18/03/2010

Le scoop d'Hannibal

Aux dernières nouvelles, Hannibal pourrait prouver qu'il est une oie blanche dans l'affaire qui secoue la République de Genève et qu'une authentique cabale aurait été orchestrée contre lui et son épouse, raison pour laquelle la Suisse refuserait un arbitrage international.

On reste, permettez-moi l'expression, sur le cul. Soit le fils de Muammar bluffe à fond et joue un poker menteur extrêmement dangereux pour le régime de son père, soit il dit vrai et là, pour toute la Suisse c'est un camouflet historique.

Les domestiques qui ont subi les sévices du couple sont-ils des menteurs? Se sont-il mutilés entre eux pour pouvoir fuir et rester en Suisse? Hannibal osera-t-il appuyé cette thèse rocambolesque grâce à une défense exceptionnelle payée au prix fort? Genève n'aurait-elle pas voulu chercher à savoir si les deux domestiques disaient vrais ou faux en accusant systématiquement le fils du Colonel et son épouse? Si c'est cette défense-là qui se prépare dans le camp libyen, avec peut-être des témoins manipulés et engagés par le clan Kadhafi, nous pouvons craindre pour Genève et la Suisse.

Hannibal, ange ou démon dans cette affaire? Genève, une police de barbouzes racistes et incapables ou une police impeccable qui a agit pour protéger les deux domestiques?

Nous sommes dans un drame international. Et je pense que si Hannibal et son père sont sincères et disent une vérité plus ou moins présentable à la Justice internationale, la première chose qu'ils doivent faire est de libérer sans condition Mr Max Göldi. Tant que notre otage est leur victime, nous ne pourrons pas croire à un début de vérité dans la bouche d'Hannibal.

Souvenons-nous du drame de Lockerbie. La vérité n'a jamais été complètement établie.  De gros doutes subsistent. Des témoignages qui se contredisent, des services secrets qui mentent ou/et sont achetés... et un Suisse déjà dans le coup...Un certain Ulrich Lumpert. Cela doit rappeler bien des choses à Muammar Kadhafi. Lisez tous sur Wikipédia l'analyse consacrée à l'attentat en vous rafraîchissant la mémoire.

Cela risque bien de saigner du côté de Genève.

S'il vous plaît, du côté de Tripoli, on vous demande de libérer immédiatement Mr Max Göldi qui n'a plus rien à faire dans la suite de cette pièce de théâtre énôôôrme! Votre thèse ne sera écouté du côté du peuple suisse que si notre otage rentre sain et sauf immédiatement.


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Comme ci, comme ça, Mr Moussa Koussa

Un gag pas du tout drôle doit circuler dans les travée fédérales. Le voici. Tout politicien ou politicienne qui s'enquérit encore de la santé de notre Ministre des Affaires étrangères doit s'en doute s'entendre répondre à la question bateau traditionnelle. « Et comment qu'elle va Micheline Calmy-Rey? « Elle va couci Koussa » répondent sans doute nos spécialistes de la langue de bois avec un sourire mi figue-mi datte sur les lèvres. Il y en a même qui doivent oser en rajouter: « Kadhafi l'envoie balader aux fraises et Moussa récolte la plantation en revenant frais comme une rose devant les médias tout en tenant un discours anti-helvétique aux relents démagogiques fantastiques ».

Nous sommes donc devenus les mauvaises ou bonnes poires de Kadhafi. Trop d'humiliations, trop de décisions tardives, trop de racisme (?). Franchement, aurions-nous agi de la même façon avec un fils de Vladimir Poutine pétant les plombs du côté de Genève, lui non plus Président d'un pays exempt de soupçons répétés de crimes contre l'humanité y compris contre des journalistes?

Qui est le méchant dictateur? Qui est le gentil démocrate? A oui, une bonne parole en direction du peuple suisse de la part de Mr Moussa Koussa, tout de même. Il paraît que nous sommes un peuple très aimable et amical. Espérons qu'au moins ça il le pense vraiment. Parce que pour le reste de son interview, et surtout pour Mr Max Göldi, l'espoir est ténu de revoir notre otage avant sa condamnation de 4 mois fermes.

A force de jouer les fiers à bras, les solitaires justiciers braves défenseurs des domestiques arabes, nous finissons par recevoir les retours de bâtons économiques dans les jambes. Les droits humains ne sont pas prêts de détrôner les intérêts économiques. Essayé pas pu, Micheline. C'est triste mais c'est ainsi. Il faut désormais vous faire comprendre autrement et écouter autrement. Avec l'oreille d'une ministre qui parlerait à...Vladimir Poutine, par exemple.

 

14:45 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0)

17/03/2010

Deux photos d'Hannibal en cause

La Tribune de Genève a-t-elle bien fait d'user de son droit à la liberté d'expression dans le cas précis des photos d'Hannibal Kadhafi?

Cette seule question fait débat, et non pas, comme certains le prétendent, la remise en question de la liberté de la presse. Une Rédaction d'un journal libre est libre de publier ce qu'elle veut. Personne ne remet en cause chez nous ce droit fondamental là. Par contre, le Rédacteur en Chef de la Tribune peut à nouveau, et au vue des événements qui ont suivi cette parution, se poser la question de la justesse de son acte.

Dans d'autres circonstances, avec d'autres acteurs, il n'y aurait peut-être pas de question grave à se poser sur un cas de figure parallèle à celui-ci. Mais hélas, avec le clan Kadhadi et son statut royal comme révolutionnaire, nous devons faire preuve d'une intelligence autre, d'une façon de reconnaître ses propres torts différente de la coutume ordinaire. Nous savons que la question d'honneur est au centre de l'affaire. Chacun et chacune à son honneur. Chacun et chacune est touché différemment par le sens de son honneur personnel. Le clan Kadhafi a une très haute estime de son image. Ce n'est pas à nous de juger si les Kadhafi méritent bien cette haute image d'eux-mêmes. Le fait est qu'ils la revendiquent haut et fort.

De la part de la Tribune de Genève, on pourrait s'attendre à revenir un pas en arrière en déclarant qu'elle a commis une erreur d'appréciation mais pas une erreur de déontologie. Pour ma part, je pense que cela débloquerait la situation du côté libyen et que les Kadhafi pourraient se contenter de cette explication. Reconnaître sa faute est essentiel aux yeux du clan Kadhafi. Peu importe finalement pour eux que la faute soit d'ordre déontologique ou d'appréciation.

Pour les indemnités, si indemnités il y a, le Canton de Genève et la Tribune, peuvent toujours proposer aux Kadhafi de verser la somme d'argent à une oeuvre caritative qui vient en aide aux enfants libyens. Ce serait à l'honneur de tout le monde.

 

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15/03/2010

La Suisse lâchée par l'Europe!

Et voilà. Ce qui devait arriver est arrivé. Comme en science astronautique, la Suisse jouissait il y a trois semaines d'une fenêtre exceptionnelle de résolution de la crise. L'Europe était avec nous, Hannnibal avait accompli le geste nécessaire et providentiel qui allait permettre à Max Göldi de revenir très vite en Suisse après Rachid Hamdani.

Hélas, un nouveau désastre d'indécision à Berne a été accompli. Hélas, le poids de l'Amérique, de la Russie et de la Chine pèsent très lourd maintenant sur les intérêts économiques et stratégiques de l'Europe.

Mais pourquoi donc sommes-nous si idiots ou si sûrs de notre puissance? Même la grande Amérique, la première puissance mondiale a reconnu une erreur dans sa communication diplomatique. Nous, rien du tout. Pas même l'ombre d'une dénonciation pour l'acte pourtant illicite d'un très probable policier ou responsable de l'Etat de Genève qui a cru bon de transmettre des photos confidentielles à la presse. On s'est d'abord agenouillé devant Muammar Kadhafi pour ensuite poser un mur entre lui et nous. Totalement absurde et contre-productif.

Et maintenant qu'allons-nous faire? Ce que les Kadhafi auraient sans doute accepté il y a trois semaines contre la liberté de Max Göldi, soit la constitution d'une cour pénale internationale déjà acquise par les deux parties, la levée de « l'embargo Schengen » sur les personnalités libyenne et, surtout, la dénonciation de l'auteur de la fuite des photos, sera-t-il suffisant à partir de maintenant alors que l'Europe s'apprête à passer outre l'exigence de la Suisse pour les visas Schengen en suivant l'Italie et l'Espagne?

Je ne sais plus quoi écrire. Je ne sais plus quoi espérer pour notre otage. Et avec un peu de sadisme supplémentaire, le recours déposé devant le Tribunal libyen va amener de nouveaux déboires à notre otage et une désespérance grandissante. A Berne, les erreurs deviennent franchement inadmissibles. S'il arrive plus de malheurs à notre otage, notre gouvernement devra démissionner en bloc. C'est tout.

On ne joue pas avec la vie d'un otage. Surtout en Suisse, pays des droits humains. Berne est-elle impuissante devant le canton de Genève?

 

 

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12/03/2010

La rafle, modèle libyen

 

Suite à l'arrestation d'Hannibal Kadhafi, on apprend, avec beaucoup de retard, que la Libye aurait arrêté de nombreux employés qui avaient pour seul tort d'être engagés par des entreprises suisses.

Certains auraient été emprisonnés durant de longs mois avant d'être relâchés. Peu ou pas de témoignages directs de ces arrestations existent. Une chape de plomb diplomatique est tombée sur le dégagement de radiations kadhafiennes provoquées par l'explosion de la centrale onusienne genevoise...

Une chose que la Libye ne peut plus dire sans se retrouver ridicule et non crédible c'est d'affirmer que la justice libyenne est indépendante de la justice kadhafienne. Les arrestations de Rachid Hamdani et Max Göldi sont clairement politiques malgré les dénégations de la diplomatie libyenne. Et si Hannibal Kadhafi s'est rendu en prison, c'était clairement pour montrer à la Suisse que lui et son père peuvent décider du sort de notre ressortissant... y compris dès maintenant de prolonger sa peine carcérale en toute décision judiciaire indépendante... grâce au recours déposé par l'avocat de Max Göldi.

Je n'arrive toujours pas à comprendre la raison de ce recours. La demande en grâce était la seule chose valable dans le contexte libyen. Maintenant si rien ne s'arrange et que Max Göldi se voit signifier à nouveau une peine plus lourde, le Conseil fédéral devra nous expliquer en clair sa stratégie diplomatique en Libye. Cela veut dire: qui à Genève empêche la justice de trouver le coupable de la fuite des photos? Car rien ne semble vouloir devenir plus flexible du côté de Genève alors que tout semble mou du côté de la protection de notre otage qui, rappelons-le ici, s'est rendu aux Libyens uniquement pour laisser à Rachid Hamdani de regagner la Suisse et à éviter la prise d'assaut de notre Ambassade par l'armée libyenne. Alors nous n'avions pas le droit d'ouvrir la moindre faille qui permette au régime libyen de trouver un nouveau prétexte au prolongement de la peine de notre ressortissant.

A quand la croix suisse aussi mal vue

sur tout le territoire libyen et arabe

que l'étoile juive par les nazis?

 

Plus les jours passent, plus la répression sera pénible.

Le scandale est souvent provoqué

par celui qui a raison.

Car celui qui a raison ne se rend pas compte

que celui qui a tort use de sa dictature

pour mettre à genoux celui qui a raison.

 

A Berne, je vous demande de bien retenir

ce qui est écrit ci-dessus.

Il en va tout simplement de l'avenir

de notre pays dans le monde.

 

07:01 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0)