01/10/2015

Lendemain de fête des Vents d'Anges

Ce matin, je me suis levé avec la gueule de bois et aucun pour cent d'alcool dans le sang. Cette nuit, j'ai rêvé de tous ces jeunes qui se battent pour un autre monde, un monde sans frontière et sans interdit de franchir des murs administratifs qui frappent et jettent les migrants dans le désespoir comme une condamnation psychique à la lapidation pour  adultère transnational.

Ces jeunes auraient dû combattre dans leur pays contre l'oppresseur, prétendent les enfants bien nourris et vivant en paix chez nous. Ils auraient dû porter l'arme et sulfater à tout-va autour d'eux, tué des innocents en même temps que des hommes armés, et pourquoi pas violer les femmes de l'ennemi puisque ces ennemis abusaient des femmes de leur camp. Ces jeunes de 20 ans auraient donc dû livrer bataille dans une sauvagerie de moeurs et des crimes abominables. Ce sont nos belles âmes de chez nous installées dans leur comfort bourgeois qui prétendent cela.

Au lieu de cela, ils avaient un rêve. Ils s'accrochaient à l'idée qu'un autre monde était possible, ailleurs. Cet ailleurs, ils le voyaient en Europe comme un mirage de bienfaisance et de prospérité; un ailleurs qui allait changer leur vie, leur vision sur les Blancs européens, et ce colonialisme dont ils avaient tant souffert. Ils rêvaient pour la plupart d'aider financièrement. un jour ou l'autre, leur famille dans cette idée qu'ils se faisaient de leur future prospérité économique. Ils rêvaient aussi de construire une famille ailleurs, dans un lieu à l'abri des guerres ethniques ou soumis à la dictature sans partage et à la corruption inouïe d'un président mégalomaniaque sanguinaire.

Pour ce rêve, ils avaient bravé la Méditerranée et la mort sur des rafiots en bout d'existence appartenant à des réseaux criminels. Toujours, cette criminalité, jamais cette bonté et cette générosité humaine qui allaient un jour leur ouvrir une autre porte que celle de l'enfer.

Et puis, ils ont posé leurs grands corps tout noirs de soleil et de chaleur humaine sur les bords nordiques de la Méditerranée quelque part en Iitalie. Et rien n'a marché en leur faveur. Trop Noirs, trop étrangers à la race blanche chère à Nadine Murène la bien nommée, trop musulmans et trop terroristes puisqu'ils venaient de régions où les terroristes et les dictateurs sévissent grave. Les Blancs d'Europe ont, dans leur grande majorité, feint d'ignorer leur présence. Les médias ne leur donnaient que peu d'importance. Les politiques ne rêvaient qu'à les renvoyer en enfer. Les ONG comme la Croix-Rouge leur offraient le gîte et le couvert en échange des empreintes, puis du renvoi obligatoire vers leur pays d'origine. Ils rêvaient. Soudain, ils se réveillaient dans le pire des cauchemars, le scénario improbable auquel ils ne voulaient pas croire du tout: les Européens leur répondaient: FUCK YOU, MY BLACK! OUT OF EUROPE. IT'S NOT YOUR PLACE. IT'S MY PLACE. SHUT UP!

C'est alors qu'ils ont trouvé à Vintimille, à la frontière, quelques personnes qui se nomment les "No Borders" mais qui déjà passent pour des Murders aux yeux des autorités et des gens bien-pensants. Meurtriers de leur monde, peut-être. Meurtriers de l'Humanité. Certainement pas. On peut tuer une dictature et vouloir un idéal qui répond à des critères lisibles écrits en gras dans nos constitutions démocratique: LIBERTÉ. ÉGALITÉ, FRATERNITÉ.

Nos dogmes vertueux sont bafoués. Comment prétendre se sentir supérieurs en bien aux barbares islamistes qui eux prétendent suivre à la lettre leur Coran? Nous avons atteint le gouffre et nos vices sentent la putréfaction d'un monde perdu. Nous bafouons nos vertus, nos règles élémentaires d'accueil, nos devoirs d'êtres humains au nom d'égoïsmes particuliers. C'est alors que la démocratie n'est plus possible et que le désordre barbare et la dictature rentrent en jeu.

A Vintimille, les anarchistes de Bologne et d'autres villes italiennes comme françaises, et même d'ailleurs ont compris qu'ils devenaient urgents de ne plus céder à la lâcheté quitte à perdre son confort et sa prétention à un poste important et officiel parmi la société dans laquelle ils étaient nés. Ils sont les dissidents de notre système. Ils sont le fruit de nos égarements et de nos agissements malhonnêtes. Ils existent et les No Borders ne disparaîtront pas comme cela juste parce que des bulldozers, des cordons de policiers, et un maire leur a passé sur le corps de leur campement où ils accueillaient les refusés de notre monde.

Avant-hier après-midi je venais de réserver mon billet de train pour Vintimille afin de rejoindre mes soeurs et mes frères de combat. Les feux de la Fête des Vendanges de Neuchâtel venaient de s'éteindre la veille. Hier matin, je me réveille avec la stupéfaction d'un homme qui se rend compte que des êtres humains pris dans le système ont détruire un havre de paix et de chaleur humaine, un lieu d'idéal et de partage, une maison d'amour et de respect pour chaque être humain sur cette planète. La Fête des Vents-d'Anges s'éteignait à Pont Saint-Ludovic. Mes amis étaient repoussés sur les rochers en face de la Méditerranée. Puis ils acceptaient un arrangement avec les autorités. Les réfugiés se rendaient au camp de la Croix-Rouge. Les activistes étaient emmenés dans les locaux de la police pour interrogatoire.

C'est un peu comme si on avait tous trop bu, que nous nous étions tous abreuvés d'un idéal parfait où le monde devenait un monde parfait à force de bienveillance et d'entraide humanitaire. un peu comme l'extase d'une spiritualité librement consentie entre gens de différents horizons, d'univers très variés, de couleur de peau qui n'avait strictement aucune importance si ce n'est celui de fêter nos différences culturelles, nos valeurs humaines, nos chants et nos danses, notre bonheur d'exister sur cette Terre en toute fraternité et non dans la méfiance et la haine réciproque chères à nos commentateurs et commentatrices de blogs.

Samedi, je serai à Vintimille. Je ne sais pas encore ce que j'y ferai. Je ne sais pas qui je rencontrerai et ce que nous pourrons encore faire pour la liberté et l'établissement de nos soeurs et frères Africains chez nous, en Europe. Je prendrai mon temps. J'irai sans doute à la frontière pour me rendre compte les yeux grands ouverts des dégâts faits à notre propre Humanité, à nos valeurs de liberté, et de démocratie. Les feuilles mortes vont bientôt se répandre à la pelle. C'est une grande claque dans la gueule que mes amis du No Borders Camp et moi-même venons de prendre. Allons nous tendre l'autre joue? Allons-nous jouer une nouvelle partition pour aider celles et ceux qui attendent autre chose qu'un renvoi obligé dans leur pays?

Le combat continue. Nous ne sortons pas d'un coma éthylique mais continuons un combat homérique pour la survie de nos valeurs humaines. La gueule de bois ressemble davantage à un appel encore plus solidaire à la lutte en faveur des migrants.

We are not going back!

 

Photo de Presidio Permanente No Borders - Ventimiglia.

J’aime

et j'aime pas...ce cordon de grenadiers anti-émeute qui a dispersé notre meute de chiennes et de chiens anarchistes qui rêve d'un monde meilleur.

30/09/2015

No Borders Camp: les rochers et la mer, tout ce qui nous reste

Le camp de réfugiés qui existe depuis le début juin à Vintimille a été évacué tôt ce matin par deux cents grenadiers et chars de la police italienne avec l'aide de quelques bulldozers qui ont tout nettoyé, emportant effets personnels, nourritures, et autres installations dans le camp!

L'excuse de la mairie pour intervenir de manière aussi brutale est minable et  risible: vol d'eau et d'électricité!

Une seule question au maire de Vintimille: Combien d'argent économisé par l'Etat italien et les ONG officiels telle la Croix-Rouge grâce aux militants, aux dons de citoyens et citoyennes durant ces trois derniers mois pour nourrir et loger les réfugiés qui passaient par le camp?

Mais là n'est pas l'essentiel. Ce qui importe c'est de dire que les migrants n'ont plus de lieu refuge à la frontière si ce n'est celui des lieux officiels qui les reverront dans leur pays sans aucune analyse de leur dossier: IL FAUT LE DIRE: LES SOUDANAIS, ENTRE AUTRES, NE SONT LES BIENVENUS NULLE PART EN EUROPE MALGRÉ UNE SITUATION AU SUD-SOUDAN EN ETAT DE GUERRE.

Ce tri entre bons et mauvais migrants est intolérable, d'autant que certains vivent exactement les mêmes situations catastrophiques que les Syriens. Ne pas entrer en matière avec les Soudanais c'est une discrimination honteuse de la part de toute l'Europe et de la Suisse en particulier qui pourrait pour une fois se distinguer et se mobiliser particulièrement pour les Soudanais puisque... les Syriens ne sont pas attirés par notre pays.

Pour toutes celles et tous ceux qui sont sensibles à cette cause, rendez-vous sur les alarmes Facebook du PRESIDIO NO BORDERS DE VINTIMILLE.

Une cinquantaine de réfugiés et d'activistes se sont réfugiés sur les rochers et sont prêts à se jeter à la mer en cas d'agression des forces de l'ordre qui, de fait, les empêchent de s'hydrater et de manger en espérant qu'ils vont céder et se laisser prendre. D'autres ont déjà été arrêtés et emmenés au camp Croix-Rouge de Vintimille où, à plus ou moins court terme, ils se verront renvoyer dans leur pays d'origine.

Vol d'eau et d'électricité contre impossibilité de boire et vol de nourriture, destruction d'objets personnels et de tentes, certes sur occupation illégale d'un terrain. Mais c'est quoi la légalité aujourd'hui. Vivre en liberté et en démocratie ou mourir sous la répression d'une Europe qui refuse totalement à certains migrants de venir chez nous?

WE ARE NOT GOING BACK! Le combat continue. Nous ne lâcherons pas la cause de nos frères et soeurs Soudanais, entre autres nationalités, qui ont passé par le camp No Borders de Vintimille.

 

 

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27/09/2015

Du navet à la citrouille, les Irlandais ont su en faire un conte de fée

Stingy Jack était maréchal-ferrant. Fort avare, méchant, et ivrogne, son occupation préférée était de descendre de la bière et des whiskies dans un Pub irlandais.

Stingy Jack, grâce à la légende, devint Jack O'Lantern, cet être qui n'a trouvé ni sa place au paradis pour cause de vie dissolue, ni sa place en enfer pour avoir été plus malin que le Malin lui-même.

Pour celles et ceux qui ne connaissent pas encore la légende celte de Stingy Jack, plusieurs pages sont visitables sur un des moteurs de recherche. Toutes parlent bien du même personnage énigmatique qui. grâce à la croix, se joue du Diable et l'enferme...puis le libère à deux reprises sur la promesse que son âme ne sera pas offerte aux enfers.

Hélas Saint-Pierre ne se montrera pas très généreux avec la vie d'ivrognerie de Stingy Jack au moment de sa mort. Refusé au paradis, Stingy s'en retournera frapper à la porte de Lucifer. qui, selon la promesse qu'il lui avait faite, le refusera tout autant en enfer. Désespéré de se retrouver rejeter de partout, Stingy demande alors au diable de lui accorder un charbon ardent pour éclairer sa lanterne car il fait froid et noir. Le diable, semble-t-il plus généreux que le bon dieu, accède à sa demande. Depuis lors, Stingy Jack erre à jamais entre les vivants et les morts.

Il faut savoir que les Irlandais ont remplacé le navet d'origine par la fameuse citrouille moderne lors de leur grande migration vers les Etats-Unis entre 1845 et 1850. Cette citrouille américaine s'est transformée en carrosse fortuné pour nombre d'entre eux sur cette terre des Indiens qui, eux, ont connu le sort tragique que l'on connaît.

Pour mes amis Africains qui vivent au No Borders Camp de Vintimille ou dans la jungle de Calais ainsi que pour tous les migrants qui sont rejetés de partout et qui errent comme des âmes en peine entre le monde des vivants et des morts, j'ai envie que nous, tous ensemble, pour Halloween, creusions une citrouille teinte en Noir et en Blanc à l'extérieur afin que la bougie de l'espoir qui s'allumera ce soir de 31 octobre soit un espoir qui éclaire la Terre entière et tous les peuples qui l'habitent.

Black Stingy a sans doute des choses à nous apporter autre que sa misère existentielle actuelle. Et si Dieu nous refusera son paradis pour mauvais comportement envers les migrants et que le Diable ne nous ouvre plus la porte parce que nous portons la croix sur notre drapeau, cette croix qui l'a emprisonné pour toujours, nous risquons donc d'errer à jamais entre la vie et la mort comme ces migrants africains que personne ne veut plus. A nous de changer notre comportement, de nous montrer ouverts et généreux, pour nous réveiller, le jour de la Toussaint, avec ce grand espoir de continuer à vivre heureux dans ce petit coin de paradis sur Terre qu'est notre beau pays si prospère...Nous l'avons peut-être mérité...mais ces femmes et ces hommes méritent aussi quelque chose d'autres que la haine, le rejet, et le racisme de gens avares comme Jack O'Lantern. Ne deviens pas une landstern errante. Sois une étoile qui brille au firmament dans les ténèbres de notre monde actuel!

 

 

Citrouille d'Halloween illuminée

source wikipédia

 

26/09/2015

Plaidoyer pour une politique migratoire ouverte

Après des mois, et même des années, de tergiversations sur les conditions d'admission des migrants en Europe, il serait temps de faire le constat de nos échecs quant à une politique très restrictive du droit d'asile. Puis, il faudrait ouvrir quelques pistes qui permettraient de prendre en considération les besoins humains élémentaires de toute migration voulue et subie. Car l'aspect volontaire de décider de partir de son pays ne doit pas être séparé de son volet obligatoire ( faits de guerre, de violences interethniques, religieuses, dictature, économie catastrophique, catastrophes climatiques).

Premier constat: le fait de durcir nos politiques d'asile ne fait que croître l'hostilité des pays du Sud contre les pays du Nord. Les personnes refoulées vers leur pays après un long et dangereux voyage se retrouvent sans espoir, leurs familles restées sur place qui comptaient sur leur aide économique également, condamnés à vivre dans la misère et de mourir soit par malnutrition et maladies soit dans des actes de violence commis contre eux par des gouvernements tyranniques ou des mouvances terroristes. Pour pallier au manque d'argent, ne reste alors à ces personnes qu'à s'engager dans l'armée des dictateurs ou dans des réseaux terroristes. Belle perspective pour nos propres gouvernements et peuples européens.

Deuxième constat: les restrictions très rigides de nos Etats vis-à-vis des flux migratoires donnent aux mafias de passeurs un pouvoir financier énorme qui alimente leurs crimes et leurs réseaux de façon exponentielle. Nous devons alors affirmer ici que nos propres gouvernements se font les complices de ces mafias en leur accordant la possibilité de faire du trafic d'êtres humains dans la plus totale impunité. Il semble logique que les bateaux qui traversent la Méditerranée possède une identité marine sans quoi aucun port ne pourrait les accueillir. Effacer toute trace d'identité reste du possible. Cependant les bateaux ne disparaissent pas comme ça dans la nature. Chaque acquéreur ou acquéreuse de bateau devrait pouvoir prouver à tout instant l'emplacement de son embarcation sur le pourtour de la Méditerranée et, en cas de vol,  être obligé de signaler la disparition du navire et dans quelles conditions. Il y a bizarrement des Etats du continent nord africain qui ne font pas leur boulot de surveillance et des Etats européens qui ne font pas leur devoir d'accueil. Si nous traitons les personnes à secourir comme Kadhafi le faisait lui-même, pouvons-nous nous targuer d'être des démocrates et non des dictateurs?

Troisième constat: Une politique d'asile fermée condamne les réfugiés à se comporter de façon clandestine, en marge de nos lois, et même parfois en hors-la-loi pour survivre en volant leur nourriture et en se comportant parfois de façon agressive et usant même de violence pour palier à leurs frustrations qui ne seront jamais considérées de nos Etats. Nos gouvernements sont donc les complices involontaires d'actes de brigandages et de vols, de troubles publiques provoqués par des impasses administratives envers les migrants qui, dans leur désespoir, ne voient aucune issue, aucun débouché acceptable à leur migration avortée dans la souffrance d'un avenir impossible.

Une fois ce réquisitoire établi contre cette politique d'asile malsaine, il convient de trouver des pistes qui puissent satisfaire autant nos populations que les migrants et migrantes. Il faut donc prévenir les migrants qu'une bonne politique en la matière est une politique du donnant-donnant et non une politique d'assistanat à long terme ou des travailleurs et travailleuses européennes se serrent trop la ceinture à cause d'impôts en hausse dus au flux migratoire très important. Il n'est pas envisageable de faire peser le poids de la migration sur les travailleurs et travailleuses de notre Continent.

Donc, dans ce domaine aussi, nos politiques d'asile font fausse route en offrant aux demandeurs d'asile admis une quasi assistance à long terme sans aucune contrepartie future. Chez nous, une personne qui a besoin durant quelques mois de l'aide sociale doit ensuite rembourser cette aide une fois qu'elle a retrouvé une situation de travail avec un salaire suffisant pour commencer à rembourser l'Etat. Il devrait en être de même des migrants. Une taxe obligatoire perçue sur le salaire durant x années (par exemple deux ans) devrait être envisagée. Cette taxe de solidarité serait dirigée dans une caisse réservée à l'accueil des nouveaux migrants afin d'alléger la charge des citoyennes et citoyens établis de longue date chez nous à travers la part  d'impôts qu'ils versent en faveur de la politique d'asile.

Une autre piste serait d'autoriser très rapidement un migrant ou une migrante de changer de pays européen au cas où il a trouvé un travail dans un autre Etat de l'Union. Cela permettrait une fluidité migratoire au sein de l'Union européenne et une plus grande liberté d'entreprendre pour les nouveaux migrants.

Une troisième piste serait de créer une sorte de pilier financier à l'éventuel retour du réfugié dans son pays après quelques années. Ce pour-cent prélevé sur son salaire, non-soumis à une part patronale, permettrait d'offrir sa propre aide matérielle au retour du réfugié dans son pays complété en plus par une aide étatique. La somme ainsi épargnée et cumulée pourrait être incitative pour un retour dans le pays. En cas d'établissement définitif dans une Etat de l'Union, ce pilier tomberait alors d'office et définitivement et l'argent cotisé par l'épargnant reviendrait alors dans les caisses de la politique d'asile.

En espérant que ce billet puisse donné quelques bonnes idées à nos politiciens et que les migrants et migrantes puissent enfin pouvoir être accueillis de façon plus humaines et égales, j'aimerais terminer par une paretnhèse concernant la Suisse.

Il y a un peu plus de trente ans en arrière, la Suisse condamnait encore à la prison ses objecteurs de conscience refusant de servir à l'armée. La politique en la matière n'était pas bonne du tout. D'un côté, il y avait les "bons" objecteurs, ceux qui refusaient de servir pour des raisons hautement morales du refus de tuer son prochain; et les "mauvais" objecteurs qui étaient plus sévèrement condamnés pour cause d'appartenance à des groupes politiques d'extrêmes-gauches ou anarchistes. Il fallait donc passer devant un Tribunal militaire composé de plusieurs gradés qui sondaient la conscience des objecteurs pour savoir dans quelle catégorie ils se situaient. Les bons objecteurs avaient droit à des condamnations pénitencières favorables (durée plus courte de la peine et régime de semi-détention où l'objecteur pouvait accomplir un travail à l'hôpital, par exemple). Les mauvais objecteurs se voyaient condamner à une peine lourde de huit à douze mois de détentions fermes dans des pénitenciers à haute sécurité. D'avoir voulu sonder les consciences de chaque citoyen objecteur, la Suisse s'est largement et lourdement trompée. Aujourd'hui, suite à un vote populaire mettant fin à la détention des objecteurs, chaque Suisse refusant l'armée doit accomplir un service civile obligatoire, ceci sans distinction de conscience. L'égalité est la même pour tous.

J'aimerais tellement qu'il en soit ainsi pour tous les migrants qui arrivent chez nous. Cette distinction entre migrants économiques et migrants politiques ou fuyant des conditions de guerre ne tient plus la route. Car il est très difficile de séparer les raisons économiques des autres raisons de migration. Le plus souvent, tout est lié et pratiquement personne ne déserte un pays sans raison aussi économique car un opposant à un dictateur à souvent, voir toujours, aucune chance de s'intégrer au tissu socialo-économique mis en place par la dictature de son pays. Cela est pareil en situation de guerre. Les emplois sont perdus, les gens vivent dans la misère et ont envie de partir loin de cette misère sociale et économique en plus des risques de mourir sous les balles ou sous les bombes.

 

 

 

 

 

23/09/2015

La réponse des migrants de Vintimille à la politique européenne

Ci-dessous, je vous informe d'un communiqué écrit par des migrants qui vivent dans le camp No Border de Vintimille.

Vous trouverez le texte en 4 langues, Italien, Français, Anglais, Arabe, sur le site du Presidio Permanente No Borders Ventimiglia.

http://noborders20miglia.noblogs.org/post/2015/09/22/we-are-not-going-back-il-comunicato-dei-migranti-migrants-statement-ita-fr-eng-ar/

 


En juin le gouvernement français a décidé de fermer la frontière avec l’Italie. Pour protester contre ce blocage entre Menton et Ventimille, nous sommes restés sur les rochers a quelques uns(es), démontrant notre volonté de poursuivre et revendiquant la liberté de circulation et l ouverture des frontières. Cette protestation a rallié des personnes venant de toute l’Europe.
C’est comme cela qu'est né le Presidio No Border. C’est un espace de résistance autogéré dans lequel migrants et activistes vivent et luttent ensemble contre la violence des frontières. Depuis juin, cette lutte se continue et chaque semaine le Presidio no Border manifeste devant la frontière, face à la police contre les expulsions. Contrôles de police, arrestations, détentions exténuantes sont notre quotidien à la frontière franco-italienne. Chaque jour, à la gare de Menton Garavan des personnes sont sorties du train au regard de la couleur de leur peau et déportées au poste de la Police aux frontières. Une fois là-bas, ils elles sont enfermé-e-s dans des conteneurs sans eau ni nourriture ni informations sur leur situation. La Police décide alors arbitrairement de les relâcher en France ou de les renvoyer en Italie, créant un étrange “ping pong humain”.
Nous avons fui la répression de notre propre pays, recherchant une liberté qui nous est refusée une fois encore. Ce qui ce passe ici à la frontière franco-italienne est un autre obstacle mis sur notre chemin commencé sur les côtes méditerranéennes. C’est là où le mythe de l’Europe, terre des droits de l’Homme est apparu dans toute son hypocrisie.
Où est la liberté dont l’Europe est si fière quand elle érige des barrières d’acier et d’indifférence? Qu’est-il advenu des droits de l’homme si la seule réponse aux demandeurs d’asile est leur expulsion?
On s’est échappé des camps de réfugiés dans nos pays où nous n’avons aucune liberté de mouvement. Nous nous retrouvons maintenant en Europe où nous sommes traités de la même manière.
Nous avons fui, pour beaucoup, le Soudan où la Guerre Civile fait toujours rage, où des dictateurs corrompus fomentent des conflits ethniques, divisent le peuple et nous abusent encore et toujours.
Au Soudan il n’y a qu’un parti politique qui régit le pays depuis 26 ans. L’accès à l’éducation et à la santé ne sont réservés qu’à un très faible pourcentage de la population. Chaque mouvement d’opposition est réprimé violemment et nous vivons notre quotidien dans la terreur. L’éducation n’est ouverte qu’aux proches du gouvernement et la corruption est tellement monnaie courante que pour accéder aux soins on doit payer des bakshich.
En Erythrée le peuple vit dans la peur constante de la violence des forces armés du Gouvernement. Le service militaire y est obligatoire pour garçons et filles à l’âge de 14 ans.
Notre expérience est partagée par de nombreuses personnes, africaines et non africaines, qui toutes voient en l’Europe un refuge et la garantie d’une vie décente.
Face à cela, l’Europe garde le silence supportant de fait les gouvernements corrompus et contribuant donc aux situations locales. Elle ferme, dans le même temps, ses portes a ceux-celles qui tentent de fuir ces régimes.
Depuis le camp No Border à Ventimiglia, nous demandons a cette Europe:


– l’ouverture de la frontière franco-italienne et la liberté de mouvement en Europe pour tous et toutes européen(ne)s ou non. Comment cela se fait-il que les européens-ennes puissent entrer facilement dans nos pays quand nous ne pouvons même pas passer une frontière interne de l'Europe?


– Aux pays européens qui ont colonisé l’Afrique, qui en ont fait un champ de bataille rempli de conflits internes, nourris par des chefs corrompus, à l’opinion publique de ceux-la: faites pression sur les gouvernements afin de briser le silence et d’arrêter le soutien a nos gouvernements par l’approvisionnement en armes.


– Nous demandons la révision du traité de Dublin III. Nous réclamons l’arrêt du lien systématique entre le 1er pays d’arrivée et le processus de demande d’asile. On nous demande très souvent nos empreintes digitales a l’arrivée [afin de commencer la procédure]. Mais beaucoup d’entre nous avons des parents ou amis qui vivent dans un autre pays, pays que nous ne pouvons donc pas atteindre au regard de ce traite.


– Le respect du traité de Genève et la garantie des droits de l Homme dont l Europe est tellement fière.


– Nous demandons aux gouvernements européens qui rappellent toujours le droit et la légalité: est ce que les comportements violents et répressifs de la police sont legaux? Les identifications forcées, les mauvais traitements, les menaces, les coups et autres violences physiques sont-ils légaux? Est- ce-que le processus de criminalisation que nous subissons depuis notre arrivée est légal?


– Nous demandons aux journalistes de rapporter nos histoires sans stéréotypes et nos conditions de voyage inhumaines auxquelles nous sommes réduit-e-s en Europe.


L’accueil que nous espérions de la part de l’Europe ne se retrouve que dans quelques individu-e-s, mais certainement pas de la part des gouvernements. Ensemble avec les soeurs et les frères du camp no Border, nous réclamons la liberté de circulation et l’ouverture de toutes les frontières.


“WE ARE NOT GOING BACK”


Les migrant-e-s du campement No Border de Ventimiglia.