06/08/2009

Prime à la casse, un deal infantile et suicidaire

En déclenchant la fièvre acheteuse avec la prime à la casse, les états donnent l'exact perception de nos valeurs actuelles: vite achetées, vite utilisées, vite jetées. Valeurs en complète contradiction avec notre nouvelle sensibilité à l'écologie. Car même si les voitures neuves sont moins polluantes, elles sont toujours à essence ou hybride.

On pourrait faire de même avec notre sensibilité pour l'accès planétaire aux droits humains alors que le système économique détruit par millions des emplois suite à des faillites provoquées par les comportements amoraux des faiseurs de produits financiers. D'ailleurs la prime à la casse existe déjà dans ce milieu bizarroïde de la cause humanitaire puisque la Bourse réagit positivement aux licenciements et les actions d'une entreprise partent à la hausse quand cette dernière dégraisse. Les cerveaux bien huilés et calculateurs des top managers supplantent les petites cylindrées à rendement simple des ouvriers. Les premiers sont-ils plus nécessaires au développement durable de l'être humain ou plus nocifs que les simples d'esprit qui se contentent de ne pas péter plus loin que chez eux? A priori, l'état néolibéral a tendance à largement privilégier les carrosseries rutilantes aux tacots poussifs des petites gens. A bon escient ou dans une attitude suicidaire qui mènera à la destruction des démocraties?

Donc, prime à la casse pour tous...mais pas dans le même sens. Les premiers saisiront les opportunités d'achat et de gains grâce à leur situation privilégiée; les seconds passeront à la casse sans plus d'états d'âme. Et après, on demande à chaque citoyen et chaque citoyenne d'être un bon citoyen jusque dans la fabrication de sa casse personnelle. Eh oui. Il faut être solidaire du système. Non? Et puis, incompétence des banquiers ou avidité de leur part dans la crise économique qui a dilapidée des milliers de milliards de dollars? Ni l'un ni l'autre. Eux, ils ne paient jamais cache leurs errances et leurs dépenses somptueuses. On les plaint, on les soutient, on les remet à flot. Ni suicide ni marginalisation chez eux. Vogue la belle vie. Et vive la galère pour les petits péteux qui devraient payer rubis sur l'ongle leurs impôts. Pour eux, pas de paradis fiscal. Mais l'enfer au quotidien. Quand ils paient, ils n'ont droit à aucun remerciement de l'Etat alors qu'ils comptent chaque sous qu'ils gagnent. Quand ils ne paient pas, on leurs envoie les chiens du fisc qui ne mordent pas mais qui dressent les commandements de payer comme une machine infernale que l'on ne peut plus enrayer. Quand tu es pris dans cette machine, tu oublies ta citoyenneté et tu deviens une sorte d'humain tzigane mal aimé, voir haïs de ceux qui paient et détester des politiciens qui ne veulent pas accepter que de tels cas pathologiques existent.

Merci l'Etat. Je me casse depuis tant d'années!

 

 

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Etat pathologique d'un homme de cinquante ans

parti à la casse sans violence physique contre l'Autre

Mon cadeau du demi-siècle:

un bon pour un saut en parachute en jute.

Honte à moi.

 

 

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Mon petit-fils zen.

Une réussite d'amour humain.

 

 

04/06/2009

Cécile B., maîtresse de banquier

« Un million pour une pute. C'est cher payé » qu'il a dit le banquier étoile, sans doute touché dans son ego de mâle et inévitablement blessé du fait que sa maîtresse, malgré tout son amour et ses cadeaux somptueux, Cécile donc ne lui appartenait pas et ne lui appartiendrait sans doute jamais totalement.

 

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Cécile B., très amoureuse de son banquier malgré ses infidélités notoires, petite fille pure au coeur vagabond et ambivalent, s'est soudain retrouvée, par ces mots insupportables, crûment projetée dans son ombre par l'homme qu'elle aimait et qu'elle respectait à sa manière.

 

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Edouard, au lien de présenter des excuses à sa promise, a préféré jouer comme à leurs habitudes sur le registre sado-maso. Ils étaient tous deux friands de jeux érotiques un brin sadique et pervers. Elle, Cécile, aurait voulu qu'il joue pour une fois au petit garçon. Edouard devait retirer ses paroles si blessantes et humiliantes pour elle. Lui, plus par inconscience que par perversité sans doute, il a persévéré dans « l'exciting game of humiliation ». Elle a tiré, troué de trois balles son nounours, son beau jouet érotique qui lui offraient des dizaines de milliers de balles pour l'entretenir dans ses rêveries de gamines.

 

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Cécile B. a voulu rappeler Edouard à la vie. C'était trop tard. Dans sa folie, elle n'avait pas pensé que son Edouard, son bon Edouard, son doudou adoré, avait dit des mots méchants pour de vrai, et qu'elle, elle ne pouvait pas assassiner son nounours pour de vrai en réponse à l'humiliation. Son flingue n'était pas vrai, sa vie n'était pas la réalité décriée par Edouard. Seulement le film romantique qu'elle se faisait de son banquier d'amour était bien réel. Alors, depuis ce jour maudit, Cécile s'est étendue sous son parapluie poétique. Elle parle à son nounours et refuse de croire qu'elle ne pourra plus jamais le prendre dans ses bras comme une femme, une vraie femme, une maîtresse adulte, qui faisait commerce de ses charmes tout en croyant réellement au grand amour de sa vie.

 

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Cécile et les contes de fée

n'existent-ils que pour grandir

dans notre réalité bien trop compliquée?

 

28/05/2009

La prostitution, job de dernier recours

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« Fille invisible aux lèvres de sang

posant dans la ville sourire »

Morges, 2007

 

La liberté s'achète. Du moins la liberté matérielle. Le sexe s'achète. Du moins le sexe sans amour. Difficile de dire combien de jeunes femmes ont une fois ou l'autre pratiquées le job. Est-ce que la promotion canapé fait partie du métier, par exemple? Ou la contrainte sexuelle plus ou moins acceptée d'une femme de la part d'un patron très influent qui à le pouvoir de licenciement et de charme sur elle, autre exemple marginal de prostitution déguisée? Ou la femme mariée qui couche juste avec son mari pour avoir la paix? La prostitution est plus diverse et plus courante qu'on peut le croire.

 

Les filles de joie, on pourrait d'ailleurs les appeler les filles de deuil étant donné que beaucoup d'hommes fréquentent le milieu le jour où tout va mal dans leur couple, voir le jour où ils se retrouvent seuls à la suite d'un divorce. Les filles de joie ont donc un rôle social très important à jouer. Sans elles, combien d'hommes franchiraient des barrières interdites par manque de compagnie et de satisfactions sexuelles?

 

Pourtant, ce monde-là reste à part de la société, figé dans un monde de masques, genre carnaval de Venise à l'année où les gondoles ont des airs de corbillards et les corbeaux des airs de têtes de charognards. Les filles qui, par contrats de travail, mettent ouvertement le pieds dans l'engrenage du monde de la nuit (exercé de plus en plus de jour et en plein midi), sont difficilement réintégrées dans le monde du travail classique. Soit parce que leurs exigences financières sont devenues trop importantes en rapport à leur formation professionnelle acquise lors des études, soit parce que la société les refuse et rejette leur ancien statut de prostituées.

 

Les secrets d'alcôves sont souvent partagés entre prostituées et hommes aussi riches que puissants qui dirigent le monde. Le scandale, ce ne sont pas les filles. Le scandale, c'est le ghetto qu'on leur dresse... et les hommes qui les fréquentent en leurs imposant leurs fantasmes parfois pervers et dégoûtants tout en leurs interdisant l'accès à un statut d'honorabilité.

 

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Elles voyagent en solitaire

Ce sont des îles solaires

Les hommes ont labourés leurs terres

Ils n'ont jamais visité les profondeurs de leurs mers

 

Elles vivent dans de religieuses cellules

Pareilles à des milliers d'amibes photovoltaïques

formant de gigantesques libellules

volant gracieusement vers des temps héroïques

 

Il faut changer la vision de la société sur les filles de cabaret et de salons de massage. Elles méritent

la reconnaissance. Et surtout, elles méritent à la fois l'amour et trouver un jour une situation stable, situation qu'elles rêvent comme n'importe quelle femme de la société qui rêve d'aimer son prince charmant, d'avoir un job intéressant et une situation financière correcte.

 

Une prostituée, c'est d'abord une entraîneuse de toutes sortes d'hommes à la dérive qui ont perdu leur foyer. Une prostituées c'est aussi une partenaire de jeu pour riches bourgeois avides de fantasmes. Une prostituée, c'est surtout une fille qui doit boire souvent, qui risque à chaque instant de tomber dans un monde d'où elle ne reviendra plus, un monde d'ombres, rempli de violences, de psychotropes, d'hommes sans respect pour la femme et l'humain en général.

 

Rejeter les prostituées dans le monde des ténèbres pour de soi-disant considérations morales et religieuses, c'est déclarer au monde nos propres ténèbres. C'est dire aussi les propres ténèbres des puissances économiques et politiques qui fréquentent cabarets et salons de massage en chassant la chair fraîche comme des bouchers s'acharnant sur des bêtes d'abattoir à qui on ne permettra jamais de quitter le salon de boucherie.

 

Les femmes de la rue ne revendiquent pas « ni pute, ni soumise ». Les femmes de la rue questionnent: « Une pute a-t-elle le droit de trouver un jour sa terre promise? » et « Une pute peut-elle devenir autre chose qu'une femme soumise à la volonté d'une société qui la rejette sur le trottoir? »

 

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« Kiev, Ukraine.

Tu kiffes pour une teup?

Offre-lui le statut de reine.

Car le water-closet d'une pin-up

a connu beaucoup de larmes et de peine. »

 

 

La réponse va peut-être bientôt venir. Si, entre autres situations réelles, vous, Madame, Monsieur, redonnez une place visible et honorable à la fille de cabaret et à son poète des bouges communiquant avec vous depuis pas mal de temps déjà. Les tabous ne sont que des choses dérangeantes que l'on glisse, comme la poussière, sous le tapis quand personne n'a envie de les étaler au grand jour. Encore faudrait-il être capable de rendre un statut acceptables aux perles que l'on a tristement confondu avec du chenit poussiéreux.

 

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« Carnavalsex, Louve dans la nuit »

Lac de Zürich, 2006

 

La balle est dans le camp des vertueux.

17/05/2009

Lolita, un quart de siècle de showbizz

Elle revendique son naturel. Elle est restée « une de Neuch », c'est évident. La belle Italo-Suisse a survécu aux requins, aux alligators et aux butors. Elle a fait ses erreurs de casting comme toutes les personnes un peu naïve, la main sur le coeur, et le désir de bonheur chevillé au corps.

 

Aujourd'hui, elle quitte le Valais. Des bons gars, ces Valaisans. Des montagnards bourrus qui ne comprennent pas toujours la sensibilité des coeurs romantiques, leur ouverture au monde, leur envie d'intégration d'autres cultures, d'autres mentalités.

 

Ejectée par les coups de fourches des diables libéraux ou des stars du showbizz populaire qui frisent parfois le populisme facile et la soupe folklorique de jadis sentant le renfermé prisonnier de son réduit national, la belle Lolita s'en revient donc à Neuchâtel. Bienvenue à toi, O déesse adolescente!

 

Lolita, c'est l'histoire d'une course de Gymnase au Creux-du-Van, d'un froid transperçant, d'une pluie battante et glaciale, d'un pull en laine noir et blanc tricoté par maman. Elle grelotait. Alors, tel un Chevalier de la Rose d'un autre âge, je lui ai tendu mon pull. Elle s'est emmitouflée dedans. Je la regardais. Je me suis mis à frissonner. De froid, de vibrations naissantes, et d'amour caché pour cette belle fille qui allait devenir Miss Suisse, épouse de tout grand footballeur, maman attentive et attentionnée pour son unique garçon.

 

Félicitations pour ton parcours, chère Lolita. Et en route pour les cinquante prochaines année. Aïe aïe aïe! Cela ne nous rajeunit pas, n'est-ce pas? Offre des kebabs à tes voisins en guise d'adieu, histoire de les plonger dans une soupe à la grimace insondable. Comme au Tour de France, faut leurs en mettre dans les gencives avec élégance, et en pleine ascension du Mont Ventoux . Hi hi hi.

 

Tu mérites un immense respect. Tu ne t'es pas perdue en route. Et cela, c'est magnifique...et si rare.

 

14/12/2008

La fille alibi

La fille alibi


La fille alibi qu'on déshabille

quand on vire de bord

quand on chavire loin du port

La fille alibi a emporté ma vie.


Monsieur le Commissaire

je n'ai pas commis de crime.

Monsieur le Père missionnaire

je n'étais pas sur le lieu du crime.


J'avais juste envie d'un ice-cream


Mais la fille alibi qu'on déshabille

celle qui nous fait virer de bord

quand on délire loin du port

la fille alibi a emporté ma vie.


Madame le Juge assesseur

je n'ai pas laissé tomber ma femme

Monsieur le Procureur

je ne suis pas infâme.


J'avais juste envie de ce lance-flammes


Mais la fille alibi qu'on déshabille

celle qui fait virer les chèques au porteur

sur un livre blanc à compte d'auteur

la fille alibi a emporté ma vie


J'avais trouvé mon parfait alibi pour écrire

mon histoire et mes crimes.

Un bel alibi enveloppé d'un joli bikini.

Une fille qu'on déshabille un soir de pluie

et qu'on croit prendre avec soin sur son bateau.


Dans les faits, Madame le Juge,

c'est elle qui m'a mené en bateau vers Bonne-Aventure.

Dans les actes, Madame le Juge,

c'était mon seul et unique alibi d'écriture.


Madame l'Avocate,

Je demande la mise au bénéfice du doute,

l'acquittement pour cette fille de diplomate,

ingénieur en génie automate.

Et pour moi, la réhabilitation et la grâce

devant cette fille alibi tombée du ciel tout en glace.


Monsieur le Juge, répond le Procureur,

je demande la peine capitale

pour ce petit délinquant du Capital.

Et pour cette fille alibi qui a "aimé" ce déserteur

une expulsion définitive de territoire

pour arnaque aux sentiments dérisoires.


Mesdames et Messieurs les Jurés citoyens

à vous maintenant de faire vos délibérations

au plus profond de votre conscience et de vos opinions.


Répondre à ces questions:


  1. Monsieur l'Espion est-il un mythomane?

  2. Monsieur l'Espion est-il un érotomane?

  3. Monsieur l'Espion est-il un pyromane?

  4. Monsieur l'Espion a-t-il aimé une nymphomane?

  5. Monsieur l'Espion a-t-il aimé la fille alibi pour casser le Rideau de Fer?