30/09/2009

Excentricités d'artistes, tout n'est pas permis

« Il est interdit d'interdire ». Ce mot d'ordre stupide de Mai 68 continue de semer la zizanie dans les consciences d'aujourd'hui.

Le milieu artistique, du moins certaines célébrités féminines comme masculine, ont tranché définitivement pour le « camp Polanski ». On n'arrête pas un génie pour une affaire vieille de trente ans, une affaire qui, semblent vouloir dire les stars, ne reflétait que les excès de l'époque. « Sex, drug, and rock'n'roll » clamaient les hippies. Et tant pis si dans l'histoire, de trop jeunes filles et garçons passaient à la casserole des fantasmes de personnages plus âgés qui profitaient de la permissivité de l'époque. Rappelons-le ici. La fille avait 13 ans, son violeur 45 ans.

Alors on ne va pas faire encore une fois le procès de cette époque, mon époque d'adolescence. On va s'intéresser au « cas Polanski » puisque son arrestation nous met devant l'obligation de revisiter ce passé douloureux. Il est temps pour les cercles d'artistes et d'amis qui ont pris sa défense de le soutenir sur un terrain convenable: celui de sa situation psychologique personnelle à l'époque des faits. On ne peut pas continuer à tenir le discours que certains viols doivent rester sans jugement alors que d'autres doivent absolument être dénoncés et punis. Cette réaction stupéfiante que nous avons eu au moment de l'arrêt du cinéaste est due à notre admiration pour son oeuvre et le respect immense que nous portons à un homme qui a eu une vie difficile, qui a su prendre le bon tournant, qui a connu une carrière colossale d'artiste,... et qui est marié, père de deux enfants. Il a cependant été arrêté pour une chose qu'il a vraiment fait, nous ne pouvons pas l'absoudre pour ce crime-là. Nous pouvons juste l'aider à s'en sortir le mieux possible face à une justice américaine qui n'a pas toujours eu « le doigté » nécessaire, ce doigté désormais cher à Mme Calmy-Rey.

Chers artistes, cher milieu de la culture, pouvez-vous comprendre que le peuple, les anonymes, n'ont jamais, même après trente ans, le soutien de tout un clan quand ils ont commis une petite ou grosse bêtise? Pouvez-vous imaginer que votre position vous éloigne encore d'eux, que leur méfiance va encore s'accroître devant un « Star System » qui les a abandonnés à leurs soucis et problèmes quotidiens? Pouvez-vous comprendre que si Roman Polanski refuse son extradition jusqu'au bout, il passera pour un lâche qui ne veut pas assumer ses actes? Et que si l'Amérique le punit sévèrement personne n'aura envie de se lever pour lui parmi le peuple et les médias qui ont déjà choisi leur camp: celui du droit et de la justice identique pour tous.

Monsieur Polanski, je ne vous abandonnerai pas aux mains de la justice américaine. Et je ferai ce que toute personne douée de conscience devra faire pour vous si elle prend le soin de défendre une personne aux qualités de coeur et artistiques aussi grandes que les vôtres: vous défendre sur le terrain de votre intimité et de votre douleur.

Bonnes salutations à vous, Monsieur Polanski. La réflexion est la meilleure des intelligences.

 

 

 

 

 

23/09/2009

Ciel! Les fesses du Président!

Encore une inégalité à rajouter au contentieux féminin-masculin. Selon certaines sources de presse, la First Lady américaine serait très jalouse du harcèlement sexuel subi par son mari.

Monsieur Obama récolterait directement dans ses poches (!) de nombreux petits billets d'invitation avec numéros de téléphone de ces dames, petits messages oraux discrètement sussurés à l'oreille, voir même attouchements et pincements de fesses. Rien que ça!

Et après, ce sont ces messieurs les pervers et obsédés sexuels! Imaginons la situation inverse. O shocking! Le goujat serait automatiquement poursuivi pour harcèlement sexuel, atteinte à l'honneur présidentiel, et invitation à l'infidélité de l'épouse présidentielle. Dans un pays aussi prude que l'Amérique, il en prendrait pour combien, le filou?

Ce qu'il y a de plus embêtant c'est que, dans la situation inverse, Madame la Présidente aurait su montrer sa réprobation aux mâles concernés, soit par un regard glacial, soit carrément par une gifle en public du butor. Mais nous les mâles, nous apprécions que les femmes s'intéressent à nous. Cela nous rassure sur notre virilité, nous donne des fantasmes et des ailes pour convoler avec notre légitime. D'où le fait que femmes et hommes ne sont pas égaux devant le harcèlement sexuel.

Alors Mesdames, vous voyez bien que vous avez pas mal d'avantages sur nous. Nous risquons le tribunal et la prison si notre désir nous emmène trop loin alors que vous, vous pouvez risquer la zone érogène de vos fantasmes sans ramasser quoi que ce soit en retour si ce n'est au pire un sourire complice, appuyé, et reconnaissant de l'homme marié qui vous intéresse.

Par contre, vous risquez la justice divine de Madame qui vous crêperas peut-être votre chignon avant que cette même Madame fasse une scène de ménage à son voyou de mari. Et vous Madame la First Lady, comment ça se passe chez vous? Cassez-vous la vaisselle ou faites-vous la grève du lit à Barack?

Attention Monsieur le Président. Votre charmante épouse a dit un jour à un journaliste qu'elle vous couperait les c... au cas où vous iriez voir ailleurs. Un président castra, nous n'avons encore jamais connu. Peut-être qu'il deviendrait un excellent maître chanteur pour l'opéra. Par contre, il perdrait toute crédibilité sur la scène internationale. Vous imaginez, vous, un rossignol soprano parler aux chefs de guerre talibans?

Et pour la réconciliation des peuples devant l'Assemblée générale de l'ONU, voici une paire de fesses qui tient la route 66.

 

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Milky Way

 

De dunes en dunes

mon chameau se dirige

vers toi, ma Voie lactée.

 

De lunes en lunes

mon coeur aimé voltige

et de toi je garde l'acmé.

 

 

 

18/09/2009

Grands reporters, entre deux attitudes

Nous vivons un moment de l'Histoire humaine qui semble naviguer entre pessimisme, attitude désabusée, voir cynisme, et une autre vision, dynamique, porteuse d'espoir et d'utopie, voir une nouvelle façon d'envisager les relations entre cultures, entre populations afin de créer les conditions d'une paix future globale et durable ainsi que la possibilité d'une société beaucoup moins polluante, plus axée sur la protection et le respect des richesses naturelles, utilisant les énergies renouvelables au potentiel illimité.

Nous pouvons envisager l'avenir avec deux théories empruntées à la navigation. Premièrement, la « théorie du Titanic » qui veut que notre monde va à sa perte, que nous avons déjà heurté l'iceberg mortel, et que nous devons d'abord, choix très égoïste, matérialiste et humain, nous préoccuper de nos intérêts personnels, de nos plaisirs, avant la fin, avant d'être engloutis par les eaux. C'est le choix de pas mal de gens démobilisés qui s'en foutent totalement des générations futures et imaginent que de toute façon la messe est dite et que nous allons tous laisser notre peau dans l'aventure. Position lâche et peu sensible à nos enfants, voir criminelle si nous-mêmes avons des enfants qui désirent aussi ou qui ont eux-mêmes des enfants.

Deuxièmement, la « théorie du Pachakamac » que j'emprunte au nom de mon blog dérivé lui-même de Tintin. Cette théorie est celle de toutes celles et tous ceux qui ont une conscience universelle, un désir d'échapper à un destin fatal, à une humanité criminogène, préhistorique, sans aucun cerveau spirituel capable de changer la donne, de modifier la route du paquebot autrement que par sa disparition définitive. La théorie du Pachakamac appartient à toutes celles et tous ceux qui ont décidé de dire non à l'horreur, non au fatalisme, non au cynisme, non au crime et au génocide.

Les grands reporters sont une race en voie de disparition. Peu soutenus, sans finances souvent, sous la menace permanente d'être assassinés ou de mourir dans un accident de guerre, ignorés voir honnis des sociétés prises par la Grande Illusion du Divertissement, les grands reporters sont peut-être les derniers témoins de l'humanité... avant sa disparition ou...avant une autre façon d'inventer l'avenir de l'humanité.

A quelle théorie accordons-nous et occupons-nous notre vie? A celle du Titanic? A celle du Pachakamac? Si une majorité se dégage durablement en faveur du Titanic, il n'y a plus d'espoir possible et nous devenons automatiquement des humains piégés dans une immense toile d'araignée attendant d'être mangés par le monstre. Par contre si la majorité se fait autour de la théorie du Pachakamac, nous avons peut-être la possibilité d'être fiers de nos vies et de notre époque en léguant aux générations futures l'aventure d'une grande épopée: celle du Village universel que nous initions par nos initiatives.

Désir d'avenir*? Ségolène Royal devrait adhérer à la théorie du Pachakamac et envoyer des grands reporters, grâce à ses soutiens nombreux, dans tous les coins de la planète en oubliant la Présidence. Elle est faite pour ça. Bien meilleure dans un rôle de Sainte de l'humanité que dans un rôle présidentiel.

 

*Voir l'article consacré à Mme Royal et son nouveau site Internet par hommelibre, blog Tribune de Genève

 

20/08/2009

La rançon de l'amour

 

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« Je fais des bulles d'hélium

et je m'envole avec toi, mon homme »

 

En ce temps là, je m'étais donc constitué prisonnier d'amour auprès de ma belle de château. Je croyais à notre invraisemblable histoire romantique fait d'un mélange de passion, de libertinage, de retour à la surface du monde dans une sorte de gloire médiatique qui allait nous permettre de vivre simplement une belle vie bourgeoise et artistique, exaltante, pleine d'imprévus et de séductions réciproques. Faisant quasi voeux de chasteté par esprit de pureté pour elle, je vivais comme un moine travaillé durement par sa libido.

Mon grand amour, mon pays d'Einamour, c'est-à-dire Roumanie écrit à l'envers, semblait toute excitée à l'idée de sortir avec un écrivain-journaliste, comme elle disait à ses copines, un type qui réfléchit et qu'on lit, quoi. Fierté de fille qui tombe amoureuse de celui qui atteint un certain seuil de célébrité sortant de l'anonymat déprimant et pas du tout motivant pour une fille qui fait oeuvre de grande beauté physique et spirituelle dans l'enceinte des cabarets helvétiques ordinaires et sordides.

Nous avions donc nos jeux érotiques, nos rendez-vous furtifs, nos petits mots doux et d'espoir pour atteindre ce bonheur prévu à terme qui nous était forcément promis. Mais la vie ne cesse de rappeler à celles et ceux épris de liberté que la liberté se paie justement très chère.

Les années passèrent faites de ruptures ressemblant à des coups de grisous dans une mine de charbon puis de réconciliations foudroyantes et formidables. A force de manquer nos rendez-vous glorieux avec la presse, le temps nous signifiait que nous ne sortirions pas aussi facilement de l'anonymat. Avec le temps, j'avais aussi appris à tromper mon ennui amoureux avec des belles aussi vite présentes que passées sous d'autres cieux. Par une sorte de dépit et de vengeance, ma belle d'Einamour exigea toujours plus de moi sans pour autant en faire de même pour moi. Elle se moquait parfois cruellement de mes mots, de mes soupirs, de mes désirs foireux qui ressemblaient tous à autant de mirages. Elle me fit même un foutage de gueule en règle quand on parla enfin d'enfants. Nous étions assis un soir de début juillet sur une terrasse devant un verre de rosé pour lequel elle avait daigné pour la première fois sortir le porte-monnaie, juste avant de faire une dernière fois l'amour avant son départ. Il n'a pas neigé cette nuit-là. L'atmosphère était trop lourde de regrets. Mais je reçus néanmoins sa grêle sur la tête: « T'es capable de faire des enfants, toi? » me dit-elle de son ton ironique. Devant mon air vexé, elle se permit d'ajouter avec un demi-sourire: « Je veux dire d'entretenir et d'offrir une vie à tes enfants? ». Je me tus. Elle soupira. Je lui pardonnais à peu près tout et lui donnais à peu près raison sur tout.

Ainsi nous sommes arrivés après cinq ans de rêve et d'illusions avortées à ce début d'été 2009. Comme d'habitude, Einamour est rentrée seule chez elle pour ses grandes vacances annuelles. Impossible, une fois de plus, de s'offrir une seule petite semaine ensemble sur une plage de sable fin ou en villégiature dans son si beau pays. Il fallait du pognon. Toujours du pognon pour son train de vie rêvée à la Souchon: « dans la nuit des éclairs bleus lâchés par notre locomotive idéale, par le jeu compliqué de ses talons-aiguilles de métal, jambes élancées, fesses envolées, échappées solitaires organisées, notre Compagnie internationale des wagons-lits a déraillé ». Ce n'est pas le texte exact mais ça y ressemble quand même un peu.

Elle, ma comtesse des bordels, elle pensera toujours comme une montgolfière, que tout s'arrangera toujours pour nous et que même si cela ne s'arrange jamais, je resterai son comte d'amour, son homme providentiel, son champion compétitif adoré demandant peu et offrant ses marathons d'amour avec lit de champagne, cadeaux suspendus au plafond par la grâce d'un Père Noël mensuel qui puise dans sa botte magique le budget incompressible après déduction des pensions et des charges.

Le règne des princesses modernes qui ont appris la vie dans les feuilletons télévisés des riches familles de top-model et à travers les films pornos de toutes les petites Paris Hilton de la planète. Quant aux êtres qui n'arrivent plus relier leur réalité minable à la riche réalité sanguinolente ou pipolesque du monde, ils se rabattront sur Lost et ses îles aux mystères bucoliques.

C'est la rançon de l'amour. Quand tu tomberas sous les charmes d'une princesse de l'Est, mon frère en humanité, n'oublie jamais qu'elle t'estimera à ta capacité de t'enrichir ou non. Tout le reste n'est que baratin d'église et prêchi-prêcha sentimentaux pour petites filles helvétiques sorties des livres de Mme la Comtesse de Ségur. La bibliothèque rose des demoiselles de l'Est ressemble davantage à un PMU avec sa ronde aux étalons chères à nos parlementaires fédéraux. Pour devenir l'élu définitif de leur coeur, il faut avoir gagné le gros lot à l'Euromillion ou exercé profession de banquier, ou alors, plus affolant et criminel encore, braqueur de banques. Ô fumées vaticanesques, pourquoi Dieu ne m'offre-t-il que du broyage de noir depuis des lustres? Je ne serai jamais le papa de son enfant.

Soleil et canicule m'ont frappé d'un éclair de lucidité, ce matin. Le système bancaire suisse est sauvé. Quelle bonne nouvelle pour la Suisse!

 

 

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« Dans ma bulle idéale, je t'aime mon Comte Dracula »

 

P.S, Si un jour vous croisez un suicidé vivant, chères lectrices, chers lecteurs, offrez-lui un sourire réprobateur. Ce sera le terrible Comte de Dracula, spécialiste en pieux et dévoreur cruel de coeurs féminins.

 

 

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« Un pacha seul dans son hamac et sans ses amours

c'est comme un chameau qui devrait vivre sans eau et sans électricité »

 

 

19/08/2009

L'amour

 

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L'amour est fille du voyage

qui, en posant sa valise des révolutions sentimentales,

ancrent des trésors d'imagination

dans les coeurs démocrates inconstants.

 

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L'amour avait le visage de deux soeurs

dont l'une vivait sage en Espagne

et l'autre, libertine, au pays de Cocagne.

L'amour avait le visage de deux soeurs

dont l'une avait fait beau mariage

alors que l'autre s'envolait dans les nuages.

 

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L'amour habitait une belle maison chez la première.

L'amour s'échappait des sordides prisons chez la seconde.

L'amour vivait sa grande histoire de couple chez l'une.

L'amour courait le guilledou chez l'autre,

 

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L'amour de la seconde envahissait l'espace des garçons.

Elle n'avait pas du tout l'âme d'un maçon.

Quand elle montait l'escalier en colimaçon

son corps et son coeur devenaient très polissons.

Elle trempait à l'année son hameçon

pour prendre de beaux et riches esturgeons.

 

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L'amour attrapa un jour un goujon,

un petit poisson d'eau douce

qui se retrouva pris en son donjon.

L'amour venait le visiter contre rançon

puis disparaissait avec les grands esturgeons.

Ainsi Mariane avait mis Don Juan à sa Bastille

 

Entre les goujats d'amour produisant caviar

et son petit goujon romantique dessinant pour l'art,

triste et solitaire en sa tour d'Eros,

Elle ne sut choisir à temps.

C'est alors qu'un jour son petit poisson s'échappa du donjon.

 

 

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