07/04/2010

Un journaliste peut-il être un flic ou un espion?

Des pédophiles en action viennent d'être dénoncés par un journaliste qui enquêtait sur le milieu. Outre le fait qu'un journaliste développe forcément une relation perverse et malsaine en entretenant une relation protégée avec tout criminel qui oeuvre au sein du crime organisé, du détournement d'argent sale, de la prostitution forcée, il est normal de se poser la question. Le journaliste peut-il balancer un criminel qui commet des actes non seulement illicites mais odieux et néfastes aux êtres humains?

Je crois que le journaliste qui a réussi à pénétrer un réseau criminel pédophile avec sa carte de journaliste ne peut pas être condamné par ses pairs s'il dénonce les acteurs à la justice. La vanité, la jouissance de l'impunité, l'arrogance et la perversité extrêmes de tous ces criminels font qu'ils ont même le culot d'exposer leurs horreurs en direct avec la morgue de ceux qui se permettent le pire sans jamais rien risquer de la justice des hommes. Ils se piègent tout seul. Donc pour ces gens-là, le journaliste qui dénonce et sort de son cadre déontologique me pose moins de problèmes que le journaliste qui ne dénonce pas.

Par contre, si un journaliste enquête sur le passé pédophile d'un homme qui se confesse, qui fait acte de contrition et de pardon, qui semble sincère dans le fait qu'il ne cherchera plus à recommencer ses erreurs en commettant des actes contraires à la protection des enfants, je pense que dans ces conditions-là ce n'est surtout pas au journaliste à dénoncer cette personne. C'est à la victime ou aux victimes de porter plainte, peut-être à l'auteur lui-même de se dénoncer à la justice. Le journaliste peut dénoncer des salauds en activité qui préparent d'autres crimes. Il ne peut ni dénoncer ni jouer les justiciers, les inspecteurs, et les juges pour des actes passés. Ce serait alors la fin du journalisme et le début d'un fascisme d'Etat qui ne dit pas son nom.

La démocratie et le journalisme ont développé des valeurs telles que la protections des sources et des données. Ce n'est que dans le cadre de certaines situations exceptionnelles que le journaliste a le droit, et même le devoir, de sortir de sa réserve et de privilégier son humanité au détriment de la déontologie journalistique.

 

Une minute de sons électro-jazz pour les enfants violentés partout dans le monde

 

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05/03/2010

La TdG ne s'excusera pas pour les photos

 

Liberté de la presse. Les photos d'Hannibal Kadhafi publiées par la TdG ne feront pas l'objet d'un mea culpa du rédacteur en chef de ce quotidien.

Il ne donnera pas non plus l'origine de la source. Nous pouvons retenir deux choses au moins. La liberté de la presse ne peut pas violer ses principes, et la décision du rédacteur en chef est tout-à-fait juste et légitime. Sinon l'arbitraire s'installerait partout, ce qui est déjà parfois le cas avec le dévoilement d'identité pour certains cas judiciaires et pas pour d'autres.

Par contre, il est vrai que le responsable de ce journal aurait pu nous donner les raisons de son autorisation à diffuser ces photos dans la TdG. L'humiliation, comme il le dit lui-même? Mais alors faut-il rajouter de l'humiliation à l'humiliation pour se faire respecter et écouter? Difficile à accepter cette explication-là. J'espère simplement que ce n'était pas sous le désir de vengeance que cette décision délicate a été prise. Car nos otages n'avaient pas besoin d'un acte vengeur pour être libéré mais d'un acte réparateur.

Bref. C'est déjà du passé. Le mal a été fait. Et apparemment, l'auteur de la fuite n'a pas l'intention de se dénoncer lui-même. Il faudra donc y aller au forceps judiciaire. Peut-être l'auteur ne se rend-il pas compte qu'il est en liberté, lui, alors que deux autres personnes ont payé sans doute à cause de sa faute (car c'est une faute punissable par la loi suisse) un prolongement de leur peine loin de leurs familles. Pour cela, Max Göldi et Rachid Hamdani ne vous diront sans doute pas merci, Monsieur de la Source (je dis « Monsieur » parce qu'une Dame se serait dénoncée spontanément à l'heure où j'écris ces lignes car elle aurait compris la souffrance endurée et prolongée de nos deux otages...).

Je laisse, en musique, le train passé sur mon corps et me demande si tant de photos et de vidéos prises dans la vie d'une femme et d'un homme peuvent parfois nous blesser quand elles sont publiées à grande échelle sur l'Internet...

 

14:36 Publié dans Médias | Lien permanent | Commentaires (26)

29/05/2009

Escobar Connexion

«La légende Escobar » a un fils présumé. Il fait dans le rap comme Dieudonné fait dans l'humour. Discours de haine, guerre des gangs, filles soumises. Une seule loi: la loi du plus fort, du plus criminel, du plus salaud.

Et la radio romande passe en catimini un message subliminal et sympa du personnage: « Escobar, un héros des temps moderne qui a sa tombe couvertes de fleurs, ses groupies, ses saintes pleureuses, et son clergé qui entretient le mythe ».

C'est une catastrophe pédagogique. Nos adolescents qui écoutent les nouvelles sont captivés de découvrir que là-bas, en Amérique du Sud, les héros sont des truands jamais repentis qui vivent du trafic de drogue, qui tuent, qui violent, qui maintiennent tout un peuple dans une noirceur absolue.

Pendant ce temps, en France, Sarkosy autorise la fouille des cartables, et la surveillance vidéo dans les collèges. Il pense venir à bout de la petite délinquance. En même temps, la grande déliquescence des médias continue partout dans le monde. Pas le temps d'expliquer, pas le temps de faire l'histoire du crime. Juste le temps de balancer la belle et religieuse image du grand chef de réseau de narcotiques.

Valoriser un criminel qui n'a jamais prouvé une humanité débordante pour ses semblables est une erreur de déontologie journalistique. Les petites frappes qui deviennent de grands truands possèdent la marque des caïds et ne vivent pour rien d'autres que leur propre pouvoir minable.

Tout le monde, et surtout pas les jeunes n'écoutent les émissions de Jean Leclerc qui passent à 15 heures ou à 03 heures du matin! A cette heure-là, les jeunes sont à l'école. Les cartables pourront toujours voler de tables en tables. Sarkosy n'a ni la manière ni le style pour stopper la violence. RSR1 fait un formidable travail tout au long de la journée. Sauf au moment des nouvelles, où les raccourcis les plus séducteurs ne sont de loin pas les meilleurs.

Je m'occupe personnellement de la « Carambar Connexion ». Quel(s) journaliste(s) a envie de célébrer ma distribution?

 

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L'Ile au Trésor

 

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Zorro

 

 

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