pan! Pan! Pan!
Y'a la guerre tout le temps.
On fait le civil
Puis on s'envoie les missiles.
On se le fait le coup du calumet de la paix
Mais c'est du cirage,
De la gomina
Pour cacher le cra-cra
Et zoom zoom télé,
Toutes ces belles photos saignées.

Tu vois pas qu'on s'aime pas?
Tu vois pas qu'on s'aime pas?
Tu vois pas qu'on s'aime pas?
Tu vois pas qu'on s'aime pas?
On s'aime pas...
On s'aime pas...
On s'aime pas...
On s'aime pas...
On s'aime pas...
On s'aime pas...
On s'aime pas...
On s'aime pas...
On s'aime pas...
On s'aime pas...
On s'aime pas...

Alain Souchon

 

finish your wish of love.

She was alone

to love you alone

in her dream's bedroom

and now it's boum boum boum

because her reality with you

was not the same pink love

but something like shit.


ALAIN SOUCHON " ON NE S 'AIME PAS " par cannelle72

23:10 Publié dans Lettres | Lien permanent | Commentaires (2)

On avance tous en cadence

 

Par incidence

saurais-tu séduire

jusqu'à l'incandescence

celle qui voulait réduire

la voilure de ton rêve

 

à néant.

 

Parti pour la Jamaïque

de petits mots magiques

s'envolent de ta carlingue

sur son reggae folle dingue

 

mon présent

 

Ô baby no cry!

Ô baby no cry!

 

But go on

where the wind blow up.

 

20:21 Publié dans Lettres | Lien permanent | Commentaires (0)

Dindon pour une dinde (Me Bonnant à une infidèle)

 

Ce n'est pas encore Noël, et voilà que la dinde est farcie d'explosifs. Me Bonnant, ce grand helléniste, homme d'une culture féconde, se met lui aussi à apprécier le bloc identitaire, ce bloc qui nous somme d'affirmer que « je » viens d'une culture, de racines profondes et bien implantées sur un territoire donné, et que « je » ne saurais remettre en cause cette identité. « Je » suis blond aux yeux bleus. « Je » dois regarder la vie avec ma tête blonde aux yeux bleus. Purisme de l'élite qui a amené le pire et un certain peuple à commettre l'irréparable.

On se trompe toujours sur l'autre car « je est un autre » écrivait Arthur Rimbaud dans sa « lettre du voyants ». On se trompe sur celle qu'on aime et qu'on désire depuis si longtemps. On se trompe de lit, de culture, de plaisirs, de soumission. « Tout homme ou toute terre qui a été romanisé, christianisé et qui a été soumis à l'exigence de l'esprit grec et européen. Lui et elle seuls. Nos mères patries sont Athènes, Rome, Jérusalem; non Médine ou la Mecque ». Me Bonnant dans son hommage à « Charlie Heddo ».

Trois religions, un seul Livre, pourtant... Et cette soumission tant honnie de Me Bonnant tout soudain animée, vantée, aimée et choyée dans le même texte faisant l'éloge à l'ode de la liberté, à la mort de Dieu et à toutes les soumissions inutiles. Me Bonnant a épousé une dinde infidèle et il vient de réveiller le dindon de sa mauvaise farce. Aveugle et même borgne celui qui soumet l'amour à sa passion. Me Bonnant, passionnément amoureux de la culture grecque et occidentale. Un dîner de cons et de gala, on pourrait s'offrir tous les deux à la suite d'une douche tropicale au sortie du hammam après avoir fait des bulles au jacuzzi. Deux dindons cocus qui s'en vont « le coeur supplicié, leur triste coeur bave à la poupe". Arthur Rimbaud.

« Vous revoilà professeur. On se doit à la Société, m'avez-vous dit ; vous faites partie des corps enseignants : vous roulez dans la bonne ornière. − Moi aussi, je suis le principe : je me fais cyniquement entretenir ; je déterre d'anciens imbéciles de collège : tout ce que je puis inventé de bête, de sale, de mauvais, en action et en parole, je le leur livre : on me paie en bocks et en filles. − Stat mater dolorosa, dum pendet filius. − Je me dois à la Société, c'est juste, − et j'ai raison ». Arthur Rimbaud, extrait, « Lettre du voyant ».

Me Bonnant, vous vous êtes égaré dans votre savoir. Vous ne vous encrapulez pas avec les artistes.

« Maintenant, je m'encrapule le plus possible. Pourquoi ? Je veux être poète, et je travaille à me rendre voyant : vous ne comprendrez pas du tout, et je ne saurais presque vous expliquer. Il s'agit d'arriver à l'inconnu par le dérèglement de tous les sens. Les souffrances sont énormes, mais il faut être fort, être né poète, et je me suis reconnu poète. Ce n'est pas du tout ma faute. C'est faux de dire : Je pense : on devrait dire : On me pense. - pardon du jeu de mots. Je est un autre ».

Contre votre « Je haïs un autre ». Me Bonnant, l'artiste cherche à « Arriver à l'inconnu » plutôt que « se complaire dans son connu ». Me Bonnant, "je" est arrivé à l'inconnu, mon nouveau monde s'effondre et me laisse dans la douleur. "Je" reste poète. Les souffrances sont énormes. Vous êtes resté à votre connu confortable. Mais votre ancien monde à vous s'effrite et se dirige vers le gouffre nauséabond du fascisme.

Poète, je vais mourir. Je suis devenu voyant de ma propre existence. Et quand je ferme les yeux pour aimer une beauté des Mille et Une Nuit, je prends toute l'Histoire musulmane qui s'endort avec moi et qui pénètre en mon coeur. Quand je retrouve enfin la vue, je souffre, mais ma douleur aura été de croire que l'amour reste cette parcelle d'étoile ayant brillé dans les yeux d'une princesse mahométane. Pour un temps, pour un souffle, pour un acte d'amour à jamais g(r)avé dans les coeurs. Poète, Dindon au flirt romanesque. Et vous, Professeur et Avocat, Dindon au flirt cauchemardesque.

Vous et moi, ensemble, dindons de la Grande Histoire de l'humanité.

 

05:34 Publié dans Lettres | Lien permanent | Commentaires (0)