18/10/2011

De la Marsa à la Goulette

 

Il faisait l'été,

ce jour d'automne où je t'ai quittée.

 

Il y avait même un avion qui tombait gratis

de son ciel rouge pour mourir à Tunis.

 

C'était il y a si peu de temps.

C'était il y a très longtemps.

 

A la Marsa, les filles voilées de dentelle

me rappelaient le soleil des amours fidèles;

les filles tête-nue, cheveux au vent,

me contaient leurs voyages en Orient

imaginés à travers tes yeux de biche

mourant aux bras de ton derviche

parmi les parfums d'encens et les épices,

et ton couscous qui sentait bon l'amour et les délices.

 

Je suis allé à la Goulette.

Contempler la lune et les étoiles, à la sauvette.

Tu n'y étais ni dans les bars

ni partout sur la plage endeuillée.

Un avion décollait plein phares.

C'était comme toi qui t'envolais vers ta destinée.

 

Faut-il que l'amour tue son aimé

pour retrouver sa liberté d'aimer?

 

Faut-il que l'amour saccage les coeurs

pour retrouver le goût au bonheur?

 

Tu t'es absentée.

Comme si l'amour dépassé

n'avait que faire des fidélités,

des contes de fée et des rêves à concrétiser.

 

Tu as trouvé un autre nid

où t'endormir la nuit.

T'est-il plus confortable ou plus douillet?

Plus vrai, plus jeune, et plus frais?

 

A l'aéroport, la nuit,

J'ai embaumé mon corps de tes parfums.

J'étais la momie d'Egypte à la pyramide défunte.

J'y ai rencontré tes sosies ou tes fantômes,

filles à marier venues s'échouer sous les pubs Lancômes;

femmes de nuit

comme on disait courrier de nuit

à l'époque des héros de l'aviation.

Mes yeux partis en migration

ne les quittaient pas sans être repartis de Tunisie.

Pour savoir si c'était toi ou ma folie

prête à te rencontrer partout.

Même dans l'impossible chant des youyous.


Un pharaon a blessé son faon.

Le faon a tué son pharaon.

Pharaon n'a pas achevé Bambi,

son regard, ses sourires mimi

et ses attitudes féminines à la Leila Gin.

 

J'irai, je peux te l'avouer, jusqu'en Chine

pour retrouver tes encres et tes lèvres.

Si le jaune de la fièvre

m'emporte sur une civière,

tu viendras fleurir ton ancienne rivière

tarie à la source de ton coeur téméraire.

 

Tu y verras alors se répandre le vomi noir,

celui que tu m'as inoculé par désespoir

une nuit où tu préféras sa couche à la mienne.

 

12:26 Publié dans Lettres | Lien permanent | Commentaires (0)

17/10/2011

Les feuilles mortes

Vague après vague,

je poursuivrai mon rêve

jusqu'à ce que tu reviennes

te coucher dans notre mer.

 

Je regarde la mort montée

dans les feuilles des arbres.

Leurs couleurs sont celles

d'un dernier acte d'amour à la vie.

 

Tu me regardes l'air triste et profond.

L'avenir est pâle.

L'hiver va venir.


Mais nos coeurs à deux temps

jamais n'oublieront le printemps.

 

19:27 Publié dans Lettres | Lien permanent | Commentaires (0)

12/10/2011

La part de vérité en nous

 

Nos malheurs ne sont pas le fruit du hasard. Ils nous tombent comme des fruits pourris que l'on mérite pour cause de mauvaise vie ou de mauvaises fréquentations. Je sens que partir est ma seule option de survie et de rédemption. Aussi peut-être le seul chemin à suivre pour sauver mon amour,mon épouse, des affres des mauvaises séductions.

Je vais partir non pour me détruire mais pour me reconstruire. « Quand on aime, il faut partir ». Cette citation de Blaise Cendrars n'a jamais été plus vraie pour ma propre vie.

Tu peux prendre la route, faire ta valise, range tes affaires
Prends le minimum, prends le minimum
Débarrasse toi, débarrasse toi de tout ce qui t'encombre
Tout ce bazar accumulé depuis des années
Que tu crois posséder mais qui bien souvent te possède
Ces chaussures feront bien l'affaire
Elles ne sont pas tout à fait mortes
Tu te tiens sur le pas de la porte
Il ne fait pas bien chaud
Tu hésites encore, tu hésites encore
Ca fait pourtant si longtemps qu'elle t'appelle
Les parents dorment dans la chambre d'à côté
Tu entends ta petite sœur qui parle en dormant
Tu hésites encore, tu hésites encore
Le jour n'est pas encore levé
Dans la ville tout est calme, juste quelques voitures
Maintenant, Maintenant

Ton cœur se serre, ton cœur se serre
La maison derrière toi déjà s'éloigne
Ton cœur se serre, ton souffle s'accélère
Ce matin rien n'est pareil, rien n'est pareil ce matin
Rien ne sera plus jamais pareil, rien ne sera plus jamais pareil
Le vent dans tes cheveux, l'eau tout au bord de tes yeux
Quand On Aime Il Faut Partir, Quand On Aime Il Faut Partir !

Tu passes devant le pensionnat le gardien devant sa télé dort
Il est cinq heure moins dix
Ils te noteront absente, absente cours après cours
Absente jour après jour et toutes celle qui savent garderont le secret
Garderont le secret
Quand On Aime Il Faut Partir, Quand On Aime Il Faut Partir !

Qu'est-ce que c'est que cette bretelle je ne l'avais jamais remarquée
Juste sortir de la ville cette vieille putain de ville
Qui ne m'a jamais quittée
Un café de la lumière quelques routiers boivent un verre au bar
Vous allez vers le sud? quelqu'un va vers le Sud ?
Istanbul ? Super !?
Quand On Aime Il Faut Partir, Quand On Aime Il Faut Partir !

Le jour se lève
Quelle merveille ces camions
C'est comme dans un film
Le monde m'appartient comme je lui appartient
Le monde m'appartient comme je lui appartient.

 

Et cette autre citation tirée du saint Coran:

 

"L'homme qui était mort et que Nous rappelons à la vie (par la foi) et à qui nous donnons une lumière pour se guider parmi les hommes peut-on le comparer à cet autre, condamné à errer dans les ténèbres sans jamais pouvoir en sortir? C'est ainsi que leurs oeuvres se parent toujours de faux attraits aux yeux des infidèles.

Et c'est ainsi que Nous avons placé, dans toute cité, de grands criminels pour y exercer leurs intrigues. Mais, sans s'en rendre compte, ils ne nuisent qu'à eux-mêmes.

Lorsqu'un signe de Dieu leur parvient, ils s'écrient: "Jamais nous ne croirons tant que nous n'aurons pas reçu un signe semblable à celui qu'on reçu les envoyés de Dieu. "Mais Dieu sait mieux que quiconque à qui confier Ses messages. Dieu couvrira d'opprobre ces criminels et leur infligera un châtiment exemplaire, en raison de leurs intrigues". Sourate des Bestiaux, Al-An'âm

Laisser la destinée agir sur soi. Laisser le vent nous porter. Partir c'est aussi revenir. Revenir à soi, à ses amours, à Dieu. Le futur ne m'est point connu. J'ai fait l'impossible pour raisonner l'amour de ma vie. Si je n'y arrive pas par ma présence, j'y arriverai peut-être en mon absence. C'est un combat ultime pour la vérité, ma propre vérité d'être humain d'abord. Je dois remettre ma confiance en Dieu, quoiqu'il m'arrive par la suite. Lui seul est l'Être de Confiance qui peut me guider vers le juste. Car tout est faux aujourd'hui. Tout raisonne en moi comme un appel à la destruction de soi. Hors l'amour est construction et confiance.

Je vous attends tous quelques part. Là où l'Amour est roi. Et à vous ma famille, mes enfants, celles et ceux qui m'aiment, mon épouse qui n'a pas compris le sens de notre amour, je vous dis à bientôt, ici ou ailleurs dans un autre Univers.

C'est ma décision intime. Je dois suivre mon coeur et la voix du Seigneur qui m'appelle et me pousse à tout quitter.

Imen Omri, toi qui est mon épouse unique devant l'Eternel, le sel et le levain de ma vie, je t'attends quelque part. Seul Dieu est au courant du lieu de ce rendez-vous. Comme Djerba fut le lieu de notre premier rendez-vous avec l'amour alors que rien n'était annoncé dans notre existence.

Rendez-vous à Kasserine, chez ta maman, ou ailleurs. Allah pourvoira à notre devenir.

 

06:46 Publié dans Lettres | Lien permanent | Commentaires (7)

11/10/2011

La Fleur du Mâle

 

Tant d'amitié et de fraternité;

de famille et d'enfants

prêts à tout pour me sauver

des griffes de la

Fleur du Mâle.

 

Tant de mains et de coeurs

¨qui te portent secours

en ces jours de sombre destinée.

 

Mais qui est la Fleur du Mâle?

C'est une question

d'où la complexité se mêle salement à la culture.

Qui est-elle cette femme

qui sort de nuit, se saoûle à pas d'heure

et rentre à plus d'heure?

Qui est-elle cette féminité

cherchant la compagnie des hommes

plutôt que celle des femmes?

Est-elle fausse ou artificielle?

Égoïste et narcissique?

Manipulatrice et enfantine?

Profiteuse de situation et preneuse de papiers?

Ou encore dans le registre des malformations génétiques:

folle,

malade,

dérangée,

alcoolique.

 

Ça suffit?

Y'en a eu pour tout le monde?

 

Oui. Ça suffit.

L'explication vient peut-être d'ailleurs.

Mais pour cela, il faut chercher,

chercher, chercher,

comme un chercheur d'or qui a trouvé sa pépite

que des ombres vénales tentent déjà de dérober.

 

On a trouvé de l'or dans la mauvaise rivière,

au mauvais endroit, au mauvais moment.

Pourquoi tant d'erreur minérale?

 

Il n'y a aucune erreur minérale.

La pépite devait se trouver là avec l'homme juste,

au bon endroit, au bon moment.

Dans ce lieu impossible,

cette rencontre improbable,

ces deux cultures différentes,

à des âges très différents.

Pourquoi tant d'erreurs de jugement

avant de trouver de bonnes explications?

 

Il y a une seule exception qui confirme

la règle des préjugés ou des sentiments hâtifs, négatifs, et définitif

récoltés lors de la revue de ma grande famille:

c'est une de mes filles.

 

Et il y a une seule exception qui confirme

la règle de l'amour inouï que je porte à cette femme:

c'est elle, ma Fleur du Mâle.

22:36 Publié dans Lettres | Lien permanent | Commentaires (2)

Je vais partir sans te dire

Porter ton nom dans le vent

à jamais gravé sur mon corps.

M'envoler avec le chant des oiseaux

gazouillant notre amour.

 

Ton esprit embrumé

retrouvera la lumière.

Je te guiderai de là-haut

sur le Chemin de Beauté.

 

Tu inviteras le mini-club

des enfants du monde

pour danser sur notre amour

avec Mickael Jackson

en introduction

et Elissa en conclusion.

 

L'amour n'a pas de fin.

C'est pourquoi je t'ai épousée.

 

Photos-0306.jpg

12:17 Publié dans Lettres | Lien permanent | Commentaires (1)