21/07/2011

Des histoires d'O et des hommes

 

Le feuilleton glauque de l'été. Ce qui se passe entre une femme et un homme dans une chambre à coucher ne regarde personne sauf eux-mêmes... Seulement voilà. Ils arrivent parfois que les choses se passent mal, voir très mal, et que soudain la partenaire présumée d'une relation sexuelle dépose plainte.

Pourquoi tant de salades déballées autour de l'affaire DSK? On se croirait dans une vente aux enchères permanente mettant en scène un homme dont la tête, où plutôt sa libido agressive, est mise à prix tout à la fois par le gang des féministes réunies, les défenseurs des minorités ethniques, ceux de la communauté noire américaine, la communauté musulmane, les workings poors...et bien sûr la corporation universelle des femmes de chambre. Cela représente beaucoup de monde en réalité. Combien vaut en privation de liberté la libido déviante de Monsieur Strauss-Kahn? 10 ans ferme? Ou même 20 ans? Un homme qui s'attaque de manière compulsive au sexe féminin est d'abord un homme malade qui ne connaît pas ses limites et celles voulues ou imposées de ses proies potentielles. Strauss-Kahn a une addiction aggravée au sexe qui le rend irascible et dangereux au moment où Monsieur veut assouvir ses pulsions. C'est une évidence que ni sa femme, pourtant censée être la première concernée dans l'affaire et la première à devoir l'aider à se sortir de cette ornière comportementale, ni ses amis proches, responsables politiques ou économiques, ont voulu mettre en évidence lors de discussions personnelles avec lui et s'en mêler. Vie privée, of course.

Strauss-Kahn est d'abord un délinquant sexuel qui a été trop longtemps laissé en liberté grâce à la complaisance coupable d'hommes et de femmes politiques qui avaient les moyens de lui dire leurs quatre vérités avant qu'il ne soit trop tard pour lui. Un drogué du sexe qui aurait du entreprendre une cure de désintoxication afin de préserver son aura de respectabilité.

Il ne l'a jamais fait. C'est sa faute la plus grave. Car pour un homme hautement responsable, ce laisser-aller est coupable deux fois. La première fois par les reproches qui lui sont faits. La deuxième fois par l'intelligence du personnage qui n'a jamais voulu reconnaître qu'il pouvait faire du mal à ses victimes féminines. Grave, trop grave pour un homme socialiste qui prétend défendre la femme et l'orphelin et dont la France faisait de lui un candidat à la présidence française.

DSK devra payer. C'est l'addition à la sortie de ses orgies qui est hélas très salée par sa propre faute. Et c'est le prix à payer pour tout homme qui outrepasse ses droits et oblige sous la contrainte de sa force physique ou mentale une femme à entretenir un rapport sexuel.

Nobody is perfect. But everyone must respect for womans.

00:23 Publié dans Lettres | Lien permanent | Commentaires (0)

14/07/2011

Tristane et Nafissatou, deux femmes sur le volcan Yasur

 

Il va bien falloir éteindre l'éruption de gaz, de feu, et de pierres. L'affaire sent tellement le soufre et la cendre. Les coulées de lave et de boue n'en finissent plus de s'étendre. Il est Yasur l'Orgueilleux, trop sûr de lui et de sa puissance de feu. Elles sont les jouvencelles sacrifiées aux dieux médiatiques...

Le mot « volcan », découle de Vulcānus(4), un des trois fils de Jupiter et de Junon, patron des forgerons, qui avait installé ses forges dans le cratère « Volcanie », aujourd'hui « Vulcano », situé en Sicile dans les îles Éoliennes, et résidait sous l'Étna. Ce dieu, si laid, si difforme, était, de tous les habitants de l'Olympe, le plus laborieux et, en même temps, le plus industrieux. C'est lui qui, comme en se jouant, fabriquait les bijoux pour les déesses et qui, dans l'île de Lemnos ou dans l'Étna, forgeait les foudres de Jupiter. Il eut l'idée ingénieuse de faire des fauteuils qui se rendaient d'eux-mêmes à l'assemblée des Dieux. Il n'était pas seulement le dieu du feu, mais aussi celui du fer, de l'airain, de l'argent, de l'or et de toutes les matières fusibles. On lui attribuait tous les ouvrages forgés qui passaient pour des merveilles : le palais du Soleil, les armes d'Achille, celles d'Énée, le sceptre d'Agamemnon, le collier d'Harmonie, la couronne d'Ariane, le filet invisible dans lequel il prit Mars et Vénus...

 

Craints, respectés et appréciés pour la fertilité qu'ils prodiguent aux terres, les déchaînements des volcans sont redoutées par les hommes. Monstres charriant la pierre et le feu, entrée des enfers, monde souterrain, létal et sulfureux, ils n'ont eu, n'ont et n'auront de cesse, de drainer leur lot de légendes et de superstitions, d'inspirer de nombreux contes et allégories tels l'Atlantide de Platon ou le Voyage au centre de la Terre de Jules Verne... À travers les temps, l'homme a toujours tenté d'expliquer ces phénomènes à l'aide de l'animisme, de la mythologie, des religions et de la science. L'éruption est signe pour certains de la colère des dieux, pour d'autres, elle est annonciatrice de guerres, de famines ou de naissances.

Depuis la nuit des temps, les hommes et les femmes expliquent les éruptions volcaniques et les tremblements de terre par des kyrielles de récits mettant en exergue des forces surhumaines et des Déités toutes-puissantes. De nombreux mythes attribuent ces phénomènes aux ires de leurs Dieux et de leurs Idoles ou aux esprits maléfiques qui hantent les volcans pour châtier les hommes. Si les Romains croyaient que Vulcain, sous l'île de Vulcano, provoquait une éruption chaque fois qu'il travaillait le métal et déclenchait les écoulements de laves bouillantes et de cendres brûlantes, les Grecs pensaient qu'Héphaïstos, leur dieu du feu, dès qu'il activait sa forge pour battre le fer, faisait cracher des flammes au sommet de l'Étna sous lequel il vivait et travaillait. Les Hellènes croyaient que l'Atlan­tide, l'île mythique du Timée, puis du Critias, de Platon avait été détruite par des tremblements de terre et engloutie lors d'un immense raz-de-marée associé à l'explosion d'un volcan, en un jour et une nuit, parce que ses riches habitants étaient devenus trop orgueilleux.

Tout autant, les volcans ont été vénérés par les civilisations précolombiennes car, depuis la nuit des temps, ils y règnent en maîtres, imposant leur fureur ou accordant leur mansuétude. En ac­tivité, assoupis ou simplement endormis, ils dominent les paysages et les esprits. Les Aztèques, les Mayas, les Olméques, les Incas, les Tiwanaku et toutes les civilisations amérindiennes, méso-indiennes et pré-andines, sacrifiaient de belles jeunes filles aux Déités toutes-puissantes qui vivaient dans les lacs de lave. Au Mexique, avant la conquête espagnole, une partie importante de ces volcans étaient craints et vénérés comme des dieux. Des offrandes étaient déposées au sommet des édifices volcaniques et des rituels étaient organisés pour demander les faveurs du Dieu invoqué : pluie, récoltes prospères, victoires guerrières…

Sur l'archipel du Vanuatu, - les Nouvelles-Hébrides -, un arc volcanique se prolongeant, au nord, vers l'archipel des îles Salomon, par les îles Santa-Cruz, le volcan Yasur est un esprit vivant, enterré par deux femmes, sur lîle de Tanna, la maison de la terre. Si le volcan grondait, expulsait des panaches d'éjectas, de cendres et de bombes volcaniques, et crachait de la lave cela voulait dire que le Dieu désapprouvait l'action d'un homme. Volcan sacro-saint pour les mélanésiens, son accès, sans l'autorisation du Chef du village, est interdit car seuls les initiés en peuvent gravir ses pentes.

Il a fait pleuvoir les bombes médiatiques. Il a juré-craché qu'il disait la vérité et qu'elles mentaient. Il a poursuivi en diffamation Tristane Banon et a dit de Nafissatou qu'elle était une affabulatrice. Il a exigé sa libération. Mais pris dans ses propres fers, Yasur l'Orgueilleux va devoir se rendre à la justice des femmes pour que les hommes ne réveillent leur volcan que dans les conditions de fertilité qui plaisent en tous temps et en tous lieux aux femmes... Le FMI était son royaume. L'Euro plonge, les Etats démocratiques font faillite, les peuples en paient la facture sociale. Après l'extinction du volcan Yasur, tout sera à reconstruire sur la planète démocratique Europa.

P.S. Merci au blog « Des orchidées et des orties »

07:55 Publié dans Lettres | Lien permanent | Commentaires (2)

13/07/2011

« Les premiers adversaires de la vérité se sont les pères et les maris »

 

Nanfadima Magassouba, citoyenne guinéenne d'origine malinké et Présidente de la coalition nationale pour les droits des femmes parle ainsi de la culture de l'impunité du viol qui règne encore aujourd'hui dans les pays africains.

L'affaire DSK est devenue l'affaire Nafissatou Diallo en Guinée. C'est elle qui est au centre de l'intérêt national de tout un peuple divisé en trois ethnies principales. C'est elle que l'on maltraite désormais verbalement où que l'on défend avec force et conviction. Les hommes eux-mêmes sont très partagés quand à savoir si Nafissatou est dans son bon droit de parler ou aurait du à jamais se taire sur la relation sexuelle forcée ou consentie qu'elle a vécue avec DSK.

La triste réalité du silence et du tabou autour des viols et attouchements exercés régnant dans les cercles familiaux reste d'actualité. Incestes et pédophilie exercée par le père, l'oncle, le cousin; prises d'assauts sexuelles clandestines exercée sur de jeunes femmes laissées seules un instant dans un lieu trop discret; femmes et jeunes filles mariées ou non, consentantes ou non, l'homme ne regarde même pas, ne se questionne jamais sur son acte de nature criminelle ou licencieuse. Il prend et abandonne, laisse la femme à sa honte, ses remords, le cerveau laminé et embrouillé par les souvenirs. L'a-t-elle recherchée? L'a-t-elle désirée? L'a-t-elle anticipée, cette relation honteuse? Ce sont ces questions-là qui trottent dans sa tête et non l'envie de traîner en justice et de cracher au visage sur celui qui à oser la forcer. Comme si, de fait et dans les actes quotidiens, la femme avait moins de valeur que l'homme, était un objet de satisfaction purement visuel et sans cerveau, ni coeur ni âme, un instrument de plaisir aux mains du pouvoir des hommes qui se permettent tout, y compris le droit de cuissage envers leurs propres filles.

Cette petite phrase qui donne le titre à mon billet ressemble à ce qui se passe lors d'une guerre. Si les médias n'étaient pas présents pour constater et chercher la vérité, tout ne serait que mensonges et duperies sur les violences et les tortures exercées réellement envers les perdants et perdantes du moment. La femme africaine est en situation de guerre. Et l'Européenne, avec Anne Sinclair en leader incontestée de la femme dominante qui accepte sans broncher les égarements de son mâle dominant, soutient la cause de toutes les formes de machisme. Honte à un certain journalisme...

Avec le siècle des Lumières. on se croyait peu à peu en territoire libérée du joug masculin. Avec DSK et son épouse nous sommes retombés trois siècles en arrière où la puissance était maîtresse en toute situation de la conquête sexuelle. Le french lover DSK s'apparente simplement à l'image de la brutalité et de la bestialité. Et si certains citoyens et citoyennes français se reconnaissent dans le couple DSK-Anne Sinclair, la petite phrase de Madame Magassouba destinées à ses compatriotes guinéens peut-être appliquées à une certaine France profonde et rétrograde.

Beurk l'amour. Le french kiss s'est pris du plomb dans les ailes du désir en ce début d'été. Et le Général DSK, Chef des armées masculines semble vouloir profiter de la torpeur estivale pour endormir et congeler les droits des femmes à se défendre en cas d'agression.

Mais dans les tranchées, les journalistes et autres blogueurs veillent à ne pas faire de la soldate du balai un ramassis d'ordures, une femme sale, vénale, perverse, rejetée de toute sa communauté, perdant de surcroît son travail et sa santé à cause d'un abuseur machiavélique s'attaquant à la fragilité et à la précarité d'une perdante ordinaire. Le FMI se retrouve sur la sellette...avec DSK.

 

http://www.guineetv1.com/wp-content/uploads/2011/07/Le_visage_de_Nafissatou_Diallo.jpg

Peut mentir occasionnellement;

peut se tromper occasionnellement,

peut vivre une relation sentimentale douteuse;

a le droit inaliénable de refuser une relation sexuelle sous la contrainte.

10:51 Publié dans Lettres | Lien permanent | Commentaires (0)

10/07/2011

Nouvelles du front: DSK n'a pas encore gagné...

 

...et même s'il gagne par l'annulation de son procès, ô scandale détruisant le droit d'une victime à se faire entendre, ce sera pour lui la retraite de New-York dans un froid glacial malgré la canicule de l'été.

Car rappelons aux Américains et au reste du monde qu'une justice de vainqueur, en démocratie et dans un monde se prétendant libre, c'est d'abord la justice du plus juste contre l'oppresseur le plus abject qui prime. Cela ne signifie en aucune façon que l'Etat ou l'individu le plus juste, le plus naïf, le plus innocent, est sans tache, irréprochable, parfait. Cela signifie tout simplement que lorsque l'on veut protéger la liberté, la démocratie, l'égalité homme-femme, le droit à disposer de soi selon ses propres désirs et ses propres critères de jugement, l'Etat en question défend d'abord la victime (qui peut se révéler ne pas être une sainte, exception quasi inexistante dans notre monde moderne) avant de protéger par le justice les droits élémentaires de l'agresseur présumé.

Dans cette affaire du Sofitel, la seule chose irréfutable que l'on puisse affirmer c'est qu'il y a eu bel et bien rapport sexuel entre les deux personnages et que la femme a déposé une plainte pour agression sexuelle. La moindre des choses, dans un monde libre, c'est que ce procès ait bien lieu dans le cas où la femme de ménage refuse de retirer sa plainte. Sinon qui ira encore se plaindre à la police d'avoir été violée? Vous, Madame, qui savez que votre vie comporte des zones d'ombre; que vous utilisez parfois le paradoxe et l'incohérence de propos dans vos explications; que vous vous savez aussi complexe et parfois ambigüe dans vos choix d'existence; qu'il vous est arrivée d'avoir des relations extra-conjugales; que vous aimez le sexe et que cela se sait dans votre entourage; qu'un de vos amants a été condamné pour escroquerie à l'assurance; que vous usez parfois du petit mensonge avec vos enfants, votre mari, vos amis, vos connaissances, pour la paix du ménage et de bonnes relations sociales; que vous travaillez le samedi au black comme femme de ménage ou autre en sus de votre activité à 100%; que vous êtes poursuivie par le fisc et que vous ne déclarez pas votre revenu du week-end pour offrir des vacances à la mer à vos enfants; que vous trimez dure comme tous les travailleurs pauvres de la planète afin de vous assurer un minimum de confort à vous et votre famille; oui, vous Madame, citoyenne ordinaire d'une démocratie, si Nafissatou Diallo ne peut pas être en droit de reconnaissance par l'ouverture du procès de Dominique Strauss-Kahn, alors l'impunité du viol pourra être inscrit au front de la démocratie.

Pourra-t-on alors encore écrire que la démocratie défend l'égalité des êtres humains devant la justice?

 

Le baiser de Vancouver

 

Photos-0270.jpg

 

08:20 Publié dans Lettres | Lien permanent | Commentaires (5)

08/07/2011

Ces Français qui voteraient Strauss-Kahn

 

Ils ont aimé le roi Sarkozy Ier. Ils adoreraient l'empereur Strauss-Kahn. Les Français ont la fascination et la nostalgie des grands rois et généraux de France.

Sinon comment expliquer qu'un homme aussi brutal dans sa relation aux femmes peut encore être admiré d'une bonne partie de la population? Sinon comment admettre en démocratie qu'un violeur présumé, empêtré dans plusieurs affaires sordides de contraintes sexuelles, soit encore un type respectable pour gouverner un pays démocratique et surtout qu'il soit si respecté de ses électeurs et électrices?

La France fait trop de peine à voir. Un tiers de ces citoyens voteraient pour une xénophobe, une femme contre un hexagone multiculturel et multiracial; un autre donne sa voix à un pervers violent envers la gente féminine. Finalement, en 2012, Il faudrait que la France se réveille et vote pour Carla Bruni. Une top-modèle au pouvoir. Cela pourrait encore dire que la beauté du french kiss romantique à l'Italienne passe avant tout le reste...et surtout avant la politique du désastre autoritaire et corrompu.

En 1791, le jeune lieutenant Bonaparte, en garnison à Auxonne, écrivait, dans un Dialogue sur l'amour : « L'amour est nuisible à la société, au bonheur individuel des hommes, c'est une maladie, un délire. » A Sainte-Hélène, l'empereur déchu et prisonnier dit, comme en écho : « Je fus jadis amoureux... Je crois que l'amour fait plus de mal que de bien et que ce serait un bienfait d'une divinité protectrice que de nous en défaire et d'en délivrer les hommes. »

Malade, je suis complètement malade d'Elle... mais sans mon héroïne, la vie ne mérite pas d'être vécue dans ces temps modernes où deux tiers des confrères et consoeurs citoyens et citoyennes du monde libre donnent leur voix à une xénophobe ou à un agresseur sexuel. Et que le 3ème tiers pense d'abord économie et business et vote un président pour obtenir le plus de privilèges possibles...

 

Photos-0267_11.jpg

08:03 Publié dans Lettres | Lien permanent | Commentaires (12)