10/09/2015

Pourquoi les journalistes officiels ne sont pas "Welcome"

Il y a comme un gros malaise entre les journalistes et les migrants-activistes du camp "No Borders" à Vintimille,

Tentative d'explication par un résident qui n'a pas tout-à-fait quitté le terrain grâce à son blog très actif.

1) Les migrants qui occupent ce camp ne sont pas des migrants qui le squattent en permanence, à quelques exceptions près. La plupart ont fait du camp un passage obligé avant de continuer leur route clandestinement vers la France. Pour eux, No Borders représente un havre de paix et de solidarité entre Européens et eux-mêmes, Européens qui comprennent le sens de leur combat, ces requérants d'asile n'ayant pratiquement aucune chance de déposer une demande d'asile en bonne et due forme  dans un pays d'Europe en raison de leur pays de provenance, le Soudan. Les quelques Erythréens qui y vivent ont envie d'aller en Suède ou en Angleterre et ne pensent pas forcément à un pays comme la Suisse qui ne les rejetteraient pas d'office mais leur accorderait un droit d'asile provisoire si ce n'est définitif pour cause de dictature dans leur pays.

2) Les migrants soudanais font partie des migrants indésirables en Europe bien que leur pays soit en situation de guerre. Ils ne se sentent pas du tout à l'aise dans la situation actuelle qui fait qu'ils sont considérés comme des profiteurs de l'asile et qu'ils se verront refuser l'accueil chez nous, en Europe. Les activistes les protègent, essayent tant bien que mal de jongler entre l'anonymat de ces personnes qui ne veulent pas "aggraver" leur cas pour troubles publiques à la frontière (manifestations) et la nécessité qu'elles aient d'obtenir des médias une identité, une histoire à raconter pour revendiquer leurs droits d'asile.

3) Les journalistes officiels, les grands médias, ne parlent pratiquement jamais de leur situation et ne défendent pas un droit d'asile pour toutes ces personnes venant du Soudan. Au contraire, il y a un blackout sur leurs personnes et on ne voit aucun média se lever pour défendre tous ces jeunes hommes originaires du Soudan qui n'ont nulle part où aller si ce n'est retourné chez eux par le premier avion affrété par l'Italie, premier pays de migration après la traversée de la Méditerranée.

4) Les activistes de No Border défendent une approche non discriminatoire des problèmes migratoires. Ils refusent que les pays s'opposent à la libre demande d'asile des migrants. Du moins, ils aimeraient au minimum que les migrants puissent avoir le choix d'un pays volontaire pour les accueillir. Ce qui n'est absolument pas le cas en ce moment pour les Soudanais.

Face à cette grande tension et pression exercée par le pouvoir sur ces jeunes migrants qui se sentent en plein désespoir, il serait indispensable que les médias officiels se mettent à écrire quelques articles forts en faveur du droit d'accueil de ces personnes.

Sans cela, No Borders Camp aura toujours de grandes réticences à recevoir des médias défavorables aux migrants et très favorables aux gouvernements.

Un rapport de force s'est engagé entre les tenants d'un pouvoir qui ne veut pas ouvrir les yeux sur eux et les migrants-activistes qui n'ont que leurs corps à mettre en opposition pour exister aux yeux des gens. D'où les très nombreuses manifestations à la frontière de Vintimille-Menton.

Jean-Marie Gumy, blogueur libre et No Border.

http://www.lemonde.fr/europe/twitter/2015/09/10/a-vintimille-le-poste-frontiere-est-devenu-trop-dangereux_4751596_3214.html

 

 

Homme Age à mes amis Soudanais du No Borders Camp

Nulle part où aller. Nulle part accueillis. Nulle destination permise ni promise. Pour eux tous, l'angoisse du lendemain persiste. Ils subissent de plein fouet les politiques européennes de la migration. Même les médias ne jouent pas les caisses de résonance (de raisonance devrais-je écrire pour un mot nouveau du dico). pour eux. Absents dans les médias, même quand il s'agit de parler des migrants venant des pays en guerre. Hors ils arrivent bel et bien d'un pays en guerre.

Pourquoi un tel blackout? Sont-ils des hommes invisibles? Sont-ils négligeables sur l'échelle de la compassion humaine et de notre émotion face aux vagues migratoires qui atteignent l'Europe?

Alors, je veux être le média suisse romand qui parle d'eux. Je veux être l'homme qui les défend auprès de notre population. Je veux être le Suisse qui arrivera à percer la muraille de nos inconsciences, de notre manquement à leur égard. Je retournerai au No Borders Camp aussi longtemps que ces hommes-là n'auront nul accueil chez nous en Europe, qu'ils seront impitoyablement pourchasser et renvoyer chez eux sans étude de leur situation et celle de leur pays en guerre, qu'ils seront condamnés à la clandestinité, à un travail au noir, à des activités illégales pour pouvoir survivre. Ce sont des hommes qui ne sont ni voleurs, ni tueurs, ni violeurs. Ce sont des hommes qui cherchent une place parmi nous.

Allons-nous leur donner ce qu'ils nous demandent ou allons-nous encore et encore les ignorer, même et y compris dans les médias?

Ohh life is somehow unfairness after I have lost back there in my home and all the things I have witnessed and the dead boat I took and my big bro issues I feel like am living inside a closed box but I can hear people having a free life outside but I couldn't get outside the box because I have been trying for years and now am already lose hope because this life has shawn no mercy and my life is a mess and its too much I had enough suffer but who can I tell only my self

 

 

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CAPTAIN NEMO EST SOUDANAIS

(photo prise au No Border Camp lors de l'interview télévisée de Captain Nemo et transformée

pour ce billet par cet Autre qui lui ressemble en Suisse)

 

Des questions restées sans réponse au Parlement

L'UDC n'a heureusement pas obtenu gain de cause. La politique fédérale en matière d'asile tient une route cohérente quoique stricte et décevante pour les réfugiés africains, entre autres.

On le sait. Les Syriens, qui sont pourtant fort peu nombreux à se présenter à nos frontières, sont protégés et ne seront pas renvoyés dans un pays qui souffre d'une guerre atroce. Les Erythréens semblent avoir eux aussi obtenu le statut de privilégiés et pourront rester chez nous, à la quasi totalité, en attendant que la dictature tombe chez eux...

Mais que fait-on de tous les autres qui ont traversé la Méditerranée dans les mêmes conditions que leurs compagnons d'infortune? Qui va les accueillir? Personne? Les Soudanais, qui sont relativement nombreux à fuir une situation de guerre chez eux, n'ont-ils aucune chance d'être accueilli chez nous, en Suisse, et en Europe?

On ne parle pas des NEM, de ces candidats à l'asile qui n'ont même pas la possibilité de défendre leur dossier dans notre pays tout simplement parce qu'ils doivent retourner dans le premier pays d'accueil, ici l'Italie pour les Soudanais. Frappés de cette non entrée en matière, ils sont d'avance condamnés à retourner chez eux car l'Italie ne les veut pas non plus. Pourquoi faire preuve de ce refus total envers des gens qui ont eux aussi fui une situation de guerre? C'est incompréhensible de nos gouvernements et désastreux pour tous ces jeunes gens. Vont-ils devenir des clandestins permanents en déshérence dans nos pays européens?

Je demande à notre gouvernement une réponse claire pour ces gens-là. Peuvent-ils venir en Suisse avec une certaine sérénité ou doivent-ils fuir notre pays comme la peste? Dans ce cas-là, notre pays restera, à l'instar de beaucoup d'autres, comme une nation qui n'a pas porté secours à personnes en grand danger d'abandon et de clandestinité.

 

 

 

 

 

 

 

09/09/2015

Zep-Titeuf, une locomotive suisse dans la nuit

Encore une histoire de plus plus pour le monument mondial de la littérature BD helvétique.

Zep a mis Titeuf dans la peau d'un réfugié et cela devient du flagrant délire. Il n'y a rien à rajouter. Juste à aller consulter le blog de Zep. Heureusement que des Suisses comme ça existent. Ils nous redonnent la fierté d'être de notre pays. Nous ouvrons nos yeux, nos coeurs, nos frontières. Il est temps de changer le monde!

http://zepworld.blog.lemonde.fr/2015/09/08/mi-petit-mi-grand/

http://www.tdg.ch/monde/europe/zep-transforme-titeuf-petit-refugie/story/18574566

 

 

08/09/2015

Refugees welcome! Appel à manifester le 15 septembre

PLACE ST-LAURENT, 15.09.2015, 17h30

Six mois d'existence, et une première victoire pour le mouvement du Refuge S-Laurent: plusieurs migrant.e.s en lutte ont échappé à un renvoi et pourront demander l'asile en Suisse. Mais les autres restent dans le collimateur de la machine de «Dublin»... Alors que ce système prend l'eau, que l'Allemagne vient de stopper les renvois de Syriens, la Suisse se mure dans le déni. Et le Conseil d'Etat vaudois, à majorité de gauche, cautionne l'indécence des renvois vers l'Italie, le triage d'êtres humains et la sous-traitance de la misère!

La «trêve» des renvois forcés annoncée par le Conseil d'Etat prendra fin le 15 septembre, avec une intensification de la traque aux migrant.e.s en perspective. Ce jour-là, nous descendrons dans les rues de Lausanne pour exiger du Gouvernement qu'il s'engage enfin pour un moratoire sur les expulsions vers l'Italie et pour le respect des droits des réfugié.e.s, comme le lui a demandé le Parlement il y a quatre mois!

 
OUVREZ LES FRONTIÈRES, PAS DES CIMETIÈRES!
Zone contenant les pièces jointes

 

 

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